‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 120 sur 197 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

Un beau jour, Mérimée apprit que sa petite amie M"« Eugénie de Montijo devenait impératrice. L'on sait qu'il fut chargé de rédiger au contrat les titres*et qualités de la comtesse de Téba. Il aurait, d'après Arsène Houssaye, joué un rôle plus actif dans ce mariage, mais nous n'avons pu vérifier ces dires, dont nous lui laissons la responsabilité :

« Sans être la marquise de Sévigné, M^^* Eugénie de Montijo savait écrire à bride abattue, et le dessus du panier de son esprit avait une saveur mi-étrangére, mi-parisienne. Mais il n'y avait pas de quoi tourner la tète i celui que Chateaubriand appelait un écrivain de grande lignée. Mérimée qui était un malin, qui aimait à mettre tout le monde dedans — les empereurs comme les abonnés de la Revue des Deux-Motides — s'amusa à dicter des lettres, vraies lettres de romancier, i la belle aspirante. Mérimée m'a dit d'un air railleur : « Tout ceci n'est qu'une légende. » Mais pourquoi l'a-il contée comme une histoire ? La première surprit l'Empereur, la seconde le fit rêver, la troisième le passionna, la quatrième le mit hors de

§î6 NOTES SUR PROSPER UÉR1MÉE

IuL Mérimée s'amusa à ce roman ca action* Il se surpassa dans l'art de prendre un cœun A la douzième lettre^ Napoléon, qui avait entrevu dans les fé^es la belle Espagnole, voulut rêver avec elle au clair de la lune, sous les grands arbres de Compiégne ' . »

La joie de ses amis n'empêchait pas cependant Mérimée de prendre la défense de ceux que Ton attaquait.

La Rame archéologique avait publié * un article de M- Adolphe Breulier intitulé -. Second su(iplément aux considérations nmiveUes sur la numisnmûqm gaulom. Réponu à MM^ Anaiok de Barihiïcmy et Cb. Lenormant^ dans laquelle ce dernier surtout était pris violemment à partie. On lui reprochait notamment « ses brutalités sans examen et sans critique »* Aussitôt la lettre suivante 3 fut envoyée au directeur :

« 2é janvier Ï853. a A Monsieur Lekux, éditeur de la Rivut archéolo^ui,

« Monsieur,

Œ Déjà complètement étrangers k la dlredion de la Rnmi archéohgiqu€ que cependant nous avons contribué à fonder, il y a neuf ans, nous tenons maintenant à ce que le public sache que nous ne voulons pas plus longtemps

ï. Artènc Hou3S«yc« Lts C&Hfuîiom. Souvenirs dl'uti dctni-siècte (î8jo-i&8o). Pâm, Dcoiw, ia9ï, [7* EJ'^-], IV, ii6. *- Arsène Hoiis- Èije eai revenu iur ccttg liiitoirc Jans le me me volume (Lti Trmt r&yonnanktt ithiotn £hinmse) |p. lyf-Bi]. U y a mèm*^ iiiKrà Jcf biUcls i|uiiie paraissent pas authentiija^ï. Enfia it y est encore fait allusion pïus Ima

a. Tome XVI U (î8si*',|). p^ 617-644.

}. L'original nous appartient.

LBS HONNEURS }I7

prendre part i la rédaction d'un recueil qui cesse d'être sérieux.

« Nous vous prions, en conséquence, de donner dans votre prochain numéro place à cette déclaration que la publication d'un article récemment paru a rendu nécessaire.

« Recevez, Monsieur, l'assurance de nos sincères regrets.

« Adrien de Longpérier, J. de Witte, Vincent, V" Emmanuel de Rougé, Alfred Maury, P. Mérimée, A. Duchalais. »

A la suite de cette lettre collective, M. Lcleux adressa une lettre d*excuses à M. Lenormant, et Alfred Maury retira sa signature.

La note suivante, qui parut peu après dans la Rexnte archéologique > mit fin à cette discussion :

« Qpelques personnes ont cru voir dans un article publié dans notre précédent numéro des attaques dirigées, soit contre l'Académie, soit contre la personne de l'un de ses membres. Nous déclarons, si toutefois il en est réellement besoin, que rien de pareil n'a jamais été dans la pensée du directeur de la Revue ni du signataire de l'article en question.

« Au moment où les susceptibilités respectivement émues par la polémique à laquelle nous venons de faire allusion semblaient heureusement s'apaiser, VAibeitœtun^ dans un article anonyme, d'un atticisme fort douteux, et que ce journal intitule ses Causeries^ a dit : « On assure

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