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éviscérations totales, de trente minutes environ de durée ; ils ont fait subir à l'intestin, pendant ce laps de temps, toutes les manipulations susceptibles d'être exercées en clinique, dévidements, pincements, réintégrations ; des appareils graphiques enregistraient les modifications de la pression artérielle, des pulsations cardiaques, de la respiration. Leurs expériences ont été remarquables par la netteté et la constance de leurs résultats : & les pincements, les torsions, les dévidements de l’intestinse révèlent par des chutes de pression,et à ce point de vue il faut plus spécialement insister sur les grands effets produits par la réintégration ; cette opération s'accompagne toujours dé reflexes circulatoires intenses ; ce résultat s'explique d’une part par les contacts répétés et plus ou moins violents qu’on est obligé de faire subir à la séreuse, et d'autre part par ce fait que l’on agit au moment forcément le plus éloigné du début de l'opération (30 minutes en moyenne) : on peut constater alors des chutes de pression formidables. Aïnsi dans l’expérience ITT, on voit au moment de la réintégration, la pression passer de 142 à 100, en 20 secondes: écart de 42 millimètres ! »
L'action sur la pression artérielle est, d’une façon constante, une chute de pression ; le pouls est ralenti, faible, sans tension; le cœur est habituellement ralenti : 8 à 10 pulsations en moins par minute ; ses pulsations sont affaiblies, l'accélération respiratoire est constante; il y a en moyenne 20 respirations de plus par minute. Les auteurs ont mis en lumière
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ce fait important, à savoir qu'il existe Q une période de tolérance » du péritoine vis-à-vis des irritations ; il existe, pendant les 10 ou 15 premières minutes de l’'éviscération, une véritable inexcitabilité; puis, après cette période, on voit les excitations déterminer des reflexes cardiaques qui sont d’autant plus intenses qu'en les provoque plus tardivement : € Plus l’éviscération dure, plus sensible est le péritoine, et plus intenses sont les reflexes ».
Mais cette phase de tolérance n'existe que sur les chiens dont le péritoine est sain au moment de l’expérience ; sur ceux, au contraire, dont le péritoine a été antérieurement lésé par un traumatisme quelconque, ou artificiellement enflammé par des liquides irritants, la pression faiblit dès l’éviscération; en outre les diverses manipulations exercées sur l’intestin se revèlent par des chutes plus persistantes de la tension artérielle. Les conclusions établies par Tixier et Guinard sont les suivantes :
« 10 L'état du shock se révèle par des signes physiologiques qui, enregistrées, correspondent exaclement aux symptômes connus en clinique.
2° L’évisctration réalise des conditions très favorables à la production du shock.
3° Chez les individus dont le péritoine n’est pas enflammé, l’éviscération peut être exécutée sans danger, à condition que le cœur soit sain : elle ne doit pas être prolongée au-delà de 15 minutes.
4e Chez lesindividus dont le péritoine est malade
(péritonisme, péritonite, ocelusion intestinale) l’évis-
cération est dangereuse, par l'acuité des reflexes dont elle est le point de départ, »
Crile (1) a fait plusieurs centaines d'expériences, sur des chiens, anesthésiés le plus souvent à l’éther, pour étudier la valeur'des reflexes cardio-vasculaires, issus du traumatisme de tous les organes et tissus de l’économie : il a varié les modes d’irritation, employé la section, le broiement.., elc., on verra quelle est la précision, et l'étendue de son travail, quand on saura que pour les organes génitaux mâles par exemple, il a étudié en détail la valeur irritative des testicules, des cordons spermatiques, du pénis. De ses expériences il ressort que tous les tissus, tous les organes n’ont pas la même susceptibilité vis-à-vis des actes opératoires : certains sont inexcitables, d’autres ont peu d'influence, d’autres encore déclanchent des reflexes cardio-vasculaires puissants : ceuxlà sont des régions opératoires particulièrement dangereuses ; la plèvre et surtoutle péritoine dans la région du pylore et de la vésicule biliaire, occasionnent le maximum d’eflet sur la circulation et la tention vasculaire.
Nous joindrons à ces faits expérimentaux, une observation clinique tirée de l’American médecine (19 mars 1904):
L'observation a trait à un homme de trente-cinq ans, chez lequel un empyème du sinus frontral s'était développé, au cours des cinq dernières années, à la suite de traumatismes ayant à trois reprises différentes intéressé la région médiane du front. Le traite-