VOYAGE DANS L'EST
Le 6 mai ', Mérimée adressait son itinéraire au comte de Montalivet. Le i8 mai, il était à Chaumont en Bassigny, d'où il envoyait un rapport * de quatre pages et demie sur les statues des Guises transportées de Joinville à Chaumonty et sur deux statues (Charles et Roger de Choiscul) du musée de Troyes.
De lày il allait à Besançon, d'où il écrivait i Royer- CoUardy le 23 mai :
« Mon cher ami, je vpus ai conté la grande colère de Thiers contre Beyle. 11 est plus que probable qu'il est jfort calmé, mais pourtant lorsque Bcyle sera à Paris, je vous prierai de le recommander un peu chaudement à Mignct. Mignet s'il le veut pourra lui être fort utile, surtout si Beyle persiste à permuter son consulat contre quelque petite place à Paris. »
Quelques jours après, il était à Mandeure, dont il examinait le théâtre , puis i Ottmanheim ), enfin à Strasbourg. C'est de là que le 4 juin il envoyait ces lignes désolées à Stendhal :
I. Afch. de U Comm. des Mon. histor., hc, cii. Lettres et rapports 4e MMmée et Vitet. IfMii.
a. M, j. Id, (juin).
96 VOYAGE DANS l'eST
« Rien de plus triste que ma vie du soir, rien de plus occupé que ma vie du matin. Le soir je n'ai gu^re le cœur d'écrire autre chose que mes notes de voyage et le . matin je fais mon métier de commis voyageur * ».
Cela ne Tempéchait pas de s'occuper de son ami, car il ajoute dans la même lettre :
« ...Je reçois une lettre d'Hiypolyte qui 'm'écrit aussi que votre affaire est arrangée. Je souhaite que vous voyant du foin dans vos bottes vous ne disiez pas quelque chose de grave à votre g*' que j'ai vu bien rageur en parlant de vous... »
De Strasbourg, il poussait jusqu'à Aix-la-Chapelle, d'où il adressait à son confident habituel la lettre suivante :
« Aix-la-Chapelle, 3 juillet [18)6],
« Il faut que je vous conte, mon cher ami, le succès du système depuis quinze jours que je suis in partibus infidelium. Faute de savoir la géographie, j'ignorais que . Wiesbaden fût très près de Mayence. Il y a des eaux minérales et les accompagnements ordinaires, roulette, trente et quarante. Figurez-vous au milieu d'un jardin délicieux, en face d'un lac en miniature, un salon de 60 pieds de haut, 120 de long, 40 ou 50 de large, colonnes de marbre, dorures, sculptures, tout cela riche et de bon goût. Au milieu une roulette, et dans un salon voisin une table de 30 et 40. 11 n'y avait pour jouir de ces merveilles qu'une soixantaine d'anglais et d'alle-