Démonstration du Catholicisme... Voy. n
72. Censure (de vingt propositions) des t. III et IV de « l'Essai sur l'indifférence, par les évoques de France. 1835.
Voy. le n°3l.
Défense de V Essai sur ? Indifférence (N° XXlll).
75. Sur un dernier ouvrage de M. l'abbé de La Mennais (le t. II de < l'Essai sur l'Indifférence »); par M. de Bonald.
74. Sur le second volume de « l'Essai sur l'indifférence en matière de Religion ; par M. de Genoude.
73. Lettre de M. de Genoude à M. le directeur du « Défenseur » (sur le deuxième volume de « l'Essai sur l'indifférence»).
76. Quelques Observations respectueuses aux adversaires de M. de La
(î) « M. de La Mennais et son école étaient, en i833, sous le joug de deux jugements ecclésiastiques (l'Encyclique et la Censure). Ils adhérèrent à l'Encyclique, fort bien, c'est-à-dire qu'ils abjurèrent leur politique scandaleuse; mais leur philosophie sceptique, leur théologie erronée restèrent. On y tint plus fortement que jamais; on a dit même que l'adhésion a l'Encyclique était comme un signal, comme un mot d'ordre donnés de proclamer plus hautement que jamais leur système philosophique : témoin l'explosion des ouvrages de MM. Combalot, Gerbet, Nicolas, etc., apologétiques de la raison générale, et tous de la même date que l'Encyclique, et les adhésions qu'on lui accorde. Et l'un d'entre eux n'a-t-il pas osé invoquer ce jugement doctrinal en faveur de ce pyrrhonisme moderne? »
P.-D. Boyer, Examen de la doctrine de M. de La Mennais.
Mennais (au sujet tlu t. II de « l'Essai sur l'indifférence »); par M. /?... (M. l'abbé Rohr bâcher (1)).
77. Nouvelles Observations respectueuses aux adversaires de M. de La Mennais (sur le même volume) ; par M. /.'... (M. l'abbé Rohrbarh.r).
78. Lettre à M. le rédacteur du « Défenseur » (à l'occasion du t. Il de ■ l'Essai sur l'indifférence); par M. B..., professeur de théologie au séminaire de N.
79. Extrait d'une Lettre au même (sur le même volume, : par M. l'abbé F..., prof, de théologie au séminaire de N.
80. Lettre à M. l'abbé de La Mennais (sur le second volume de « l'Essai sur l'indifférence; par M. «... (M. l'abbé Rohrbachcr).
81. Lettre à M. l'éditeur du « Défenseur » (sur le t. II de « l'Essai sur l'indifférence > )• Ornaus, 30 janvier 1821 ; par l'abbé Doney.
82. Lettre à M. l'abbé de La Mennais (sur le t. Il de « l'Essai sur l'indifférence) ; par cl.-ignace Busson, prêtre.
85. Doctrine (de la) philosophique développée dans « l'Essai sur l'indifférence ; par l'abbé de ***.
Ces onze derniers écrits étant des apologies du t. II de « l'Essai sur l'indifférence », M. de La Mennais a cru devoir en grossir la Défense du livre attaqué.
84. Réfutation de la « Défense de l'Essai sur l'indifférence en matière de Religion » , de M. de La Mennais ; par M. Suremain de Missery, ancien officier au corps royal d'artillerie, etc. Dijon, Gaulard-Maiin, et Paris, Deschamps, 1822, in-8 de 64 pages.
85. Rapport sur une « Réfutation de la Défense de M. de La Mennais » ; par M. Jos.-Théoph. Foisset.
86. Réponse au « Rapport de M. Foisset sur une Réfutation de la Défense deM.de La Mennais »; par l'auteur de cette Réfutation, M. Suremain de }[isery. Dijon, de l'impr. de Carion, 1825, in-8 de 36 pag.
87. Rapport lu (à l'Académie de Dijon) par M. de Riambourg, dans la séance du 25 juillet 1S25, sur la Réfutation qu'a faite M. de Missery, du système de M. de La Mennais. Dijon, de l'impr. de Fraulin, 1824, in-8 de 56 pag.
88. M. l'abbé M. de La Mennais, réfuté par M. le comte J. de Maistre, ou Supplément aux Observations critiques sur la « Défense» et sur les t. II
(î) L'ancien bras droit de M. l'abbé de La Mennais, et qui, du sens commun de son maître, a fait un catéchisme dont il a été le principal rédacteur, intitulé « Catéchisme du sens commun ». Paris, 1825, in-i2.(Voy. len°57).
M. l'abbé Rohrbaclier était, en fait d'outrages, celui des disciples de La Mennais qui l'entendait le mieux : c'est lui, ainsi qu'on sait, qui injuriait le plus grossièrement Louis XIV et Rossuet, M. l'archevêque de Paris et M. Frayssinous. Il comparaît Louis XIV à Henri VIII, et Bossuet à Crammer, etc. (Lettres d'un Anglican, etc.)
et IV de « l'Essai » ; par M. l'abbé Floues. Montpellier, Auguste Séguin , 1826, in-8 de 44 pag.
89. Résumé de deux écrits contre la « Défense de l'Essai sur l'indifférence »; par l'abbé Bataille. Paris, N. Picbard, 18-21, in-8 de 44 pages, 1 fr. 25 c.
90. M. l'abbé F. de La Mennais réfuté par les autorités mêmes qu'il invoque , ou Observations sur la Défense de cet illustre écrivain ; par M. l'abbé Flottes, chanoine honoraire, aumôuier et professeur de philosophie au collège royal de Montpellier. Montpellier, Aug. Séguin, 1824, in-8 de 120 pag., 1 fr.
Nouveaux Mélanges (N° XXIV).
91. Réflexions sur le dernier ouvrage de M. l'abbé de La Mennais (ses Mouveaux Mélanges), suivies de Quelques mots sur M. Fiévée; par M. le comte Arthur O'Uahûny. Extrait du « Mémorial catholique x. Paris, au bureau du « Mémorial catholique », 1826, in-8 de 24 pag.
Paroles d'un croyant (1) (AT° XXVI).
92. Vingt jours de secret, ou le Complot d'avril; par M. Armand Marrast, rédacteur en chef de « la Tribune ». Paris, Guillaumin, 1834, in-8 de 76 pages. — IVe édit. Paris, le même, 1854, in-8 de 80 pages, 1 fr. 25 c.
