‹ Notice archéologique sur l'église de CurgyChapitre 4 sur 5 · J. Virey., op. cit. , p. 33 et · texte numérisé non relu

J. Virey., op. cit. , p. 33 et

3. C’est tout au moins l’opinion de II. Géraud dans : Bibliothèque de l'École des Chartes, tome I, Paris, 1839, 1840, p. 205 et suiv. Mais cela ne parait pas absolument certain.

4. Est in comitatu Augustodunensi villa nomine Curciacus, quæ habet capellam in honore et veneracione sancti Ferreoli constructam, habens famulos utriusque sexus, terras cultas et incultas. Epislolæ, lib. XIII, epist. vi; édition Migne, tome LXXYII, col. 1259, 1260.

5. Voici ce que dit Courtépée de Curgy : paroisse : vocable saint Ferréol ; l'abbesse de Saint-Andoche, dame et décimatrice, jolie église voûtée et ornée qui a été occupée par les bénédictines. Le duc amortit la fondation d’une chapelle à Saint-Lazare par J. du Roussel, « à condition qu’il ait haute et moyenne justice de Savigny-le-Vieil, au paroichiage de Curgy-lès-Autun, » en 1410. Ancien château dont il subsistait en 1730 une tour carrée qu’on croit avoir appartenu à saint Syagre qui donna cette terre à Saint-Andoche; 130 feux, 900 communiants, etc. — Courtépée : Description générale et particulière du duché de Bourgogne. Dijon, Lagicr, 1847, tome II, p. 568.

autres sans l’intermédiaire d’un transept. Toutes trois sont semi-circulaires à l’intérieur et rectangulaires au

Eglise de Curgy, plan, échelle de 0,0025 par mètre, dessin de M. Montuclard, d’après Bidault.

dehors; l’abside ne fait que très légèrement saillie sur le mur droit qui termine les absidioles.

Cette différence de tracé entre l’intérieur et l’extérieur amena à construire des murs, qui, dans les angles ont une très grande épaisseur.

Les absidioles n’ont pas de fenêtres ; l’abside en possède deux qui ont été retouchées après coup. Il y en avait autrefois une troisième ouverte dans l’axe de la nef, mais on n’en voit plus que le cintre du haut ; elle a été détruite lorsqu’au début du siècle on a édifié la sacristie. 1

Les piliers, au nombre de six, sont formés de gros massifs cruciformes. Aux bas côtés, les doubleaux retom-

1 . Nous avons trouvé ces renseignements sur les réparations de l’église, dans des notes manuscrites du regretté M. l’abbé Doret, qui nous ont été obligeamment communiquées par ses héritiers.

EGI.ISE I>E CERGY

(Vue prise de lu tribune)

ÉGLISE DE CURGY (Vue prise du collatéral nord)

bent sur de simples dosserets rectangulaires adossés au mur de clôture.

La nef, recouverte d’un berceau plein cintre, est divisée en quatre travées par des doubleaux de courbure analogue : elle communique avec les collatéraux par des arcades longitudinales, également en plein cintre.

Ainsi que nous le disions, ces collatéraux, par une exception à la règle généralement suivie en Bourgogne, sont couverts de demi-berceaux.

On sait que ce système est particulier à l’Auvergne, et plus spécialement au diocèse de Clermont. Faut-il voir pour l’église de Curgy une influence venue de cette région? La chose est possible. Nous ferons toutefois remarquer que Curgy ne dépendait pas d’un monastère auvergnat, et qu’on n'y retrouve aucun des autres caractères de cette école. C’est ainsi qu’on n’y voit pas de

Eglise de Curgy. coupe, échelle de 0.00Î5 par mètre, dessin de M. Montuclar.1. d’après Bidault.

modillons à Copeaux; or ceux-ci ont en général accompagné les architectes auvergnats partout où ils ont bâti1. Nous serions donc assez disposé à voir dans cette exception une preuve de la série des tâtonnements par où ont passé les architectes bourguignons, avant d’adopter une formule définitive.

Du reste, ce mode de construction, consistant à couvrir les bas côtés de voûtes en forme d'arcs-boutants continus

1. Voir entre autres Berthelé, Recherches pour servir à l'histoire des arts en Poitou, Melle, 1889, in-8*. p. 54 à SI.

destinés à buter la poussée de la maîtresse voûte, était si naturel ; il offrait des avantages si évidents, qu’il a parfaitement pu se présenter à l’esprit de plusieurs architectes sur divers points de la France. Il est même étonnant qu’il n’ait pas été d’un usage plus général.

Les doubleaux des collatéraux sont en plein cintre, et par suite, on a dû construire au-dessus d’eux un tympan en maçonnerie, pour remplir le vide résultant de la différence des deux courbures. Cette disposition qu’on trouve dans la Loire, à l’intéressante église de Chandieu *, se rencontre aussi parfois en Auvergne. 1 2

Aussi bien à la nef qu’aux bas côtés, les doubleaux reposent sur leurs pieds-droits, sans l’intermédiaire de chapiteaux. Le point de jonction est simplement marqué par une imposte chanfreinée qui ne fait pas retour d’équerre contre les parois latérales du pilier. On sait que cette particularité est en général une preuve d’ancienneté.

Par suite de la disposition des voûtes, le vaisseau central n’est pas directement éclairé, et l’église ne reçoit de jour que par des fenêtres qui, primitivement, étaient -excessivement étroites ; elles ne mesuraient que de vingt à trente centimètres de largeur sur un mètre quarante de hauteur. On en voit trois sur la façade, disposées dans l’axe de la nef et des bas côtés; elles ont seules conservé leur disposition primitive. Il y en avait d’autres analogues à chaque travée des bas côtés, mais toutes ont été de beaucoup agrandies après coup.

Un vilain badigeon blanc recouvre à l’heure actuelle tout l’intérieur du monument, et empêche de connaître la nature de l’appareil. Il en est de même à l’extérieur, à

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