ROYER-COLLARD ET LE DISCOURS DE RÉCEPTION
bien, nous en mangerons une avant votre départ et le mien qui ne tardera guère je pense.
« Lundi. »
A ce moment» Royer-Collard était très fatigué et Mérimée n'était pas sans inquiétudes. Il écrivait à M. Grasset : c Ce pauvre Hippolyte nous inquiète fort. Il se persuade qu'il a une maladie de la colonne vertébrale. J'espère que ce n'est qu'une maladie de nerfs. Il est fort changé, très triste et comme il est médecin et ne croit guère à la médecine, il est plus malheureux qu'un autre qui ne verrait pas si nettement le mal et qui compterait sur la guérison. Il part ces jours-ci pour les eaux de Néris. Gallois qui était malade du même mal au dire des docteurs, est venu à Paris ces jours-ci des eaux des Pyrénées. Il m'a paru rajeuni et bien portant. J'espère que les eaux du midi auront autant d'effet sur Hippolyte... ' »
Quelques heures après il faisait part des mêmes espérances au malade lui-même, en le remerciant des corrections proposées par lui :
« Mon cher ami, je pars aujourd'hui pour Orléans, etc. Je vous remercie beaucoup de la fin que vous m'avez envoyée. Elle me semble excellente. Je ne sais pourtant si j'aurai le courage de parler de mon admiration pour
X. Lettre du ai août 1844. PQbl. : InUrmidiain du 10 octobre 189a, P- J99-
les successeurs d'André Chénier. Pour terminer, je crois qu'une ligne suffira, dans laquelle je dirai que les défauts de M' Nodier sont ceux de son temps et qu'il avait toutes les vertus. Dans mes soirées d'auberge je limerai de mon mieux les passages ^a6u{i^cpa que vous m'avez indiqués, puis à mon retour, je vous importunerai encore d'une lecture que nous ferons s'il vous plait, à nous deux, la plume à la main. J'espère que les oies seront mûres alors et vous guéri. J'ai vu Gallois qui revient des Pyrénées. Il m'a paru sensiblement mieux. Il a discouru comme un livre sur son cas et le vôtre. D'après ce qu'il dit, vos médecins voient partout des maladies de l'épine dorsale et il faut se défier de leurs lunettes. M^ Bretonncau ne croit pas à l'épine de Gallois, vous feriez peut-être bien de lui montrer la vôtre. D'Orléans â Tours, vous pouvez aller par eau facilement. Peut-être suffirait-il de lui écrire. Votre mal est peut-être d'avoir vécu si longtemps hors des familles^ et de vous ennuyer du vice et de la vertu. Adieu, j'espère que les eaux du Mont-Dore vous feront du bien. Vous seriez très aimable de me donner de vos nouvelles lorsque vous trouverez du papier et une plume sous votre main. Adressez votre lettre chez moi, on me l'enverra où il faudra.
ff 22 août 1844. »
Le souci de son discours n'empêchait pas Mérimée de faire son inspection.
Le 3 septembre, de Poitiers, il envoyait à Vitet un long rapport sur St-Savin ; et le lendemain sur St-Benott,