‹ Notice archéologique sur l'église de CurgyChapitre 5 sur 5 · Canton de Montbrison · texte numérisé non relu

Canton de Montbrison

2. Notamment à Neuville (Puy-de-Dôme), arr. de Clermont, canton de Billom; à Courpicre (Puy-de-Dôme), arr. de Thiers, à Saint-Genès-de-Thiers, etc.

l’exception de la façade qui est construite en beaux blocs de grès du pays fort bien taillés.

On pénètre dans l’église par deux portes ; l’une, au nord, est amortie en plein cintre et n’a aucun ornement ; l’autre s’ouvre à l’ouest, sur la façade : la baie, également en plein cintre, est entourée d’une archivolte de profil rectangulaire, reposant de chaque côté sur une élégante eolonnette, dont l’astragale fait corps avec le fût. Ce caractère, indice d’ancienneté dans certaines provinces de la France, se rencontre en Bourgogne jusqu’à une époque assez avancée.

Un toit unique à double pente recouvre la nef et les bas côtés ; les tuiles reposent sur des solives placées directement sur le rein des voûtes.

Le clocher s’élève sur la première travée ; il a été manifestement bâti après coup, car on voit une interruption très nette dans les joints des pierres, à l’endroit oû se trouvait le comble primitif. Il est construit en blocs de grès fort bien appareillés : le mortier, qui semble bon, ne fait pas saillie sur les joints, sauf à la partie supérieure qui parait avoir été réparée à une époque assez rapprochée de nous.

Huit contreforts d’angle, amortis en glacis, s’élèvent environ jusqu’aux deux tiers de sa hauteur. Au sommet et sur chaque face, quatre baies réunies deux à deux sont habilement disposées et donnent au campanile un cachet d’élégance tout particulier. L’archivolte de ces baies repose, à son extrémité, sur le mur et, au milieu, sur deux colonnettes couronnées de chapiteaux sculptés sans trop de finesse, mais qui, vus du bas, produisent cependant un bon effet. Une corniche supportée par des modifions très simples règne à la partie supérieure. A l’est et à l’ouest on a construit deux pignons sur lesquels s’appuie une toiture à double pente.

Sur toute la hauteur des murs, on remarque de petites

ouvertures carrées qui ont servi à soutenir les échafaudages. On en voit également sur les pignons, mais elles sont de plus grande dimension ; il est probable qu’elles étaient destinées à supporter un hourdage auquel on parvenait par des portes pratiquées dans chaque pignon.

Du reste, il parait certain que l’église de Curgy, avec ses murs très épais et ses fenêtres qui sont plutôt des meurtrières, a dû servir de refuge à la population dans des moments de trouble.

Si l’édifice par sa structure même présente un très grand intérêt, la décoration de l’abside ne mérite pas moins d’attirer l’attention.

Tout le cul-de-four est, en effet, recouvert de peintures d’un grand style et d’une haute valeur, qui semblent bien remonter à l’époque romane.

Au centre, dans une gloire en forme d’amande, le Père éternel, la tête entourée d’un nimbe crucifère, bénit de la main droite, tandis que de la gauche il tient le livre de vie appuyé sur ses genoux. La tête est pleine de grandeur, et les plis de la robe tombent avec élégance. Autour de lui sont disposés les quatre animaux évangéliques ailés et nimbés. La scène est entourée d’un encadrement de palmettes.

Ces peintures, recouvertes pendant longtemps d’une couche de badigeon, ont été récemment mises à jour et, à part quelques dégradations insignifiantes faites au cours des travaux, elles sont fort bien conservées. C’est là un rare mérite pour les anciennes peintures de la région : celles d’Anzy-le-Duc seraient en effet bien plus précieuses à nos yeux si, à notre époque, elles n’avaient pas été l’objet de restaurations parfois malheureuses.

En tous cas nous croyons la décoration de Curgy parfaitement digne d’être relevée par un des artistes habiles

attachés à la Commission des monuments historiques, et nous souhaitons vivement que des démarches soient faites en ce sens.

Indiquons enfin, pour être complet, quelques objets mobiliers anciens existant encore dans l’église de Curgy, et qui, bien que d'un intérêt moindre, méritent pourtant d’être signalés.

D’abord, l’autel majeur du dix-huitième siècle, en bois sculpté, assez simple et orné d’un médaillon représentant saint Ferréol ; il est en tous points semblable à celui de la Petite-Verrière* qui date de 1737, Ensuite, toute une série de statues sans grand intérêt artistique, représentant saint Ferréol, saint Jean Baptiste, saint Barthélemy, saint Médard, sainte Agathe et saint Roch ; enfin quelques tableaux assez médiocres et les boiseries du chœur qui ont été exécutées en 1769, par Lazare du Saul, menuisier à Autun, et lui ont été payées quatre cents livres.

Telle est, dans son ensemble, l’intéressante église de Curgy : la disposition de ses voûtes, spécimen que nous croyons unique dans l’Autunois, et les peintures qui décorent son abside la rendaient digne d’être conservée avec le plus grand soin. Aussi apprenions-nous avec peine qu’il était question de la démolir ou de l’agrandir sans tenir un compte suffisant des constructions existantes. Nous nous sommes empressé de remettre à M. de Lasteyrie, des photographies dont quelques-unes accompagnent cette notice, et peu de temps après, il obtenait le classement de l’édifice au nombre des monuments historiques, ce qui en assure désormais la conservation. ?

I . Saone-et-Loirc, arr. d’Autun, canton de Lucenay-l’Évéque. Nous empruntons ces détails aux notes de M. l’abbé Doret dont nous avons déjà parlé.

î. Cette décision a été prise dans la séance de la Commission des monuments historiques, du mois de mai 1897.

On dit qu’il no suffit plus aujourd’hui à l’exercice du culte; mais le jour où la chose sera reconnue nécessaire, on pourra facilement, sans rien détériorer, par l’adjonction d’un transept, ou par la construction d’une chapelle en avant de l’abside, obtenir tous les agrandissements désirables.

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Aulun.- Imp. Dcjussiou

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