‹ Notice bibliographique des ouvrages de M. de La MennaisChapitre 4 sur 61 · III. RELIGION ET PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

III. RELIGION ET PHILOSOPHIE

IX. Réflexions sur l'état de l'Église en France pendant le dix-huitième siècle, et sur sa situation actuelle. Paris, Société typographique, 1808, iu-8 de viij et 151 pages. — Seconde édition. Paris, ISl/i, in-8.

Ce premier écrit de l'auteur, publié à l'époque du couronuemcnl de Napoléon, et à l'occasion du Concordat, révéla au monde littéraire un talent de premier, ordre, et au Catholicisme un puissant soutien de sa cause expirante. En effet, depuis que la réforme luthérienne a porté un coup mortel à l'autorité des papes, et pour parler avec franchise, à l'édifice tout entier du Christianisme, il serait difficile de citer un homme, parmi les athlètes descendus dans l'arène en faveur des croyances de nos pères, qui fut plus capable d'exercer une grande influence sur ses contemporains que M. de La Mennais. Mais, tant il est vrai que rien n'est plus nécessaire que de naître à propos! ces mêmes efforts de talent, cette même ardeur de zèle, et cet éclat d'une éloquence par lesquels un tel homme, s'il eût paru au dix-huitième siècle, éûl foudrové l'hérésie naissante et restauré l'É-

Il LA MElNNAIS

glise, n'uni guère servi de d<m jour* qui le faire un i d'ambition meeore et d'exagération insensée pai ceux-là même qui étaient les pt a hatéressés a marcbei dans la Hgne qu'il i suivie. Ce double reproche, • Lement injuste, devail pourtant lui ôire ad r il faut bien qu'an*

multitude, qui ",- croil plus .1 la fol par ai raison qu'elle en est pri?< trouve dans dut passions parement humaines les motif* de toute direction énergique de doctrine et de conduite.

La première édition esl anonyme : elle fui saisie ei supprimée pur la ^.■lii e impériale. La seconde, avec le nom de l*uut< nr, est de i*i i-

Selon l'abbé Main l biographie des Malouiiis célèbres, p. 945), M- Jcan- Harie de Lu Hennais, le fi lui-ci, aurait eu quelque part à cet

ouvrage

— Les mêmes. (IIIe édit.). Suivies de « .Mêlants religieux et philosophiques » (et de « Pensées diverses •), Paris, Tournachon- Motin et Seguin, 1819, in 8 de 57.") pages, 6 fr.

Ce volume, ainsi composé, est considéré comme le premier recueil des « Mélanges » de l'auteur.

On a mis a des exemplaires de 1819 des litres de quatrième édition, lesquels portent pour adresse : Lesage et Méqnignon-H avait), et la dati

A la tôte de L'édition de 1819 de ces Réflexions, on trouve la courte l'pface suivante :

« Les R< flexions sur Tétai de V Église, publiées en 18001, furent aussitôt saisies par la police de Buonaparte. On y a rien ajouté. Il y a trop a dire sur ce qui s'est passé depuis cette époque, et sur ce qui se passe encore aujourd'hui relativement à l'Église 'le France ».

« Le reste du recueil que r<m offre au public, se compose d'articles qui ont paru dans les journaux, et de quelques petits < < rits du même genre , que la censure, du temps de sa splendeur, ne permit pas d'y insérer. On y a joint, sous le litre de Pensées diverses, de courtes n flexions sur «lil- 1. rente sujets de religion et «le philosophie •.

-Dansune note de la ^ édition du • Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes . de A. -A. Barbier, et sous le n" 18,914, on lit ce qui suit à l'occasion de ladite préface :

Dans la très courte Préface placée eu lête de l'édition de 1881 Lises 1 81 9 , l'auteur déclare n'avoir rien ajoute a ont sur l 'état de l 'Église. \\

devait plutôt dire qu'il en a au moins retranché KM paqe rntierr. Voy. lu

page 93 de l'édition de 1808 et la page 84 de l'édition de isji (isio). La

page retrancha -1 on éloge pompeux de Napoléon ».

