II. SCIENCES EN GÉNÉRAL
VIII. Sommaire d'un système des connaissances humaines. Paris (vers 1820), brocb. in-8. (Anon.).
Non annoncé dans la « Bibliographie de la France ». Ce travail ne se trouve reproduit que dans l'édition des Œuviies de l'auteur. Paris, Pagnerre, 1844^ Il vol. in-18, au t. VI, pag. 941360.
ni. RELIGION ET PHILOSOPHIE.
IX. Réflei^ions sur l'état de TÉglise en France pendant le dix-hni^^ tième siècle, et sur sa situation actuelle. Paris, Société typographique, 1808, iii-8 de viij et 151 pages. — Seconde édition. Paris, 18U, in-8.
Ce premier écrit de l'auteur, publié à l'époque du couronnement de Napoléon, et à l'occasion du Concordat, révéla au monde littéraire un talent de premier ordre, et au Catholicisme un puissant soutien de sa cause ei-* pirante. En effet, depuis que la réforme luthérienne a porté un coup mortel à l'autorité des papes, et pour parler avec franchise, à l'édifice tout entier du Christianisme, il serait difficile de citer un homme, parmi les athlètes descendus dans l'arène en faveur des croyances de nos pères, qui fût plus capable d'exercer une grande influeece sur ses contemporains que M. de La Mennais. Mais, tant il est vrai que rien n'est plus nécessaire que de naître ^ propos! ces mêmes efforts de talent, cette monte ardeur d& sdte, et cet éclat d'une éloquence par lesquels un tel homme, s'il eût paiu^ au dix-huitième siècle, eût foudroyé l'iîerésie naissante et restauré l'É-
ik LA MENNAIS
gUse, D*oiit guère s^vi de nos jours qu*à le faire taxer d'ambition sans mesure et d*^exagération insensée par ceux-là même qui étaient les plus intéressés à marcher dans la Mgne qu*il a suivie. Ce double reproche, également injuste, devait pourtant lui être adressé, car il faut bien qu*une multitude, qui ne croit plus à la foi par la raison qu'elle en est privée , trouve dans des passions purement humaines les motifs de toute direction énergique de doctrine et de conduite.
La première édition est anonyme : elle fut saisie et supprimée par la police impériale. La seconde, avec le nom de l'auteur, est de 1814.
Selon Tabbé Manet (Biographie des Malouins célèbres, p. 245), M. Jean- Marie de La Menn^is, le frère de celui-ci, aurait eu quelque part à ce^ ouvrage.
— Les mêmes. (IIP édit.). Suivies de « Mélanges religieux et philosophiques » (et de « Pensées diverses »). Paris, Tournachon^ Molin et Seguin, 1819;, in-8 de 575 pages, 6 fr.
Ce volume, ainsi composé, estrconsidéré cpmme le premier recueil ôfis • Mélanges > de Tauteur.
On a misà.des exemplaires de 1819 des titres de quatrième édition, lesquels portent pour adresse : Lesage et Méquignon-Havard, et la date de
A la tête de l'édition de 1819 de ces Réflejcions,on trouve la courte Préface suivante :
« Les Réflexions sur Vétat de VÉffVse, publiées en 1800, furent aussitôt saisies par la police de Buonaparte. On y a rien ajouté. Il y a trop à dire sur ce qui s'est passé depuis cette époque, et sur ce qui se passe encore aujoi;ird'hui relativement à l'Église de France >.
« Le reste du recueil que l'on offre au public, se compose d'articles qui ont paru dans les journaux, et de quelques petits écrits du même genre , que la censure, du temps de sa splendeur, ne permit pas d'y insérer. On y a joint, sous le titre de Pensées diverses , de courtes réflexions sur différents sujets de religion et de philosophie *.
«Dans une note de la 2' édition du « Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes » de A.-A. Barbier, et sous le no 15,914, on lit ce qui suit à l'occasion de ladite préface :
Dans la très courte Préface placée en tète de l'édition del821 (lisez 1819), l'auteur déclare n'avoir rien ajouté à ses Réflexions sur Vétat de VÈglise, H devait plutôt dire qu'il en a au moins retranché une page entiène. Voy. la page 95 de l'édition de 1808 et la page 91 de l'édition de 1821 (1819). La page retranchée est un éloge pompeux de Nai>oléon > .