Il est beaucoup question de l'ouvrage de M. de La Mennais dans cet écrit de M. Marrast, dès lors représentant d'une majorité républicaine honorable, parce qu'elle était jeune, généreuse ou de bonne foi. Or, M. Marrast nous apprend que les « Paroles d'un croyant », attachées à une corde, lui arrivèrent, au moment de leurs nouveautés, comme par miracle, vraiment tombé du ciel pour lui , en ajoutant : qu'il a dévoré ce volume et béni le prophète », et que... « jamais depuis Samuel, plus rude coup ne fut porté à la bêle qui fait sa pâture de chair et de sang ». — Et M. Marrast se résume ainsi, après avoir expliqué tous les précédents travaux
(i) A son apparition, ce livre excita l'indignation de loulcs les âmes honnêtes et l'admiration de toute la plèbe sociale. Bien que nous citions de ce dangereux livre un assez grand nombre de critiques, nous sommes loin d'avoir pu découvrir toutes celles qui parurent à cette époque. Beaucoup ont été imprimées dans des recueils périodiques et dans les feuilles quotidiennes, et dès lors elle nous échappent. Pourtant nous rappellerons, d'après M. Madrolle , quelques uns des jugements qui furent portés sur cet ouvrage, « peu considérable par son volume , mais immense par sa perversité » (Encyclique, 7 juillet 1834).
Le mol de M. Michaud sur les « Paroles d'un croyant » : « C'est 93 qui fait ses Pâques »; celui de M. de Chateaubriand : « C'est un club sous un clocher », sont acceptés dans l'ancien parti royaliste. Dans les partis opposés, « le Constitutionnel », l'un des premiers, a présenté très judicieusement les « Paroles
LA MENNA1S 81
de M. de La Mennais: « Cj qu'il n'a pu accomplir par le Pape, il l'essaie malgré le Pape ». — Il faut que l'argent du budget ne souille plus la majesté des autels •. — C'est un foudre lancé contre les foudres du Vatican, etc., etc.
93. Livre (le). Vision! (A l'occasion des « Paroles d'un croyant »)• far Bartkélemy Bouvier , pasteur de l'Église de Genève. Genève , de l'impr. de L.-A. Viguier, 1834, in-8 de 2i pag.
Cet écrit est la reproduction d'un article du « Protestant de Genève » , avec quelques développements que les bornes d'un journal avaient interdits à l'auteur.
En tête de cet opuscule , on trouve ces Quelques mots sur le présent ouvrage :
Un livre a paru, petit pour l'étendue, mais colossal de génie et de renommée. Avec le double instinct du génie et de la méchanceté, l'auteur prévoyait qu'il serait lu d'un bout du monde à l'autre, et il l'a été. Le nombre inouï des réimpressions, des traductions, et surtout des réponses qui l'ont suivi coup sur coup, fait foi de l'enthousiasme comme de l'indignation qu'il a fait naître. Pour moi, en insérant le présent jugement dans le Protestant de cruève (1,3 juin), je n'ai pas eu la prétention de me mesurer avec La Mennais; je n'ai fait que céder au besoin de déposer quelque part mes impressions telles quelles, et voilà sans doute pourquoi cette réponse a été honorée' de plus de faveur que je n'en attendais : dans la candeur de mon exposé je m'étais rencontré avec tout le monde, j'avais exprimé à haute voix ce que chacun s'était dit ; je n'ai pas eu d'autre mérite-
Je reproduis aujourd'hui cette courte analyse, avec quelques développements que les bornes d'un journal m'avaient interdits, et en vue de lui donner plus d'essor. Ce n'est pas que je ne sente qu'entre un La Monnaie et la simple conviction, surtout entre La .Mennais et la droiture, les armes sont inégales, toutes n'étant bonnes à la dernière; mais aussi j'aurai de mon coté la sympathie des cœurs honnêtes, et la force de la vérité :j'eu-
d'un croyant » comme la seconde édition du projet de Munster, qui fit aussi son Évangile et sa Terre de paix, l'an i534, trois cents ans avant les « Paroles d'un croyant », et l'auteur comme le pire des hommes, un mauvais prêtre. « Le Courrier français », la feuille la plus remarquable qu'il y ait eu dans ce moment, par son indépendance et la gra\ité de son genre d'opposition, « le Courrier fronçais • n'a point hésité, dans son article ad hoc, du jour de la Pentecôte, en avouant d'ailleurs l'ancienneté de la formule de l'otnrcge, de présenter sa doctrine, qu'il reconnaît • plus radicale que celle des saints-simonniens », comme « sapant le peu qui reste des croyances dans la Société », et ne constituant rien moins que « des excitations aux exterminations! » — Enfin, un journal dans lequel M. de La Mennais écrit : « La Révolution démocratique et sociale »! du 19 novembre 1848, nous révèle que M. Jules Lcchevalier a dit, en 1837, dans ses « Vues politiques sur les intérêts moraux et matériels de la France... » que les « Paroles d'un croyant » étaient « l'Évangile diabolique de la science sociale ».
tends, de celte vérité commune aux gens de bien de toute secte et de toute opinion, et par laquelle ils se tiennent et se répondent à quelque distance qu'ils soient d'ailleurs; de celte vérité qui se sent, qui a son siège dans le cœur, et non dans les partialités de telle ou telle doctrine.
Puissé-je aller où. ira le livre, et verser quelque goutte d'antidote oii il a versé a plein bord les poisons !
94. Paroles d'un voyant, en réponse aux « Paroles d'un croyant « , de M. de La Mennais ; par J.-Auguste chaho (de Navarre). Paris, Dondey-Dupré, 1834, in-8 de 184 pag., 4 fr. 30 c. — Nouv. édit. Paris, Laisné; madame Goullet; Dondey-Dupré, 1839, in-32.
93. A M. l'abbé de La Mennais., auteur des « Paroles d'un croyant »; par M. J. Huber. (Eu vers.) Paris, Cherbuliez ; Barba, 1834, in-S de 2G pages.
La couverture imprimée porte pour titre : « Lequel de nous est le croyant? » du dernier vers de l'opuscule.
Nous reproduisons cet écrit parmi les Stigmates de l'apostat, poésies qui terminent la Notice bibliograpbique de M. de La Mennais.
96. Contre-paroles d'un croyant; par Elzéar Ortolan. Paris, Gouas; Ledoyen, 1834, in-8 de 108 pages, 2 fr. 30 c.
97. Histoire secrète du parti et de l'apostasie de M. de La Mennais ; où l'on dévoile , par la logique d'un fidèle , la perfidie des « Paroles d'un croyant »; suivie d'une Lettre au clergé sur ses devoirs à l'occasion de la chute d'un de ses membres ; par .4.-1/. Madrolle. Paris, P. Baudouin, imprimeur; Parent-Desbarres, 1854, in-8 de xv et 128 pages, 3 fr.
