EssatSj I
2. François de Carnavalet, 1 520-1 571. Premier écuyer de Henri II, gouverneur du duc d'Anjou, depuis Henri III. C'était mieux qu'un maître de la grande écurie. Il avait des lettres, et devint gouverneur de l'Anjou. Sa veuve, Françoise de la Baume, acheta du fils du Président de Ligneris l'hôtel Carnavalet, aujourd'hui musée historique de la ville de Paris.
XLVl NOTICE
« Les enfants des primes 7i' apprennent rien à droit qu'à manier des cheuaux : en tout aultre exercice chafcun flefchit fous eux ù" leur donne gaigné. Vn cheual qui n'ejl ny flateur ny courtifan, voye le fils du Roy par terre, comme il feroit le fils d'vn crocheteur\ »
Les obsèques de Henri II ramenèrent Montaigne à Paris. Il nous révèle même à ce sujet une particularité de la mode :
« A peine fufmes nous vn an pour le deuil du feu roy Henri fécond, à porter du drap à la court, il eji certain que defja à l'opinion de chafcun les foies efîoient vernies à vilité. » Les cérémonies funèbres furent suivies des fêtes extraordinaires du sacre de François II. Dès la mort du roi, son père, le cardinal de Lorraine et François de Guise s'étaient constitués gouverneurs du Palais. Ils n'avaient laissé aucun vestige de pouvoir aux favoris du prince défunt. Il s'agissait maintenant pour eux d'éblouir le nouveau roi et d'en tirer de nouveaux profits. Le couronnement de François II se fit à Reims le iS septembre 1^60 avec la pompe la plus somptueuse, la plus propre à impressioiiner un prince faible d'esprit et d'une santé débile.
Après les fêtes du sacre, auxquelles il îi'est pas douteux que Montaigne n'ait assisté, la Cour, toujours conduite par les princes lorrains, se rendit à Bar-le-Duc où se joua, qu'on pardonne l'expression, une autre comédie, celle de l'exhibition du portrait du roi René. Laissons la parole à Montaigne :