CRYPTE LATÉRALE DU NORD
La Crypte latérale du nord est très-ancienne. Elle forme un Posiiion . carré long qui s'étend presque sous le dôme de 1 église actuelle, dimensions! parallèlement à la crypte centrale. Dans Tancienne église, elle se trouvait sous les trois premières travées des carolles et sous les chapelles adjacentes. On y avait accès par Tescalier de droite , lequel communiquait aussi avec la crypte centrale ; mais , au moment de la Révolution , elle n'avait déjà plus de voûte, et, depuis un certain temps, elle était comblée comme la précédente. Sa longueur est de 44 mètres 65 centimètres (1), sur une largeur de 7 mètres 25 centimètres (2). Ces deux cryptes étaient distinctes Tune de Tautre; et le sol de la crypte latérale était même plus bas (3).
Dans rétat où est cette Crypte , il paraît assez difficile , au premier abord, de retrouver les quatre murs qui la circonscrivent. Cependant, en faisant abstraction des massifs de maçonnerie , qui rembarrassent à Tintérieur et qui semblent n*cn faire qu'un labyrinthe de corridors sans suite (4) , oh arrivera sans peine à ressaisir Tensemble de la construction primitive.
Les murs extérieurs de cette Crypte sont couverts d'anciennes Anciennes peintures , qu'on a retrouvées fraîches et vives , malgré les pt'îniures.
(1) Dans cette longueur nous ne comprenons pas lo corridor occidental» qui n'appartient pas à la crypte ancienne.
(2) Le mur oriental est un peu moins large ; car la construction n'est pas parfaitement régulière.
(3) Auprès de Tancienne porte qui se trouve au coin sud-ouest de Pédifice, et dont on voit encore les gonds , on a trouvé trois marches qui sont restées enfouies dans le sol. Le pavé ancien n'a pu être retrouvé ; la position seule des bases des colonnes peut en indiquer la place.
(4) Nous avons déjà Tait observer que ces massifs ont paru nécessaires pour soutenir les piliers de réjjlisc acluelle.
terres et les décombres qui l'emplissaient. Ces peintures imitent une balustrade qui ferait le tour de l'édifice. Les colonnettes qui la composent sont surmontées d'ogives et de trèfles, sur lesquels passe Tarchitrave. Au-dessus , on voit naître les encadrements d'une série de petits tableaux (1) dont un seul est complet. Il représente , à ce que l'on croit , l'apôtre saint Paul avec Tépée qui lui sert d'attribut. Ce tableau a été un peu retouché , ainsi que plusieurs parties de la balustrade. Toutefois , il y reste encore un bon nombre d'endroits où le pinceau du peintre moderne n'a pas été appliqué (2).
Le mélange habile des couleurs, où dominent le rouge, le vert et le noir, doit être étudié avec soin par MM. les archéologues. Nous croyons qu'il existe peu de monuments où l*on trouve des peintures analogues.
Fenôiros du Le mur Oriental de cette partie de la Crypte a été percé de mur orieniai. trois ouvertures en forme de fenêtres. Deux sont encore visibles. La troisième a disparu derrière les murs de fondations et sous les pierres de la voûte ; car elle se trouvait plus élevée que les autres. Elles étaient toutes sans ornements. Des deux qui restent , l'une est carrée , l'autre est en plein cintre. Dans cette dernière , on a représenté l'image de la Vierge Boulonnaise dans son bateau , d'après le sceau du Chapitre de notre ancienne cathédrale (3).
(1) On en compte six sur chaque mur longitudinal. Le mur du fond n^en porte que deux ; probdblement le mur occidental, qui est resté compris dans le grand bloc de maçonnerie, en avait aussi deux : ce qui porterait à seize le chiffre total des tableaux. La partie supérieure du mur de cette crypte avait été rasée lors de la démolition des voûtes ; c*est ce qui nous prive des détails, assurément curieux, que cette galerie eut offerts à l'histoire de la peinture murale et à Ticcnographie chrétienne. Ces tableaux et ces peintures avaient été exécutés avec soin et même avec magnificence ; car le nimbe qui entoure la tôte du seul personnage respecté par le temps, a été doré.