Le faux-titre et le titre courant portent Logique d'un fidèle.
C'est l'une des critiques les plus acerbes qui aient été publiées contre « les Paroles d'un croyant », mais elle est aussi d'un écrivain religieux qui a lu attentivement non seulement « les Paroles d'un croyant», mais encore les ouvrages que le même auteur a publiés auparavant : il a pu les apprécier tous. C'est donc une sorte d'histoire littéraire de M. de La Mennais A), dans laquelle M. Madrolle s'est attaché à signaler les contradictions flagrantes du fameux abbé.
Quoique peu volumineux, cet écrit est divisé en huit parties ainsi intitulées : I. Dédicace aux électeurs de tous les partis sur la candidature de M. de La Mennais. — IL Avant-propos sur l'importance occasionnelle de la dernière publication de M. de La Mennais, et l'urgence d'en faire justice. — III. Table analytique des < Paroles d'un croyant ». — IV. Exposition de la lettre et de l'esprit de" ces Paroles. — V. Exposition de la philosophie, de la politique, de l'école et du parti Lamcnnaisiens depuis 1817 jusqu'aux « Paroles d'un croyant » exclusivement. — VI. Lettre au clergé de France sur sa dignité et ses devoirs, à l'occasion de la chute de l'abbé La Mennais.— VII. Précédents des deux partis. — Les « Paroles d'un croyant» de 1819, réfutées, comme de Diderot, par l'abbé La Mennais, dans « le
(î) Nous en avons tiré un grand profit pour n^tre travail.
Conservateur •. — VIII, Les « Paroles d'un croyant • de iN~t, et la chute île leur auteur, annoncée*, dèi MM, <lans la « Défense de l'ordre social • (par M. A. -M. Madrolle).
M. ktadrolle a publié, «mi ix~7, i seconde édition de son livre, augmentée d'un chapitre, à l'occasion de la publication des ■ Affaires de Hone . Ce chapitre est intitulé : î.a iteehmte de tabbé de La Mennais.
Cette sci onde édition aorte pour titre : Ln Logique du fidèle -, où l'on présente l'histoire du parti et In réfutation des ouvrages de M. l'abbé de La Mentais.
98. Paroles d'un mécréant. Antithèse sur l'ordre ci le plan de l'œuvre de M. de La Mennais, Avec conclusion! l'ai H. le comte ï.-a.-j. Miionde
s). Paris, DehtU, IS"»l, in-8 de 236 pages. —Seconde édition. P le même, 1834, in-s de 236 pages, s fr.
99. Épltse de Lucifer a l'auteur des • Paroles d'un croyant •• Paris, de l'iinpr. de Decourcbant, 1834, ln-8 de s pages.
L'exiguité de ce piquant opuscule nous engage à le donner ici complet persuadé qu'on le lira *toc plaii
Aux Enfers...
Longtemps je l'ai regardé, La Mennais, comme un de mes plus i niels ennemis, et tu avais mérité par certains écrits ma haine diabolique, i
colonnes de mon empire s'étaii ni ébranlées; les puis&aUCM inlernales
avaient frémi; mes démons, refoulés dans leurs sombres cachou., exhalaient en huilant leur rage et leur fureur ; j'ai \ a le moment où ma cour al lait devenir presque semblable au désert, lorsque ta voû lai-. cil raientii son tonnerre contre l'indifférence; lorsque, doux et humble de «nui comme le Christ qui l'ut ion maître, lu proclamais l'i G an était
l'ait de mon sceptre et de ma eouronne si les peuples l'avaient cru alors, et les portes de mon ténébreux séjour allaient se refermer, crojais-je, pow jamais. La philosophie vaincue fuyait en mgiasant «t s ,mi. 'lirait dam les éternels abîmes ! Mais voilà que tout à coup, changeant déroute, tu .revenu vers moi quand on ii- croyait dans le chemin du ciel. Je t voyé un guide babile, UDëmon des Libertés (i), que lu m prie, conanv d'autres, pour un ange de Dieu, et que tu l'as suivi avec ardeur, entraînant après toi une foule innombrable. Je n'osais espérer une réusaite aneei complète, et les enfers ont retenti de cris de joie à la vue des maux que tu vas attirer sur la race humaine.
Quelques écrivains qui me sont tous dévoués travaillaient depuis i temps a l'émancipation des peuples ; déjà, grâce a leurs écrite, la paix du monde était troublée, la Discorde agitait ses brandons, les trOOf laieiit, les peuples, aveuglés, se ruaient sur les rois, le sang coulait, et des millions de victimes arrivaient chaque jour dans mon empire... Mais leurs efforts n'étaient que des jeux d'enfants, comparés à ton ouvrage : la religion du Christ venait bientôt arrêter le cours de ces dévastations et amener la paix au milieu des hommes. L'union régnait encore parmi les enfants
(i) Qu'il ne faut pas confondre avec une juste et sage liberté.
duGhrisl; ses ministres avaient une seule foi, une seule doctrine ; ils prêchaient l'obéissance, la soumission, le respect aux lois! J'avais cependant déjà snscité châtel et quelques autres comme lui, qui me servaient avec zèle, mais sans talent et surtout sans adresse ; il me manquait dans le sacerdoce un homme d'une imagination ardente, d'un talent supérieur, d'une brillante réputation, capable d'exercer sur l'esprit des autres prêtres du Christ une puissante influence. J'avais frappé à plus d'une porte, et pour toute réponse on me montrait d'une main le Christ, et de l'autre l'autorité de l'Ëglise ; on me disait : « Retire-toi, Satan ! » et je me retirais confus. Enfin, je t'ai trouvé, La Mennais, et tu as entendu ma voix : je t'ai fait journaliste, je t'ai dit de créer « l'Avenir », et tu m'as obéi. C'était un acheminement pour faire de toi un petit prophète... Tes doctrines ont été condamnées : elles devaient l'être parce qu'elles émanaient de moi. Tu as paru te soumettre à la décision du Pontife romain , tout en résistant quelque peu : c'est encore moi qui t'ai dicté cette règle de conduite, parce que l'heure n'était pas venue, parce qu'une résistance opiniâtre eût été maladroite ; il fallait paraître docile pour conserver tes partisans. On a cru à ta bonne foi : c'était un piège dans lequel beaucoup de gens sont tombés; j'en ai souri et tous mes démons aussi, comme bien tu le penses.
