‹ Notes Sur Quelques Plantes Flottantes, Sur La Germination Du Chærophyllum Bulbosum, Et Sur Quelques Plantes Rudérales Des Environs De StrasbourgChapitre 1 sur 2 · SÉANCE DU 14 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 14 NOVEMBRE

les Flores nouvelles, et nulle part je ne vis mentionnée la forme fluitans ou fluctuons de cette plante, pas même dans la Flore de Mertens et Koeli. J’eus recours alors aux auteurs plus anciens; j'ouvris Y Agrostographia de Seheachzer, je lus attentivement (pages 354 et 355) la longue description qu’il donne de son Scirpus palustris altissimiis , et j’y trouvai les passages suivants :

« Hi calami ad basin vesliuntur tunicis aliquot, pleraque sui parte » quasi membranaeeis, bine Inde fluctuantibus, et obmarcorem fuscis , pedn- » libus , et imo fere bipedalibus... Juxta calamos autem communier etiam » surgit ut quidam folioruin fascieuli, quæ folia cubitalia sunt et bicubitalia , » argusta, lineam unam cum dimidia aut duas lata, sensim in mueronem » attenuata, valde llexilia, levique aquarum motu hue illuc fluctuantia, ad » basin vaginis suis tenuibiis, pleraque sui parte membranaeeis, diapha- » nis,ad uncias circiter duas tresque se mutuo amplexantia, dilute viridia, » veluti spongiosa, et prout ipsa medulla, per canaliculos suos cellulis » frequeutibus distineta. »

On ne pourrait donner une meilleure description. Ainsi voilà un fait morphologique, extrêmement curieux, négligé par tous les auteurs modernes, bien qu’il ait été très explicitement décrit par Scheuchzer, Pourquoi l'a-t-on négligé? Etait-il gênant, et en quoi? Serait-ce parce qu’il rendait plus difficile la classification des Scirpus? En effet, MM. Grenier et Godron donnent comme caractère accessoire du groupe du Scirpus lacustris: « feuilles nulles ou courtes et triquètres-canaliculées, » Cependant nous ne croyons pas que ces deux auteurs aient connu la forme fluctuante de cette espèce, car dans ce cas ils en auraient certainement parlé.

La germination du Chœrophyllwn bulbosum , l’une des Ombellifères les plus communes aux environs de Strasbourg, présente quelques faits curieux. Déjà, en 1846, j’ai publié une notice sur son mode de germination, mais alors je n’avais pas par devers moi les éléments de conviction que nous possédons aujourd’hui, grâce à une note de M. Tliilo Irmiseh, qui est accompagnée de planches représentant toutes les phases de cette germination.

La jeune plante ayant germé nous présente d’abord deux longues feuilles cotylédonaires réunies, à leur base apparente, en une très longue gaine qui simule une petite tige nue jusqu’à l’épaississement de la radieule en un petit tubercule atténué en bas en une radicelle conico-filiforme pénétraut plus ou moins profondément dans la terre. Déjà, au-dessus du petit tubercule, on remarque de petites fibrilles radicellaires latérales. La gaine eauliforme des deux cotylédons présente en haut six faisceaux vasculaires, un médian et deux latéraux pour chaque côté; plus bas, les deux latéraux adjacents sc confondent en un seul, et vers le tubercule on ne remarque plus que quatre

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