CHI. GIST. ANSEL. BISE. PRIES. POVR. LAME. QVI
TRESPASSA. EN. Lan de gvâce m. ccg. et. un. el. mois.
DE. DECHEMBRE.
Derrière ce tombeau, sur le massif de maçonnerie, se trou- « .
** Tuiles
vent rangées les tuiles romaines, dont nous avons déjà parlé, maines. Quelques fragments sont ornés de dessins, tracés avant la cuisson. Nous ignorons si ce sont des tuiles ou des carreaux ;
(1) Celte pierre tumulaire n'avait pas été taillée pour le tombeau où on Ta trouvée ; car rinscription qui y est gravée était tournée vers l'intérieur.
mais, malheureusement, nous en avons trop petr pour qu'ils puissent être l'objet d'une étude spéciale-.
Ciment. A côté de ces tuiles on conserve un grand nombre d'échan-
tillons du ciment qui avait été employé dans la construction du mur romain (1), ainsi qu'un bloc intéressant, composé de ciment, de plomb fondu, de terre, de tuiles, etc:, témoignage vivant de l'incendie qui a dévoré l'édifice.
Médailles. Ce serait ici le lieu de parler des médailles romaines qu'on a retrouvées dans les terres de la Crypte. Plusieurs étaient complètement frustes, et parmi celles que nous possédons, nous ne pouvons citer, comme provenant directement de la Crypte, qu'un quinaire d'argent d'Alexandre Sévère, frappé vers l'an 229. Mais dans les endroits où l'on a transporté, soit avant soit après la découverte des ruines romaines^ les terres qui ont été enlevées de la Crypte, nous avons pu recueillir des quinaires de bronze frappés à l'effigie des empereurs des ii®, iii« et iv* siècles (2).
Poteries. Enfin, pour n'omettre aucun détail sur les découvertes qui ont été faites dans notre crypte , nous dirons que nous avons aussi conservé des débris de poteries rouges, appartenant à l'époque de la domination romaine ; quoique, vu la rapidité des fouilles, nous n'ayons pu rien trouver qui fût de quelque importance pour l'archéologie.
Colonnes A l'entrée de cette cinquième chapelle on remarque les bases des iii' Cl çj jg^ naissance du fût de deux colonnes. L'une est romane et
iviir siècles.
(1) La composition de ce ciment nr*a rien de remarquable. On y employa, selon l'usage , de la chaux mélangée de cendre et de charbons, avec du sable de mer où Ton aperçoit de léj^ers fragments de coquillages.
(2) Presque toutes nos médailles sont de petit bronze. Il y en a peu qui appaitienneot aux premiers temps de TEmpire. On y remarque des pièces des empereurs Valérien et Gallien (253) , Postume (258) , Victorin (265), Tetricus (senior) 267 , Constance Chlore (292), Constantin (le jeune) 335, Constant et Constantius{Z37), Valentinien et Valens (364). Malheureusement, Thumidité du sol où elles se trouvaient a rendu très frustes la plupart de ces médailles : les numismates les plus experts auront beaucoup de peine à les déchiffrer. Si Timi y [)arvient, on pourra pcui-êlre as^i^Hcr une date positive aux ruines que nous avons découvertes.
appartient à réglisc du XIP siècle ; l'autre est plus moderne et ne date que de la fin du XVIII®. C'est à cette époque, en effet, que la tradition orale, confirmée en cela par le témoignage des Registres capitulaires , fait remonter la construction des dix chapelles qui accompagnaient la nef de notre cathédrale. L'architecte qui avait dirigé ces travaux, ainsi que ceux du portail principal, était Giraxcd Sannier (1). Nous pouvons citer encore Gaudy, tailleur de pierres, et Harrewin, dit Beau-soleil, sculpteur. Pendant les années 1780-1784, le chapitre a payé à ce dernier plus de 12,000 livres , pour divers ouvrages de sculpture et livraison de marbre. Toutes ces chapelles étaient richement décorées, pavées en marbre de différentes couleurs , et ornées de sculptures très-nombreuses qui faisaient l'admiration de nos pères.
La base de la colonne romane est dans le même genre que celles dont nous avons déjà parlé. On en voit encore plusieurs dans la demi-travée qui est sous le portail, et dans tes premières travées de l'aîle nord.
