CLXXXII BIBLIOGRAPHIE
Helcis coiniucnt de moy, ma fortune fe ioiie. De toy n'a pas long temps, amour, ie me fuis ris. l'ay faill\, ie le voy, ie me rends, ie fuis pris, l'ay trop gardé mon cœur, or ie le dcfaduoïie.
Si i'ay pour h garder retardé ta vicloire.
Ne l'en iraitte plus mal, plus grande en cjl ta gloire.
Et fi du premier coup tu ne 7n'as ahbatu,
Peiife qu'vn bon vainqueur & iiay pour ejlre grand. Son nouueau prifonmer , quand vn coup il fe rend. Il prifc & l'ayme mieux, s'il a lien comhatu.
C'cjl amour c'ejl amour, c'ejl hty feul, ie le fens : Mais le plus vif amour, la poifon la plus forte, A qui onq panure cœur ait ouuerte la porte. Ce cruel n'a pas mis vn de fes trait:^ perçans.
Mais arc, traits & carquois, & luy tout dans mes fens. Encor vu mois n'a pas, que via franchife ejl morte. Que ce venin mortel dans mes veines ie porte. Et def-ja i'ay perdu, & le cœur & le fens.
Et quoy? fi cefi amour à viefure croiffoit,
Qui en fe grand tourment dedans moy fe conçoit?
O croifii, fi tu peu- croiflre, & amende en croiffant.
Tu te nourris de pleurs, des pleurs ie te promet-^,
Et pour te refrefchir, des foujpirs pour ianiais.
Mais que le plus grand mal fait au moings en naijfant.
Cefi faicl mon cœur, quiions la liberté. Dequoy mcshuy feruiroit la deffence.
Que d'agrandir & la peine & l'offence} Plus ne fuis fort, aiufi que i'ay efié.