La tranquillité commençait à renaître; les passions politiques s'apaisaient; les idées d'une folle indépendance disparaissaient devant le besoin du repos; tout se calmait... A l'œuvre ! t'ai-je dit. Les torches de l'anarchie s'éteignent, il est temps de les secouer de nouveau!... Aussitôt, fidèle à mes inspirations, tu as lancé au milieu du monde tes « Paroles d'un croyant », ouvrage digne de moi, et dans lequel tu t'es surpassé. Foi de Satan, je n'ai rien vu de mieux! Ni les obscénités de Parny , ni les turpitudes de Voltaire, ni les folies de J.-J. Rousseau, ni les absurdités de Dupuy et de Volney ne m'amèneront autant de monde que les « Paroles d'un croyant ». Quel assemblage admirablement monstrueux de charité pour les uns et de haine pour les autres, de désirs de bonheur public et d'appels à la guerre civile, de douceur et d'amère exagération , de sentiments religieux et de parodie de l'Écriture !...
J'admire les ingénieuses pensées pour exciter les peuples à sortir de l'esclavage, à secouer le joug des rois, à lever l'étendard de la révolte, à s'unir pour la conquête de leur liberté. Comme ce républicain d'odieuse mémoire, tu proclamas, mais en termes plus pompeux, que Y insurrection est le plus saint des devoirs! Moi , Lucifer, je n'aurais pas dit autre chose ; tu t'es identifié avec moi ! Plus de sujets, plus de distinction dans les rangs et les fortunes, plus de supériorité, plus d'obéissance, plus de maîtres, plus de serviteurs, plus d'autorité paternelle, plus de tribunaux , parce qu'il n'y aura plus de lois, plus de religion, surtout parce que toute religion suppose quelque supériorité; plus rien enfin... que des frères!!! Quelle confusion! quels troubles ! quel chaos !... Je m'en réjouis d'avance, car voilà où. ton système conduira les hommes! C'était aussi le mien , quand le Dieu que je suis forcé de reconnaître pour mon maître me précipita dans les abimes infernaux ! J'avais, comme loi, voulu l'égalité!..:
J'aime surtout les sept rois foulant aux pieds le Christ, buvant le sang
tiumain dans les crânes humains... Quand Diderot voulait étrangler le dernier des rois avec les entrailles du dernier des prêtres, il n'en faisait pas une aussi belle peinture que loi ! Dans ces temps de désordre et de calamité où le vent de la persécution souillait avec violence, où les têtes roulaient sur les écliafauds, où les représentants d'un peuple libre faisaient couler à grands flots le sang innocent, et se torturaient à inventer des genres de mort plus expéditifs, où tout ce qui pouvait rappeler le Christ et sa doctrine étant banni avec la dernière rigueur, où la calomnie semblait avoir tout inventé, tout dit sur le compte des rois, on n'avait pas encore songé à les représenter buvant le sanrj humain dans des crânes humains. Ce progrès t'était réservé, illustre La Mennais; maintenant lu peux cesser d'écrire... On ne saurait aller plus loin '.:'... .
Tant de zèle pour mes intérêts mérite une récompense, et tu l'obtiendras ; l'or ne saurait te suflire : tu es le loup ravisseur couvert d'une peau de brebis ; la place est réservée près de in<>i ; ta sens mon premier ministre, et cependant tu demeureras l'égal des hommes dont tu auras fait le bonheur! A bientôt, je t'attends : nous nous embrasserons en frères!...
Lucifer.
100. Paroles d'une croyante; par mademoiselle Aimable Leboi. Paris, Gaume frères, 1834, in-8 de 88 pages.
toi. Réfutation de l'Avenir, selon La Mennais et Chateaubriand ; par J.-L .-B. Bonnin. Paris, llavard, l.sr.i, iu-8 de 38 pag.
10-2. Réplique de M. La Mennais. (Par H. ilph.tiollet). Paris, Duvernois; au bur. du Grand-Livre, isr, l, in s de 84 pag.
10". Deux mots sur Ut Réplique de M. l'abbé de La Mennais; par H. F. J***\ Paris, Duvernois, 1834, in-8 de 10 pag.
La nêplique n'est point de M. de La Mennais mais de M. Alph. Viollet.
104. Paroles d'un catholique, ou Défense de l'Ordre social; par l'abbé O. ridai. Paris, Méquignon junior, 185-t, in-8deï2i8 pages, 4 fr.
— Palabras de un catolico (impugnacion de las Palabras de un creyente), o Defensa del orden social, su autor el sr 0. Vidal , traduction libre; por eldr Frey D. Antonio GuiUem if Maton. Perpinan, de la impr. de Alzine, 1833, in-18.
10.",. Deux mots de l'abbé de La Mennais, extraits des « Paroles d'un croyant ». Paris, de l'impr. d'Hcrhan, 1834, in-8 de 4 pag.
Signé : F.-D. Demay, officier destitué, mais non encore assommé ni aux galères, quoique combattant el décoré de juillet.
10G. Réponse d'un chrétien aux « Paroles d'un croyant »; par l'abbé Bautain. Strasbourg, Février, et Paris, Derivaux, 1834, in-8 de 96 pages, 8 fr.
107. Lettres de monseigneur Tharin, ancien évèque de Strasbourg, à II. le comte de S***, sur l'ouvrage de M. l'abbé de La Mennais, intitulé : « Paroles d'un croyant ». Lyon, Rusand, 1834, in-8 de 88 pages.
Dans un petit livre du même prélat, intitulé ■ Méditations religieuses et politiques d'un exilé », 2« édit. (Paris, Oaume frères, 183$), in-18, on
86 LA HENNAIS
trouve un chapitre, le -2t>, intitulé Un Génie tomba, c'est une allusion très saisissante à M. de La Mennais, et fort juste.
« Où vas-tu, génie brûlant, coursier fougueux, tu ne sens plus le frein, tu cours aux abîmes ».
« Tu voulais cire doux et docile, comme l'agneau sous la houlette du berger, et lu rugis comme le lion ; mais ta voix se perdra dans l'Eglise, ainsi que la voix du lion dans le désert ».
« Tu veux être le flambeau de l'Univers; et depuis la révolte, je ne vois sortir de la belle intelligence que les ténèbres de l'erreur, et de ton cœur passionné que les fumées de l'orgueil ».
« Tu veux rire un grand arbre sous lequel les oiseaux du ciel trouvent un abri salutaire au moment delà tempête , et lu n'as plus de racines qu'à la surface du sol, et il ne faut qu'un coup de vent pour t'abattre».