D'un autre côté, un écrivain religieux, M. A.-M. Madrolle, pages 47-48 de son Histoire secrète du parti et de l'apostasie de M. de La Mennais... (Paris, 1834, in-8), dit que M. de La Mennais a successivement élevé et rabaissé les hommes illustres et les points fondamentaux de l'Histoire et de la Philosophie. « Bonaparte est le seul dont il ait fait, en 1808, la plus haute apologie , et qu'il persiste à exballer encore. Il fut saint Louis au fojçt de sa puissance; et c'est encore saint Louis après sa mort ». Nais.
LA MEPTNÀiS 15
l'écrivain cité, agoute aussitôt en note i « cependant, je trouve qu*il l'appelle (Bonaparte) Moloch, à la page 358 de ses (premiers) « Mélanges >.
Nous avons été curieux de connaître Téloge pompeux qu'en 1808 M. de La Mennais faisait de Napoléon, au moment de son couronnement. Nous avons recueilli les deux éditions citées par A.-A. Barbier des Réftexiinu sur Vitat de VÈglise, et, \k notre grand étonnement, aux pages 95 de celle de 1808, et 91 de celle de 1819, nous n'avons trouvé ni aucune page supprimée, ni éloge d'aucun genre de Napoléon qui n'y est même pas nommé. Et voilà comment on écrit l'histoire !
Dans son écrit intitulé « Du Droit du gouvernement sur l'éducation >, publié en 1817, et réimprimé dans le premier volume de ses Mélanges religieux et philosophiques, M. de La Mennais dit, en parlant de Napoléon : « Il est inouï à quel point Buonaparte nous a familiarisé avec le désordre, « à quel point il a corrompu la raison, la conscience publique. C'est la « plus grande calamité de son règne, et le plus grand crime de cet homme < si étrangement supérieur dans le crime. Il a appris aux peuples à re- « garder le mal sans frayeur et sans étonnement » l Si aux yeux de M. Madroite ce passage est de l'exaltation, et tant d'autres que nous pourrions citer, quelle physionomie doit donc avoir l'injure ?
Il est pourtant vrai qu'à la fin du court. avertissement de l'édition de 1808 de ces Réflexions l'auteur crut devoir dire : « Je me suis trouvé heu- « reux, en défendant ma foi, d'avoir à établir les principes fondamen^ « taux du gouvernement qu'un grand homme a rendu à la France pour « son bonheur ». La forme ne garantit pas le fonds, puisque l'ouvrage fut saisi.
Voici deux aphorismes tirés de cet ouvrage qui donneront une -idée de l'extrême facilité avec laquelle M. de La Mennais change d'opinions.
• Alors (en 1793) se réalisèrent dans toute leur étendue les principes et « les espérances de la Philosophie. La Société sans culte, sans Dieu, sans « roi, fut libre enfin, c'est-à-dire qu'au nom de la liberté, vingt-cinq mitr « lions d'hommes gémirent dans le phis abject esclavage. Les richesses , « la naissance, les talents, les vertus, devinrent des titres de proscriptioiv « Tout était crime, excepté le crime môme , et pendant deux années la « terreur et la mort se promenèrent en silence d'un bout de la France à « l'autre».
« Il y a dans l'Homme une rectitude d'esprit, une logique naturelle qui « ne lui permet pas de s'écarter à demi de la vérité. H faut qu'il avance « dans là route où il est une fois entré ; et l'erreur n'est si dangereuse que « parce qu'on en tire nécessairement, un peu plus tôt, un peu plus tard , « toutes les conséquences « .
Et l'auteur de ces aphorismes a été depuis, l'auteur des « Paroles d'ua croyant », du « Livre du peuple, etc., etc. », et le principal rédacteur du « Peuple constituant »!
Les écrits imprimés à la suite de l'édition de 1819, et qui co^sliluenV. Ws premiers hUlangcs religieux et philosophiques de l'auteur) sont :
If Infii^POd i^ <)0«lT^» pliilosopU<i«e(i. i9itH t9 O^ftmMonsf mtU promesse d'enseiifper les qm^ea^?^icl<^ 4? i« Dâ- ^arfttiQi» 4e, 1689. 4819;
4^ âwr «se 4fi«i»ii(>e faite «nx évoquer iMf le ipûiisti^)*e 4e Vmt^ej^f.