(2) Depuis qu'elles ont été découvertes , ces anciennes peintures se sont notablement effacées au contact de Tair, et nous n'oserions dire qu'elles subsisteront encore longtemps. Il importait dès lors de les copier scrupuleusement, afin d'en conserver la mémoire. C'est ce qu'on a fait ; et toutes les murailles nouvelles reproduisent partout la série des ogives et des tableaux.
(3) M. l'obbéHaffrcingue avait fait peindre dans cette crypte un grand nombre de tableaux représentant des personnages qui appartiennent à l'histoire de
péristyle , sur la plate-forme qui leur servait de base; et, bientôt, à Taide des souvenirs , l'édifice entier se relève dans toute sa beauté native. Vains efforts du caprice humain ! qui nous dira la vérité sur des ruines sans nom !
L'incendie a dévoré ce temple. La force en était grande , car elle a précipité de toutes parts la toiture sur le sol d'alentour. Le bronze et le plomb n'ont pu résister à sa fureur. Les fragments que nous en avons recueillis , — au milieu des cendres, des terres brûlées, des charbons, des tuiles fracassées, qui formaient une des nombreuses couches du terrain environnant, — sont là pour l'attester.
A quelle époque ces faits se sont-ils passés ? Nous ne le savons. La ruine a été complète, définitive. Les détritus végétaux, la poussière , le temps , les eaux du ciel , ont eu le loisir de recouvrir le tout de 50 à 60 centimètres de terrain de formation. C'est l'ouvrage de plusieurs siècles (1).
C'est au milieu de ces ruines , et au-dessous des couches de ce terrain de formation qu'a été retrouvé notre chapiteau. Cela suffirait seul à prouver son antiquité ; lors même que l'histoire de l'architecture n'éclairerait pas assez le jugement de l'observateur.
Dans le mur de cette troisième chapelle on a fixé à demeure inscription
(1) Voici quelle était la disposition des terres qu^on a enlevées de la €rypte basse, où se trouvaient les ruines romaines qui nous occupent maintenant :
Sur le sable de terre ou sable jaune qui est au fond, reposait une .couche de terre végétale ayante peu près 50 centimètres de hauteur. Puis, venait la couche des débris et des ruines, un peu plus élevée au-dedans de Tédifice qu*au dehors, et comprenant environ 20 centimètres. Au-dessus de cette couche, on envoyait une autre de 50 centimètres sur la surface de laquelle reposaient les tombeaux qui étaient le plus profondément enfouis. Les terres dans lesquelles s'étaient faites les inhumations, étaient friables et meubles. La construction des divers caveaux qu'on y avait pratiqués, la fréquence des remuements qu'on y faisait , ont tellement changé la nature de cette terre qu'il est impossible de savoir si elle a été , ou non, rapportée en cet endroit, pour corriger les in^^galités du sol, lorsqu'on y a bâti une église pour la première fois. Le terrain des inhumations avait 1 mètre 70 centimètres de hauteur. Le sol romain était donc enterré à une profondeur de plus de deux mètres au-dessous du pavé de l'ancienne église.
une courte inscription romaine , dont personne n'a pu jusqu'ici donner rinterprétation.(l). On Ta retrouvée en démolissant, dans la première travée de Taîle nord y un vieux mur où elle avait été employée comme moellon. Nous la transcrivons ici , aussi fidèlement. que les caractères typographiques nous permettent de le faire :
/l F Ec p ail r\
CORIOI I A V I hF.