« La mer mugit contre le roc assis au fond de ses abîmes; mais en vain elle le frappe jour et nuit : ses flots se brisent en écume contre la pierre, el se dissipent comme les nuages. Pauvre génie tombé! lu ne seras qu'une vague légère, qui se brisera contre le rocher de l'Église».
« Entends-tu sortir des entrailles de la terre ces mille voix confuses el funèbres qui l'appellent? Ce sont les voix des enfants rebelles de l'épouse ilu Clirisl, qui n'ont pas dit avant leur dernière heure : Je me suis trompé, je me répons ».
« Jette un regard vers les collines éternelles ; et lu verras ton ange effacer, lentement, d'un air triste, ton beau nom sur le livre de vie. Arrête sa main par un cri de repentir. 11 est temps encore. Ah! pauvre génie tombé! j'ai bien pitié de ton malheur ; aie pitié de loi même ». • 108. Lettre encyclique de notre saint-père le pape Grégoire XVI à tous les patriarches, primats, archevêques et éveques, du 25 juin 183i. Paris, impr. d'Adrien Leclère el Comp., 1854, in-8 de 15 pag.
Portant condamnation des « Paroles d'un croyant ». (Voy. la note du n<> XXVI.
100. Lettre circulaire de M. l'évêque de Chartres {Claude-Hippotyïé Clausels de Montais) au clergé de son diocèse, au sujet de l'encyclique de Crégoire XVI, portant condamnation des « Paroles d'un croyant ». Paris, de l'impr. d'Adrien Leclère et Comp. (8 sept.) 1834, in-8 de 63 pag.
110. Paroles (les) d'un croyant, revues, corrigées et augmentées; par un catholique (l'abbé Wrind's). Paris, Jeanthon, 1834, in-8, 4 fr.
Le texte de M. de La Mennaisn'est pas reproduit dans cette glose ou critique ; et pourtant, lorsque ce livre parut, l'éditeur de l'ouvrage de M. de La Mennais présumant que le public pourrait être trompé parle titre el acheter l'un pour l'autre, intenta un procès à M. Jeanthon, et le tribunal le condamna a supprimer ce litre. Il fut remplacé par celui-ci : Réfutation des Paroles d'un croyant, selon V Église romaine; par un catholique.
111. Paroles d'un conciliateur catholique, ou de l'Esprit religieux au dixneuvième siècle; par Victor Lagracerie. Paris, Dérivaux, 1834, in-s de itis pages, 3 fr.
112. Lettres (deux) à l'auteur des « Paroles d'un croyant », avec le facsimilé d'une lettre de M. de La Mennais. (Par M. le marquis de La Gervesais). Paris, madame Goullet, 1834 , in-18 de 108 pages.
Voy. plus bas le n° lli.
113. Paroles de providence; par madame Clarisse Vigoureux. Paris, Bossange père, I8Z18, in-8 de 236 pages, S fr.
114. Examen critique del'ouvrage de M. l'abbé F. de Lamennais, intitulé: « Paroles d'un croyant *. Paris, Pihan-Delaforest, 1834, in-8 de 36 pages.
L'auteur termine cet écrit par ce paragraphe :
« Il ne nous reste qu'à prier Dieu de rappeler à l'humilité, au repentir , le cœur de M. l'abbé François (lisez Félicité) de La Mennais, et de lui faire miséricorde, s'il revient de son orgueilleuse frénésie ».
A la suite, et remplissant les pag. 33 à 36, est le postscript um que voici :
« Les derniers mots de l'opuscule qui précède exprimaient un vœu sincère, de notre part, pour la guérison mentale de M. l'abbé F. de La Mennais ».
« Mais voilà qu'au moment où nos pages sont sous presse, il nous tombe entre les mains une petite brochure toute récente, ayant pour titre: « Deux I. étires à l'auteur des Paroles d'un croyant », avec le fac-similé d'une « Réponse de AI. de La Mennais », etc. » (Voy. le n° 112).
« Cette brochure est l'ouvrage d'un homme dont nous respectons l'âge et le nom, d'un homme qui a beaucoup écrit depuis quarante ans, mais qui n'a pas toujours su se préserver des écarts fréquents de son imagination ».
« Cet homme est M. le marquis de (La Gervesais) ; et M. le
marquis de dit, dans sa seconde lettre : « Si le sort m'avait donné
à débattre les conditions de l'existence, j'aurais récusé et d'être homme et d'être Français, et d'être noble (1), tant à chacun de ces titres, il y a honte à recueillir ! »
« Du reste, les deux lettres, et quelques autres pièces qui suivent, prodiguent à M, de La Mennais les éloges de l'enthousiasme le plus outré , non seulement pour son talent et son génie, mais encore pour la haute sagesse des « Paroles d'un croyant, » pour l'admirable conception d'un système qui nie la légitimité des rois et de tout gouvernement quelconque, qui ne reconnaît d'autre légitimité que la légitimité sociale, c'est-à-dire celle de l'association universelle des hommes appelés à vivre entre eux fraternellement, sans chefs, sans lois, sans tribunaux!... »
« M. l'abbé de La Mennais, cet écrivain d'un aussi beau talent, d'un si
grand génie, répond en ces termes aux compliments du marquis de :
=> Je crois, Monsieur, que nous nous rapprochons beaucoup pour le fonds « des idées, si nous ne sommes pas tout-à-fait d'accord. 11 y a beaucoup à
(î) M. de La Gervesais était très orgueilleux de sa noblesse : ellen'était pourtant pas ancienne. Son père était un pêcheur, qui, ayant fait une belle fortune par le commerce de sardines, avait acheté le litre de marquis. Aussi son fils a-l-il été connu en Bretagne sous le sobriquet de marquis de la Sardine.
* faire pour éclairer les esprits, et cela demande du temps. Je ne m'y épar- « gnerai point en ce qui me concerne autant que Dieu me donnera des for- « ces. — Sauf le jugement trop favorable que vous portez de moi, je ne « trouve rien que de très vrai dans l'écrit que vous m'avez envoyé, et dont il se- ■ rait bien désirable que les hommes de notre temps se pénétrassent, etc., etc. »
« Ainsi donc, M. l'abbé de La Mennais, qui, par le malheureux ouvrage que nous venons de critiquer, a causé dans le monde un déplorable scandale, et qui, pour ce môme ouvrage, est sous le coup de la haute censure ecclésiastique; M. l'abbé de La Mennais, que nous supposions confus et repentant, écrit encore, de La Chênaie, sous la date du 9 août 1834, la lettre qui contient le passage ci-dessus transcrit : il annonce que tant que Dieu lui prêtera force, il continuera d'éclairer les esprits dans le sens des « Paroles d'un croyant »; il admet, comme vérités incontestables et conformes à ses propres doctrines , toutes les idées surprenantes que proclame aujourd'hui M. le marquis de ».
