A Vitet. Mérimée y a joint un croquis de ce menhir
2. Le 22 août il écrivit à M. Allart pour lu prier de lui acheter à Paris une bague pour une belle dame, qui pourrait bien être M** de Montijo. Cette lettre de 4 pages in-40, a figuré sur le caulogue Trémont, suppl., vente du i6;-février 1^5), n* 840, et sur un caulogue du 17 novembre 1876, n* 191.
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des mois de septembre et d'octobre. Le 28 octobre, il était de retour de Bordeaux > d'où on l'envoya à Toulon pour examiner les collections de tableaux Josserand et Rebuffat *. Le 31 octobre, il adressait de Paris au ministre un rapport sur les monuments du Poitou (ab.baye de Charrout et S*-Savin).
Les deux lettres suivantes adressées à H. Royer-Collard semblent être de la même année, mais nous ne savons à quel fait elles font allusion :
c Mon cher ami, votre lettre me plaît assez mais elle est un peu trop courte et elle manque de ce que les Espagnols nomment Cbispa^ qui serait ici nécessaire. Il y a de l'ironie, mais trop douce, trop voilée , trop janséniste. Pour ce monde là il faut mettre les points sur les i. On ne comprendra pas : « sachant combien sont respectables etc. » J'aimerais mieux : connaissant déjà par expérience ou quelque chose de semblable. Puis il faut absolument l'anecdote de votre oncle. Remarquez que quiconque aura lu votre lettre retiendra celte anecdote et la redira, c'est
1. Lettre à Lenormant du a8 octobre dans Revuê iê Paris, loc. cit., p. 427-9. Elle est incomplète. On a supprimé tvani le dernier 5 (Aiku MmsUmr, etc.) ce^e phrase : t On m'envoie 4 Toulon ce qui me contrarie fort. Je serais parti déjà sans un déluge qui tombe depuis deux jours. Demain je me mets en route et dans quelques jours je ferai vos compliments au bon Docteur. » Et après (JulietU et Pauh) : t Je vous serai bien obligé de faire mes excuses & M. Le Bas. ]*ai remis ses livres & M. de Navarrcte, président de TAcadétnic, mais la junte s'est emparée de la salle de ses séances et elle est en vacances forcées, ce qui m'a empêché de rapporter une lettre de remerciements qui viendra aussitôt que k Junte prendra quelque repos. »
2. Le rapport de Mérimée au ministre de l'Intérieur a été publié dans les Notnfella arcbhfes da Fart frrnn^ais^ )* série, XII (1896), p. 15)-$.
148 NOTES SU& PROSPER MÊRlllÊE
ce que vous voulez, n*est-ce pas? Une autre chose que vous ne dites pas et qu'il serait nécessaire de dire, c'est que vous avez le moyen de publier, et que vous ne voulez pas user de ce moyen. Ne serait-il pas convenable enfin de donner à toute la lettre un ton de plaisanterie, comme s'il s'agissait d'une affaire dont vous ne faites que peu de cas. L'anecdote de la paix est indispensable.
« Tout à vous « Pr M.
« La menace de la tin est bonne, mais un peu sérieuse. Je verrai ce que f aurai à faire — peut-être ces nouveaux volumes ne m'inspireront-ils que des éloges, et alors je pense que vous n'auriez pas d'objections à me permettre de les exprimer.
Nouvelle lettre :
« Mon cher ami, il y a grande amélioration ce me semble. Je n'ai que deux petites observations à vous faire.
10 « me reposer de ces misères » — oublier ces misères, ou quelque chose de semblable. Il ne faut pas convenir que cela vous ait fatigué. 2^ la seconde phrase a quelque chose de louche c comme ils ne m'inspireront que des ihges^ je suppose que mes critiques seront accueillies » je comprends que vous voulez faire entendre que vous reprendrez plus tard vos premiers articles, mais je crois que cela est inutile. Vous venez de parler des moyens de publicité que vous avez à votre disposition. Vous terminez par promettre des éloges pour l'avenir, l'ironie et la menace me semblent assez claires pour n'avoir pas besoin d'être détaillées. Le seul inconvénient au reste que
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je trouve à votre rédaction de cette dernière phrase, c'est qu'elle affaiblit l'ironie du compliment.
« Je voulais aller à Passy ce soir, mais mon cousin est revenu de Djeddah et j'ai passé la soirée avec lui. J'écris à Mad< D< qui vous invitera probablement à diner un jour de la semaine prochaine.
II juillet cP'M. »
vendredi soir.
