‹ Notice biographique du Vicomte Emmanuel de RougeChapitre 34 sur 50 · Cf. Chabas, Œuores diverses, t. II, p · texte numérisé non relu

Cf. Chabas, Œuores diverses, t. II, p

» on allègue une chose pareille et qu'on est honnête, on re- » connaît qu'on sVst trompé aussitôt que les faits sont » éclaircis ; c'est ce que M. Chabas évite soigneusement de » faire dans sa réponse. Vous jugez si je la trouve satisfai- » sante\ » Egger, persévérant dans son rôle de conciliateur, fit part de ce billet à Chabas, qui lui répondit longuement le 30 mars. Il reconnaissait enfin son erreur, mais il ne retirait pas purement et simplement les paroles incriminées par Rougé, et il refusait de faire Taveu public de son erreur, pour la raison qu'une rectification de cette nature « retomberait de tout son poids sur Mariette* ». Après cela, Egger n'insista plus, et Rougé publia en avril, dans la Revue archéologique^ une note où il remettait nettement les choses au point*. Le ton en est vif ainsi qu'on peut le croire, mais toujours digne, et l'effet en fut tel que Chabas se crut obligé d'y répondre. Sa seconde brochure et la lettre à M. Péladan, dans laquelle il résume le débat à sa manière, ne modifièrent pas cette impression*. Les savants donnèrent raison à Rougé lorsqu'il mit fin à la polémique. « Il n'y a, dit-il, aucun profit » pour la science à descendre sur le terrain des personna- » lités* » ; il le quitta et reprit ses travaux, plus affligé que je ne saurais dire par cet épilogue de son voyage en Egypte.

1. J. Capart, Une page de Chistoire de l'Égyptologie, p. 12-13 du tirage à part.

2. La lettre entière est publiée par J. Capart, Une page de l'histoire de l'Ègyptologie, p. 13-14.

3. Reoue archéologique, nouvelle série, 1865, t. I, p. 347-349.

4. M. Egger voulut bien dix ans plus tard me raconter cet épisode, et c*est son impression que je donne ici.

5. Cf. sa seconde note et l'entrefllet dans la Renie archéologique, nouvelle série, lb65, t. II, p. 156-158. Voir, par exemple, l'opinion de Devéria, dans Virey, Notice biographique sur Philippe-Jacques de Horracky p. xxxi-xxxii et xxxiv-xxxv.

Il avait d'autant plus le droit de ressentir ces attaques qu'elles se produisaient au moment où il commençait à tenir loyalement l'engagement pris dans son rapport de publier sans retard les résultats principaux de sa mission. Nous avons vu que c'est avant d'entamer la lecture de ses Recherches sur les monuments quon peut attribuer aux sixpremières dynasties de Manéthon qu'il avait énoncé discrètement sa réclamation en faveur de Mariette'; depuis lors, il avait persévéré de semaine en semaine, et il avait achevé sa communication le 10 mars 1865*.

Comme il était naturel, il examinait rapidement l'Egypte à l'époque thinite, puis, passant à Tépoque memphite, il s'efforçait de rétablir la charpente dynastique de l'histoire. Les deux tables de Sakkarah et d'Abydos, représentant la tradition telle qu'elle était connue vers le temps des Ramessides, lui prêtaient le moyen de classer plus exactement qu'on ne l'avait fait jusqu'alors les fragments du Canon royal de Turin et d'instituer une critique sérieuse des listes de Manéthon : pour se rendre compte du progrès accompli par lui, il suffit de comparer la façon assez vague dont il est parlé de cette époque dans Y Histoire d'Écjypte de Brugsch', avec le tableau précis que Rougé en traça. Les trois premières dy-

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