Dans l'étroit corridor, situé sous le portail , on a placé une RiroIcs a^ des pierres creusées en rigole, provenant de la plate-forme qui ^^^^if^^^ ^*^' entourait l'édifice romain décrit plus haut. A côté est un bloc de ciment , composé de fragments de briques ou de tuiles concassées , qui a été trouvé parmi les ruines de ce même édifice.
Au milieu du corridor dont nous parlons , vis-à-vis l'entrée Gargouilles, de la Crypte basse, une ancienne gargouille , dans le style du XVII« siècle, monstre demi-marin , couvert d'écaillés , muni d'ailes ou de nageoires, se dresse vers la voûte, ouvrant à la lumière d'un soupirail sa gueule fantastique. Elle est accompagnée de quatre figures bizarres, dont l'une était aussi une gargouille.
Plusieurs boules de pierre , qui ont été rencontrées dans les
(1) Registres capitulaires t années mi, n HO — 1784. Nous entrerons dantf de plus grands détails touchant la construction des chapelles de Tancienne cathédrale, dans les « Recherches historiques et archéologiques • que nous préparons sur TEglisc de Boulogne.
décombres de la nef sont déposées sur le sol , au-dessous de ces gargouilles. Nous ne savons quelle en a été la destination. Dans l'aîle nord , on voit aussi, comme nous Tavonsdit, des restes de colonnes romanes et un pilastre grec du XVIIP siècle. Ces débris, restés sur place, indiquent la disposition de la cathédrale, déterminent la hauteur de Tailcien sol , et conservent à Tantiquaire des renseignements précieux.
Ruines ro- Pendant les fouilles qui ont été faites dans cette partie, durant f écTdansraîfé ^^^^^^ dernier, on a rencontré quelques ruines romaines, qui Dord. sont pour nous une énigme. C'était, dans la troisième travée ,
un mur en demi-cercle, ouvrant sur la chapelle latérale , et s*y continuant encore sous les fondations. Il n'avait guère que 80 centimètres d'épaisseur. Un mur semblable a été trouvé dans la cinquième travée ; mais il était tourné en sens contraire. Nous pensons que si on continuait les fouilles sous les chapelles de ce côté et dans le terrain environnant , on trouverait encore des traces d'anciennes constructions. Il n'y aurait pas lieu de s'en étonner, puisque la Haute -Ville actuelle renferme dans son enceinte l'emplacement occupé par l'antique Gésoriaque.
Concingion Le spectaclo de tant de ruines , sur lesquelles s'élève aujourlice *^^"*^ "^' ^^^^ "^ temple chrétien , présente un contraste frappant entre la rapidité avec laquelle s'efface la puissance de l'homme , et l'immuable stabilité des choses que Dieu a établies. La société romaine, malgré la force de son organisation, la sagesse de ses conseils, l'étendue de sa domination, a disparu de la terre, sans y laisser autre chose que des souvenirs; la société chrétienne, après dix-huit cents ans, relève encore avec la même vigueur et la même foi un sanctuaire que ses ennemis ont renversé, les monuments romains gisent ensevelis sous les décombres ; les monuments chrétiens se redressent toujours, pour servir au même culte, pour honorer le même Dieu , le Dieu qui vit dans les siècles sans fin.
On a tout lieu de croire qu'une rangée de colonnettes , dont Colonnes. deux fragments ont été retrouvés sur place , servait à diviser cette salle en deux parties, dans le sens de sa longueur (I). Les deux bases et le reste de fût qu'on a pu conserver, semblent appartenir à Tarchitecture du xiii® ou même du xiv« siècle. Elles ont reçu, comme les murs, une peinture dont on reconnaît encore les traces.
