SÉANCE DU 3 DÉCEMBRE
miers, soudés on non, sont enfoncés dans l’axe, qui les recouvre plus ou moins et se soude avec eux congénitalement ou après leur naissance ? Ici la paroi serait double, formée intérieurement par les feuilles carpellaires, extérieurement par l’axe. Ces opinions ne sontpas exclusiv es (si l’on regarde les placentas comme étant de nature axile), et l’on pourrait admettre ces deux sortes d’ovaires infères, selon que les feuilles carpellaires sont insérées au fond ou sur le pourtour de la coupe réceptaculaire. En tout cas, la paroi extérieure de ces ovaires est toujours axile, lors même qu elle est extrêmement mince, comme dans les baies ; c’est ce que confirme la présence accidentelle de feuilles que l’on y voit quelquefois, par exemple dans le Iiibes Grossularia.
Dans le Pereskia fileo, ce ne sont pas seulement des feuilles que portent les rameaux-fruits; mais encore, à l’aisselle de celles-ci, de semblables rameaux. C’est ainsique sur un fruit s’en développent plusieurs (1 à 4), qui, eux-mêmes, en produisent d’autres, sur lesquels peuvent s’en implanter encore de quatrième génération. Rien n’est plus bizarre que ces assemblages de fruits naissant les uns des autres. Il est facile, d’ailleurs, de les rapporter aux modes généraux d’inflorescence connus. C’est une inflorescence mixte, l’axe primaire étant terminé et donnant naissance a un nombre indéfini (1 à 4) d’axes secondaires ; elle est composée, les axes secondaires se comportant de la même manière relativement à des axes tertiaires, et ceux-ci relativement à des axes quaternaires. Quant à sa forme, due aux longueurs relatives des axes, elle se rapproche le plus de celle des cymes et ne peut être rapportée a aucun des modes d’inflorescence indéfinie établis d’après ce caractère (épi, grappe, corymbe, etc.). A la floraison, les axes plus courts rapprochent les fleurs en une sorte de
corymbe contracté, terminé et composé.
Cettedisposition des fleurs et des fruits ne peut etre considérée ici comme une monstruosité, puisqu’elle se présente constamment, et non accidentellement, dans l’espèce; c’est, si l’on veut, une anomalie spécifique.
tilfiaceum A. Jnw. (Mi-
fruits prolifères dans le Pariti-
•»Ucu s tiüaceus L.).— Dans les fleurs et dans les fruits prolifères, l’axe
"•sens tiliaceus L.).— Dans les tleurseiaaus iesmmspiui.ic.ca, . qui les a fournis se prolonge au delà et donne naissance à de nouvelles P'oductions; celles-ci sont plus rarement, ou du moins dune manière ^oins apparente, formées au sein même du fruit, dans lequel reste lener mé l’axe prolifère. C’est ainsi que M. Duchartre a vu accidentellement, •ans les Primulacées, une fleur microscopique au sommet du placenta
entrai.
Un fait analogue m'a été fourni par un Paritium tiliaeewn croissant au ardin des plantes de Saint-Denis (Ile Bourbon). Tous les fruits de cet rbre » qui sont des capsules à cinq valves, renferment une autre capsule
SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
plus petite et à graines avortées. C’est ce que l’on peut constater facilement sur l’échantillon que j’ai l’honneur de présenter à la Société. Je n’ai pas observé cette particularité dans les espèces et même dans les variétés voisines cultivées également au jardin botanique de Bourbon; elle est constante et se présente tous les ans dans l’arbre que j’ai examiné.
La capsule, ovoïde et recouverte par les cinq sépales, s’ouvre en cinq valves à la maturité, et laisse voir alors, au centre, une columelle supportant la capsule intérieure. Ces valves représentent deux moitiés de carpelles soudées, la déhiscence étant loculieide. Chacune d’elles est septifère sur sa ligne médiane; les placentas séminifères, au contiguës sur les bords de cette cloison, sont écartés l’un de l’autre, et l’in-
lieu de former deux lignes
tervalle est rempli par un tissu résistant, qui parait tirer d’eux son origine. On a ainsi, en dedans de chaque valve, à la place d’un angle dièdre, une paroi qui se moule sur la capsule intérieure. Deux minces membranes, provenant chacune d’une fausse cloison dédoublée, forment les parois latérales de la valve, qui se trouve ainsi constituer une cavité subdivisée en deux autres par la vraie cloison (1).
Quanta la capsule intérieure, elle est atrophiée et terminée par un reste de style.
Dans l'ovaire, la coupe transversale montre dix loges verticillées autour de la jeune fleur intérieure. Les parties constituantes de celle-ci sont peu distinctes et d’ailleurs atrophiées. Son ovaire est surmonté d’une sorte de calotte, formée sans doute par la base du tube staminal et par des vestiges de corolle. On y voit une pointe qui le surmonte, d’une couleur rouge, semblable à celle des stigmates de la fleur développée, et qu’on peut regarder comme le style.
Flenrs sondées cl péloriées de la Linaire slriée. — M. Moquin-
Tandon signale, dans sa Tératologie végétale , plusieurs binaires, comme offrant des exemples de pélories; il ne cite pas la Linaire striée, mais il est probable qu’elle est comprise dans les espèces sous-entendues. Cest justement cette espèce qui nous a fourni, dans nos herborisations de cette année (1858), aux environs de Brest, certaines monstruosités que je vais décrire et qui me semblent assez intéressantes. Elles ont été recueillies pour la plupart par un de mes élèves, M. Morio, pharmacien de
(1) Dans le Thespesia populnea Corr., espèce appartenant à un genre voisin du Parilium, le fruit, spongieux et indéhiscent, oflïe à sa surface cinq sutures qui le
divisent en cinq valves non séparables. Ces sutures correspondent à de fausses
cloisons incomplètes; il y a donc ici commencement de déhiscence et de fausses cloisons : les véritables sont portées sur le milieu des valves. Que la fausse cloison
s avance jusqu’au centre du fruit et que les valves indiquées se disjoignent, on aura la capsule du Paritium tiliaceuvi.