Quant aux autres débris d'antiquités romaines qu'on a trou* vés dans les terres de la nef et des ailes , nous aurons lieu
(1) Un archéologue de Paris, M. A. J. H. Vincent, aujourd*bui membre de rinstitut, avait proposé sur cette inscription une interprétation qu'il était impossible d'admettre , parce qu'elle résultait d'une lecture incomplète. S'étant procuré une copie plus fidèle du monument, il écrifit à M. Tabbé HafTrcingue, le 17 janvier 1848, une lettre qui renfermait une seconde traduction, plus plausible que la première, et qui était due à M. Gb. Lenormant (de rinstitut). Voici comment, d'après le savant antiquaire, on devrait lire cette pierre énigmatique :
COR lOannis lacet
In kgro VIII (pedes)
(in) fronte ECclesiae Pedes CUL
Suivant M. Lenormant, le cœur d'un personnage quelconque, nommé Jean, « aurait été inhumé dans le cimetière à 8 pieds du mur latéral, et à 103 pieds > do la ligne de façade, et la pierre aurait été placée dans l'intérieur de » l'église, comme mémento, M. Lenormant croit que l'inscription est de » l'époque chrétienne ; les payons ne vénéraient pas le cœur.* Chargé par M. Haffrcingue de répondre à M. Vincent, noua insistâmes sur le caractère romain de l'inscriptioil, sur la singularité peut-être sans exemple d'une pareille désignation, et enfin nous dîmes qu'il n'y avait pas lieu de lire ie ehiiïre VIII sur la pierre, où Ton distingue très-clairement les lettres VI suivies d'un H et d'un F liés ensemble. Il aurait fallu traduire ces deux derniers signes; et, de plus, pourquoi lire cor plutôt que corpus ? Nous ne rapporterons point ici toutes les sbjections que nous fîmes alors contre cette interpré' I ation. La révolution de février, qui survint peu de temps après, interrompit cette correspondance. Nous pourrions proposer d'autres manières de lire certaines lignes ; mais nous n'SvoDS pu réussir à nous rendre compte de tout, et nous préférons attendre.
(l*en parler lorsque nous serons arrive à la cinquième chapelle où ils sont déposés.
Antiquités Romano-Byzantines, Dans cette troisième cha- lîasos.
pelle , outre le chapiteau gallo-romain dont nous venons de J-pj.^^"^,'^^^^^^ j^ nous: occuper , on a déposé sur des bancs de pierre , dans i't*p«»nu« » «- Tordre le plus convenable, un grand nombre de sculptures pro- "^^"*^* venant de TancienncégUse. On y remarque plusieurs bases de colonnes qui ont fait partie de la première construction , et un chapiteau , très-bien conservé > orné de divers dessins , d'animaux fantastiques , etc. Des fragments très-curieux , qui accompagnent ce chapiteau, et qui datent incontestablement de la même époque, déterminent suffisamment les caractères et les formes qu*affecta l'art romano-byzantin, dans nos contrées.
D'autres pierres, non moins curieuses, et non moins précieuses comonnopour rhistoire de Tart, rappellent la disposition de la corniche "»<?"«/*' ^'""'* extérieure de 1 ancienne cathédrale. Un historien boulonnais, t^;;iis(.'. à qui nous devons une « description de la ville de Boulogne,» Phihppe Luto (1) nous apprend que « au bout du charnier qui » fait face au cimetière, — la cour actuelle de Tancien Petit » Séminaire , — se remarquent une quantité de têtes antiques, » les unes couronnées d'un simple diadème, les autres dont le » diadème est orné, et d'autres avec des casques (?).» N'étant pas très-fort en architecture, notre auteur s'est imaginé que ces figures représentaient les anciens comtes de Boulogne , qui avaient vécu avant l'époque de sainte Ide ; mais il se trompe évidemment en ceci. Nous avons encore trois de ces têtes. Ce
(1) Mém, ms8. 9ur VHist, de Soutogne, p. 378. Cf. Detcription de la ville de Boulogne, en tôle de ces mêmes mémoires.
Les appréciations archéologiques de Luto seraient curieuses, si on ne se souvenait qu*il écrivit pendant la première partie du xyui* siècle. Comparant le style de notre cathédrale avec celui de Téglise St.-Germaln-des-Prés, ù. Paris, de St.-Faron de Meaux, etc., « qui certainement, dit-il, sont du tems » même du roy Cbilpéric,» il en conclut que la cathédrale de Boulogne a été bâtie par St. Omer. « Les chapiteaux des pilliers, la sculture de ces chapitt leaux, leurs orncrocns ,. les pilliers et les arcades, .... sont du icms » de la première race de nos roys. » Ces énormités, et d'autres semblables, n'empêchent pas qu'on ne puisse croire Tbistorien quand il expose les faits, mais on doit se défier de ses jugements.
n'est pas autre chose que ce que les arichéotegues appellent des corbeaux : sorte de console, de modillon, qui sert à supporter la corniche, et dont le dessin est kdssé à la fantaisie des artistes ainsi qu'au goût particulier de chaque style architectonique.