4<t Sttr lu^ QHivrage InUtuIé i De U iK>«\elle Église 4e France, 1^46;
^<» Ciwgé (du), I3i^;
70 Sur un ouvrage intitula : HéfleiioQç aur qu^lqiM^s i;^vMi93 de; nqUe 1^^ gi^S^IÂQA cl¥lle*M> pao* Amto. Rendu. 4814]
8P Su» im Quvr?^ intfilttlé : prift<;ipes siftr )8^ ^i^wçtjipn dn cwtrM Ç* du sacremeni de mariage... 1816 ; a^ Sut l*ObseryatlQB du dimanche. 1816 ;
104 Observations sur un mémoire pour le sjem laQqiies ?9^\ Romai^. iâia;
IIP Sui| la préteatioii de rautorité civile de fosQer le olergi^ 4 Qp^çourir à KinhumatloD... 1819; là* Missions (de^. 1819 ; 130 Sociétés bibliques (de^). 1819; 14* Héponse à une Lettre contre l'artkele précédent. 1B19^; i5">Siir les Vies des>ustes, par M. Ifabbé Garron. 1819; 164 Université impériale (de T). 18é4; 17° Éducation du peuple (de V), 1818 ;
18? Sur les a^ttaques dirigées cpauie les: frères des écQles cliréttiepDesi. 1818 ; Ido Droit (du) du Gouvernement sur rÉdueaUoB> 1817 % âOo Éducation (de V) considérée dans ses rapports avec la liberté 1818; ^0 Sur l;a Manifestation de Vesprit de vérité. 1,819 ; 2â<^ Sur un ouvrage intitulé : Réponse ai^x quatre concordats de M. d^ Fradt... 1819;
S50 Sur un ouvrage intitulé : Exposition de la doctrine d<e Leit^njtz ^ur ta Religion..., par M. Emery. 1819; 24« Réunion (de la) des différentes communion^ cbrétiennes. 1819 ; ±^0 Ouvrages ascétiques (des) ; 260 Vérité (de la);
270 Que le Christianisme rapproche THomme de Dieu ; 284 Qu'il ; a une alliance naturelle entre le despotisme et les doctrines matérialistes; 290 Nécessité (de la) d'un culte.
Ces cinq derniers morceaux paraissent avoir été imprimés pour la première fois dans ce volume.
300 Pensées diverses.
C^^ Pensées sqntau npmbre d^ cent. Nous en extrayons la quatre-vingtdouzième pour que l'on puisse juger quelle énorme dislance il y a entre le M. de La Mennais de 1819 et celui d'après 1831.
• Quel changement dans le monde, si l'Homme n'avait pas besoin d'ali-
U M£NNAIS 17
« moMs pour subsiater l Gâtte nasse éDoroie de Biouvenieni et de travaux « qui ont la vie pour objet, tournant au profit des passions, nulle société , « aul ofdre ne serait possible. Olea la peine, la misère , la faim , la soif, « les durs labeurs Je ne vois que des crimes sur la terre ».
X* Avec M. Tabbé L-M. de la Mennais, son frère : Tradiliou de l'Église sur riostitution des évoques. Par M. l'abbé V**. Paris, Adr. Leclère, 1814, 3 vol. iii-8, 18 fr.
Cet ouvrage est plus de Tabbé J-M'. de La Mennals que celui de M. F, de La MeunaiSi aussi n*a*t-il point été réimprimé parmi les œuvres de ce dernier.
XI. InflueQce des doctrines philosophiques sur la Société. (1815).
Réimpr. dans le premier recueil des Mélanges religieux et pliilosophiques de l*auteu,r, 1319, pages 147 à 188.
XII. Essai sur findifférence en matière de religion. Paris, Tournacbon-MoUn et Seguin; Lesage, 1817-1823, U vol. in-8, 28 fr. •^ Déféo^e de TËssai sur Tindifférefitee, etc. Paris, Méquignon ûb aîné, 1821; ou Paris, BeUn>-]\landar et Devaux, 1827» et 1829, iB-8,6fr,
— Les mêmes (l'Essai et sa Défense). Paris, Delin-Mandar et Devaux, 1827, 5 vol ia-n, 18 fr.
Le 1. 1^ dA « l'Essai » a eu une huitièfiae édition en 1835. (Les trois pre« mières sootawki^mes.) Lo t. H, publié pour lia première fois en tSSXK, a obtenu UM» cinquième édition en 18^5.
Chacun de ces quatre volumes a été Telnet d'ua nombre, plvs ou moins, grand, de.réfuitatlons et de critiques. (Voy. le chapitre des RéfuLaleurs , etc.).
