DE MÉRIMÉE
Le plus désagréable restait à faire : c'était le discours de réception, d'autaut plus difficile que Mérimée ne pouvait souffrir Charles Nodier. Avant de partir en tournée pour rOrléanais et la Touraine, Mérimée envoyait le manuscrit de son discours à Hippolyte-Royer-CoUard avec la lettre suivante :
« Mon cher ami,
« Voici. Je vous demande pardon de vous envoyer un ms. si griffonné, mais j'espère que vous m'indiquerez assez de changements à y faire pour que je n'aie plus qu'une copie à calligraphier. Veuillez mettre à l'encre tout ce que vous trouverez à changer, mots, phrases, ordre, etc. aussi. Tous les mots sublimes qui vous viendront en tête, ajoutez-les. J'ai calculé que cela équivalait à 21 pages du format académique. Le discours de votre oncle a 12 pages, celui deSalvandy 30. Il faut en dégoiser pendant trois quarts d'heure. Vous m'obligerez fort en me renvoyant cela le plus tôt que vous pourrez. Voici le temps des oies qui va commencer, si vous le voulez