La corniche extérieure de notre ancienne cathédrale n'avait pas une direction horizontale ; elle se découpait en arcatures semi-circulaires, reposant sur les corbeaux dont nous venons de parler. Ces arcatures, en forme de têtes de niches, sont décorées intérieurement de sculptures très-délicates, qui accusent déjà une certaine transformation dans Tart du XIP siècle. N'appartiendraient-elles pas à Tarchitecture de cette époque, et seraient-elles l'œuvre du XIIP ou du XIV« siècle? Nous n'osons nous ranger à cette opinion , bien qu'elle nous ait été exprimée par un savant archéologue. (1)
Quoiqu'il en soit, nous avons retrouvé cette disposition dans une partie encore subsistante du mur de l'ancienne église, sur laquelle s'appuie le Petit Séminaire; mais, les exigences de ]a construction n'ont pas permis de laisser à découvert ces vestiges précieux, et encore moins de les enlever du mur, pour les conserver à part. Les corbeaux et les arcatures qui sont dans la troisième chapelle de notre Crypte, serviront seuls désormais à conserver le souvenir de la forme qu'affectait le couronnement des murs de notre vénérable cathédrale.
Frajïments Antiquités du style ogival. Le reste des morceaux d'archi- ^oihi 'If^^*'"^ tecture que renferme cette troisième chapelle, se compose de pierres sculptées à diverses époques dans le style gothique. Ce sont des meneaux, des baies de fenêtres , des compartimentt d'une rose^ et surtout un magnifique dais , qui a dû surmonter une niche de la plus grande richesse. Rien n'est beau comme les ciselures dont ce dais est orné; rien n'est fini, rien n'est délicat comme les contours des ogives , des trèfles, et des dessins qui y sont tracés- Combien étaient habiles les mains qui.
(1) M. H. (le Laplane, ancien député , secrétaire de la Société des Antiquaires de la Morinie.
tlécoupaienl ainsi la pierre ; combien était grande la foi qui inspirait de tels chefs-d'œuvre I
Nous ne dirons rien de chacun de ces débris, qui appartiennent pour la plupart au XVI* siècle. La description ne saurait, sans devenir fatigante , s'arrêter à tous les détails des objets qui reposent dans cette chapelle. Signalons cependant un chapiteau de la Renaissance, etTancien bénitier de l'église, dont la coupe, de forme octogonale, et les moulures aussi simples qu'élégantes , peuvent donner matière à imitation. Nous ne terminerons pas cet aperçu rapide sans faire remarquer plusieurs boulets en fer, projectiles lancés par Henri VIII contre notre église en1544 , et qui ont été retrouvés dans les décombres de la nef.
yvATmiÈin: cnAPKLLK.
La quatrième chapelle renferme les tombeaux et les monu- Monuments menls funéraires. Sur les murs sont dressées trois anciennes funôrains. pierres tumulaires incomplètes. La première remonte au XV® '^•'^''e» sruipou au XVI® siècle. Elle avait reçu, selon l'usage, des incrustalions en cuivre ou en marbre , qui ont disparu , et elle a été ornée de peintures dont on aperçoit encore les traces , sur le fragment qui nous reste. Nous y avons lu :
. . • «mcLtt. bû. C. s», trt. ^00.
mtsct. (i^ imontiii • • . .
, . , mt a), tnui, ^ns. I|0(. tnno. b«.
Cette inscription > dont nous n'avons qu*une partie , exprimait sans doute, à Taide d'un calcul bizarre , la date de l'inhumation du personnage auquel elle a servi de monument.