« Pauvre abbé de La Mennais!... Est-il donc tout-k-fait en état de démence? »
• Si M. l'abbé de La Mennais n'est pas fou, nous passons de la pitié à l'indignation : nous ne voyons plus en lui qu'un fils de Satan !... Nous n'avons plus qu'à lui dire : Errare humanum est, pcrseccrare diabolicum\... »
115. Paroles d'un homme, dédiées au croyant de La Mennais; par Uarro- Harring. Trad. de l'ail, par Emmanuel-N apoléon Perrol. Strasbourg, Schiller, et Paris, Dérivaux, 1834, in-8 de 76 pages, 3 fr.
116. Satanasso e la Revoluzione , con trapposto aile Parole di un credente ; da Ludovico de llaller. Modena, 1836, in-8.
Ce n'est ici qu'une traduction. Nous ignorons où a paru l'original français, de cette réfutation des « Paroles d'un croyant ».
117. Pensées d'un croyant catholique, ou Considérations philosophiques, morales et religieuses sur le matérialisme moderne, et sur divers autres sujets, tels que l'âme de bêtes, la phrénologie, le suicide, le duel et le magnétisme animal; par P.-J.-C. Debreyne. Paris, Poussielgue-Rusand , 1839, in-8 de 30 files 5/4, 5 fr. — 111e édit., augm. Paris, le même, 1844 , in-8, 6fr.
118. Voyant (le); par Jos.-Prosper Enjelvin. Clermont Ferrand, Thibaud- Landriot, et Paris, Gaume frères, 1839, in-8 de 28 files 1/4, 6 fr.
119. Examen des « Paroles d'un croyant »; par M. Du Plessis de Grencdan.
Voy. le n° 157.
Troisièmes Mélanges (N° XXV II).
120. Réponse d'un prêtre catholique français à un article des Troisièmes Mélanges de M. l'abbé de La Mennais. Paris, de l'impr. de Malteste, 183'», in-8 de 16 pag.
Affaires de Rome (N° XXVIII).
121. Du dernier ouvrage de M. de La Mennais (Affaires de Rome); par
M. Snintc-ftcuve. — i mpr. dans la - Revue des Deux-Mondes •, octobre à décembre 1836.
m Sainte-Beuve, grand admirateur de IL de La Mennais, n'a examiné les « Affaires de Rome » que sous le côté poétique, tel qu'il l'avait fait précédemment pour « l'Apocalypse du démon», ainsi qu'un illustre évè que a qualifie les « Paroles d'un croyant ».
M. Madrolle nous a transmis dans les notes de son « Histoire secrète du parti et de l'apostasie de M. de La Mennais» de piquants renseignements sur les rapports du poète avec le prêtre.
« M. de La Mennais avait assuré a tous ses anciens amis, qu'il avait renoncé à toute publication ; qu'il emportait comme nias, tout avec lui , en retournant à la Chesnaye ; et cela pendant les semaines qu'il employait à lire et à arrêter les épreuves de ses Paroles impies, avec un ami, chez un imprimeur et chez un libraire, du nouvel ordre. L'ami est M. Sainte-Beuve, il corrigeait d'une main les épreuves, et de l'autre il préparait l'apologie de l'œuvre pour la « Revue des Deux-Mondea
• Selon le nouveau disciple du Croyant, celui-ci « a des pages retrOUYi dans » l'Imitation »! Il y a dans l'apologiste des révolutions « un reste du sang des Machabées*, les défenseurs élus du peuple de Dieu ; élus, si on peut le dire, par Dieu lui-même .' Cependant, comme il est refusé à l'audace de ne pas se mentir à elle-même, le panégyriste indiscret reconnaît que le philosophe n'est plus qu'un poète-, qu'il ne luit pas, mais qu'il brûle: Ai dit plus quàm lucci ; et que ses dernières Paroles, qui, dans le fait, efl'afacent ses écrits, « forment son volume de prédilection!!! »
Autre part, on trouve la déclaration suivante, imprimée par M. Sainte- Beuve : « Avec le temps, l'abbé La Mennais a compris que le Saint-Siège se refusait à verser présentement la Doctrine régénératrice, et qu'il demeurait w,is souud qub le rocher (mot sacré dans un chiffre des « Paroles d'un croyant »). quoique le peuple cul soif dans le désert ».
Et puis, le disciple bien-aimé du nouveau Bien dit encore, en toutes let-
lICS : « la MÉTHODE PB LA LIBERTÉ A REMPLACÉ, chez l'abbé La Mennais,
la Méthode d'autorité... Il a cessé d'invoquer directement le Saint- Siège pour l'œuvre temporelle ».
Qui eut cru qu'après un si chaleureux panégyrique, le doux M. Sainte- Beuve, l'homme au premier rang parmi les plus remarquables et des plus honorables de la littérature française actuelle, dût, moins de dix ans plus tard, abandonner patrie, famille et fortune pour échapper aux conséquences des doctrines qu'il avait préconisées; et aller vivre tranquille, loin des agitateurs, des poètes révolutionnaires et des démagogues qui nous ont amené les journées, si peu poétiques, de juin 1848, et leurs suites!!!
Pauvres poètes ! de la vérité, si belle de sa noble simplicité , grâces aux oripeaux dont ils l'affuble, ils en ont fait ou un objet de risée, ou un épouvantable mégère.
Poésie! si enivrante pour les rêveurs disposés à l'employer selon les passions, tour à tour aux plus nobles et aux plus viles, ne pourras lu donc jamais saisir plus convenablement la vérité!
122. Première Lettre de M. Vahbè Combalot à M. P. de La Mennais en réponse à son livre contre Rome, intitulé : « Affaires de Home». Paris, Gaume frères; Debécourt, 183G, in-8 de 108 pag.; ou 2e édit., de 98 pag., lfr. 50. c— Deuxième Lettre. Paris, les moines, 1837, in-8 de 18!) pag., r, IV.
La première Lettre, datée de Chàtenay, le 21 novembre ix-,ti, a été imprimée à Lyon, chez Gabr. Rossary : elle a eu une seconde édition dans la môme année. La deuxième Lettre a été imprimée à Paris, chez bétbune et Pion.
M. Combalot a été l'un des fervents disciples de M. de La Mennais, avant l'apostasie du prêtre; mais il a quitté le parti de ce dernier dès ses querelles avec Rome.