Mérimée s'occupait beaucoup en ce moment de sa Guerre sociale. Il écrivait à Lenormant avant l'apparition du volume :
« Je suis venu pour vous demander conseil :
« Bonnaire me tourmente pour que je lui permette d'insérer dans la Revue des Deux-Mondes quelques pages de la Guerre sociale,
« Dois-jc, ou ne dois-jc pas ?
a La question de gain doit être tout à fait mise de côté. Je crains seulement qu'en insérant on ne déflore cette jeune vierge in-8, et qu'elle devienne moins précieuse aux heureux mortels à qui elle est destinée. Je passerai demain pour savoir votre verdict.
« Pr M. »
Mérimée ne publia pas ces pages dans la Revue, Il n'abandonnait cependant pas ses études sur César, la lettre qu'il écrivait à Grasset en fait loi :
« Paris, 20 janvier 1841,
« Mon cher ami le désagrément d'être si loin l'un de l'autre c'est qu'on a oublié ce qu'on a dit lorsqu'on en
reçoit la réponse. Vous me dites que je vous ai fait des reproches et vous me faites une page de justification, c'est votre mot. Je n'admets pas que je vous aie fait des reproches. Cela n'en vaut pas la peine, (/cî cinq l^neseffa^ des ffutie eticre très iioire^ qu^il tims a été absolument impossible de lire sur VorigiiuiL)
c J'ai reçu votre lettre en Espagne où je suis allé passer quelques mois chez de bons amis, et j'y ai retrouvé quelque jeunesse, que j'ai bien vite perdue en rentrant k Paris, il y a un mois, au milieu de l'hiver et d'un gâchis politique et moral presque aussi sale que la révolution dont j'ai été témoin à Madrid. Vous me paraissez ennuyé de vos Albanais, bien que vous y soyez UXafiirpÔTaToç. — On m'a donné ce titre aussi en Corse, à Cargise, canton habité par une petite colonie de Spartiates, et au lieu de m'écrire vous ils mettent to OsoxoxvTiTàv t7|^ t\»fstptloLç aoo âyaiX^ua. Ce qui est un peu amphigourique. Vous me promettez des chansons clephtiques et je m'en promets un grand régal. Mais il est impossible qu'il n'y en ait pas d'albanaises. Il n'y a pas au monde un peuple qui ne chante. Le peuple français le plus prosaïque de tous a cependant Malbrouk et bien d'autres chants de la même force qu'il serait très intéressant de publier si notre grande nation n'était pas plus connue que celle que vous embellissez de votre présence. Donc si vous n'avez pas le courage d'apprendre vous même l'Albanais et de publier une grammaire, un dictionnaire et une anthologie schype, vous devriez cependant vous faire donner des traductions des chants populaires de Janina et autres lieux.
« Je ne suis pas fort en géographie, et peut-être vous moquerez vous de l'idée que j'ai que l'ancienne ville de
152 NOTES SUR PROSPBR IIÉRIMÉE
Dyrrachium est en Albanie. Si cela était et si vous passez jamais par là, veuillez regarder curieusement autour de vous. Vous savez ou vous ne savez pas que j'écris une histoire de César. Si vous pouviez m'envoyer un plan des environs de Dyrrachium vous me rendriez un véritable service. Mais je sens que la chose doit être assez difficile. Cependant si les commentaires de César se trouvent chez quelque maître d'école, veuillez lire le siège de Dyrrachium et regarder un peu si la configuration du terrain vous explique les' opérations du siège. Je n'ai pas pu trouver encore de carte qui me l'ait fait comprendre. J'ai été plus heureux pour les campagnes de César en Espagne et j'ai trouvé à Madrid des matériaux excellens. Peut-être à défaut de plans, etc., pourriez-vous m'indiquer une bonne carte. Je vous en serai fort obligé.
« J'imprime dans ce moment un mémoire fort docte que je vais déposer chez les portiers des cv8o(oTaTOi de l'académie des Inscriptions. Je ferai probablement dans quelques mois mes révérences à ces Messieurs, assez inutilement je crains, mais enfin il faut se mettre en régie avec eux et l'on m'a dit que l'ancienneté était le titre académique le plus apprécié. Partout il est bon de prendre de bonne heure sa place à la guerre. J'ai trouvé chez un cordonnier cette année un assez beau vase de Nola, fort semblable au vôtre de forme et de sujet, sans la plus petite fêlure. J'avoue que le dessin est moins beau et il n'y a que trois couleurs, mais je l'ai acheté 20 fr., ce qui me donne quelques remords. Vous m'étonncz beaucoup en me disant qu'il n'y a pas d'antiquités parmi vos sauvages. Que diable y a-t-il donc? Tout ce pays a été couvert autrefois de colonies grecques et romaines, comment
se fait-il qu'il n'en soit rien resté. Je suis sûr que si vous aviez mieux profité de mes leçons d'archéologie vous découvririez des choses merveilleuses dans ces parties de chasse dont vous me parlez et où je vous vois courant le risque d'être chassé vous-même par les voleurs. Bonne chance. Adieu mon cher ami. Vous ne me parlez point des femmes albanaises. Comment se peut-il que vous ne soyez pas déjà amoureux. De la complexion dont je vous ai connu, j'ai peine à comprendre votre célibat. Je ne vous dis pas un mot de politique. Il n'y a rien que les journaux ne vous apprennent mieux que je ne pourrais le faire. Le ministère semble assez solide.