Cette pierre, bien que retrouvée depuis longtemps, n'a été que depuis peu fixée à l'endroit où on la voit maintenant. Comme elle est très-friable , quelques morceaux sont tombés en poussière ou ont été perdus, de sorte que lesmotsc^ii^C.^ear/crrfMo mùce que nous y avons lus, il y a quelques années, n'existent plus,
La seconde pierre appartient probablement au XV« siècle, cowjue la précédente. Bien que mutilée, elle offre encore le»
traces de la représentation d*un personnage, dont nous n*osons définir ni l'habillement, ni la profession. Les divers dessins qui ont été gravés sur ce qui nous reste de ce monument funèbre , sont très bien conçus et gracieusement exécutés. Le marbre ou le cuivre , qui était incruste dans le creux de la pierre, et qui devait reproduire les mains jointes et la tête du personnage, n*a pas été retrouvé. Un vandalisme cupide en aura fait son profit, lors de quelqu'un des ravages qu*a eus à subir la cathédrale, soit en 1544, soit en 1567. Nous croyons devoir reproduire ici les quelques lettres qui se lisent encore autour de cette pierre :
• • hâlKt ... ... • . • •
Seigntux ^uxiianme . . .
Epiiai>he. La troisième pierre, qui date du XVIP siècle, est peu intéressante en elle-même , mais n'en doit pas moins être conservée. Voici l'inscription qu'elle porte :
Cy ûeaani git le corps de
Jacques âforel
Preslre Chanoine de ... .
Cette Eglise pendant ....
fondateur d'une messe en la Chapelle de la Vierge tou^ lea derniers dimanches de chaque mon de Tannée à dix heures lequel décéda le 15"" may 1674.
Priés Dieu pour son âme.
Cette pierre tumulaire , arrachée, pendant la Révolution, de la chapelle de Saint-Pierre, où Jacques Morel avait été inhumé, a été retrouvée parmi les dalles qui pavaient la cour de l'ancien Petit-Séminaire.
Inscription A coté de cos troismonumonts so trouve aussi un fragment fominémora- d'épitaphe quc uous u'avous pu restituer qu'en partie ; c'est une inscription commémorative. Elle a été composée en l'honneur du chanoine André Scotté de Velinghen, confesseur et supérieur des Ursulines de Boulogne, qui a reçu la sépulture
dans l*cglisc de ces religieuses le 25 janvier 1703, à l'âge de 67 «ans.
»... ant
* cdicr à
souffrances continuelles une
. • patience invincible.
// supporta ses souffrances en vrai
chrétien protestant au plus fort
de ses douleurs y quand Dieu, Téprouvoit, qu'il en
atiat/ encore soif.
. . . C'est Vhommage que nous devons à la mémoire
d'André Scotlc de Velinghen, prêtre
chanoine de l'église de cette ville, lequel
pendant le cour^ de trente années toutes
, . de son zèle et de sa piété
s les belles preuves de ce
sèle aux Ursulines dont il était confesseur et supérieur : . . et pour leur donner un dernier gage de son estime, . . t7 voulut que son corps y fut inhume auprès de . . . « . celui de Marguerite Scotté sa sœur morte
après avoir fondé une messe basse le 2"
dimanche de chaque mois, avec un obît à perpétuité le jour anniversaire de son déceds en 1703 à Tâge de 67 ans .
in mis
(p)ulvis • . • tne^^
Requiescant in pace.
Deux autres fragments de pierres tumulaires très-anciennes, sur Tune desquelles on lit :
Ghi. gist. (Ro]bars. Hoghes. pri(é^ pour l'dine etc.)
ont été retrouvés en démolissant de vieux murs, où on les avait employés comme matériaux. On a cru devoir les conserver, malgré le peu d'intérêt qu'ils peuvent offrir. (I)
(1) Cf. Notre Notice sur les Tombeaux de la Crypte. Il n'est pas ioutilo de donner ici quelques détails sur les inhumations qui ont été faites dans TanMcnne cathédrale. En général , les sépultures étaient
Sarcophages. Sur le sol de Cette chapelle sont placés quatre sarcophages en forme d'auge, dont trois sont monolythes , mais de différentes pierres. Un seul possède encore son couvercle, qui est en dos d'âne, avec une arête bien prononcée. Tous sont vides actuellement; les ossements qu'ils contenaient avaient été remués , et peut-être même déplacés.
Descripiion. Le grand sarcophage complet, dont le couvercle subsiste en- Lieux où on corc, cst le plus important de ces monuments funéraires. On Ta trouvé dans la nef, près du pilier de l'aîle sud, à l'entrée de la troisième travée de cette même nef. Il renfermait encore des ossements presque réduits en poussière, qui gisaient pêlemêle dans toute son étendue, ce qui prouve qu'il avait été ouvert. La pierre dans laquelle il a été taillé est fragile et assez semblable à la marne blanche de ijptre Haut-Boulonnais.