D'un autre côté, un écrivain religieux, M. A. -M. Madrolle. pages i~-M> de son Histoire secri-te du parti et de l'apot>a&ie de M. de La Hennais... (Paris, 1834, in-8), dit que M. de La Mennais a successtaemenl 1 levé et ra baisse le-* hommes illustres et les points fondamentaux de l'Histoire et de in Philosophie. - Bonaparte esl le seul dont il ait fait, eu 1808, la plus haute apologie, ei qu'il persiste a exbailci encore. Il fui saint Louis au aoce ci c'esl encon sainl 1 ouis apiè< sa mort ••

l'écrivain cilé, ajoute aussitôt en note : « cependant, je trouve qu'il l'appelle (Bonaparte) Moloch, à la page 358 de ses (premiers) « Mélanges ».

Nous avons été curieux de connaître l'éloge pompeux qu'en 1808 M. de La Mennais faisait de Napoléon, au moment de son couronnement. Nous avons recueilli les deux éditions citées par A.-A. Barbier des Réflexions sur l'état de l'Église, et , à notre grand étonnement , aux pages 95 de celle de 1808, et 91 de celle de 1819, nous n'avons trouvé ni aucune page supprimée, ni éloge d'aucun genre de Napoléon qui n'y est même pas nommé. Et voilà comment on écrit l'histoire!

Dans son écrit intitulé « Du Droit du gouvernement sur l'éducation •, publié en 1817, et réimprimé dans le premier volume de ses Mélanges religieux et philosophiques, M. de La Mennais dit, en parlant de Napoléon . « Il est inouï à quel point Buonaparte nous a familiarisé avec le désordre, « à quel point il a corrompu la raison, la conscience publique. C'est la « plus grande calamité de son règne, et le plus grand crime de cet homme « si étrangement supérieur dans le crime. Il a appris aux peuples à re- « garder le mal sans frayeur et sans étonnement » ! Si aux yeux de M. Madrolle ce passage est de l'exaltation, et tant d'autres que nous pourrions citer, quelle physionomie doit donc avoir l'injure?

Il est pourtant vrai qu'à la fin du court avertissement de l'édition de 1808 de ces Réflexions l'auteur crut devoir dire : « Je me suis trouvé heu- « reux, en défendant ma foi, d'avoir à établir les principes fondamen- « taux du gouvernement qu'rm grand homme a rendu à la France pour « son bonheur ». La forme ne garantit pas le fonds, puisque l'ouvrage fut saisi.

Voici deux aphorismes tirés de cet ouvrage qui donneront une idée de l'extrême facilité avec laquelle M. de La Mennais change d'opinions.

• Alors (en 1793) se réalisèrent dans toute leur étendue les principes et « les espérances de la Philosophie. La Société sans culte, sans Dieu, sans « roi, fut libre eufin, c'est-à-dire qu'au nom de la liberté, vingt-cinq mil- « lions d'hommes gémirent dans le plus abject esclavage. Les richesses, « la naissance, les talents, les vertus, devinrent des titres de proscription. « Tout était crime, excepté le crime même, et pendant deux années la « terreur et la mort se promenèrent en silence d'un bout de la France à « l'autre».

« Il y a dans l'Homme une rectitude d'esprit, une logique naturelle qui « ne lui permet pas de s'écarter à demi de la vérité. Il faut qu'il avance « dans la route où il est une fois entré; et l'erreur n'est si dangereuse que « parce qu'on en lire nécessairement, un peu plus tôt, un peu plus tard , « toutes les conséquences ».

Et l'auteur de ces aphorismes a été depuis, l'auteur des « Paroles d'un croyant », du « Livre du peuple, etc., etc. », et le principal rédacteur du

Peuple constituant »!

Les écrits imprimés a la suite de l'édition «le 1819, et qui constituent, les premiers Mélanges religieux ci philosophiques de l'auteur, sont :

16 I \ Ml V\\|s

1" Inlluence des doctrines pbiletOUOiaBBea isr.,

2° Observations sur lu promesse d'enseignei les quatn irin les de i.i EK clarationde 168-2. îsis ,

5° Sur une demande laite aux flTftqnti par Ifl mini-tere te l'ini.-i h Ml 1819;

4» Sur un ouvrage intitulé : Dp la nouvelle l -lise d« France. IRM

5° Dotation du clergé. 181 i ;