Autres éditions .*
IX« édit. Paris, Daubrée et Cailleuz, 1835, 4 vol. in-8.
(X« édit.), Paris, Pagnerre, 1845-U, 4 vol. in-18, 14 fr.
— Ensayo sobre la indiferencia en maleria de religion..., tradit^
cidode la cuarta edicion francesa |>or Fr.'Josc-Maria Faso de la
Vega, revista, cotedaja, y continuada sobre la ociava edicion por
don J. M. Paris, Rosa, 1835, 6 vol. — Defensa del Ensayo sobre
U indUei;eacia en materia de religion, trad. por don J. M, Con una
Biografia de loa filosofos menclonadas en esta Defensa. Paris , el
mismo, 1835, 1 vol. En tout 7 voL in-12.
Le livre qui a fondé la réputation de M. de La Mcnnais d'une maniêro durable, le fameux « Essai sur Tifidiffèrence en matière de religion » contient le développement de toutes ses opinions ; et c'est là qu'il faudrait en puiser l'exposé : le premier volume de cet ouvrage parut en 1817, et pro-
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duisit une sensaiion universelle. C'esl qu'efTectivement le premier votome iiurtoul est une production sublime que Bossuet n*eût pas désavouée ; malheureusement dans les volumes suivants l'auteur a voulu établir des principes peu en harmonie avec les idées presque généralement reçues.
Cet ouvrage prend la controverse chrétienne au point où Tavaient laissée
les apologistes du .dernier siècle. Il la représente sous un jour nouveau
r et brillant ; et par Texposition d'une doctrine sur la certitude, devenue
^ célèbre, il essaye d'arriver à une démonstration radicale du Christianisme.
La pensée dominante de ce livre a pour objet la constatation d'un fait assez clairement indiqué par le titre, et que M. de La Mennais a lui-même exprimé quelque part avec une concision singulièrement énergique, lorsqu'il a dit : la société n'est plus qu'un doute immense.
Le but secondaire de l'auteur a été la proscription de ce doute et la restauration des croyances dans lesquelles, selon lui, réside uniquement le principe de vie des sociétés humaines.
« La société est athée, a dit M. La Mennais ; l'agrégat politique des peuples de l'Europe moderne n'est plus qu'un cadavre^ rendons-lui la vie ». Or, comment rendre la foi? M. de La Mennais veut y parvenir en ramenant les esprits au principe de l'autorité en matière de croyance, en rétablissant dans toute son inflexibilité la rigueur du dogme, en un mot en exigeant que cette raison individuelle de l'Homme, aujourd'hui d'autant plus rebelle qu'elle est justement fière des conquêtes d'une culture intellectuelle très avancée, s'abdique elle-même et se rejeite humblement dans le sein de l'unité catholique comme dans un port assuré. « Les sens, dit-il, « le sentiment et le raisonnement, pris à part ou réunis, ne sont nulle- « ment infaillibles; ainsi, l'homme isolé ne saurait être certain de rien ». Toute dissidence avec le chef visible de l'Église catholique, le représentant, le vicaire de Jésus-Christ, le Pape, en un mot, est un schisme coupable ; toute résistance à son infaillible décisioa est une rébellion impie. Dès lors la tolérance accordée à tous les cultes par notre loi politique constitutive, est une complicité d'hérésie; dès lors encore l!ÉgIise gallicane est tout aussi bien schismatique et hérétique que l'ont été celles de Calvin et de Luther.
Nous avons dit que ce livre produisit à son apparition une sensation universelle. La méritait-il?
Non, si l'on doit s'en rapporter au jugement qu'un écrivain catholique a émis après un sévère examen du livre de M. de La Mennais.
M. Madrolle, dans son « Histoire secrète du parti et de l'apostasie de M. de La Mennais... » (Paris, 1831, in-8, pages 46-48) nous apprend que, « en somme, « l'Essai sur l'indifférence en matière de religion », considéré « comme œuvre littéraire seulement (car nous ne la considérons pas en- « core comme œuvre théologique), n'est autre chose qu'un « Traité de la « vérité delà religion », renversé ».
