‹ Notice archéologique, historique et descriptive sur la crypte de l'église Notre-Dame de BoulogneChapitre 12 sur 14 · PARIS ET DV BOVLONNOIS A FAIT · texte numérisé non relu

PARIS ET DV BOVLONNOIS A FAIT

CONSTRVIRE ET BASTIR CE IVBÉ DE SES DENIERS l'aN 1666.

(1) Hist. de Notre-Dame. Edit. 1681^ déjà cit. p. 185.

Nous pourrions tenter de décrire cet ancien jubé , splendide monument , dû jà la munificence d'Antoine d'Aumont ; mais nous craignons de sortir du plan que nous nous sommes tracé. Disons seulement que nous pensons avoir trouvé dans les ar- scuipu urs. chives du Chapitre le nom des artistes à qui Ton doit une partie de ces ouvrages. Nous rencontrons en elTet : Grégoire Wantier, tailleur de pierres , qui travaille à la clôture du chœur, et maistre Antoine Liesse y sculpteur, de Calais, à qui le chapitre donne à entreprise divers ouvrages , pour le même objet. L'architecte du jubé , d'après les niômes archives , se nommait Gaillard (1).

On ne saurait assez louer le fini et l'originalité des sculptures , dont la fantaisie des artistes a chargé ces marbres. Les architectes du xvii<^ siècle eurent un grand mérite : ils imitaient l'art des anciens ; mais ils ne s'astreignaient pas à le copier servilement, comme ceux de notre époque.

TBOISIÈME CHAPEIilâE.

Antiquités gallo-romaines. Au milieu de cette chapelle on chapiioau a placé sur un socle carré un chapiteau très-iuicien, retrouvé, gallo-romain, le 13 janvier 1851 , dans les terres de la grande Crypte de la nef. Il appartient au dorique composé ou orné. D'après les ^^ ^^^^ conclusions dos études de M. de Caumont sur les antiquités de l'Empire Romain dans les Gaules , il nous est permis de le faire remonter au m® siècle de notre Ere ; et , vu l'élégance de ses formes, on ne peut le ramener plus tard que vers la lin du iv® siècle (2).

(1) Ucgistres CapUulaires, dctob. 1656, acûl 1667.

(2) Les monuments de cette phase architecturale sont très-peu nombreux ; cependant, après (le patientes études, M. de Caumont a pu eç déterminer assez bien les caractèrfîs, pour que nous ayons lieu Je croire qu'ils peuvent * s'appliquer à notre chapiteau. Voici en quelques mots la substance des obseivations de M. do Caumont. On nous pardonnera la longueur de cette note, en faveur de Timporinnce du sujet.

« On vit en Gaule, une école d*architoriure dont les ouvrages se distingué- » rent de ceux de Pécole primitive. C'est vois le temps des Antonins que se » manifesta le génie inventif des architectes Gaulois, et qu'ils formèrent une » école distincte. Les débiis qui nous restent montrent quelle richesse d'or-

pu servir

Drsrripiion j^ resle de fut, qui forme la queue de ce chapiteau , est couvert de feuules a eau (?) , imbriquées , qui rappellent, au premier coup d'œil , la décoration de la colonne triomphale de Cussy , en Bourgogne (4). Mais, ce qui n'existe pas à Cussy, un gland repose sur chacune de ces feuilles. V astragale n'offre pas la moulure grecque ordinaire ; le gorgerin est orné d'une décoration particulière; le talon est remplacé par une couronne de feuilles sculptées , et profondément fouillées. Sur une de ses laces, qui est probablement la face antérieure, Tabaque est chargée û'tyoes et de langues de serpents ; les deux faces latérales sont décorées de postes. La hauteur de ce chapiteau est de m. 33; son diamètre de m. 40; Tabaque présente m. 62 cent, de côté.

\T.?i. '* ^ ^^* ^^ saurions dire quelle a été la destination primitive de ce chapiteau. Le manque d'ornements sur la face postérieure de l'abaque permettrait de supposer que la colonne , dont il faisait le couronnement , a été adossée à quelque construction. D'un autre coté, la partie supérieure de l'abaque ne paraît pas avoir porté d'entablement ; car elle est taillée de manière à recevoir un corps circulaire , tel que serait le socle d'une statue. Etait-ce une colonne triomphale , isolée , comme celle de Cussy , et les autres colonnes historiques du même genre? ou bien, faut-il ne voir dans cette disposition que la trace d'une bizarrerie de construction? Nous lais-

» nomcniation ils apportèrent dans leurs ouvrages. Les relations nombreuses » établies avec TOrient devaient changer le goût du public et des aitistes; de » grandes modifications devaient s'en suivre dans l*ornemeiitation des édi-

• fices, surtout vers la fin du II* 8i6cle... L*abaque se décore des ovcs de n rionlque... la profusion d'ornements qui e^^istait sous les Antonins, s'ac-

• crut, sous leurs successeurs. Dans celte grande quantité de sculptures que

• Téprouve sans doute le bon goût, on trouve cependant des combinaisons » heureuses, quant à l'effet général, et qui méritent plus d'attention que les

• architectes ne leur en ont accordé. A la fin du III* siècle, le Tût finit par se

• couvrir d'ornements tels que des feuilles d'eau irobriquée8,,des moulures » en losange, ou en spirale, etc., etc. (Cours d; antiquités monumentalts, > T. m. Chap. XU. pp. 520-523 ).

(1) €f. M. de Caumont. ouv. rit. p. 303. Millin , et d'autres auteurs.

La -colonne de Cussy est située dans la cairpa^^ne. Hais, dit M. de Çaumonl, «plusieurs villes gallo-romaines avaient sans doute sur leurs places et dans d'autres quartiers des colonnes monumentales. »

sons à de plus habiles que nous le soin de décider celte question » qui est pour nous un problême.