Une particularité digne de remarque signale ce tombeau aux investigations de l'historien : c'est qu'il a dû se trouver trop court pour renfermer le corps auquel il a servi de sépulture. Sa partie inférieure a été coupée , et l'on a été obligé de tailler une rallonge en pierres de Marquise, pour servir de protection aux pieds du cadavre. Le sarcophage avait cependant un mètre 75 centimètres de longueur à l'intérieur.
Le second sarcophage, en partie brisé, était comme le précédent d'une seule pierre ; mais il n'a pu résister aux ravages du temps. Il était placé dans la nef à côté du premier.
de la plus grande simplicité. On a retrouvé les ossements gisant ça et là, à des profondeurs diverses , quelquefois remués par les inhumations postée rieures , mais presque toujours sans caveaux et sans séparations.- Les corps avaient été enterrés comme dans les cimetières, dans des cercueils de bois , dont on a reconnu de temps en temps quelques restes. Les caveaux de famille étaient peu nombreux ; ceux des personnages de distinction Pétaient encoie moins. A Texception d'un seul qui se trouvait sous le dôme, tous ceux que l'on a rencontrés avaient été comblés. Nous n*avons pu reconnaître pendant les fouilles de cette année le tombeau de Pierre de Langle , 8"" évéque de Boulogne , qui devait se trouver au bas de la nef. Une poignée de fîls d'argent, qui s* est échappée des terres, n'a pu être un indice suffîsant.
La manière dont les fouilles se sont faites était peu propre à faire découvrir des objets de petite dimension. Aussi , ne pouvons-nous guères citer qu'un denier de billon de Louis IX (?) frappé à Tours , et un calice tumulaire en étain, dont la tige très-courte, le pied et la coupe Irès-largcs , accusent l'antiquité.
Au fond de celte chapelle on en voit un autre sans couvercle, mais entier. Sa longueur est d'un mètre 90 centimètres. On Ta trouvé dans la troisième travée de Taîle sud, un peu au-dessus du pilier derrière lequel étaient les deux précédents.
Le quatrième sarcophage, dont les fragments sont déposés au centre de la chapelle, a été rencontré au milieu de la quatrième travée de la nef, sans couvercle, sans indication. Il était composé de trois pièces, ajustées et collées à Taide d*un mortier grisâtre, dont une couche le revêtait à Tintérieur. La matière dont il est formé est une sorte de composition roussâtre, trèsporeuse et très-légère. Nous n'essaierons point d'en déterminer autrement la nature, et nous laisserons aux archéologues qui visiteront notre Crypte le soin de décider cette question.
Nous ne parlerons ici que pour mémoire d'un petit cercueil Petit cercueil de plomb qui reposait près du mur latéral , entre la cinquième ® p ^'^ ' et la sixième travée de l'aîle sud. Comme les ossements qu'il renferme ne sont pas ceux d'un enfant , il faut supposer une seconde inhumation, ou, ce qui paraît plus probable, il faut croire que la personne, à qui ces restes appartiennent, mourut loin de Boulogne, et qu'on n'y rapporta que ses os, après les avoir séparés des chairs, ainsi qu'on l'a fait souvent au moyenâge (1).
Toutes ces tombes resteront-elles anonymes ? — c'est une Conjcciuros question à laquelle il est bien difficile de répondre, puisque nos *'*cJ,^cr8*M"rarchives n'existent plus. Il est vrai que le champ des conjec- copUagcs. tures reste ouvert; mais c'est une bien faible ressource quand on manque de documents pour les appuyer. Essayons cependant quelques hypothèses.