Les deux lettres de M. Combalot sont assez remarquables pour que nous extrayions de la première quelques passages , qui renferment des appréciations et sur M. de La Mennais et sur les Affaires de Rome.
« Le temps, qui calme et assoupit d'ordinaire les émotions les plus vives et les douleurs les plus désespérées, n'a pu encore affaiblir dans mon àme la profonde indignation qu'a fait naître en moi le livre, où, au déclin de votre carrière, vous avez eu l'inimaginable courage de consigner votre apostasie et la haine immense que vous inspire l'Église ».
« La chute d'un trône, l'exil de trois générations de rois, les sourdes agitations qui se font entendre au sein de nos sociétés artificielles, me causent, je l'avoue, moins de surprise que la révolution morale et intellectuelle qui s'est accomplie en vous ».
« Rien de plus ordinaire, en effet, que ces mutations politiques, dont il faut chercher l'origine et la source dans les ténébreux calculs de l'égoïsme et dans l'absence des doctrines qui président à la stabilité des empires ».
« Les phases de votre génie formeront un jour l'un des chapitres le plus curieux et les plus lamentables de l'histoire des variations de l'esprit humain ; car peu d'hommes, en politique, en philosophie, en théologie môme, ont varié autant que vous, jusqu'au jour fatal où s'est consommé la ruine de votre foi « par ces modifications profondes que vous avez dû subir nécessairement ». Mais cet examen me mènerait loin. Je dois dire, cependant, que nul homme peut-être, ne posséda plus pleinement que vous les défauts de ses qualités. Votre génie est inflexible et absolu, et vous êtes plus poète que philosophe. Quand vous envisagez une question quelle qu'elle soit, votre pensée synthétique s'imagine toujours la contempler dans ses rapports universels : vous croyez la tenir tout entière, et les conséquences les plus étonnantes, les plus extrêmes et les plus hardies jaillissent de votre raison. Mais, dès que le point de vue d'où vous la considérez a changé pour vous, et a fait naître des rapports inaperçus, vous n'en tenez aucun compte. Votre esprit procède à sa manière, et voilà la cause des incessantes modifications, ou plutôt des perpétuelles contradictions de votre vie politique et littéraire ».
M. l'abbé Combalot examine ensuite la nouvelle publication de M. de La Mennais.
« L'acte d'accusation que vous avez dressé, dans les Affaires de nome ,
contre l'Église et contre son chef, et dans lesquelles vous avez ramassé, comme en un faisceau, tous vos blasphèmes, se résume ainsi : »
« Le Pape et la hiérarchie pontificale ont vendu la doctrine de Jésus- Christ aux tyrans. Pour prix de l'or qu'ils reçoivent des rois de la terre, ils ont marqué le livre des Saints-Évangiles du sceau du despotisme et de la servitude, et ils ont dit : « Peuples, obéissez aux hommes à diadème ; vos biens, vos vies, tout leur appartient: quoi qu'ils fassent, vous devez tout souffrir, sans résister, sans murmurer; leur pouvoir est indéfectible, ils sont ici-bas les images de Dieu ».
« Quiconque a lu attentivement les Affaires de Rome sera forcé de convenir, que telle est la pensée dominante de cet ouvrage. C'est là le cauchemar de votre haine, et le cercle dans lequel tourbillonne incessamment votre raison tombée ».
Un examen sévère de l'opuscule sur les Maux de l'Église, démontrerait, peut-être, que déjà à cette époque votre foi avait reçu de cruelles atteintes, et qu'il s'y était fait des modifications effrayantes ; mais quel abîme vous sépare aujourd'hui de Frascali (1)? Le savant religieux, dans le sein duquel vous versiez vos amères douleurs, vous regardait peut-être comme le Jérémie de ces tristes temps. Qu'il était loin de soupçonner que le livre, dont vous lui lisiez les pages brûlantes, était conçu dans un ordre d'idées qui subiraient bientôt de profondes et nécessaires modifications!
« Catholique et prêtre encore à Frascati , vous êtes devenu l'ennemi de l'Église et du sacerdoce; et voilà le sens littéral de ces paroles désespérantes : « Il fut conçu dans un ordre d'idées qui ont dû nécessairement « subir de profondes modifications ».
« ... Quel est l'homme au monde qui, après avoir lu le livre que vous avez composé à Frascali, et qui n'offre qu'un développement exagéré des pensées principales exposées dans « l'Avenir », puisse se persuader que vous ayez attendu, avec un filial amour pour l'Église, dans le calme de cette retraite, la décision du Saint-Siège sur les doctrines de « l'Avenir? »
« Méditez, Monsieur, l'épilogue sacrilège que vous avez placé à la suite des Maux de l'Église, et vous avouerez vous-même que cette pièce de poésie est une production délirante, qui suppose, non pas simplement « des modifications subies par une intelligence », mais une perturbation tellement profonde, qu'elle serait de nature à épouvanter l'enfer ».
« Ce dernier opuscule commencé à Rome ou à Frascati, pendant la halte de colère que vous y faisiez, en attendant l'examen de vos théories révolutionnaires, ressuscite, en les exagérant, toutes les doctrines de « l'Avenir », et récèle le germe de l'erreur monstrueuse que vous voudriez substituer au Protestantisme, pour n'avoir pas la honte de vous faire le disciple d'un moine apostat en cessant d'être celui de Jésus-Christ ».
123. Lettre (première) de J.-J.-L. Goudard, prêtre du diocèse de Greno-
(i) Lieu où ce livre a été composé.
hle, à M. l'abbé Combalot, à l'occasion de la première Lettre adressée par celui-ci à M. de La Mennais. Paris, Daubrée, 1857, in-8 de 188 pag. Cette première Lettre n'a pas eu de suite.
124. Appendice à la dernière brochure de M. de La Mennais, intitulée : « Affaires de Rome » ; par un indigène du bassin septentrional de la Tournette. Traduit du manuscrit en italien par M. l'abbé ***. Cbambéri , de l'impr. du Gouvernement, 1856, in-8 de 26 pages.
125. Recliute (la) de l'abbé de La Mennais; par M. Madrolle. 1837. Chapitre ajouté à la seconde édition de la « Logique d'un fidèle, ou l'on
présente l'histoire du parti et la réfutation des ouvrages de M. l'abbé de La Mennais », par le même auteur. Ce chapitre a pour objet la critique des Affaires de Rome et les Maux de l'Église et de la Société.
126. Stances à M. l'abbé de Lamennais, à l'occasion de son dernier ouvrage intitulé : • Affaires de Rome » ; par l'abbé L.-F.-E. (Eymin). Grenoble, Prudhoinme, 1837, in-8 de 24 pag.