Un fragment de tore^ et une pierre de corniche, do la même j^ ^a*^uûmc époque » ornée de postes et de feuilles d'eau , sont conservés époque, avec soin , dans cette même salle (1).

Ce chapiteau a été retrouvé , à une très-grande profondeur Ruines ro- (4 mètres environ au-dessous du sol de la nouvelle église), au S"*irouvé ce" milieu des ruines d'une construction romaine, dans la 4« travée amiquiié*. de la nef centrale , non loin des fondations qui soutiennent la rangée sud des colonnes. Un grand nombre de tuiles romaines, brisées en morceaux > se trouvaient semées dans toute l'étendue de la nef et des ailes. Nous en avons recueilli quelquesunes, qui se trouvent dans la cinquième chapelle; nous y reviendrons.

Il y avsdt eu là un édifice gallo-romain assez considérable Description (20 mètres de longs sur iO de large). Ses ruines 's'étendaient **° *^^' ■""*"*'• sous la nef centrale et l'aîle sud , dans un plan oblique à l'axe de l'église , dont elles coupaient les fondations de ce côté (2). Les murs reposaient sur une fondation en pierres brutes , maçonnée de terre , et s'élevaient encore à i mètre 40 centimètres sur 2 mètres de base , et 1 mètre 20 centimètres d'épaisseur au sommet. Ils étaient construits en pierres communes , recueillies sur le rivage , et n'offraient aucun indice d'appareil régulier (3). L'édifice était dirigé du nord au sud. Il n'était plus fermé que de trois murs , et le côté qui faisait face au nord était entièrement ouvert. Aux quatre extrémités des

(1) « Dans les fouilles de ces édifices, le plus petit fragment d*arcbitec- » ture, une feuille de chapiteau, une moulure ornée, ua détail, quelque pou • important qu*il paraisse, doit devenir une source d'observations utiles; on » ne peut oublier qu'en sauvant ces fragments on contribue à former une » suite défaits, qui tôt ou tard trouvent leur place d.ins la vaste collection » des connaissances archéologiques. (Instructions du comité historique des » Arts et Monuments, 1** partie, p. 33. »

(2) Aussitôt que la partie basse de la Crypte sera ouverte au public, M. Tabbé Haffreingue se propose de cciracer A Taide de pavés incrustés dans le sol, l'emplacement occupé par ces ruines.

(3) Les pierres se trouvaient liées entre elles par d'épaisses couches do ciment rougeâtro. On a conservé do nombreux échantillons do co mortier. Nous les retrouverons dans la cinquième chapelle.

murè longitudinaux, on avait fait usage du grand appareil pour fortifier et relier les coins de rédifice (1). A Tintérieur, nous n'avons retrouvé aucune trace de décoration ni d'ameublement; et nous n'avons pu constater d'une manière assez positive la nature , ni même l'existence du pavé (2).

Autour des murs, et plus spécialement devant et derrière, nous avons rencontré une espèce de plate-forme pavée, — à peu près semblable aux trottoirs de nos rues , — terminée par une suite de larges pierres, creusées en forme de rigole, sans doute pour l'écoulement des eaux. Nous avons aussi cru remarquer, de distance en distance , une rangée de pierres carrées qui unissaient ces rigoles avec le mur de l'édifice (3). Conjectures* ^^^^ plate-forme qui entourait la construction, l'absence de sur leur des- mur de clôture sur le devant (4) , la solidité de l'œuvre , ses dimensions , qui sont celles de la cella sacra (5) , tout nous ferait croire que les ruines dont nous parlons étaient celles d'un temple payen (6). L'imagination redresse les colonnes du

(1) Les pierres qu*on a employées pour ces parties de la construction avaient environ 50 centimètres de hauteur et autant d'épaisseur. La longueur de celles qui étaient sur le devant» dépasse 1 mètre. Elles ressemblent à celles qu*on extrait des carrières de Marquise, et avaient été taillées avec soin.

(2) Nous avons rencontré de très-larges dalles en pierres taillées, au centre de la construction. Mais elles se trouvaient à une hauteur plus grande que le pied des murs. Les terres sur lesquelles elles étaient posées, renfermaient des tuiles et d'autres débris. Il nous parait difficile de regarder ces dalles comme des restes de pavé. On a, d'ailleurs, trouvé ça et là, des fragments d*une espèce de pâte, formée de ciment rougeâtre et de tuiles ou de briques concassés. Ces fragments proviennent peut-être du pavé.

(3) On a trouve dans Tinlérieur de la construction, deux rigoles semblables creusées dans des pierres de 70 centimètres de largeur.

(4^ Si cet édifice était un temple, la colonnade principale qui se trouvait sur le devant, a dû suffire pour soutenir le fronton, et, dans ce cas, le mur où était la porte a pu être bâti avec moins d'épaisseur et de solidité C'est ce qui expliquerait pourquoi il a disparu, lorsque les trois autres sont restés debout.

(5) Cf. Millin, Dict. des beaux arts, art. Temple. M. deCaumont, ouv. cit. T. III. Chap. VIII. et les divers cours d'archéologie.

(6) Aucun indice ne peut nous faire même soupçonner à quelle divinité il aurait pu être dédié. L'histoire locale se tait ; tout ce qu'on trouve au sujet des anciens temples payons à Boulogne, soit dans Malbrancq, f De Morinis I passim), soit dans Henry (Abrégé chronologique )^ n'est appuyé que sur des conjectures. On voudra bien nous pardonner de ne pas fonder des hypothèses sur d'autres hypothèses.

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de IT]<^]ise Notre Dame àt \^o\i\o^T\.<i-

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ICHNOGRAPHIQUE

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