6° Clergé (du). 1810',

7° Sur un ouvrage Intitulé : Réflexions MU qilolqKM parties «Je notre législation « tarife..., par Amhr. Rendu. 1814;

8° Sur un ouvrage i 1 1 1 i 1 1 1 1 **■ : Principes sur la distinction <in contrai el

du sacrement de mariage... 181 ti ; 9° Sur l'Observation du dimanche. 1618 ;

10° Observations sur un mémoire pour le sieur Jacques Paul Roman. 1818;

il0 Sur la prétention de l'autorité civile de forcer le clergé I concourir 1 l'inhumation... 1819;

12° Missions (des). 1819;

13° Sociétés bibliques (des). I8M ;

14° Réponse à une Lettre contre l'article précédent. 1848

15° Sur les Vies des justes, par M. l'abbé Carron. 1819

16» Université impériale (de P). 1814;

17" Éducation du peuple (de 1'). 1848;

18° Sur les attaques dirigées contre les fri ■ oies chrétfenm -

19<> Droit (du) du Gouvernement sur l'Lducation. 1817 ;

20° Éducation (de 1') considérée dans ses rapports avec la liberté. 1818;

21° Sur la Manifestation de l'esprit «le vérité, isio ;

22" Sur un ouvrage intitule : Réponse aux quatre concordats de M. di Pradt... 1819;

23" Sur un ouvrage Intitulé : Exposition de la doctrine de LefbniU sm la Religion ... par M. Breery. 1819;

24° Réunion (de la) des dilïérenles communions chrétiennes. 1819;

2> Ouvrages ascétiques (des) ;

26» Vérité (de la) ;

27» Que le Christianisme rapproche l'Homme de Dieu ;

28° Qu'il y a une alliance naturelle entre le despotisme Bt les doctrines matérialistes;

29° Nécessité (de la) d'un culte.

Ces cinq dei niera aaerceaui paraissent avoir été imn mus pour la pr<

mière fois dans ce volume.

30° Pensées div< :

Ces Pensées sont au nombre de cent. Nous en extrayons la quatre-vingtdouzième pour que l'on puisse juger quelle énorme di-i. nue il y a entre l< M. de La Mcnnais de 1819 el celui d'après :

« Quel changement dans le monde, si l Homme a a\uii pas besoin d ail

« ment s pour subsister ! Cette masse énorme de mouvement et de travaux « qui ont la vie pour objet, tournant au profit des passions, nulle société , « nul ordre ne serait possible. Olez la peine, la misère, la faim, la soif, « les durs labeurs, je ne vois que des crimes sur la terre ».

X. Avec M. l'abbé J.-M. de La Mennais, son frère : Tradition de l'Église sur l'institution des évêques. Far M. l'abbé L**\ Paris, Adr. Leclère, 18U, 3 vol. in-8, 18 fr.

Cet ouvrage est plus de l'abbé J-M. de La Mennais que celui de M. F. de La Mennais, aussi n'a-t-il point été réimprimé parmi les œuvres de ce dernier.

XI. Influence des doctrines philosophiques sur la Société. (1815).

Réimpr. dans le premier recueil des Mélanges religieux et philosophiques de l'auteur, 1819, pages 147 à 188.

XII. Essai sur l'indifférence en matière de religion. Paris, Tournachon-Molin et Seguin; Lesage, 1817-1823, U vol. in-8, 28 fr. — Défense de l'Essai sur l'indifférence, etc. Paris, Méquignon fils aîné, 1821; ou Paris, Belin-Mandar et Devaux, 1827, et 1829, in-8, 6 fr.

— Les mêmes (l'Essai et sa Défense). Paris, Belin-Mandar et Devaux, 1827, 5 vol. in-12, 18 fr.

Le t. Ier de « l'Essai » a eu une huitième édition en 1825. (Les trois premières sont anonymes.) Le t. II, publié pour la première fois en 1820, a obtenu une cinquième édition en 1823.

Chacun de ces quatre volumes a été l'objet d'un nombre, plus ou moins grand, de réfutations et de critiques. (Voy. le chapitre des Réfulaleurs , etc.).

Autres éditions :

IXe édil. Paris, Daubrée et Cailleux, 183j, 4 vol. in-8.

(Xe édit.). Paris, Pagnerre, 1845-44, 4 vol. in-18, 14 fr.