Pendant le cours du xiii« siècle, deux personnages de dis- We «ît Malinction ont été inhumés dans notre église. En premier lieu |og„e. **
(!) Ce cercueil de plomb ne saurait remonter à une date trôs-éloignée. Nous ne trouvons dans notre histoire aucun personnage auquel nous puissions attribuer sûrement ces restes mortels. Le corps du maréchal Philippe de Crèvccœur, seigneur des Querdes , a été rapporté de Lyon & Boulogne en 1194. Mais cet illustre personnage fut enterré àVendroit oà était la représentation au sépulcre de N. S, ( Le Roy, ouv. cit. p. 110), et nous n'avons pu déterminer avec précision quel étnit cet endroit.
nous trouvons Ide de Boulogne, fille de Matthieu d'Alsace^ qui après avoir épousé successivement Matthieu II, Gérard de Gueidre, Berthold de Zéringhem, se maria en quatrièmes noces avec Renaud de Dammartin, le fougueux adversaire de Philippe Auguste. Cette princesse mourut à Ypres en 1216 , et son corps fut transporté à Boulogne. En second lieu, Mathilde ou Mahaut de Boulogne, fille de la précédente, mariée à Philippe Hurepel, oncle de saint Louis, et plus lard à Alphonse III, roi de Portugal, décéda en 1258, selon l'opinion commune, et fut inhumée à Boulogne, à coté de sa mère (1).
Le chanoine Le Roy, cpii rapporte ces faits d'après d'autres auteurs, dit que lefi tombeaux de ces deux princesses étaient à l'entrée de l'église de Notre-Dame (2). S'il est permis de conclure quelque chose de la proximité à laquelle se trouvaient placés les deux premiers sarcophages, nous pouvons supposer sans témérité que ces deux tombeaux ont renfermé la dépouille de Mahaut et d'Ide de Boulogne. Poussant plus loin les conjectures, il sera peut-être possible d'ajouter que le grand sarcophage couvert, lequel était plus proche du pilier, doit être celui qui y aura été déposé le premier, et, par conséquent, appartient à la comtesse Ide. De plus, comme cette princesse est morte à Ypres , on pourrait expliquer facilement que les mesures aient été assez mal prises, à Boulogne, pour nécessiter le rallongement du sarcophage, à l'arrivée du corps. Nous aurions un indice plus certain, si quelque historien nous avait appris qu'elle était la stature de la comtesse Ide.
Pour ce qui est des autres sarcophages, il nous est impossible de donner aucun fondement positif aux hypothèses que nous voudrions tenter d'établir. Cependant, n'est-il pas raisonnable
(1) Cf. pour tous ces détails , BcUuze, hist. de la maison dÂuvergnCt 1. 1*', cl VArt de vérifier les dates.
(2) La porte latérale du sud ouvrait sur la première travée de Taile de ce côté. Lorsqu'on bâtit le Petit SémiDaire, sur remplacement du cimetière , on< détruisit ce portail, et Ton en construisit un autre dans le mur de façade, où< il n*y en avait pas eu jusqu'alors. Ce dernier , dont la clef de voûte est conservée dans la première chapelle de la Crypte, a été élevé par Giraud Sannier» qui le termina en 1771.
\\c présumer que plusieurs des Abbcs de Notre-Dame ont été inhumés dans des cercueils de pierre ? Cette supposition n'est certainement pas plus hasardée que les précédentes.
La cinquième chapelle est restée à la hauteur du sol de Pierre tu-
roulaire <' xvr siècle.
l'ancienne cathédrale, parce qu'on n*a pas cru devoir démolir î['"l*j[^ **"
le massif de pierres qui la remplit presque entièrement. Sur la partie antérieure de ce massif était un caveau fermé d'une large dalle tumulaire, empruntée aux tombeaux de Tancien cimetière (1). Cette pierre, sculptée au xiv« siècle dans un esprit éminemment chrétien, méritait d'être conservée. On Ta placée au-dessus du caveau, dont l'entrée a été close par une maçonnerie. Voici quelle est l'ordonnance de ce petit monument :
Une grande croix , dont les extrémités sont ornées de feuillages, est gravée en creux au milieu de la pierre. Au-dessous des branches de la croix on a figuré un bateau ; au pied est un homme à genoux.
Si nous comprenons bien le symbolisme de ces figures, le bateau doit indiquer la profession de marin, que le défunt aurait exercée, tandis que l'attitude de cet homme au pied de la croix dirait qu'il met toute son espérance dans ce signe sacré, immortel appui du chrétien.
Autour de la pierre on lit ces mots :