I. Bibl. de Nantes, coll. Mellinet, 688, n
Les premiers désastres l'atterrèrent >.
Puis sonna le terrible glas de la défaite, et le ) septembre arriva la dépêche qui annonçait Sedan. Ce jour-là, Mérimée, mourant, les jambes enflées se fit porter chez M. Thiers pour l'engager à sauver l'Impératrice et l'Empire '. M. Thiers ne pouvait pas^ malgré l'estime et l'affection qu'il avait pour Mérimée, accepter une telle situation ). Deux jours après Mérimée quittait Paris et arrivait à Cannes bien malade, ne se faisant pas plus d'illusion sur son sort que sur celui de la patrie. Il prévoyait sa mort, et dès le 27 juillet il disait à M. Grenier : « C'est bien fini; je vois venir la mort et j'y suis préparé 4. » Le 23 septembre, Mérimée mourait à Cannes s.
« Mourant ainsi, atteint dans ses sympathies les plus chères et sans espoir pour son pays, M. Mérimée n'avait pas même la faible consolation de pouvoir se dire que Paris, ce Paris lettré si épris de son beau talent, apprendrait sa perte avec douleur et s'associerait au deuil de l'Académie... Cette nouvelle qui, en d'autres temps, eût
I. Il devait écrire à M"* de Beaulaincourt, le i) septembre : « }*ai toute ma vie cherché à être dégagé de préjugés, i être citoyen du monde avant d'être Français ; mais tous ces manteaux philosophiques ne servent à rien. Je saigne aujourd'hui des blessures de ces imbéciles de Français, je pleure de leurs humiliations, et quelque ingrats et absurdes qu'ils soient, je les aime toujours. • (d'Haussonville, p. 182).
a. Cf. Lettres inMiits dé Protper Mirim/t, p. cx-csv.
). M. Paul lk)iiiicfon, dans un article du la Rn^ue UuHWuHê du 9 mars 1901 partage cette manière de voir. Ce n'est pas l'opinion de M. Hugues Hcbcll. {Les patriàdis (loriJUs, dans le SoUil du 2 septembre 1901.)