« Qu'est-ce qu'un « Essai sur l'indifférence » avait demandé M. Madrolle, à la page précédente (pag. 45), lorsque jamais on n'avait plus senti le besoin d'qn traité, d'une démonstration catholique, et lorsqu'au lieu d'indiffé-
rence, on ne trouvé partout que violence en matière de religion (i)? Au Heu d'établir d*abord un système, qui réfute la philosophie implicitement, chassant pêle-mêle les philosophes devant lui, à mesure qu'ils se présentent, il commence par les réfuter littéralement. Il devait les dominer, 11 se laisse au contraire dominer par eux. J.-J. Rousseau est devenu de cette façon, le maître du premier volume de « l'Essai > L'auteur était si loin de connaître son sujet avant de le traiter, qu'il pensait d'abord à le renfermer en deux volumeà (2) ; et voilà qu'il se trouve forcé d'en publier un troisième, et puis un quatrième et un cinquième, etc., etc.; la Philosophie, en elle-même si simple, s'étend sous sa plume, et se complique sous son intelligence. — Gomme il voit partout son si^et, il ne le trouve nulle part. »
« Tout ce quMl y a de vrai dans « l'Essai sur l'indlfTérence en matière de religibn », avait été mille fols dit avant M. de La Mennais et mieux que par lui, même par ses contemporains. Ses meilleures pensées sont prises, quelquefois copiées et décolorées, de M. de Haistre, de H. de Bonald , et même de M. de Chateaubriand (5). 11 n'est pas. Jusqu'à, son titre « d'Indifférence en matière de religion », qu'il n'ait emprunté, et encore à des protestants (4) ».
« Le désordre de l'esprit, étant plus qu'on ne le pense une erreur, appelle l'Ignorance et l'erreur avec lui. Quand je parle d'ignorance, c'est de la savante que je veux dire; et celle-là, est peut-être ta plus universelle et la plus funeste. M. de La Mennais a plus étudié les langues que THistoIre , plus la Philosophie que la Théologie (5), plus les livres et même les hommes profanes, que les hommes et les livres saints ».
De là une stérile manie de citer un long texte anglais, allemand et même grec, plutôt qu'un latin ou un français ; de copier de nombreuses pages de Rousseau et de Pascal (6); de là des méprises sur les faits et sur le sens des auteurs par lui cités (7).
(i) Cette observation a été faite par M. de Alonllosier lui-même, dans sa Dénonciation fameuse, pag. g5.
{'2) Voyez l'Avertissement du premier volume.
(3) Il a prisa ce dernier le ch'ipiire X de son premier volume sur Vlmpar^ tance d$ la Religion par rapport à la Société^ etc. ; et il existe d'assez bonnes preuves que le premier volume loul entier, en ce qu'il a ilc bon, est auiaut de M. Teissère, trop têt ravi aux Sulpiciens, que de lui.
(â) Voyez le « Traité contre rindifférence des religions », de PIctct, i6ia; fil « l'Indifférence Inexcusable en fait derel-gion », de i'évCque anglais Squire,
(5) La « Tradition de l'Église sur l'institution des évéques *, i8i4, 3 vol. ln-8, est presque tout entière de son frère.
(6) Dans le premier volume, il cite juscju'à dix pages consécutives des • Pen» secs de Pascal », qui sont pourtant assez communes, ou du moins assez cou-» nues.
il) A cet égard, il a ôlé relève en parlic par M. l'abbé Flottes dans diverses
20 U MBNNAIS
« De là l'histoire de ses contradicUens, ou. si l'on veut, de ses variaiions sur les hommes et les points fondamentaux de l'Histoire et de la Philosophie. Il a successivement élevé et rabaissé, par exemple, Bossuet et Louis XIV (1), M. de Bonald, M. Frayssinous (2), les jésuites et les jaasépistes (3), et^ comme nous le verrons, les déclarations gallicanes, l'indépendance cle rËglise et ses concordats ».
« De là enfin, pour tout dire dans une observation unique, ses détractations successives de la philosophie libérale et de la philosophie religieuse, de la révolte et de l'obéissance , du système individuel et du système d'autorité, et, pour parler comme son école dernière, de la liberté et de pieu ».