— Ensayo sobre la indiferencia en materia de religion..., traducido de la cuarta edicion francesa por Fr.- José- Maria Faso de lu Vega, revista , cotedaja, y continuada sobre la octava edicion por don J. M. Paris, Rosa, 1835, 6 vol. — Defensa del Ensayo sobre la indiferencia en materia de religion, trad. por don J. M. Con una Biografia- de los filosofos mencionadas en esta Defensa. Paris, el mismo, 1835, 1 vol. En tout 7 vol. in-12»

Le livre qui a fondé la réputation de M. de La Mennais d'une manière durable, le fameux <• Essai sur l'indifférence en matière de religion » contient le développement de toutes ses opinions ; et c'est là qu'il faudrait en puiser l'exposé : le premier volume de cetouvrsge parut en 1817, et pro-

.luisii dm sensation universelle C'esl qu'effectivement le premiei rotant surtout est une production sublime que Bossaet n'eûi \>.^ désavouée malheureusement dans les volume* suivants l'auteur a roula établii des principes peu en Luurmonle avec les Idées presque généralement reçues.

Cet ouvrage prend la controverse chrétienne au ] •• *i n t ou l'avaient laissée les apologistes du dernier siècle. Il la représente sous un jour Doaveau et brillant; et par l'exposition d'une doctrine sur la certitude, devenue célèbre, il essaye d'arriver à une démonstration radicale du Christianisme.

La pensée dominante de ce livre a pour objet la constatation d'un fait assez clairement indiqué par le titre, et que M. de Ut Mennais a lui-même exprimé quelque part avec une concision singulièrement énergique, lorsqu'il a dit : In société n'est plus qu'un doute immense.

Le but secondaire de l'auteur a été la proscription de ce doute et la restauration des croyances dans lesquelles, selon lui, réside uniquement le principe de vie des sociétés humaines.

« La société est athée, a dit M. La Mennais; l'agrégat politique des peuples de l'Europe moderne n'est plus qu'un cadavre, rendons-lui la vie Or, comment rendre la foi? M. de La Mennais veut y parvenir en ramenant les esprits au principe de l'autorité en matière de croyance, en rétablissant dans toute son inflexibilité la rigueur du dogme, en un mol en exigeant que celte raison individuelle de l'Homme, aujourd'hui d'ant.mi plus rebelle qu'elle est justement fière des conquêtes d'une culture intellectuelle très avancée, s'abdique elle-même et se rejette humblement dans le sein de l'unité catholique comme dans un port assuré. « Les sens, dit-il, « le sentiment et le raisonnement, pris à part ou réunis, ne sont nullc- « ment infaillibles; ainsi, l'homme isolé ne saurait être certain de rien ». Toute dissidence avec le chef visible de l'Église catholique, le représentant, le vicaire de Jésus-Christ, le Pape, en un mot, est un schisme coupable; toute résistance à son Infaillible décision est une rébellion impie. Dès lors la tolérance accordée à tous les cultes par notre loi politique constitutive, est une complicité d'hérésie; dès lors encore l'Église gallicane est tout aussi bien sehismatique et hérétique que l'ont été celles de Calvin et de Luther.

Nous avons dit que 06 livre produisit à son apparition une sensation universelle. La méritait-il '.'

Non, si l'on doit s'en rapporter au jugement qu'un écrivain catholique a émis après un sévère examen du livre de M. de La Mennais.

M. Hadrolle, dans son « Histoire secrète du parti el de l'apostasie de M. de La Mennais... » tl'aiis, l.s",l, in-8, pages 16-48 nous apprend que. « en somme, • l'Essai sur l'indifférence en matière de religion ■ , considéré « comme œuvre littéraire seulement (car nous ne la considérons pat

■ core comme œuvre Ihéologiqoe), n'esl autre chose qu'un - Traite de la

■ \ érilé de la religion », renversé ».