« ?r Mérimée. »
Son volume parut au mois de mai, et il en envoyait aussitôt un exemplaire à Lebrun avec le billet > suivant :
« Mercredi [mai 1841] « Monsieur,
« Voici mon lourd volume. Je vous demande bien pardon de vous l'envoyer si tard. Veuillez lui accorder une petite place dans votre bibliothèque; il peut prétendre à cet honneur en qualité de livre rare ; car il n'a été tiré qu'à 150 exemplaires.
« Agréez, Monsieur, l'hommage de tous mes sentiments dévoués.
« P. Mérimée. »
X. Bibl. Mazarine, Pa^s Je Lehtm, carton XI, liasse 6. — Cf. /ifiralifr/fbfi.
Peu après, il projetait un voyage en Grèce, et en informait le même ami en ces termes :
« Paris, 12 juin 1841, « Mon cher ami, j'ai reçu indirectement de vos nouvelles, bonnes et mauvaises. On me dit que vous êtes encore tourmenté de votre ophtalmie, ce qui m'afflige fort, car vous devez avoir peu de ressources médicales d Janina. Les bonnes nouvelles, je les dois au général Fabvier qui m'a annoncé qu'on vous avait crucifié. Je me réjouis; non pas que je croie que vous ayez eu beaucoup de plaisir à arborer le ruban rouge, mais cela me prouve que vous êtes bien avec le ministère, et je suppose que parmi les sauvages cela vous donne plus de considération et partant plus de sécurité. J'ai reçu de M. Thery les 600 fr. Je ne vous ai pas accusé réception persuadé que vous en auriez eu par lui l'avis officiel.
« Je pense assez sérieusement à faire une visite au Parthénon cet automne. Mon ami Lenormant et quelques autres antiquaires sont en masse à Constantinople. Je les accompagnerai jusqu'à Athènes, mais au lieu d'aller à Constantinople, j'ai envie de voir G>nnthe, Argos, un peu de TArcadie, et de revenir par O)rfou et Venise Malheureusement j'ai fort peu de temps pour tout cela. Si les futurs contingents ne troublent pas mes projets, je compte être à Athènes vers le 10 septembre. Veuillez m'écrire ici et me donner vos conseils pour mon voyage. J'irai d'abord en Béotie et en Phocidc, puis de lA en Morée. Puis-je de Moréc, aller par mer facilement en Albanie ? Puis-je faire la route par terre ? Puis-je emporter une malle, ou bien faut-il voyager en pallicare ? Dites-
moi encore si je puis aller d'Albanie à Corfou sans subir de quarantaine, et si quarantaine il y a, de combien de jours. Je serai enchanté de vous serrer la main en passant, et si la chose est possible en trois mois vous me verrez certainement dans vos domaines. Mais il faut que je soye le 30 novembre au plus tard à Venise. Dans le cas où je partirais, je vous prierai de me donner quelques lettres de recommandation soit à Marseille, soit à Athènes, mais je vous écrirai d'ici là. Je me suis remis au grec moderne à tout hasard. Je le pioche fort et ferme, mais je doute que j'en apprenne assez pour demander jamais mon chemin. Je lis la comédie de Jacorakis Rhizos *H xopaxcorixii. Il y a beaucoup de dialectes différents qui se ressemblent comme le picard et le provençal, et ce ne doit pas être une petite affaire que d'entendre les muletiers et les âniers grecs à qui on a dans tout pays quantité de choses à dire. Je n'ai jamais pu me procurer ici le dictionnaire français grec de Zalick Ogloud et pour me mettre des mots dans la tétc j'ai pris le parti d'apprendre par cœur beaucoup de chants grecs. On me dit que vous coUigez les poésies albanaises. Vous devriez bien vous dévouer et apprendre cette diable de langue. Vous mériteriez bien de toutes les Académies. Je pars dans quelques jours pour ma tournée officielle, et je n'ai pas maintenant le temps de vous traduire les passages de J. César qui se rapportent au siège de Dyrrachium. Je vous les enverrai avec un commentaire, ou plutôt vous ferez le commentaire sur les points incertains que je vous indiquerai '.
