‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 100 sur 197 · Du Sommerard, loe. cit,, p · texte numérisé non relu

Du Sommerard, loe. cit,, p

). Sur N.-D. de Laon. Cf. E. du Sommenrd, Ln momumutts bUi^ riqats^ etc., p. 109-154. Il y fl (p. 109-11$) une notice rédigée en 187a par Bocswilwald; un rapport de M. Bict, architecte, du ao juin (p. xi6* 35), celui de Mérimée, du 37 (p. 13 $-7), un rapport de Boeswilwald du 20 avril i8$o (p. 137-140), enfin un 2* rapport de Mérimée, du 3 mai 1850 (p. 150) et les rapports postérieurs. — M. VioUet-le-Duc a donné quelques renseignements sur les resuurations faites à Laon en 1846 (RêCMi éê Ports, loc. cit., p. 414). Mérimée leur a consacré un article, qui n*a pas été publié en volume, dans la Revue orcbéoiogiquê d'avril 1848.

une très longue note >, et le 22 juillet, de Verdun, il en reparlait encore, et ajoutait quelques mots sur l'église d'Avioth : « Les gamins d'Avioth lancent des pierres contre les saints des voussures. Le maire n'ose les poursuivre de peur de se mettre mal avec les parents. J'ai promis aux ouvriers de Boeswilwald que le M^^ leur donnerait une gratification s'ils parvenaient 1 saisir un des coupables en flagrant délit. Si l'on peut faire condamner un de ces petits iconoclastes, l'amen Je et la fessée paternelle qui suivra, seront sans doute d'un exemple salutaire pour l'avenir. »

Le 29 juillet, il était à Dijon. Le rapport (de 10 pages in-4®) qu'il adressa de cette ville était très important : il était consacré à l'église de Vassy, 1 Montiérendcr « tout bonnement admirable », au musée de Dijon (particulièrement à l'épée de Jeanne d'Arc), enfin d St-Bénigne de Dijon ^ et aux réparations qu'on faisait à cette église. Ses observations sur ce dernier point ne furent pas du goût d'un membre (très distingué, d'ailleurs) de la Commission des Antiquités de h Côte-d'Or, M. Baudot, qui crut devoir écrire au Préfet de la Côte-d'Or. Mérimée ne devait trouver la lettre qu'à son retour à Paris, mais il lui fit une réponse brutale :

I. Cest peut-être eatre ces deux rapports qu'il faut placer une « Note pour être voîmc &ous les yeux du roi » que Mérimée rédigea sur les upisseries de Sens. (Arch. de la Comm. des Monumenu historiques, ke, cit., fol. Z98).

a. Le zz février 1847, Mérimée envoyait un autre rapport de 6 pages sur. St-Bénigne.

TOURNÉE EN BOURGOGNE ET EN PICARDIE 2}l

« Paris, 8 octobre 1846.

« On me communique, Monsieur, une lettre de vous adressée i M. le Préfet de la Côte-d'Or, en date du 8 septembre, à l'occasion des travaux exécutés dans la crypte de S. Bénigne. Cette lettre contient, à mon sujet, . quelques allégations que je ne puis laisser sans réponse. Ecrite, comme il semble, avec beaucoup de précipitation elle ne peut être l'expression exacte de vos souvenirs. Permettez-moi de vous rappeler quelques circonstances que vous avez perdues de vue, mais dont vous vous souviendrez, j'espère, maintenant que les vendanges terminées vous laissent libre de donner votre attention i cette petite affaire.

« Vous dites. Monsieur, que j'ai passé fort peu de temps dans la crypte ; que je ne l'ai ni examinée, ni vue, n'ayant pas de lumière. Quant à la lumière, c'est vous même qui avez pris la peine de m'en procurer. Q.uant au temps, je n'ai pas consulté ma montre, mais je crois être resté assez longtemps dans la crypte, d'abord parce que j'avais peine 1 m'en fier au témoignage de mes yeux, puis, parce que vous ne pouviez me donner aucune des explications que je vous demandais, ce qui m'a obligé d'examiner moi-même un certain nombre de détails qui vous avaient échappé. Vous vous rappellerez peut-être que mon compagnon de voyage, M. Boeswilwald, et moi, nous avons minutieusement comparé les bases des colonnes modernes avec une base ancienne laissée dans la crypte par la bonne foi ou la distraction de l'architecte ; vous vous rappellerez encore que nous avons reconnu des fragments de fûts anciens qu'on avait retouchés à la bou-

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charde; qu'enfin nous nous sommes procuré une pioche pour chercher à la base des murs modernes des traces des substructions originelles.

« Au reste, Monsieur, l'opinion que vous pouvez avoir de la manière dont je m'acquitte de mes fonctions, m'importe assez peu. Il s'agit ici d'une question de fait sur laquelle il est impossible que nous ne soyons pas d'accord. Nierez-vous que les voûtes ont été refaites? que, des colonnes actuellement dans lu crypte, les deux tiers sont modernes? que toutes les bases ont été refaites? que des fûts ou plutôt des tronçons de fûts anciens ont été travaillés à la boucharde pour être rajustés sur des tambours modernes? Nierez-vous que les murs ont été reconstruits presque entièrement ; en un mot que tout est moderne actuellement dans la crypte, sauf ce que vous appelcx, je ne sais pourquoi la chapelle de Saint Gcôme, laquelle, à vrai dire, n'est qu'une petite apside ? J'ai trop bonne opinion de vos lumières. Monsieur, pour douter que vous ne distinguiez une maçonnerie neuve d'une construction du xi« siècle.

