‹ Notes sur Les Shocks Nerveux et Traumatique et leurs rapports avec le Shock ChirurgicalChapitre 4 sur 28 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Shock nerveux.

Le choc est une des modalités des actions traumaüques susceptibles de s'exercer sur l'organisme; il peut être défini avec Lejars : la pression brusque et momentanée d’un corps mousse.

Par extension, ce mot fut employé par Hunter, sous la forme anglaise shock, pour désigner un collapsus spécial survenant chez les blessés à la suite d’un choc ou d'une action traumatique violente : collapsus dont les troubles essentiels, immédiats, sont les défaillances du cœur, de la circulation et de la respiration.

Mais quand fut mis en relief le mécanisme pathogénique de ce shock traumalique — mécanisme réflexe, nerveux, — ce syndrome perdit son individualité primitive, pour venir constituer l’une des parties — la plus importante, il est vrai — d’un waste domaine de pathologie générale, englobant une série importante d'états homotypes, c’est-à-dire détermi-

nés par des excitations, constitués essentiellement par des troubles adynamiques, circulatoires et respiratoires, avec chaine pathogénique exclusivement nerveuse, d'ordre réflexe.

C’est pour dégager ce caractère nerveux, familial, de leurs processus pathogéniques, que ce domaine prit le nom générique de shock nerveux.

En outre, un phénomène constant, indispensable, relie ces états ; c’est le ralentissement ou l'arrêt des échanges cellulaires; phénomènes sur lesquels ont longuement insisté M. Roger, Galeazzi...

Dès lors, nous pouvons citer la définition de de M. Roger : « Le shock nerveux est un état morbide, résultant d’une excitation violente et brusque du système nerveux, et caractérisé par un ensemble de modifications dynamiques de l'organisme, dont une seule, l'arrêt des échanges entre le sang et les üssus est constante et indispensable; autrement dit, le shock nerveux est l'ensemble des phénomènes qui résultent d'une syncope des échanges »….

Cette définition — à notre avis — est trop théorique : elle omet les troubles de fonctionnement des organes de la circulation et de la respiration. et ces derniers éléments ne constituent-ils pas l'expression clinique la plus évidente, du shock nerveux ?

Nous verrons à l’'énumération des états qu’englobe le shock nerveux, — que tous, sont capables de créer, et même créent : soit un simple trouble fonctionnel, soit un arrêt de la circulation et de la respiration. Ces deux formes cliniques, susceptibles d’être

revêtues par le shock nerveux sont désignées sous les noms d'état de shock et d'état syncopal ; malgré la confusion qui peut naître de son appellation, l’état de shock correspond à un état clinique caractérisé par la faiblesse des pulsations cardiaques, Vabaissement de la pression sanguine, Vadynamie respiratoire, le ralentissement des échanges ; état syncopal (du shock nerveux) s'applique à l'arrêt, ou tout au moins à l’imperceptibilité des pulsations cardiaques et des mouvements respiratoires, à l'arrêt des échanges ; non pas que dans ces deux formes, les troubles circulatoires et respiratoires soient foreément associés, mais dans le shock nerveux, nous croyons pouvoir dire qu'ils sont plus ou moins solidaires.

L'accélération ou le ralentissement des pulsations cardiaques et des mouvements respiratoires, au cours de l’état de shock,sont des notions de peu d’importance et s’effacent devant la notion toute puissante de l’adynamie, du collapsus circulatoire et respiratoire.

La signification de ces deux termes, élat de shock et état de syncopal, doit être formelle.

Eléments du shock nerveux.

Les causes susceptibles d’influencer ady namiquement les organes de la circulation et de la respiration,

par voice reflexe, sont :

NT Ets En première ligne, les excitations ou irritations traumaltiques, c'est-à-dire déterminées par les agents mécaniques, physiques, chimiques ; elles créent le shock (nerveux) traumatique. Les irritations détermintes par les agents mécaniques : objets contondants, balles, éclats d'obus, etc., doivent être nettement différenciées des irritations physiques et chimiques ; quoique les brûlures, les froidures, les lésions produites par la foudre, les courants électriques, les caustications, soient reconnus comme pouvant agir par pure voie reflexe sur la circulation et la respiration, il n’en est pas moins vrai que le plus ‘communément, elles agissent, suivant d’autres processus pathogéniques. Il existe incontestablement par exemple des shocks nerveux par brûlures : c’est le cas des accidents rapides qui surviennent chez les brûlés ; maisils sont rares (Besson) (1) ; les accidents tardifs sont beaucoup plus fréquents et relèvent d’un processus toxique : € Il y a insuffisance de dépuration, par suite de la suppression de l'émonctoire cutané (brûlures étendues) et augmentation des poisons autogènes, car l'expérience a démontré que les tissus brûlés sont fort toxiques (Roger). Cependant il faut ajouter, qu’en certains cas, les agents caustiques, ou irritants, agissent à la manière

d’une action traumatique, et c’est le cas des injec-

1. Besson. Etude sur les causes de la mort dans les brûlures graves et étendues. Journaldes Sciences Médic.de Lille 19017. I. (241-253).