I. Ces renseignements, Mérimée ne les envoyi qne dix-huit mois •prés. Cf. lettre A Grasset du 21 lanvier 184), dans InttrmUiain du cher* èbenrs et enrieux dn 10 octobre 1892, col. 395.
N'oubliez pas de rechercher s*il y a dans les environs une racine que César nomme cbara^ et qui se mange. Il en nourrit ses troupes faute de pain. Les uns disent que c'est un navety d'autres une espèce de chou ; la plupart des glossateurs n'y voient que du feu. Adieu, mon cher ami, guérissez vos yeux et puissions-nous bientôt fumer quelque fameux tabac sur les bords du lac de Janina en causant de Paris.
« Pr Mérimée. »
Monsieur Firmin^sec^* de Vagenct
du ministère des Affaires Étrangères
(Pour faire passer à Monsieur E. Grasset,
consul de France à Jannina).
Mars^lk.
B. du Rhône.
Son projet ne l'empêchait, du reste, pas de remplir ses devoirs d'inspecteur ; il fit une tournée dans la Creuse « centre de la barbarie » et dans tout le Berry.
Le i6 juillet, il envoyait de Bourges, à Vitet, un rapport très important sur Boussac, la Souterraine, le Chambon, Evaux. Il doute que les subventions accordées pour la restauration des bains romains d'Evaux aient bien été employées à cet objet. « Au lieu de conserver les piscines comme curiosité on les a très bien revêtues de ciment de molème, et on y a fait couler les eaux thermales, de sorte qu'il faut les yeux de la foi pour deviner qu'il y a quelque chose de romain. Il ne m'est pas démontré non plus qu'une partie de nos générosités n'ait servi à faire des allées et une garde robe pour les baigneurs. Mais je n'ai pu tirer le fait au clair. »
A Loches, il s'occupe surtout du tombeau d'Agnès Sorel :
« Vous savez que le tombeau d'Agnès Sorel est à Loches. Il avait été placé dans l'église de S< Ours et peu après la mort de la dame les chanoines scandalisés demandèrent à Louis XI la permission de l'enlever. Louis XI répondit qu'il y consentait» pourvu que MM. les chanoines restituassent les donations faites à l'église de S^ Ours par Agnès, sur quoi les chanoines se turent. Dans la révolution, on s'est montré plus prude que feu Louis XI, et Ton a transporté le tombeau un peu estropié à la S. préfecture, c. à d. au château de Loches. Les ossemens furent dispersés, et M' Denon, conservateur etc., cassa la tète avec sa botte et recueillit les dents pour en faire cadeau d ses amis. Tant il y a qu'aujourd'hui ce tombeau est dans une petite chambre fort humide, dont les murs sont pourris de salpêtre. Le crépissage tombe en grandes plaques, etc. Le curé de S< Ours, homme d'esprit, voudrait qu'on remit Mad. Agnès dans son église. Le S. Préfet ne demanderait pas mieux, malgré les profits que sa cuisinière tire de cette exhibition. On espère avoir le consentement de l'Évêque ; mais il est à craindre que les dames de Loches qui sont d'une vertu très farouche ne jettent les hauts cris. C'est une affaire à examiner... L'autre jour vinrent deux paysannes qui demandèrent i voir le tombeau. Elles se mirent à genoux en entrant : Ah I la jolie sainte, disaient-elles. Fait-elle des miracles et de quoi guèrit-cllc ? »
Du reste, ses constatations, ses réclamations, il ne les fait que par acquit de conscience, car il sait bien — il le
dit lui-même — que c le métier d'un inspecteur des monuments historiques, c'est d'être vox clamans in destrio. >
Le 27 juillet, il est à Paris, d'où il écrit à Madame Lenormant, alors au Val Richer, chez M. Guizot :
« Madame, Je suis arrivé à Paris il y a 3 jours, comptant y trouver encore M. Lenormant. Je lui avais écrit de je ne sais quelle de mes étapes, mais probablement il n'aura pas reçu ma lettre. Madame Récamier que j'ai vue hier m'a paru assez peu au fait de ses projets, elle m'a dit seulement qu'ils avaient été changés 5 ou 6 fois depuis 15 jours. Cela me donne l'espérance qu'à force de changements, ils en seront revenus au point où ils étaient lors de mon départ pour la Creuse, c. à d. que le rendezvous g^ est à Naples du i^^ au 5 septembre. Auriez vous la bonté Madame, de me dire si je me trompe? Je ne pourrai guère partir de Paris avant le i s août, et il me sera difficile d'être i Naples avant le i«' septembre. Si d'après les nouveaux arrangements M. Lenormant ne partait de Naples que par le second bateau de septembre j'en profiterais pour demeurer ici quelques jours de plus et terminer trois ou quatre affaires qu'autrement je laisserais à la grâce de Dieu.
