‹ Notes sur Prosper MériméeChapitre 167 sur 197 · U MORT DE MÉRIMÉE · texte numérisé non relu

U MORT DE MÉRIMÉE

son père devait £tre donné au musée du Louvre, ses livres à rinstitut, sa collection de bagues antiques i la Bibliothèque nationale *. Du Sommerard était chargé » « de brûleries lettres et papiers ' à l'exception de quelques autographes de l'Empereur et de l'Impératrice, dont il pouvait disposer à sa volonté. Mérimée donnait lo.ooo fr. \ la fille aincc de du Sommerard, et à celui-ci toutes ses pipes. Des tableaux ou porcelaines devaient être donnés à Achille Fould, Penguilly, Viollet-le-Duc, Courmont. Enfin une bague portant In ttunioriam P. M. devait être remise à M"« de Montijo 3. Un codicille réglait son enterrement 4. On remarquera avec surprise que ni Jenny Dacquin, ni Panizzi, ni M"* Przezdziecka, ni d'autres de ses amis — et non des moins chers — ne figurent sur ce testament. Nous ne nous expliquons pas ces omissions qui nous paraissent singulières.

I. A propos de cette collection, VlniêrmMùiir» Jês Cbtrebemrs ti i ft publié, en 189a, une note rcstt&e sans réponse : ■ En 187), M. du Sontnteinnl retrouva à Cluny I.1 caisse qui contenait U collection et Is remit A M. TAKhercflu. Q|i*est-elle devenue? b (xzt, 24$). M. Babelon à qai |e me suis adressé a bien voulu me faire répondre qu'elle n*était pas 4 la Bibl. nationale.

i. Dans une lettre sd. à Jenny Dacquin, il écrivait déjà, dès 1840 (environ) : « Rassurei-vous pour vos lettres. Tout ce qui se trouve d*écrit dans ma chambre sera brûlé après ma mort ; mais pour vous faire enrager je vous laisserai par testament une suite manuKrite de la GuxU qui vous a tant fait rire. > (Lettres à Hfie inconnue, l, 26). — «M. Du Sommerard, « bien voulu nous écrire Af"* du Sommerard , a détruit les lettres 4 lui adressées par Mérimée, missives affectueuses qui n'avaient aucun intérêt au point de vue document. «

5. Cf. H. Dlaze dcBury, introduction aux Lettres à une outre inconnue,

4. M. Filon, qui oe parle pas du testament, a analysé longuement ce codicille {Mérimée et ses omis, p. $49-5 1).

LA BIBLIOTHÈaUE DE PROSPER MÉRIMÉE ÇEssai de reconstitution.)

L'on sait quel fut le sort de la bibliothèque de Mérimée : elle a été complètement détruite dans Tincendte de la maison de la rue de Lille >. Cependant, Mérimée avait peut-être avec lui» à Qnnes, quelques ouvrages favoris, qui seraient alors entre les mains de la dame Hémon, héritière de mistress Ewers. Nous n'avons pu vérifier ce point intéressant n'ayant eu avec cette dnme que des relations purement judiciaires, et nous souhaitons que quelqu'un soit plus heureux que nous. Mais, en tous les cas, s'il y avait des livres à Ginnes, ils ne devaient pas être nombreux. La bibliotKéque était à Paris.

Il est intéressant de connaître la bibliothèque d'un grand homme, car, ordinairement rien n'est plus propre à nous renseigner sur ses auteurs préférés et sur ses goûts littéraires, c'est ce qui nous a décidé à essayer de reconstituer celle de Mérimée.

Le travail a été tenté — très sommairement — en 1879,

1. Toatet les curiosités ont dA dispanltre, sauf k petit bconie grec, sauvé par M. Edouard Grenier, qui a été reproduit par M. Toumeus (Prasfêr hîirimh, mporinûts, eu., p. 106) et donné récemment par le pos- SMsettr au musée archéologique de Besançon. Cf. D^àeht rêfmkUeaim it BnsNfPM, du 10 mars 190a.

par M. Maurice Tourneux : nous lui devons de savoir que Mérimée, outre ses propres ouvrages, avait la collection elzévirienne Jannet sur papier de Chine >. Mais, depuis cette date, beaucoup de nouvelles correspondances de Mérimée ont été mises au jour, — et Ton sait qu'il parle souvent de ses livres à ses correspondantes — et d'autres, inédites donnent, aussi des indications précieuses. C'est à l'aide de ces sources que nous avons dressé ce supplément au catalogue de sa bibliothèque.

A priori, Mérimée devait avoir un certain nombre de revues, par service ou par abonnement : VAibefiœumfrati' çaisy la Revue arcbéologiqiief la Revue des Deux-Mondes^ etc., il recevait comme membre du Comité des Travaux historiques toutes les publications de ce comité : Bulletins, séances et travaux, rapports, etc., la collection des Documents inédits; en sa qualité de membre de l'Institut, il en avait aussi les publications.

