ANNÉES DE DISSIPATION ÎJ
« Je VOUS réserve ma stalle pour Marion, et vous serez j
bien aimable de l'accepter. Faites-moi savoir seulement si vous serez libre ce soir-là, et s'il vous plait de perdre votre tems avec Marion de Lorme plutôt qu'avec un autre ?
« C'est vous, c'est votre personne, c'est votre présence que je désire.
« A vous bien cordialement.
« Victor H.
« Ce dimanche 7 août. 9
Monsieur P, Mérimée fils^ à técole des Beaux-ArtSy 20 rue des Petits- Auguslins.
Les relations cessèrent bientôt entre eux, nous ne savons comment'.
Mérimée n'était pas poète ', mais il aimait les vers et appréciait beaucoup Musset '. Il assista avec Alfred de Vigny, Sainte-Beuve, E. Deschamps, Dévéria, i la lecture
I. Il a passé récemment en vente une lettre de V. Hugo à son ami Paul (Fouclwr?] datée de Ilautcville llousc. x8 mars, où il est question de Mérimée. « Tu sais que je n*ai connu qu'avec le public le beau et bon livre de u sœur. Elle m*en a fait la surprise. De là quelques erreurs. Le fait Mérimée n*est pas exact. Ccst une légende malveillante inventée et corsée par Musset. Si u sœur m*en avait parlé, j*ensse rectifié le fait, qui est beaucoup plus simple... » (Vente du i8 décembre 1900 de Noël Charavay, n* 78.) Nous devons la communication de ce fragment à M. Raoul Bonnet qui, pas plus que nous, n'a réussi à trouver de quel fait il est question.
a. Dans la vente d*autographes du la décembre 1890 a figuré (n* 9)) le quatrain suivant de Mérimée :
Les hannetons, fils du printemps Qpi se nourrissent de verdure Font les délices des enfants Et l'ornement de la nature.
). Cf. Utîres inédites, etc. p. xix.
Chambon. — P. Mérimk, 2
l8 NOTES SUR PROSPBR MÉRIMÉE
des Premières poésies '. De son côté Musset admirait fort Mérimée comme le montre la lettre * qu'il lui adressait en 1832. (Quoiqu'elle ait déjà été publiée s il n'est pas inutile de la reproduire, à cause des variantes.
ff Au moment de terminer avec mes épreuves [je m'aperçois que] j'ai oublié de vous demander une autorisation.
« J'ai eu il y a quelque temps, avec un parent i moi, une discussion sur la double manière dont on peut envisager les choses en littérature 4, c'est-à-dire par leur côté réel, ou par leur côté fantastique et philosophique. Vous concevez aisément que votre nom s'est trouvé mêlé à la conversation. En sortant de là, j'ai fait une vingtaine de vers sur ces idées, que j'ai ajoutés à la préface que vous connaissez. G)mme votre nom s'y retrouve, je vous les envoie et ne les y laisserai qu'autant que cela vous paraîtra indifférent, attendu que je voudrais moins que personne dire quelque chose qui vous fût désagréable, surtout en public.
«Tout à vous
« Alf<> DE M. »
L'artiste est un soldat, qui des rangs d'une armée Sort, et marche en avant — ou chef — ou déserteur. Par deux chemins divers s il peut sortir vainqueur.