« Nous différons sur un point. Puisque vous m'accusez de légèreté pour blâmer les travaux exécutés récemment, c'est apparemment que vous les approuvez. Il faut le dire franchement. D'après vos rapports je ne m'attendais i rien de pareil, et le Ministre et la Commission des Monuments historiques, après avoir pris connaissance de vos rapports ne soupçonnaient pas l'emploi que Ton donnait aux fonds du gouvernement. Selon les termes mêmes de vos rapports il s'agissait non pas d'une reconstruction, mais de fouilles^ ou tout au plus de quelques légères restaurations. Vous écriviez à M. le Ministre lorsque les travaux étaient

fort avancés, peut-être terminés, dans votre second rapport, sans date, mais transmis par le Préfet le 27 mai 1846 : « Les colonnes abattues ont été relevées; les chapiteaux renversés remis i leur place, les murs consolidés et les voûtes qui avaient été percées pour recevoir les décombres des étages supérieurs, réparées en partie, p Où sont donc, s'il vous plait. Monsieur, les parties de voûtes qui n'ont pas eu besoin d'être réparées, et par quel étrange abus de mots appelez-vous consolider des murs, les refaire en entier? Avouez-le, Monsieur, lorsque vous écriviez ces lignes au Ministre, vous ne parliez pas de ce que vous aviez vu, vous étiez à vos vignes ou ailleurs. Mais, dites-vous à M. le Préfet, il fallait consolider le potager au-dessus de la crypte, et c'est pour cela qu'on a fait des voûtes Vous auriez dû vous rappeler que le Ministre donnait une subvention pour faire des fouilles. On pouvait se servir de blindages comme on a fait pour la galerie demi-circulaire qui mène au tombeau de S. Bénigne. A quoi bon sculpter des chapiteaux, copier, et mal copier, des bases de colonnes, refaire une crypte neuve enfin ? Vous avez dépensé des fonds qui pouvaient être mieux employés et vous avez rendu méconnaissables les traces des anciennes substructions. Voilà ce que vous appelez restaurer et conserver. De deux choses l'une. Monsieur : ou vous avez laissé faire l'architecte et vous n'avez pas exercé la surveillance que vous aviez acceptée, — ou bien vous avez trompé le Ministre en donnant, aux fonds alloués par lui, une destination différente de celle que vos rapports annonçaient. Jusqu'à présent j'avais attribué à l'architecte seul les méfaits de la crypte de S. Bénigne : j'ai peine à croire que vous en réclamiez la responsabilité.

« Recevez, Monsieur, l'assurance de la considération distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur,

« P. Mérimée « Insp. ff^ des Monuments histor. »

M' Henry Beaudot^ Prisai de la Comm, des Antiq. de la Câte-d'Or.

De Dijon, Mérimée continua sa tournée par St-Philibert de Toumus, St-Maurice de Vienne, le temple d'Auguste, l'église de Cruas, et enfin il arriva 1 Lyon d'où il envoya son rapport le 6 août.

Nous n'avons plus de renseignements sur Mérimée avant la fin du mois de février 1847. ^ ^7 février, il est chargé par le Comité des Arts et Monuments de rédiger « une petite instruction, une espèce de circulaire adressée aux correspondants pour les prier de signaler tous les monuments druidiques dont ils auraient connaissance. » ' Le même jour il écrit i H. Royer-Collard :

« Mon cher ami, je connais beaucoup M. Dréguct, c'était un grand ami de mon père. On me dit qu'il a de très grandes chances. C'est l'opinion de Flourens, qui pourtant ne me parait pas fort disposé en sa faveur. J'irai lundi blaguer les Académiciens que je connais. Libri est malade pour longtemps encore. Je parlerai à Biot, Gasparin, de Jussieu. Le père Bréguet était tellement aimé que tous les vieux seront pour le fils, je n'en doute pas.

X. BtiUitin du Comité du Arts et Moiutnmts, iV (1846-48)» p. ajo.

« Vous ne me donnez pas de vos nouvelles. J'ai été si occupé que je n'ai pu aller vous voir. Dites-moi quand vous irez le soir chez M. Trousseau pour que j'aille lui faire visite sans crainte de trouver visage de bois.

« Gaviaud (?) est mort comme Cabanon. C'est une victime de plus à ajouter à la liste des malheureux mal sondes par des chirurgiens à qui les détours d'un urètre sont inconnus. Je meurs de peur que l'enterrement qui s'est fait avec le froid que vous savez ne tue mon directeur ou seulement quelque autre confrère. Un discours de réception ne pourrait me manquer, et je ne suis pas encore bien remis du mien.

« M^ Benjamin Delessert a une péricardite compliquée d'hydropisie. M'' Andral dit qu'il n'y a pas de remède. Le testament, s'il y en a, est une question grave pour nos amis, qui sont je crois les seuls à n'y pas penser. Comment va Malitourne?

« 27 février 1847. •

C'est en 1847 ^1^^ Mohl, âgé de 47 ans, se maria avec hi^ Mary Clarke, qui avait 10 ans de plus que lui. La veille de son mariage, Mohl envoya à Prosper Mérimée, qui n'était au courant de rien, un billet : « Mon cher Mérimée, j'ai un service à vous demander, faites moi le plaisir de venir demain matin 1 10 heures me servir de témoin. »

Mérimée crut qu'il s'agissait d'un duel! '.

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