LA UAISON AVEC GEORGE SAND
dédommager, je ne trouvai qu'une raillerie amère et frivole. Ce fut tout, et Ton a résumé toute cette histoire en deux mots que je n*ai pas dits, que Madame Dorval n'a ni trahis, ni inventés et qui font peu d'honneur à l'imagination de M. Dumas.
« Si Prosper Mérimée m'avait comprise, il m'eût peut-être aimée, et s'il m'eût aimée, il m'eût soumise, et si j'avais pu me soumettre à un homme, je serais sauvée, car ma liberté me ronge et me tue. Mais il ne me connut pas assez et au lieu de lui en donner le temps, je me décourageai tout de suite et je rejetai la seule condition qui pût l'attirer i moi. Après cette ânerie je fus plus consternée que jamais...
« Peu à peu, je me suis remise... »
Quoi qu'il en soit, la liaison ne fut pas de longue durée. Que ce soit pour avoir trouvé son portrait — peu flatté — écrit par G. Sand, comme le dit M. d'Haussonville ', ou pour des raisons plus intimes s'il faut en croire certaine lettre adressée i George Sand et attribuée à Mérimée, qui courait il y a quelques années sous le manteau *, les deux amants se séparèrent brouillés à mort, G. Sand déblatérant contre lui, et Mérimée faisant courir
X. O* d'Haassonyille, Prmper Min'mét, hughEUM, Ptrii, C. Léry. t888, in-iS, p. i4-x6
a. « Depait ^ue George Sand est redeyenue à la mode, on colporte, tons le manteau, la lettre de rupture qu'écrivit à « son George » Mérimée après une intimité de huit jours. La lettre a trois grandes pages, est remplie de très beaux sentiments, exprimés ayec une emphase peu habituelle i Mérimée : il proteste de son amitié, mais croit qu'elle et lui ont mieux à faire qu'A se disputer. Ensuite yient la signature, et enfin un post-scriptum laconique »{Li Cri de Paris du 2% février 1898, p. 4, col. a). Une question posée à ce sujet l'an dernier dans VInîermidiairt ia Cherchtmn est restée, jusqu'à présent, sans réponse.
sur son amie des récits scandaleux. « C'est une femme débauchée à froid par curiosité plus que par tempérament », disait-il à Vielcastel '.
Cela ne Tempécha pas, du reste, de prendre parti pour elle, en 1862, lors de la discussion pour le prix académique de 20.000 francs *. Il parla en sa faveur contre M. Guizot ). Il avait même écrit à différents académiciens. M. de Lovenjoul a publié 4 la lettre que Mérimée adressa à cette occasion à Sandeau, le 10 mai 1862.