• Qu'est-ce qu'un « Essai sur l'indifférence i avait demandé M. Hadrolle, à la page précédente (pag, r. . lorsque jamais on n'avait plus senti le besoin l'qn traité, d'une démonstration catholique, el lorsqu'au lieu d'indilTé

LA ifÈNNAlS 19

aence, on ne trouve partout que violence en matière de religion (1)? Au lieu d'établir d'abord un système, qui réfute la philosophie implicitement, chassant pôle-mêle les philosophes devant lui, à mesure qu'ils se présentent, il commence par les réfuter littéralement. 11 devait les dominer, il se laisse au contraire dominer par eux. J.-J. Rousseau est devenu de cette façon, le maître du premier volume de « l'Essai ■ L'auteur était si loin de connaître son sujet avant de le traiter, qu'il pensait d'abord à le renfermer en deux volumes (2) ; et voilà qu'il se trouve forcé d'eu publier un troisième, et puis un quatrième et un cinquième, etc., etc.; la Philosophie, en elle-même si simple, s'étend sous sa plume, et se complique sous son intelligence. — Comme il voit partout son sujet, il ne le trouve nulle part. »

« Tout ce qu'il y a de vrai dans « l'Essai sur l'indifférence en matière de religion », avait été mille fois dit avant M. de LaMennais et mieux que par lui, même par ses contemporains. Ses meilleures pensées sont prises, quelquefois copiées et décolorées, de M. de Maislre, de M. de Bonald, et même de M. de Chateaubriand (3). Il n'est pas, jusqu'à, son titre « d'Indifférence en matière de religion », qu'il n'ait emprunté, et encore à des protestants (4) ».

« Le désordre de l'esprit, étant plus qu'on ne le pense une erreur, appelle l'ignorance et l'erreur avec lui. Quand je parle d'ignorance, c'est de la savante que je veux dire; et celle-là, est peut-être la plus universelle et la plus funeste. M. de La Mennais a plus étudié les langues que l'Histoire , plus la Philosophie que la Théologie- (•">), plus les livres et même les hommes profanes, que les hommes et les livres saints ».

De là une stérile manie de citer un long texte anglais, allemand et même grec, plutôt qu'un latin ou un français ; de copier de nombreuses pages de Rousseau et de Pascal (6); de là des méprises sur les faits et sur le sens des auteurs par lui cités (7).

(i) Cette observation a été faite par M. de Monliosier lui-même, dans sa Dénonciation fameuse, pag. 9 3.

(•2) Voyez l'Avertissement du premier volume.

(3) II a prisa ce dernier le chipi rt X de son prrmier volume sur l'Importance de la Religion par rapport à la Société, etc.; et il e\i*ie d'assez nonnes preuves que le premier volume tout entier, en ce qu'il a de bon, est autant de M. Teissère, trop tôt ravi aux Sulpickns, que de lui.

('1) Voyez le « Traité contre l'indifférence des religions », de Picttt, 1612; et « l'Indifférence inexcusable en fait derel gion », de l'évèque anglais Squire, i-48.

(5) La « Tradition de l'Église sur l'institution des é\èques ■, i8ii, 3 vol. in-8, est presque tout entière de son frère.

(6) Dans le premier volume, il cite jusqu'à dix pages consécutives des ■ Pensées de Pascal », qui sont pourtant assez communes, ou du moins assez con- Viues.

(7) A cet égard, il a clé relevé en partie par M. l'abbé Flottes dans diverses

• De i:i l'histoire de soi contradictions, ou, si l'on veut, de lei variation sur les nommes et lea points fondamentaux de l'Histoire el de la Pbilo l'hic. Il ;i successivement élevé et rebaissé, par exemple, Bossuet et Louis xiv (i), m. de Bonald, M. Frayeeinous (2), les jésuites el b-s jansénistes (r.), et, comme nous le verrons, lea déclarations gallicanes, l'indépendance de l'Église et ses concordats ».

« De là enfin, pour tout dire dans me observation unique, ses délracta lions successives de la philosophie libérale el do la philosophie religieuse, de la révolte et de l'obéissance, du système individuel et du système d'autorité, et, pour parler comme son école dernière, de la liberté et de Dieu ».