Il nous paraît assez difficile d'établir d'une manière certaine origino ot la date de cette Crypte , et plus difficile encore d'en déterminer «lesiinaiion de
, ^ . . ^ , . , ^ celle. Crvpie.
la destination. Les mmces colonnes qui en soutenaient la voûte, les peintures dont nous avons parlé , révèlent sans contredit l'influence de la période ogivale (2). Mais, comment cette construction souterraine existait-elle là , au xiii^ siècle , sous les murs de l'église du xn^ , à côté d'une crypte plus ancienne, dont elle ne faisait point partie, et avec laquelle elle ofl'rait si peu de ressemblance? Sur quoi reposaient les murs et les piliers qui séparaient les carolles des chapelles latérales du chœur ? Pourquoi ces ouvertures dans le mur oriental, et dans la partie inférieure de ce mur ? — A ces diverses questions nous n'avons pas encore trouvé de solutions pleinement satisfaisantes (3).
rôgiise de Boulogne. Il n*en reste plus que quelques-uns. Le plus entendu rappelle le mariage d'Edouard II, roi d'Angleterre, avec Isabelle de France , célébré dans la vieille Abbatiale de N.-D., en 1308.
(1) Nous devons dire, cependant, que les colonnes sont assez rapprochées du mur longitudinal <8ud), pour permettre de supposer qu'une seconde rangée se trouvait & égale distance du mur opposé. En ce cas , l'édifice eut été divisé en trois parties , éclairées chacune par une des fenêtres du mur oriental.
(2) Plusieurs archéologues distingués, qui ont visité avec nous cette partie de la crypte , et , entre autres j'ie R. P. Arthur Martin , admettent volontiers que les peintures puissent remonter au xiii' siècle.
(3) C'est en vain que nous demanderions à l'histoire locale le moindre renseignement sur rcxistence d'une crypte sous le pavé de la cathédrale. L'antique monastère de Notre-Dame ne nous a légué aucune chronique , aucun cartulaire. Les Anglais ont pillé nos archives en 15i4. Le chanoine Le Roy, qui a pu trouver encore quelques pa^es, arrachées à la destruction , ne nous a rien transmis sur ce sujet. Le seul J. F. Henry, dans son Essai historique «w rarroniii.ssemtut de Boulogne, a parlé d'une crypte, située, dit- il (p. 269) , « à la gauche de l'entrée principale de la cathédrale. • Mais en
Peut-être cette partie de la Crypte est-elle aussi ancienne que l'autre ; car des vestiges de peintures, antérieures à celles qui constituent les balustrades et les tableaux , se font remarquer en plusieurs endroits sur les murs (1). Ce sont des carrés de 16 centimètres de hauteur sur 25 de base, formés par une ligne blanche, et couvrant toute la superficie du mur. Si cette décoration a été employée pendant la période romanobyzantine , elle pourrait servir à prouver que les deux cryptes sont jumelles et datent de la même époque. Mais ce fait ne nous paraît pas encore entièrement démontré.
Pour ce qui est du soutènement des murs et des piliers , nous ne pouvons aisément nous en rendre compte. Nous dirons seulement qu'on a trouvé , presque au centre de cette Crypte, un ancien massif de maçonnerie de forme ronde, et disposé avec une certaine régularité. Etait-ce un des supports ? En pareille matière , il est souvent plus raisonnable de s'en tenir à de simples conjectures que d'affirmer d'une manière positive.
La question des ouvertures nous embarrasse un peu moin.s que les autres. On sait que notre cathédrale a été bâtie sur un plan incliné, et que le sol , sur lequel reposent les murs latéraux du sud, est plus élevé que celui sur lequel s'appuient ceux du nord. On sait aussi que les édifices s'entassent peu à peu dans la terre où ils sont dressés, et que, du reste, dans les villes surtout, le sol s'élève par l'effet des diverses constructions secondaires qui durent peu et se renouvellent incessamment. Il n'est donc pas difficile de croire que le sol de l'ancien jardin de l'Evêché se soit trouvé , après six cents ans , élevé d'un mètre et même plus , au point d'enterrer assez profondément les fenêtres de cette Crypte.
Quoiqu'il en soit de tout ceci, nous dirons avec le poète :
Si quid noTlsti re^^tius istis, Candidus impcrti; si non, his utere mecum (2|.
vérifiant cette assertion dans les manuscrits de son auteur , nous avons reconnu qu*it ne s'agissait que d'une cave^ nommée le bas chapitre^ et pratiquée sous Tancienne salle capitulaire.
(1) Notamment sur celui qui sépare cette crypte de la crypte centrale.
(2 Horace Epit. t. ti. 67.