DE LEURS RÉFUTATIONS, DE LEURS APOLOGIES
ET DBS BI06RAPHIBS DB CBT ÉCRIYAIN.
LA MENNAIS (l'âbbé F. de), nom seign. [l'abbé FéUcité Ro- |I|RT (1)], dit de La Mennais, c^une propriété appartenant au chef de la famille, négociant estimable de Saint-Malo, auqael des revers firent néanmoins faire banquerodfte au commencement de ce ^siècle. Après ces revers, le chef de la famille quitta Saint-Malo « fut s'établir à Rennes , dans le même département , et il se fit alors connaître sous le nom de La Mennais^ que portèrent aussi les Âeux fils et une fille. A notre époque , de tels changements de noms ont été si fréquents qu'en vérité on aurait mauvaise grâce à insister particulièrement sur celui qu'a pris la famille Robert, quand.M. Prat a pris le nom de La Martine et M. Samson celui de^ Pongerville, Tenaille celui de Vaulabellej etc., etc.; tandis que le vaillant général Juchault de La Moricière n'a voulu prendre qu'une
(i) Né àSt-Malo (lUe-ct-Vilaine), le 19 juin 1782, ordonné prêtre en i8i7«
partie du sien, ce qui le rend plus commun^ mais que la propre gloire de celui qui le porte a rendu si illustre. Nous ne sommes surpris que d'une chose , c'est que les deux frères Robert, tous deux prêtres, n'aient pas suivi en cela l'exemple de deux ecclésiastiques célèbres du dixrhuitième siècle, qui, pour se dlstinguer, prirent l'un le nom de Gondillac, l'autre celui de Mably, pour ne point s'appeler MM. Bonnot, et que l'un d'eux ne se fut pas nommé de La Mennais et l'autre de La Chênaie. Nous n'avons qu'une, objection à faire i c'est que tant que M. Félicité Robert a rêvé la prélature, le nom de La Mennais était plus .convenable que le véritable ; mais depuis que le prélat s'est évanoui pour faire place à un chef de démagogues, M. Félicité Robert eût dû renoncer à un nom aristi)cratiqoe , et arriver à la chambre des représen^ tants , comme tel autre qui a pris par vanité la profession de portefaix : avec son véritable nom de famille.
Mais ainsi que nous l'avons dit, il ne faut pas apporter plus d'im^ portance qu'on ne le doit à ces ridicules anoblissements , faiblessea qu'on regrette de trouver chez un esprit supérieur, mais enfin, faiblesses ou ridicules, si fréquents depuis la suppression des titres no* biliaires (1). Disons-îe de suite, nous n'avons inséré le nom de M. de La Mennais dans nos « Supercheries liltéra^s dévoilées » bien moins pour un reproche sur un fait futile, i|ue pour donner une liste de ses ouvrages plus complète qu^celle que nous ato# imprimée, en 1830 , dans le tome IV de a la Jrance littéraire >. Sans ce fait, l'occasion nous écj^appait.
Si, en philosophie, M. de La Mennais n'a pas, à proprement parler, fondé une école , il est du moins avec le comte de Maistre, le vicomte de Ronald et quelques autres ultramontains , à la tête de ce
cole catholique », école qui a pris pour devise : Dieu et la Liberté I
Voici le jugement que porte sur M. de La Mennais, comme phi» losophe, un homme estimable qui s'est longtemps occupé de matures philosophiques, le baron Massias , dans son « Mouvement des idées dans les quatre derniers siècles^ ou Coups de pinceau historiques » (Strasbourg, 1837, in -8 de ^9 pages) : « Prêtre paradoxal, dissem- « blable à lui-même ; philosophe-théologien , combattant la raison
(i) Voy. rintroducliondes * Supercheries littéraires rfâ'oiVcw », pages lxL\ à Ixxxvj,