Leitra à uns inamiuu, l, i$o [27 férrier
LA kORT D6 SHAttPE 177
Et, quelques jours après, ayant i demander quelques livres â Lenormant, il revenait sur son regret de n*avoir pu revoir Sharpe.
« Jeudi, 2 mars.
« Mon cher Monsieur,
« Voici La Popelinière dont je vous remercie, bien que ce ne soit pas mon affaire. Je l'ai lu cependant avec quelque plaisir à cause des phrases cicéroniennes.
« Maintenant les bouquins que je vous demanderai sont :
« La Popelinière, Hist. de France enrichie des plus notables événements survenus es province de l'Europe depuis 1550. 4 vol. 8<>. IJ82. Je n'aurai besoin que du volume où se trouve le récit des événements de l'année
« Je voudrais bien avoir encore l'histoire du tumulte d'Amboisc 1560.
« Je crois que cela se trouve encore dans les mémoires de Condéde 1743.
« Je viendrai vous demander tout cela un de ces jours. Vous avez su la mort du pauvre Sharpe. Je ne puis me consoler de n'être pas allé à Londres comme j'en avais eu d'abord le projet.
« P. Mériiiéb. »
Mérimée fut bientôt distrait de son chagrin. Du Som-
merard, un autre de ses amis, venait de mourir et l'État
voulait acheter ses collections. Arago nommé rapporteur
s'adressa i Mérimée qui lui répondit par une longue
piAMSON. ^ p. Mérimée. la
lyS NOTES SUR PROSPER MÉRIMÉE
lettre % le 3 juin, dans laquelle après avoir énuméré rapidement les principaux objets de la collection, il ajoutait :
« La collection de M. du Sommerard offre un intérêt immense aux artistes parce qu'ils y pourront trouver des renseignements précis sur tous les usages anciens. Il n'y a pas de meubles, d'ustensiles du M. -A. dont on ne trouve des exemplaires. L'industrie peut tirer parti d'une foule d'objets. Il n'y a pas de collections que les ornemanistes doivent étudier avec plus d'attention.
« Dans mes tournées en province, j'ai observé bien souvent l'espèce d'attraction qu'exerce un musée dès qu'il est formé. On lui fait des legs, on lui fait des cadeaux. C'est un lieu où viennent se placer quantité d'objets qui se disperseraient ou qui seraient perdus s'il n'existait des armoires pour les renfermer. Le musée de Francfort est un des plus riches de l'Allemagne (parmi les nouveaux). On m'a assuré qu'il avait commencé par n'avoir que quelques lézards empaillés et quelques vieux coffres vermoulus. J'en pourrais dire autant par expérience de beaucoup de nos musées départementaux.
« Encore une dernière considération. En Allemagne, en Angleterre et même en Espagne aujourd'hui, on forme des musées du M-A. Nous avions celui des Petits Augustins, on l'a détruit. Il faut penser que c'est à nos établissemens d'art que nos fabricants doivent leur supériorité dans tous les objets qui demandent du goût. Plus
z. Cette ettie tppartient à M. Alfred Arago. M. Clament de Rb en a publié des extraits importants dans la GaittU des Beaux-Arts, 1875, t. II, 180-a [Un paqiut de liUrts]