NOTICE LVII
mation de l'Eglife, te n'ay iamais penfé qu'il y en auoit eu vn feul qui s'y foit mis auec meilleur zélé, plus fincere Ù" Jimple affetlion que vous, Ù" crois certainement que les vices de noz prélats, qui ont hefoing d'vne grande correàlion, Ù" quelques imperfeéîions que le temps a apporté en nojtre Eglife, vous ont incité à cela, le ne vous en veux pour cejle heure demouuoir : car aujjt ne prie-ie pas volontiers perfoîine de faire quoy que ce foit, coîitre fa confcience. Mais ievous veux bien aduertir qu'ayant respe£l à la bonne réputation qu'a acquis la maifon de laquelle vous efles, par vue conti- Jiuelle concorde, ayant refpeàî à la volonté de vojlre père à qui vous devez tant, de voflre oncle, de vos frères, vous fuyez ces extremitez : ne foyez point fi afpre ù" fi violent. Accommodez-vous à eux. Ne faiéles point de bande ir de corps a part. loignez vous enfemble. »
Quelque touchante qu'ait été cette allocution dans la bouche d'un mourant, elle parait être restée sans effet sur le frère de Montaigne, qui épousa quelques années plus tard Jacquette d'Arsac, belle-fille de La Boétie\
Mo?itaigne hérita de la Boétie ses papiers et sa bibliothèque, moins quelques livres de droit. H se jugea dès lors tenu de publier les œuvres de son ami défunt, à l'exception
I. C'est de lui que l'auteur des Essais dit : « En Médoc le long de la mer, mon frère (ieur d'Arsac veoit vne fienne terre envahie fous les fables. » Il s'agit de Lilhan, au-dessous de Soulac, domaine advenu à Thomas de Beauregard par sa femme, après la mort de Marguerite de Carie en 1381.