‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 41 sur 140 · LVIII NOTICE · texte numérisé non relu

LVIII NOTICE

de celles que les passions politiques ou religieuses pouvaient transformer en sujets de controverses. Il continua ainsi au mort la prédilection qu'il avait témoignée au vivant. Pour dimuiuer, en la portant vers un autre objet, une préoccupation trop exclusive, Pierre de Montaigne demanda à son fils la traduction du Livre des Créatures de Kaimond de Scbonde, et telle était par reconnaissance la soumission de Michel envers son père, qu'il accepta sans hésitation une tâche fort lourde et de longue haleine. La famille de Montaigne eut d'autres exigences. Elle voulut marier Michel.

L'éditeur de La Boétie et le traducteur de Sebonde eut en temps de loisir « fuy d'efpoufer la fagejfe elle mefme, Ji elle l'eufl voulu. H ne s'y conuiapas. On l'y mena Ù" ily fufî porté par des occafions eflrangeres \ » Pour ce jeune homme encore épris de sa liberté, M"^ Françoise de la Chas saigne, petite-fille du président Geoffroy, fille du conseiller Joseph de la Chassaigne, était l'ennemie. Mais pour Montaigne pleurant encore La Boétie, pour l'ami d'un apologiste de la vie co7ijugale, cette jeune fille était la dispensatrice d'une existeiice nouvelle, tnoins indépendante, moins vide aussi. De son fils aine, Pierre voulait de petits-enfants. Montaigne se laissa entraîner, et le mariage s'accomplit le s ^ septev:-

I. Essais, III, 5. Ce mariage forcé vint à la traverse d'une liaison formée pour adoucir le deuil de la perte de La Boétie. Voir Essais, III, 4. « Ayant befoin d'vne véhémente diuerfion pour m'en diftraire, ie me fis par art amoureux & par eftude, à quoy l'âge m'aidoit. L'amour me foulagea & retira du mal qui m'eftoit caufé par l'amitié. »

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