Essais, III, 12. et t. IV, édition Lemerre, p
5. Essais, III, II. Le D' Payen, dans ses Nouvelles Recherches, n° 4, veut que Montaigne n'ait pas assisté au procès, mais qu'il en ait seulement lu le mémoire analytique de Jean de Coras publié en 1565. Le texte des Essais n'autorise pas cette restriction. L'auteur a vu ce procès dont il a été écrit un livre, celui de Coras.
Cens, à ce sujet, Ed. Fournier. Variétés historiques et littéraires, VIII, p. 99, Histoire admirable d'un faux et supposé vrai mari.
L NOTICE
Dès le 36 novembre 1)61, le Parlement de Bordeaux décida d'adresser au Roi une mission par l'entremise de M. Michel de Montaigne, conseiller « s'en allant en Cour pour d'autres affaires ».
Le iJ juin suivant, Montaigne se trouvait encore à Paris. Il sollicita du Parlement la faveur d'être admis à l'audience de la Cour, et, pour y avoir voix dêlibêrative, l'honneur d'être reçu à faire la profession de foi imposée quelques jours auparavant aux magistrats du royaume par arrêt du 6 juin, prononcé toutes Chambres assemblées ' .
Les raisons qui ont poussé Montaigne à cette déclaration devant le Parlement de Paris, sont d'une extrême simplicité. Le conseiller bordelais était retenu h la Cour pendant quelques mois encore. Il ne pouvait diff'érer sa profession de foi sans appeler défavorablement l'attention sur lui et sans compromettre le succès de sa mission. Si l'on ajoute qu'une prestation de serment devant la plus haute assemblée judiciaire était une jormalité à la fois importante et flatteuse pour un jeune magistrat provincial de passage à Paris, et que celui-ci trouvait dans l'accofnplissement d'une règle fonctionnelle l'occasion de se rapprocher des conseillers, ses aînés à l'Université de Toulouse, il nest nullement surprena?it que
I. Cette décision était une sorte de désaveu de l'ordonnance de pacification de janvier 1562. Enregistrée avec de grandes difficultés dans les Parlements, elle était rejetée par les membres de ces assemblées. Bonnefon, Montaigne et ses amis, I, 60.
Montaigne ait tenu à s'acquitter d'un devoir de son état dans la meilleure co?npagnie.
De Paris, Montaigne suivit la Cour à Rouen. La ville avait été emportée d'assaut le 26 octobre et pillée pendant deux jours. Le troisième, François de Guise, étant parvenu à rétablir une apparence de discipline parmi ses troupes, alla chercher le roi et la reine pour les introduire par la brèche, ainsi que le parlement qui les accompagnait. Deux passages des Essais attestent la présence de Montaigne : le récit détaillé'- de la tentative d'assassinat dont le duc de Guise jaillit être victime, avant la prise de la ville, et plus tard la rencontre des sauvages brésiliens avec qui Charles IX fit une longue conversation. La causerie de Montaigne avec ces cannibales * ne laisse elle-même pas de doute sur la date et les circonstances de leur séjour à Rouen. Leur pensée est toute a la guerre. Us s'étonnent de voir de vieux soldats obéir à un enfant et pour déterminer le chiffre des hommes qu'ils conduisent dans leurs expéditions, ils désignent un espace où peuvent se ranger quatre mille combattants. Ils se montrent surpris de la résignation des malheureux qui à leur sens droraient se jeter sur les plus riches pour leur enlever de jorce ce dont eux-mêmes sont privés. De pareilles réflexions ne sont point les propos d'esclaves appelés à figurer dans la pompe d'un cortège royal, ce sont les dires