« Voulez-vous apprécier la logique de l'écrivain dans la conception même de son grand ouvrage ? Vous la verrez plus vicieuse encore. Il divisa, ainsi qu'on sait ; les indifférents qu'il veut attaquer en trois classes : les indifférents (voyez la seule table des chapitres), qui ne croient la religion nécessaire que pour le peuple ; les indifférents, qui ne reconnaissent de religion incontestablement vraie que la religion naturelle oîi ils sont nés ; et enfin les indifférents, qui admettent une religion révélée, de manière néanmoins qu'il soit perinis d'en rejeter certaines vérités. Et cependant ces trois hypothèses , qui sont les trois fondements de l'ouvrage, sont trois chimères : car !<» nul homme n'a jamais dit sérieusement que la religion était nécessaire, au peuple seulement, sans la regarder comme nécessaire à lui-même ; t* oui homme n'a jamais regardé comme
brochurcBu Les derniers efforts de Térudition de rëcrivain ne sont pas plus baureux que les premiers. Il cite à l'appui de son système de la souveraineté du peuple, dans sa Réponse au P. Ventura, des textes courts ou isolés, de saint Thomas, de Suarès, de Liguori, de Fénelon, et même de Bossuet, qui ne disent pas même ce qu*ll leur fait dire, et qui, les deux derniers, ont foudroyé, ex professa^ son système tout entier, dans leurs écrits recueillis par le célèbre Emery, sous le titre de « Principes de Bossuet et de Fénelon sur la souverai- |ieté ».
(i) « On fut redevable à deux prélats illustres, à deux grands hommes, Bossuet et Fénelon, de l'intervalle de calme qui se prolongea jusqu'à la mort de Louis XIV ». {Réflexions sur Vétat de l'Église^ 1819, pag. i5, et encore pag.
(2) Il avait appelé M. de Bonald, qu'il a depuis ravalé si fort, • le plus profond philosophe que la France ait eu depuis Malebranche ». Il a écrit de M» Frayssinous dans le « Conservateur », qu'il rendait la vérité vivante, et il le compare à Luther dans des brochures.
(3) « L'ordre tout entier des jésuites, dit-il dans un de ses ouvrages, ne fut qu'un grand dévouement à l'Humanité et à la Religion. Qui pourrait compter tous leurs bienfaits? Qui les a remplacés dans nos chaires? Qui les remplacera dans nos collèges?.... El plus de douze pages employées à développer cet éloge! n — El ensuite : « Le jansénisme, enfant honteux de la Réforme, en y^in désavoue sa mère, etc. »
LA MENNAlS H
/ incontestablement vraie une religion,* par cela seul qu'il y est né; 3« et enfin nul homme non plus ne fut jamais assez contradictoire, d'une part, pour admettre une religion révélée, et de Tautre pour rayer une partie de ce qu'elle enseigne. A la seule vue du plan de • l'Essai surrindifféreDoe «, il faut dire que l'écrivain n*eniendait rien à son sujet : il n'a pas même fait un eMai. Il voulait élever un monument ; et il n'a pas su poser la première pierre! Il a fait comme je ne sais quel philosophe indien , qui supposait le monde sur une tortue, et la tortue sur le vide (1) ».
Nous placerons ici un quatrième aphorisme (voy. les n<>« II et IX)» oublié depuis par M. de La Mennais, tiré du livre en question, pour établir que les opinions de l'auteur des « Paroles d'un croyant » et du rédacteur du ■ Peuple constituant » n'ont pas été constamment celles d'un vrai sage. *
« Les peuples ont aussi leur volonté , leur intérêt, leur orgueil plus ter- « rlble que celui d'aucun tyran. De là, une haine secrète contre le pou- « voir qui les gène et les humilie, haine qui 6*étend du pouvoir à toiis les « agents du pouvoir, k toutes le^ înstiiuUona, à toQies les lois, à touiea les « distinctions sociales; Qt si on leur laisse un moment sentir leur force, « ils en abuseront pour tout détruire, et courront à l'anarchie en croyant « marcher à la liberté ».
Xin. Vérité (de la).
Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques > de l'auteur, 1819, aux pages 519-26.
XIV. Que le Christianisme rapproclie rHommc de Dieu, et que la Philosophie ren sépare.
Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosO' phiques » deTautear, 1819, aux pages 527-29.
XV. Qu'il y a upe alliance naturelle entre le despotisme et les doctrines matérialistes.
Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 1819, aux pages 530-52.
XVI. Mélanges religieux et philosophiques. (Premier recueil.) 1819. Vov. le n° IX.
XVIJ. Pençées diverses. 1819.
ImpHmées dans le premier recueil des < Mélanges religieux etphiloso* phiques » de Tatiteur, 1819, aux pages 558-75, et eneore dans les « Nonveaux (seconds) Mélanges », 1826.
(i) Nous avons dit préeédemment que vingt propositions des t. III et IV de « l'Essai » ont été censurés par les supérieurs de M« de La Menna4s.
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