‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 21 sur 140 · NOTICE XXXIII · texte numérisé non relu

NOTICE XXXIII

Ces dispersions dont Montaigne eut à souffrir après avoir vécu une enfance très entourée, durent avoir pour effet de rendre encore plus répugnantes pour lui des études vers lesquelles il ne se sentait guère attiré. Il passa donc à l'Université de Toulouse un temps peu profitable et de courte durée.

Pendant que l'ifidocile juriste '■ prenait à contre cœur une insuffisante teinture du droit, son père Pierre, jurât suspendu de fonctions par Montmorency , comme tous ses collègues, cofitinuait de servir la cité dont le connétable avait fait un camp. Les commissaires nommés pour chaque quartier par le vainqueur des révoltés de la gabelle, n'avaient aucune autorité. Pierre de Montaigne, en vue du seul bien public, leur vint en aide et leur obtint une influence à laquelle par eux-mêmes ils n'auraient pu prétendre. Un aussi généreux concours aida à la pacification des esprits et hâta auprès du roi le moment où Bordeaux parut digne de rentrer en tous ses privilèges. A dire vrai, de graves fautes avaient été commises de part et d'autre; inais le roi avait sa part de responsabilité dans la sédition. C'est ainsi qu'ont jugé de

I. C'est ici qu'il mut se souvenir du passage du chapitre xxv du Livre I des Essais concernant Pierre de Montaigne, que Michel appelle le Bonhomme, en complétant ainsi sa pensée : « Il n'eft poffible de rien ajouter au l'oing qu'il eut, à me choifir des précepteurs de chambre fulEfants & à toutes les autres circonllances de ma nourriture en laquelle il rel'erua pluûeurs façons particulières contre l'vlage des collèges. »

Ainsi Montaigne en fait l'aveu. La règle générale fut adoucie pour lui dès l'enfance, et cette faveur en lit d'abord comme écolier, plus tard comme mai^istrat, un insoumis à la loi commune.

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