tions expérimentales de perchlorure de fer ou d’autres substances irritantes, dans la cavité péritonéale (Richet etReynier) (1) ; le retentissement sur le cœur et la respiration est alors rapide et emprunte la voie reflexe, et non la voie sanguine. De même encore les excitations cutanées produites par les agents chimiques peuvent être fort graves, € quand l’irritation même superficielle porte sur une grande étendue du tégument, c’est ce qu'on réalise en appliquant sur la peau différentes substances irritantes comme le chloroforme, ou le chloral anhydre. » (Roger).

Le chloroforme peut aussi agir, — non par voie sanguine — mais par voie réflexe, nerveuse, quand il est administré brusquement : son action se résume en une jirritation massive des premières voies aériennes, très innervées, très sensibles, et par arc réflexe, retentissement sur le cœur : état syncopal ou état de shock.

La chaîne pathogénique qui relie ces diverses modalités étiologiques aux troubles fonctionnels cardiorespiratoires qu’elles déterminent, est, dans tous les cas, une chaîne réflexe ; mais les acticns mécaniques proprement dites, sont prépondérantes : le shock nerveux lraumatique doit surtout comprendre les divers collapsus cardio-respiratoires, créés par les traumas mécaniques (contusions, sections, piqûres,

broiements, etc.).

1. Richet et Reynier. Expériences relatives au choc péritonéal. Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1880.

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Ceux-ci peuvent être divisés en deux séries analogues : les traumas accidentels et les traumas créés par la main du chirurgien, au cours d’une intervenüon.

Nous étudierons les premiers (shock traumatique), à leur chapitre spécial; les seconds (shock traumatique opératoire) dans le chapitre intitulé : Des rapports du shock nerveux avec les actes chirurgicaux, où ils sont à leur place.

Mais il n’y a pas que les actions irritantes extérieures pour déterminer par voie réflexe les troubles cardiaques, circulatoires et respiratoires ; de véritables traumatismes internes peuvent agir de la mème manière : les calculs hépatiques ou néphrétiques, les coliques de l’occlusion intestinale, l’étranglement interne de cause quelconque, herniaire par exemple, sont des points de départ internes de shock nerveux. Il en est de même du pneumothorax, par irritation des plèvres, des embolies pulmonaires ou cérébrales, par irritation des tissus pulmonaires ou nerveux, des inondations hémorrhagiques du péritoine, qui agissent comme des corps étrangers sur le péritoine.

€ Bryant a observé le shock traumatique interne à la suite de la ponction d’un kyste hydatique, de même les expériences de Lewisson et celles de Simianowsky, ont démontré que l’écrasement des reins, de l’utérus, de la vessie, que l'excitation des voies biliaires peuvent produire des accidents nerveux souvent graves et durables » (Roger).

Les impressions morales vives peuvent être une

cause de shock nerveux (shock psychique): elles peuvent aboutir à l’état syncopal ou à l’état de shock. Les exemples de syncopes mortelles, par shock psychique, ne sont pas très rares; il en est de classiques : Sophocle, Diagoras, Denys le Tyran, la nièce du grand philosophe Leibnitz sont morts de joie; le ministre anglais Pitt meurt en apprenant le résultat de la bataille d’Austerlitz: Philippe V, roi d'Espagne, en apprenant la défaite des Espagnols à Plaisance.

Toutes ces actions, en définitive se ramènent à une excitation sur un point de l’organisme (pour les shocks psychiques, une simple excitation sensorielle) grace à sa relation avec des centres psychiques en érithisme, acquiert de ce fait la valeur d’une excitation violente) : elles retentissent sur les organes de la circulation et de la respiration par un arc réflexe, et seulement par cet arc réflexe ; ce retentissement, quoique toujours d'ordre adynamique, est variable ; il est des états de shock, etilest des états syncopaux plus ou moins graves.

Dès lors, ces deux modalités cliniques du shock nerveux ne doivent pas être réunies en une masse indivise : un état morbide (définition de M. Roger).

La spécialisation de ces syndromes doit être faite, et, quoique issus tous deux du même processus, ils ne doivent point être confondus au point de vue clinique.

Cela est si vrai, que dans le shock nerveux trau-

matique, les deux formes cliniques quile constituent,

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