XLIV NOTICE
enfin la liberté de son esprit contribuaient à faire de ce jeune conseiller une personnalité à part, manifestement mieux douée pour une existence indépendante que pour un siège de magistrat.
La Boétie, qui avait éclairé son ami sur les écueils d'une vie dissipée, lui servit également de guide dans les difficultés des foîictions judiciaires. Par l'étendue et la sûreté de comiaissances méthodiquement acquises auprès de meilleurs professeurs de l'Université d'Orléans, il était devenu lui-même un maître, et l'on peut affirmer sans exagération que son amitié ne se montra pas moins utile à Montaigne au sein du Parlement, qu'elle ne l'avait été dans la société bordelaise. Il aida de son savoir un ami tendrement aune et pour le servir dans son humeur voyageuse, il le poussa, s'il ne le força pas, à accepter des missions où, plus que dans des rapports d'affaires, il était propre à représenter le Parlement et à défendre cette assemblée auprès des conseils de la Royauté.
Le secret des négociations de Montaigne à Paris ou dans les lieux de résidence de la Cour a été bien étroitement gardé, puisque de trop vagues conjectures nous permettent seules aujourd'hui d'expliquer ses déplacements. Le premier voyage de Montaigne à Paris peut être fixé vers i J y J. // accompagnait son père récemment nommé maire de Bordeaux et venant solliciter du Roi le rétablissement des privilèges de la ville encore supprimés. Quoique l organisation municipale eût fait l'objet d'une ordonnance de i^jo, il s'en jallait que les anciens droits de la cité eussent été intégralement reconstitués.