Quelques beaux vers, ce qui est déjà beaucoup, parmi d'autres assez faibles.
127. Premiers Chants, précédés de deux Épîtres a M. de Lamennais sur les « Affaires de Rome »; par Victor Davin (de Veynes, Hautes-Alpes). Lyon, Pelagaud; Lesne et Crozet, 1837, in-12 de x et 112 pag.
L'une des deux Épitres avait été déjà imprimée : Gap, J. Allier, 1837, in-8 de 15 pag.
Le Livre du peuple (N° XXIX).
128. ÉpUre à M. l'abbé de La Mennais. (En vers); par M. le comte A.-H. de Lalwje. Paris, Hivert, 1837, in-8 de 16 pages.
129. Peuple (le) au citoyen La Mennais; par T. Dinoconrt. Paris, Rohaire; Delaunay, 1838, in-18.
150. Lettre (deuxième) à M. de La Mennais, à l'occasion de son « Livre du peuple », avec de nombreuses notes, et suivie d'une Notice biographique sur le même, de divers fragments d'un poème inédit sur la première révolution française, et d'une Notice sur les Camaldules, l'église de Saint- Grégoire, à Rome, etc; par M. le comte A.-H. de Lahaije, Paris, Hivert, 1858, in-8 de 108 pages, 2 fr. 50 c.
151. Radicalisme (du)évangélique. « Le Livredu peuple» de M. F. de La Mennais; par M. Lerminier. — Imprimé clans la « Revue des Deux-Mondes », IVe série, t. XIII, janv.-mars 1858.
132. Lettre à M. Lerminier sur son examen du « Livre du peuple »; par George Sand [madame Aurore Dudevant]. — Impr. dans la « Revue des Deux-Mondes », IVe série, t. XIII, janv.-mars 1838.
133. Réponse à George Sand (madame Aurore Dudevant) (sur le précédent article); par M. Lerminier. — Impr. dans la • Revue des Deux-Mondes », IV série, t. XIII, janv.-mars 1838.
134. Lettre ;i G. Sand, sur sa polémique avec M. Lerminier, à l'occasion
«Je M. de La Mennais; par Edouard de Pomper;/. Paris, Beaujoiian, 18~.8 , in-8 de 38 pag., 75 c.
135. Abbé (l'J de La Mennais devant le tribunal du peuple ; par Sapolèon caillot, membre de l'Académie du Prytanée. Avec celte épigraphe :
Quand il parlerait d'un Ion humble, ne vous fiez point à lui, parce qu'il y a sept replis au fond de son cœur.
(Bible.) Paris, imp. de L.-B. Thomassin et Comp. — Au bureau central, boulcvart du Temple, n<> 46, 1838, in-8 de 19-2 pag.
136. Paroles (les) d'un homme du peuple; réfutation du • Livre du peuple • , de F. de La Mennais; par M. G. de Cuenditu. Toulouse, de l'impr. de Valéry, 1838, in-12 de 5 files 2/5.
137. Examen des « Paroles d'un croyant » et du « Livre du peuple »; par M. Du Plessis de Grenedan; Rennes, Frout, et Paris, Dentu, 1840, in-8 de 26 files, 7 fr. 50 c.
138. Lettre à M. l'abbé de La Mennais; par un homme potence (M. Cl.- Théoph. Duchapt, alors conseiller à la Cour royale de Bourges). (En vers.) Paris, Schwartz et Gagnot, I8W, in-8 de 30 pag.
C'est sous la qualification d'hommes-potences que M. l'abbé de La Mennais, dans son « Livre du peuple » désigne les magistrats du dernier gouvernement , magistrats qu'il a bien le courage d'assimiler aux juges du tribunal deFouquier-Tainville et aux membres des commissions militaires de l'Empire et des cours prévotales de la Restauration. Voici ses propres expressions :
« On a des juges dont le métier est d'expédier les accusés comme les « bourreaux les condamnés, purs instruments de torture et de mort, • hommes-potences!! • (pag. 75).
A la page 93, il dit de la Société que c'est un parc, un troupeau de bétail humain destiné par le pouvoir à assouvir ses convoitises.
\ote de l'opuscule.
Cet opuscule , qui renferme de beaux vers et de nobles pensées , était prêta être livré au public lorsque M. de La Mennais fut traduit pour la troisième fois devant les tribunaux , et cette fois-ci condamné à la prison. L'auteur de cet opuscule eut la générosité de ne pas le mettre eu circulation. Nous reproduisons cette pièce, peu connue, parmi celles, qui, à la fin de celte notice, forment les stygmates de l'apostat.
139. Un petit Livre philosophique à propos d'un autre petit livre qui ne l'est pas (le « Livre du peuple •), de M. de La Mennais; par M.Simonot, officier d'administration des hôpitaux militaires. 1843.
Impr. dans le volume de l'auteur intitulé « Jeanbouchedor, ses Contes bigarrés et Discours en l'air », in-12.
De l'Esclavage moderne (N° XXX).
140. Réponse à M. de La Mennais sur l'esclavage moderne et le suffrage
94 LA .ML.WYVls
universel; par Adolphe ârchier. Paris, Adrien Leclère, lit», in-ê de
r>2 pages.
Esquisse d'une philosophie (N° XXXII).
1 il . Sur l'Esquisse d'une philosophie, de M. F. de La Mennais; par M. Jules Simon. — Impr. dans la • Revue des Deux-Moudes, iV série, tome \\\ (1841).
1 1--'. M. La Mennais réfuté par lui-même, à l'occasion de son ouvrage intitulé : « Esquisse d'une philosophie ». (Par M. l'abbé Pcllicr.) Paris, l)ebécourt, 1841, in-8de 02 pages, l IV. ">0 c.
143. Esquisse d'une critique sur « l'Esquisse d'une philosophie », par M. La Mennais; par Alfred Vigneron, avocat. l)e l'impr. de Faye, à Bordeaux. — Paris, les libr. du Palais-Royal; Hivert, 1841, in-8 de 81) pag.
Aimchnspands et Darvands (Na XXXV).
1 44. Sur les Amschaspands et Darvands de M. de La Mennais; par A. de courctj. — Impr. dans « le Correspondant », tome II, pag. 250 et suiv.
145. De la Poésie de M. La Mennais, à l'occasion de: Amscbaspands et Darvands; par M. Lerminier. — Imprimé dans la « Revue des Deux-Mondes «, nouv. (5e) série, tome Ier (1843).