Dans un mémoire publié Bulletin général de thérapeu
tique, 1840, et dans la Gazette des Hôpitaux, même année, M. Lisfranc a indiqué des signes nouveaux pour reconnaître les polypes de la matrice -, il a établi des préceptes à l’aide desquels les chirurgiens éviteront désormais de graves erreurs ; il leur a aussi indiqué des moyens propres à mieux distinguer les renversements de l’utérus, qui ont occasionné si souvent des méprises mortelles, qui pourront ainsi être évitées.
54. M. Lisfranc a le premier pénétré avec les instruments tranchants jusque dans le fond de la matrice pour faire la section de polypes implantés sur plus de la moitié de la face interne de cet organe ; les malades avaient.été soumises à des accidents qui menaçaient de devenir mortels; la ligature avait été tentée inutilement; la guérison a été obtenue.
55. M. Lisfranc a démontré que les kystes d’un blanc nacré ou d’un blanc mat avaient des parois épaisses ; il a prouvé un grand nombre de fois sur le vivant qu’en ouvrant largement ces kystes, contre l’opinion généralement admise, la dissection en était beaucoup plus prompte et plus facile, qu’ainsi les malades soufli aient infiniment moins. ( Bulletin général de thérapeutique, 1840.)
56. En se livrant è des recherches d’anatomie pathologique M. Lisfranc s’est assuré que presque toujours les hémorrhagies fournies par les polypes utérins sont ducs exclusivement à une espèce de membrane essentielle-
ou bien en la cautérisant avec le proto-nitrate acide liquide d’hydrargyre, l’auteur est toujours parvenu jusque aujourd’hui à arrêter l’écoulement du sang: ces faits nouveaux d’anatomie pathologique et de thérapeutique
sont importants; car l’on peut alors retarder l’opération : l’on sait que le sang ayant cessé de couler depuis quelque temps, l’on opère avec d’autant plus de succèsque les malades ne sont pas pour ainsi dire exsangues et que leur système nerveux n’est plus excessivement ébranlé ; l’expérience s’est prononcée en faveur de la méthode de M. Lisfranc. (V. Bulletin général de thérapeutique, 1842 ; Gazette des hôpitaux, même année.)
57. M. Lisfranc a prouvé, par un grand nombre de faits, que les tumeurs circonscrites situées dans l’épaisseur de l’utérus n’étaient pas toujours fibreuses, comme on le pense généralement : au lieu de les abandonner aux soins de la nature, d’après les préceptes donnés par l’art, les malades succombaient presque toujours, l’auteur a traité ces tumeurs et le plus ordinairement il est parvenu à les résoudre : les femmes ont été entièrement guéries. {Gazette médicale de Paris, i833.)
58. Il était fréquemment impossible de reconnaître les engorgements adossés à l’utérus; M. Lisfranc a indiqué un signe qui permet presque toujours de distinguer cette maladie de l’hypertrophie de la matrice ; ce signe a de la valeur sous le rapport du pronostic et du traitement. ( Loco