« J'ai envoyé Colomba à M. Pasquier qui m'a écrit une lettre fort aimable. Voulez vous me permettre de vous faire hommage de cette héroïne et de quelques autres brimborions très propres à édifier M"" Juliette et Paujlette. J'ai trouvé à mon retour des vers de M. Le Prévôt d'Iray contre les romantiques. On m'a dit que c'était très bon signe.
« J'espère Madame que vous serez à Paris avant mon départ, en tout cas je vous promets de veiller sur la vertu
de M. U au milieu des hourris que nous allons voir. Adieu Madame, veuillez agréer l'expression de mes respectueux hommages.
c On me dit que Ampère et Lavergne sont partis ensemble, mais on ignore absolument la route qu'ils ont prise. »
Le 12 août, il écrivait à Lenormant qu'il partirait pour Marseille le i8, emportant un passe-port visé pour les 4 parlies du tnotide ■. «Je vais écrire, ajoutait-il, au D' Cauviére pour lui demander un diner comme il en donne, et pour qu'il me retienne une bonne place dans le premier bateau
I. Lettic publiée dans Râvuê de Paris, loc. cit., p. 451, mtis tmiquit, — Après le l'^S [... entre Chiaja et les Studj (p. 4)2)], on • supprimé le $ suivant : « A mon arrivée Grille m*a conté votre visite à S* Denis et m*a montré votre lettre \ la Commission. Il a rédigé un rapport au ministre de rintcricur qui m\i plu asscx. Je regrette seulcmsut qu'on tarde tant à le remettre. Sauf quelques vivacités de style que )e voudrais éviter pour ne pas tomber dans la manière de Tautre coniitéi cela me partit une bonne chose à publier. Je pense encore qu'en manœuvrant avec prudence et habileté nous pourrions tirer quelque parti du malheur même de S. Denis pour agrandir notre position et reprendre ce qui nous appartient aux Cultes et aux travaux publics. Je verni Vitet avant de partir et je tâcherai de le chauffer. > Après le 2* $ [... de ce tableau], on a supprimé le passage suivant : « ...J*ai entrepris M. Passy l'autre jour au sujet deCourmont. Il rejette tout sur son Excellence qui a la plus grande avenion pour signer des ordonnances. En attendant il n'y a personne au bureau et je ne sais comment se font nos affaires. Pourquoi M. Guisot ne ferait-il pas quelque démarche un peu vigoureuse? M. Bugeaud a déjà obtenu beaucoup plus que nous ne demandons. »
m Je vais écrire an D' Cauviére, etc. »
léo HOTES SUR PROSPER MÉRIMÉE
à vapear qui partira pour Naples. M* Lenormant in*a conseillé d'acheter une carte des mouvements des bateaux à vapeur. J'y vois que les bateaux du gouvernement partent de Marseille pour Naples les 6, i6 et 26. A ce compte nous ne partirions de Naples que le 9. Mais le livre de poste qui est officiel dit au contraire que les bateaux pour Malte partent les !•', u, 21. Lequel croire? Je m'en tiens à l'officiel. En tout cas je m'arrangerais fort bien de rester quelques jours à Naples >. »
Les péripéties du voyage de Grèce, l'accident de Lenormant sont connus > : nous n'y reviendrons que pour apporter des documents nouveaux.
Le } octobre, Mérimée écrivait de Limia ;\ un de leurs amis pour lui annoncer l'accident de Lenormant. c Lamia est le pire lieu du monde, celui oi\ nous trouvons le moins de ressources. Notre projet est donc de nous embarquer demain à Stilida, si nous trouvons une barque, et d'aller à Chalcis si le vent le permet. Nous désirons être à Athènes avant le 10 et profiter du bateau à vapeur de Smyrne, mais tous nos projets, car nous en faisons en chaque instant sont subordonnés à tant de 5Î, que je doute fort que nous en réalisions d'autre que celui d'échapper aux puces du khan de Lamia. Elles nous paraissent infiniment plus féroces que toutes celles de Delphes et des autres lieux que nous avons visités... Le