« Voulez-vous apprécier la logique de l'écrivain dans la conception même de son grand ouvrage? Vous la verrez plus vicieuse encore. Il di vise, ainsi qu'on sait; les indifférents qu'il vent attaquer en trois classes : les indifférents (voyez la seule table des chapitres), qui ne croient la re ligion nécessaire que pour le peuple; les indifférents, qui ne reconnaissent de religion Incontestablement vraie que la religion naturelle où ils sont nés; et enfin les indifférents, qui admettent nne religion révélée, de manière néanmoins qu'il soit permis d'en rejeter certaines vérités. Et cependant ces trois hypothèses, qui sont les trois fondements de l'ouvrage, sont trois chimères : car 1° nul homme n'a jamais dit sérieusement que la religion était nécessaire, au peuple seulement, sans la regarder comme nécessaire à lui-même ; V> nul homme n'a jamais regardé comme

brochures. Les derniers efforts de l'érudition de l'écrivain ne sont pas plus heureux que les premiers. Il cite a l'appui de son système de la souveraineté du peuple, dans sa Réponse au P. Ventura, des textes courts ou isolés de saint Thomas, de Suarès, de Liguori, de Fénclon, et même de Bossuet, qui ne disent pas même ce qu'il leur fait dire, et qui, les doux derniers, ont foudrou, ex professo, son système tout entier, dans leurs écrits recueillis par le célèbre Knicry, sous le titre de « Principes de Bossuet cl de Fénclon sur la someraineté ».

(î) « On fut redevable à deux prélats illustres, a deux grands hommes, Bossuet el Féneloo, de l'intervalle «le calme «pii se prolongea jusqu'à la mort de Louis XIV ». (Réflexions sur Vêlai de l'Église, 1819, pag. i5, el encore pag. 125.)

(■>.) Il avait appelé IL de Bonald, qu'il a depuis ravalé si fort, ■ le plus profond philosophe «pie la France ait eu depuis Malebranche ». Il a écrit de M. FraysBinous dans le « Conservateur •, qu'il rendait la vérité vivante, et il le compare à Luther dans des brochures.

(3) • L'ordre lout entier «les jésuites, dit-il dans un de ses ouvrages, ne fui qu'un grand dévouement à l'Humanité et à la Religion. Qui pourrait compter tous leurs bienfaits? Qui les a remplacés dans nos chaires? Qui les rempl

dans nos collèges? El plus de douze pages employées à développer cel

éloge! " — El ensuite: ■ Le jansénisme, enfani honteux de la Réforme en vain désavoue sa mère, etc. •

incontestablement vraie une religion, par cela seul qu'il y est né; 3U et enfin nul homme non plus ne fui jamais assez contradictoire, d'une part, pour admettre une religion révélée, et de l'autre pour rayer une partie de ce qu'elle enseigne. A la seule vue du plan de « l'Essai sur l'indifférence », il faut dire que l'écrivain n'entendait rien à son sujet : il n'a pas même fait un essai. Il voulait élever un monument ; et il n'a pas su poser la première pierre! Il a fait comme je ne sais quel philosophe indien , qui supposait le monde sur une tortue, et la tortue sur le vide (1) ».

Nous placerons ici un quatrième aphorisme (voy. les n°» II et IX), oublié depuis par M. de La Mennais, tiré du livre en question, pour établir que les opinions de l'auteur des « Paroles d'un croyant • et du rédacteur du ■ Peuple constituant » n'ont pas été constamment celles d'un vrai sage.

« Les peuples ont aussi leur volonté , leur intérêt, leur orgueil plus ter^ • rible que celui d'aucun tyran. De là, une haine secrète contre le pou- « voir qui les gène et les humilie, haine qui s'étend du pouvoir à tous les « agents du pouvoir, à toutes les institutions, à toutes les lois, à toutes les « distinctions sociales; et si on leur laisse un moment sentir leur force, « ils en abuseront pour tout détruire, et courront à l'anarchie en croyant « marcher à la liberté ».

XIIL Vérité (de la).

Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges rel;gieux et philosophiques » de l'auteur, 1819, aux pages 319-26.

XIV. Que le Christianisme rapproche l'Homme de Dieu, et que la Philosophie l'en sépare.

Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 1819, aux pages 527-29.

XV. Qu'il y a une alliance naturelle entre le despotisme et les doctrines matérialistes.

Réimprimé dans le premier recueil des « Mélanges religieux et philosophiques » de l'auteur, 1819, aux pages 530-32.

XVI. Mélanges religieux et philosophiques. 'Premier recueil.) 1819. Voy. le n° IX.

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