SÉANCE DU 3 DÉCEMBRE
la marine, et elles se trouvaient sur des individus différents. Nous avons
remarqué qu’elles se rencontraient de préférence dans les endroits arides et pierreux.
Ce sont d’abord des pélories ordinaires ou à cinq éperons semblables et à limbe régulier, avec cinq sépales, cinq étamines égales et un pistil. Dans une autre fleur, trois pétales seulement étaient éperonnés inégalement; d’ailleurs, on y trouvait cinq sépales, cinq étamines et un pistil, comme dans le cas précédent. Une autre encore n’a présenté que deux éperons, savoir l’éperon normal bien développé et à côté un éperon court et sacciforme; le limbe de la corolle était bilabié; j'ai été surpris d’y trouver, au lieu de quatre étamines didynames, cinq étamines parfaitement conlormées, dont deux plus petites. La régularisation envahit donc d’abord l’androcée. Quant au pistil, il était unique, et les sépales étaient au nombre de cinq.
Un exemple de monstruosité plus compliquée s’est offert dans une fleur à neuf éperons et à onze sépales. Le nombre de ces derniers faisait bien voir qu’il y avait là soudure de deux fleurs péloriées, et non pas a la fois dédoublement des pétales et développement d'éperons. Cette soudure est tout à fait évidente dans une autre fleur munie de deux éperons opposés et de huit sépales. Je décrirai d’abord brièvement cette dernière.
Vers le sommet, le rameau, après avoir fourni deux bractées presque opposées, est déjeté et presque atrophié par la fleur double née à l’aisselle desdeux bractées, et qui devient ainsi terminale par usurpation. Cette fleur, on peu plus développée que les fleurs normales, présente un léger aplatissement dans le sens de la ligne qui joint les deux éperons. Entre ceux-ci sont situés, d’un côté cinq sépales, dont le médian est plus large et résulte clairement de la soudure de deux sépales; de l’autre côté, les éperons sont séparés par trois sépales; celui du milieu, également plus large, en repré-
se *ite deux
Quant
paru, d’après l'observation de la fleur sèche ramollie par I eau tiede, profondes, et au nombre de quatre. Deux d’entre elles seraient ainsi constituées par les lèvres inférieures; les deux autres intermédiaires seraient formées chacune par deux demi-lèvres supérieures. Mais ceci méiite confirmation. Les étamines sont au nombre de huit, à authèies biloculaiies; il y
a deux pistils nettement séparés.
On voit que la soudure est ici le seul phénomène qui soit résulté du rapprochement de deux fleurs, et que l’androcée et le gynécée de chacune
folles n’ont pas subi de modification.
La fleura neuf éperons paraît terminer le rameau principal, differente en
ce| ade la précédente, dont le pédoncule est en réalité axillaire et usurpateur.
A la base du pédoncule de cette fleur se trouvent quatre bractées presque
ve > ticillées, avec quatre rameaux axillaires d’inégale grandeur, dont trois
s »»t atrophiés et dont le quatrième, plus développé, est termine par une
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seule fleur épanouie. Au voisinage de la fleur double terminale existent trois bractées contiguës; deux sont légèrement soudées entre elles inférieurement.
La corolle n’est pas sensiblement plus développée que celle des fleurs ordinaires; elle est régulière dans le pourtour de son limbe; ses neuf éperons n’ont pas atteint des dimensions égales ; deux sont un peu plus grands que les autres; ils sont presque opposés, et séparés d’un côté par quatre éperons, dont un fort petit, de l’autre par trois seulement. Les sépales, alternes, sont doubles, de ce côté, entre les grands éperons mentionnés et ceux adjacents, ce qui en porte le nombre à onze, ainsi que je l’ai annoncé. La corolle ouverte a montré dix étamines presque égales, à anthères biloculaires, et au centre deux pistils très distincts et bien conformés.
Il y a donc ici soudure de deux fleurs péloriées. Quant au diagramme destiné à faire ressortir la position relative des verticiIles, cette observation unique faite sur le sec est dépourvue encore de trop d’éléments pour que je me permette de l’établir, et il en est de même du cas précédent. On peut remarquer toutefois la différence qui existe dans ces deux exemples de soudures, puisque dans le premier le nombre des sépales est réduit à huit, tandis que dans le second il est de onze et surpasse ainsi l’ensemble des sépales des deux fleurs soudées. En regardant deux de ces sépales comme des bractées, il n’en resterait que neuf, et il y aurait symétrie entre le calice et la corolle. Les fleurs rapprochées auraient donc soudé deux de leurs sépales seulement, au lieu de quatre, et, à l’autre extrémité du diamètre, deux éperons se seraient confondus en un seul.
Explication des figures. (Planche II de ce volume.)
Fig. 1 à 3. Pereskia Bleo.
Fig. 1. Paquet de fruits présentant trois générations. Il en existe ainsi plusieurs à l’extrémité des rameaux, où ils forment des grappes pendantes, a, première génération; b, b' b", deuxième génération; c, c', troisième génération. Souvent plusieurs de ces fruits sont plus ou moins atrophiés ; on voit ici que a est atrophié et b 1 l’est davantage. Tous ces fruits sont articulés à leur point d’attache, à l’aisselle des feuilles assez souvent caduques.
Fig. 2. Coupe longitudinale du fruit c de la figure 1. I, loge ; g , graines avortées; g 1 , graine noire et luisante.
Fig. 3. Coupe longitudinale de la graine, c, cotylédon ;r, radicule dirigée vers le hile; p, péricarpe intraire farineux. On a enlevé les téguments de la graine, savoir, le lesta noir et fragile, et le tegmen gris et facilement séparable.
Fig. ù et 5. Paritium tiliaceum.
Fig. ù. Capsule recouverte par le calice persistant (écarté dans la ligure); ca,
calice.
Fig. 5. La même, ouverte, va, une des cinq valves ; felo, une portion de la niem*