‹ Notice biographique du Vicomte Emmanuel de RougeChapitre 42 sur 50 · Mélanges d* Archéologie, t. I, p · texte numérisé non relu

Mélanges d* Archéologie, t. I, p

6. E. de Rougé, Extrait d'un mémoire sur les attaques, p. 5, note 2.

7. Publié dans la Reçue archéologique, 2* série, 1867, t. XVI, p. 35- 81 ; tirage in-8% de 36 p., chez Didier. Il avait été lu à rAcadémie des

d'autant plus importante qu'elle intéressait non seulement l'Egypte, mais les pays situés au nord de la Méditerranée, l'Asie Mineure, la Grèce et l'Italie. Parmi les nations que Ménéphtah battit l'an V de son règne, se trouvaient des Shardana, des Sbakalasha, des Toursha, des Âkaiousba, que Ton ne savait où classer; il proposa de reconnaître dans les Shardana les ancêtres du peuple sarde, dans les Sbakalasha les Sicules, dans les Toursha les Étrusques, dans les Âkaiousha les Achéens. On sait quelle prompte fortune eut cette hypothèse de génie; si l'on ne voit plus dans les Shakalasha les Sicules, mais les Sagalasses d'Asie Mineure, les autres rapprochements proposés par Rougé ont été approuvés par l'école, avec cette modification pourtant que, au lieu de considérer les Shardanes et les Tourshas comme des Sardes et des Étrusques établis déjà en Italie, on y préfère voir les ancêtres asiatiques de ces peuples, chassés de leur patrie orientale par l'invasion phrygienne et en quête de terres nouvelles. Il annonçait à ce mémoire une suite prochaine dans laquelle il examinerait si les documents qui nous avaient révélé les premiers rapports de ces peuples avec l'Egypte ne nous fournissaient pas « quelque moyen nouveau » de comprendre le véritable sens historique des traditions » relatives à Cécrops et à Danaùs^ », mais il en fut de cette promesse comme de bien d'autres : les événements l'empêchèrent de la tenir.

Ce fut d'abord la corvée qui lui fut imposée de rédiger, pour le Ministère de l'Instruction publique et à l'occasion de l'Exposition universelle tenue à Paris en 1867, un rapport détaillé sur l'histoire de l'égyptologie. Il avait été déjà mêlé de manière offiôieuse à la constitution de la section égyptienne. Le 14 juin 1866, il avait reçu de M. Rouher

Inscriptions et Belles-Lettres au mois d'avril 1867 de la môme année (Comptes rendus, 1867, p. 83).

1. E. de Rougé, Extrait d'un mémoire sur les attaques, p. 30 du tirage à part.

une lettre par laquelle celui-ci Tinformait que « S. A. le » Vice-Roi d'Egypte », anxieux de plaire à l'Empereur, « avait mis tout son Musée de Boulaq à la disposition de la » Commission impériale de l'Exposition universelle de » 1867», et qu'aelle avait chargé M. Charles Edmond, ») commissaire général de l'Egypte, d'installer dans le Pa- » lais du Champ-de-Mars les œuvres qu'il renferme. Toutes » ces œuvres n'ayant pas un égal intérêt, et quelques-unes » étant d'un très grand volume sans offrir de précieux ren- » seignements, la Commission impériale désirerait que vous » voulussiez bien indiquer sur le catalogue ci-joint, par des » marques à l'encre rouge inscrites en marge, les objets qui » vous sembleraient les plus dignes d'être envoyés à Paris». Et le ministre ajoutait que Ion n'avait pas à se préoccuper (( de l'étendue de l'emplacement réservé à l'Egypte, ni de » la diflBculté de transport pour les pièces d'un poids con- » sidérable. D'une part, en effet, cet emplacement, tant » dans le Palais que dans le Champ-de-Mars, est assez » grand pour contenir toutes les œuvres du Musée de Bou- » laq ; d'autre part, le Vice-Roi se propose d'envoyer les » produits de TÉgypte au Havre sur une de ses frégates*. » Rougé accepta la tâche qu'on imposait à son dévouement, et il indiqua sur le Catalogue de Mariette les monuments qui lui paraissaient le plus propres à inspirer aux visiteurs l'idée la meilleure des arts et des civilisations de l'Egypte : c'est donc à son intervention discrète que la section égyptienne dut une partie de son succès. Ce ne fut pas, d'ailleurs, le seul service qu'il rendit à Mariette à cette occasion ; dans la lettre même par laquelle il notifia son choix, il marqua « combien il importerait de s'assurer le concours de » M. Mariette » pour le classement et la mise en valeur des objets. Il savait en efiEet que Mariette, après avoir

1. Lettre de M. Rouher, ministre d'État, vice-président de la Commission impériale de l'Exposition universelle de 1867, à E. de Rougé, en date du 14 juin 1866, communiquée par le vicomte Jacques de Rougé.

DU VICOMTE EMMANUEL DE ROUGÉ Vil

amassé pendant une année les matériaux ethnographiques et archéologiques de l'Exposition, courait le risque de ne pas être désigné pour aller les aménager à Paris : le vice-roi hésitait à le déléguer, malgré ses prières et les recommandations de Charles Edmond. M. Le Play, répondant au nom du ministre, s'empressa de l'informer « qu'il écrivait » aussitôt à M. Mariette pour lui témoigner combien la )) Commission impériale attacherait de prix à son active » coopération' ». Des démarches diplomatiques auprès du souverain suivirent de près la lettre de la Commission, et Mariette obtint l'autorisation de venir passer une année en France pour surveiller les travaux d'installation*.

Ce qu'on demandait maintenant à Rougé, ce n'était plus son intervention dans les affaires de la section égyptienne, c'était une véritable histoire de Tégyptologie entre 1846 et 1866, pour faire partie d'une collection de rapports analogues à ceux qui furent présentés, en 1810, à Napoléon !•', par les différentes classes de l'Institut. On avait choisi à cette intention un certain nombre de savants, de professeurs ou de littérateurs, qui exposeraient, chacun dans sa spécialité, les progrès accomplis par la France pendant le second tiers du XIX® siècle, et l'égyptologie était revenue de droit à M. de Rougé. Il avait donné un avantgoût de ce qu'il saurait accomplir en ce genre, dans les articles qu'il avait fournis douze années auparavant à 1'^ thénœum français^ : son Exposé de L'état actuel des Études égyptiennes^ dépassa ce qu'on attendait de lui. Guigniaut, dans la Préface qu'il mit au volume, en a vanté « la conci-

1. Lettre de M. Le Play, commissaire général de l'Exposition, à E. de Rongé, en date du 9 jnillet 1866, communiquée par le vicomte Jacques de Rougé.

2. Maspero, Sntlce hioyrapldque sur AufjuRic Marirtto, p. cli-clx*

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