‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 104 sur 140 · NOTICE CXXXI · texte numérisé non relu

NOTICE CXXXI

Guyenne, toute puissante alors, lui imposa le devoir de renoncer à ses aspirations personnelles et de concourir au triomphe de la paix, dans la mesure de ses forces. Placé entre le roi de Navarre et Matignon, recevaîit les confidences de du Pies sis Mornay et tenu par les meilleurs motifs d'en faire part au maréchal, Montaigîie, malgré l'entière confiance dont il était honoré de toute part, suivait un chemin semé d'écueils. De son côté, comme l'a dit de Caillière, l'historien de Matignon : « Le Marefchal iouoit vn perfonnage ajfez difficile : on luy auoit donné le commandemeîit d'vne grande Prouince de laquelle le Roy de Nauarre efioit gouuerneur, auec ordre de luy faire la guerre, d'empefcher fes progrez Ù" de ne pas ruiner f on party. Il efioit obligé de ne pas faire tout ce qu'il eufi pu pour fa propre gloire, Ù" pour refpondre aux efperances que le Roy Ù' la Rcyne auoient conçues de luy, il falloit qu'il tint la bahvice fi iufie qu'vn des partis ne fe pufl efieuer par l'ahaifi}ment de l'autre'. »

Plus qu'un accord officiel, une considération réciproque et solide liait l'un à l'autre le lieutenant général de Guyenne et le maire de Bordeaux. Attermoyeur plus que Montaigne, Matignon prenait de la décision dans ses entrevues, peut-être dans une entente, avec ce tnagistrat. Nous en trouverons la démonstration en deux graves circonstances. Voici la première :

I. De Caillière, Hijîoirc du Mairfchal de Matignon, Paris, Courbé, 1661, p. 210.

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