‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 122 sur 140 · NOTICE CLI · texte numérisé non relu

NOTICE CLI

valoir fon droit à la fuccejjton de la couronne penda?it la vie du Duc. Pour la religion, ajouta Mo7itaigne, dont tous les deux font parade, c'eji vn beau prétexte pour fe faire future par ceux de leur parti; mais la Religion ne les touche ni l'un ni l'autre. La crainte d'être abandonné des Protejlans empêche feule le Roi de Nauarre de rentrer dans la religion de fes pères, Ù" le Duc ne s'éloigneroit point de la confejjion d'Augsbourg que fon oncle Charles de Lorraine lui a fait goûter, s'il la pouuoit future fans préjudicier à fes intérêts, que c'étaient Va les fentiments qu'il auoit reconnus dans ces princes, lorfqu'ilfe jnéloit de leurs affaires. ' »

Les entretiens de Montaigne et de Pasquier offrent moins d'intérêt^. Le sujet n'a pas la même importance. Pasquier fait grief à Montaigne de n'avoir pas communiqué à ses amis le manuscrit des Essais. Us l'auraietit aidé à corriger son ramage gascon. En vérité l'offîcietix Pasquier se méprend étrangement sur la souplesse de son interlocuteur. Au dedans de lui-même, Montaigne a dû s'égayer des critiques de son ami. Il ne lui déplaisait point que des expressions de son pays se fussent glissées dans le texte de son livre. Il n'avait corrigé aucune des propositions condamnées par la censure romaine, il ne supprima aucun des mots dotit Pasquier crut devoir blâmer l'emploi. Les Essais 7 eussent perdu de leur verdeur et de leur franchise.

Page 1