LES DEUILS
Arriva le coup d'État. Mérimée écrivait peu de temps après à un correspondant inconnu :
« Monsieur,
« Vous me faites grand tort en croyant que j*ai si mauvaise mémoire. Je vous suis bien obligé de votre bon souvenir et je me félicite de vous savoir en pays si monumental que le département de la Marne. Je serai certainement bien heureux de faire halte i Qiâlons et d'y causer de notre jeune temps et de nos antiquités. M' l'abbé Champenois que j'ai riiouncur du connaître depuis longtemps est un curé modèle. Je désire bien vivement que son projet réussisse et je le vois en bon train. J'espère que la Commission des Monuments historiques donnera sa pierre pour achever le clocher. Malheureusement nos affaires archéologiques souffrent un peu des affaires politiques. On me promet pourtant en leur faveur un intérêt particulier dès qu'on aura le temps de s'occuper des détails.
« Je vois de temps en temps M. de Gasparin, toujours très bien portant et philosophe. Paul est i Orange occupé â propager sa famille. Adieu mon cher Monsieur, veuil-
^91 MOtËS suit ^ROSt>Et HÉRlMiË
lez agréer rexpression de tous mes sentiments bien dévoués,
f P' MâRlliÊB,
« Vendredi soir 9 janvier [1852]* a
Cependant il n'oublbîtpas ses amis au ttiilieu du bouleversement et il écrivait à M. de Mercey :
« Mon cher Monsieur,
« Je vous ai remis il y a quelque temps une note sur M- Sisco, graveur, et une lettre de lui au ministre dan* laquelle il sollicite une souscription pour un de ses ouvrages. M' Carbillet, peintre, d'après le tableau duquel M^ Sisco a exécuté sa planche, vous a remis la gravure* Elle vous disposera j'espère favorablement pour M^ Sisco* Perniettcîfi-moi du vous rappeler sou aflairc et de lu recommander X votre obligeance ordinaire.
« Veuillez agréer, cher Monsieur, la nouvelle expression de tous mes sentiments dévoués,
« P"^ Mêrihéë, « $0 mars 1852. h
Le 10 avril 1852, il remettait un rapport inédit de B pages in-foL sur le palais des Etats de Bourgogne i Dijon^ et quelques jonn aprés^ il rédigeait la minute d'une lettre du Ministre au préfet de la Seine sur la fontaine des Innocents.
Il fut frappé tout d'un coup d*un deuil cruel : sa mère mourut le 30 avril 1852. Il devait écrire plus tard : « Ma mère est morte entre mes bras, et toute idée de devoir i