Bien entendu, il devait avoir dans sa bibliothèque tous les classiques grecs et latins, et il avait très certainement la collection des auteurs 'grecs éditée par Boissonnade. De même, il est inutile d'énumérer les auteurs latins ' et français : il devait les avoir tous depuis la

X. Mérimée éuit bibliophile. Il écriTtit à Jeooy Dacquio eo 1 1843 : « ... Je me suis donné Tlnnocent plaisir de faire imprimer on livre sans le publier. On n*en a tiré que i $0 en papier magnifique, images, etc., et |e Tai donné aux gens qui m'ont plu. » (I, 50). — Il avait, du reste, de qui tenir. Par une lettre du )i mai 182), Mérimée père conseillait à Dochesne aîné de proposer à la Bibliothèque royale Tusage des cuirs odoranu « si favorables à la conservation des livres •. (Edouard Foumier, Lrnrl d* U rtUurg m Frûwet, dans (witcllt éts Bmttx- Aris, 1864, t. I, p. 438 à la note.)

a. Il possédait jusqu'à on Nonnius, Deree»Unariû\ Do moins il avait donne commission pour cet ouvrage en 185). Cf. lettre à Qeic de Lan* dresse, dans Lftirts iiMiles é* PtMpn Mirimit, p. 212.

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Chanson de Roland jusqu'aux œuvres complètes de Voltaire. Il avait aussi sans aucun doute, les ouvrages de son père. Mais il avait bien d'autres livres >.

Nous n'avons de renseignements sûrs que pour les auteurs suivants > :

1. About. — Les deux littérateurs étaient très bien ensemble. Ils se rencontraient souvent à la cour et leur esprit mordant les rapprochait. Mérimce avait donc ses ouvrages, notamment le Progris^ dont il disait : « Je ne sais s'il a beaucoup de succès. Il y a beaucoup d'esprit cependant 3. »

2. Ampère. — L'on connaît les relations qui unissaient l'amoureux platonique de M"^« Rècamier à l'auteur de Clara Ga%ul^ qui fut chargé de le recevoir en 1848 à l'Académie française. — Tous les ouvrages de J.-J. Ampère se trouvaient rue de Lille.

3. Antonius de Arena. — Ad suos compagnones studianteSf quisunt de persona friantes bassas dansas in gallanii

1. L'Impératrice lui avait donné des lettres autographes du ducd*Albe et de Philippe II. Lettrtsà une ittcounue^ II, 347.

2. Il ne nous a pas été possible de savoir ï quel ouvrage fait allusion une lettre inédite de Sainte-Beuve i Mérimée, relative à un petit volume qu'il envoie « avec les pétitions et les explications qui y sont jointes, et en y ajoutant pour mon compte toutes sortes de recommandations et de suppliques. On m'assure qu'en effet le traité d'orthographe est bon et d'une pratique très éprouvée; reste à savoir comment ratucher l'orthographe à la morale. Nos pauvres gds.mèrcs qui étaient si morales savaient assez mal l'orthographe; mais de nos jours, qu'en dites-vous? c'est inséparable. >

3. Nous n'avons pu obtenir aucun renseignement sur les relations qui ont cenainement existé entre About et Mérimée.

stilo blsogtuiiaSj cum guerra romatta ai longum sine require^ etc. La première édition est slnd. La première édition datée est de 1529 *.

4. AuGiER (Emile). — Toutes les pièces d'Emile Augier devaient porter un ex dotio à Mérimée, qui avait pour lui beaucoup d'affection.

5. d'Antas. — Les papiers de Victor Cousin contiennent une lettre inédite adressée au philosophe par cet ami de Mérimée, auteur d'un ouvrage sur Les faux dm Sébaslien^ étude sur l'histoire de Portugal'. Il est peu probable que l'auteur ait chargé Mérimée de remettre son livre à G)usin sans lui en donner à lui-même un exemplaire. En tous cas voici la lettre envoyée à Cousin :

« Paris, le 28 décembre 1863.

« Monsieur,

« Notre ami Mérimée vous remettra un livre que j'ai osé publier, un enfant qui m'a causé bien des veilles et des peines et que vous trouverez sans doute fort mal venu.

« Si vous étiez encore à Paris je n'aurais pas été assez hardi pour le placer sous votre protection, mais à Cannes où le beau ciel bleu et le dolce farniente doivent vous disposer à l'indulgence, j'espère que vous voudrez bien en lire quelques pages, ne fût-ce que pour vous endormir.

« Et puis, si cela vous ennuyé, le coupable est sous votre main, et je vous le livre. C'est Mérimée pour qui

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