‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 120 sur 140 · NOTICE CXLIX · texte numérisé non relu

NOTICE CXLIX

De Thou, clans sa Vie, et Pasquier dans ses Lettres, ont raconté leurs rencontres et leurs entretiens à Biais avec l'auteur des Essais, Ce dernier a gardé le sile?ice d'un spectateur désireux d'oublier les incidents pénibles dont il a été le témoin attristé. Il n'était pas besoin pour un observateur perspicace de voir la partie engagée entre Henri de Guise et le roi, pour juger qu'un drame était proche; mais il n'était pas imminent au point que d'autres préoccupations ne pussent trouver place dans les causeries des personnages réunis au château. A cet égard les souvenirs de de Thou sojit particulièrement intéressaîits et ils valent d'être reproduits avec détail.

« Auant les troubles de Paris, Michel de Montagjie, dont on a déjà parlé, étoit venu à la Cour : il l'auoit fuiuie à Chartres, à Rouen Ù" étoit alors à Blois. Il étoit des amis particuliers du Preftdent de Thou ' Ù" le prejfoit tous les jours de fonger férieufement à l'ambajjade de Venife qu'on lui dejlinoit depuis le retour d'André Hurault de Meijfe, parent du chancelier. Lui-même auoit dejfein d'aller à Venife; ù" pour l'y engager dauantage, il lui promettait de ne le point quitter pendant tout le féjour qu'il y ferait-. »

Malgré ses instances Montaigne ne réussit point à triompher de l'hésitation de de Thou à s'éloigner d'un théâtre

1. J.-A. de Thou, par l'influence de Desportes sur k duc de Joyeuse, fut nommé président au parlement de Paris, le 22 mars 1586.

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