Le Plat-d'Étain
Jean Heynlin de Lapierre, avant d'être prieur et bibliothécaire de la Sorbonne, où il installa une imprimerie célèbre, avait été trésorier de la nation d'Allemagne. Un jour qu'il allait enfermer une somme d'argent dans la cassette, il fit avec des camarades une collation in Disco stanneo^ (ann. 1460). C'est peut-être le même établissement qu'on trouve trois fois nommé simplement in Disco^^ de 1453 à 1456.
On connaît plusieurs maisons portant l'enseigne du Plat-d'Estain. Il y en avait une au bas de la rue Saint-Jacques, côté oriental^, qui se trouvait bien à la portée des maîtres, entre l'église Saint-Julien-le- Pauvre et celle des Mathurins. C'était une ancienne maison. En 1389 et 1390, il est question dans le Registre criminel du Châtelet (I, p. 3i et 369) de « l'ostel Jehan-le-Grant, à l'enseigne du Plat-d'Estain^ en la grant rue Saint-Jacques. »
Il y en avait une aussi place Maubert, qui ne figure pas sur la partie du plan de Berty qui accompagne le tome VI de la Topographie. Du moins en 1390, le Registre criminel du Châtelet nous donne cette indication : « En la place Maubert, à Paris, en Vostel du Platd'Estain, près d'une maison où l'on vent servoise. »
Enfin, il pourrait s'agir d'une autre maison du Plat-d'Estain^ plus célèbre peut-être au xv^ siècle, au moins dans la littérature, grâce à l'auteur des Repues franches^ :
Ils se boutèrent tous à tas, A l'enseigne du Plat-d^Estaing, Où ils repurent par compas, Car ilz en avoyent grant besoing.
Le cas advint au Plat-d^Estain, Emprès Saint-Pierre-des-Arsis.
Les maîtres de la nation d'Allemagne passaient quelquefois le Petit- Pont quand un établissement de la Cité était renommé pour son vin.