‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 48 sur 140 · Archevêque de Rouen, le futur roi de la Ligue, Charles X · texte numérisé non relu

Archevêque de Rouen, le futur roi de la Ligue, Charles X

4. Louis de Bourbon, duc de Montpensier (1515-1582). Il entra dans la famille de François de Guise en 1570 par son mariage avec Catherine-Marie de Lorraine, plus jeune que lui de trente-neuf ans. Après avoir été l'ennemi acharné des protestants, il redevint leur allié par haine d'Henri de Guise son beau-frère qui, pour l'empêcher d'avoir le pas sur lui dans le sacre d'Henri III, fit avancer la date de cette cérémonie. Brantôme a écrit sur le prince de La Rochesur-Yon, une curieuse notice. Voir Edition Lalanne. I, 1-26.

5. Philibert de Marcilly, seigneur de Cvpierre, gouverneur de Charles IX.

6. Candale (Frédéric de), captai de Buch, père de Diane de Foix, plus tard comtesse de Gurson.

7. Villars (Honorât, marquis de), maréchal et amiral de France, gouverneur de Guyenne et de Provence.

8. Monpezat (Melchior des Prez de), gouverneur et sénéchal du Poitou.

9. Lansac (Louis de Saint-Gelais, seigneur de), ambassadeur au concile de Trente et capitaine du château de Blaye.

10. Guillaume de Montmorency, seigneur de Thoré, cinquième fils du connétable. Il fut défait en 1575 à Dormans par Henri de Guise qui reçut la blessure d'où lui vint le surnom de Balafre.

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de l'ordre, les Euefques de Valence ù" de Riez, tous ejhint debout.

« Le Roy fit [on entrée par la porte du Château Rouge, qui ejloit très bien décorée, Ù" où ejtoient les fix iurats en robes Ù" chaperons, tenant les fix butons du poêle qui eftoit d'vne étoffe en or. Le grand Ecuyer s'y trouua aujfi monté fur vn très beau cheual caparaçonné de velours violet, femé de fleurs de lys d'or. Il portoit l'epée du Roy en efiiiarpe. Tout le cortège pajfa par les fojfés du Chapeau Rouge, par les rues Sainte-Catherine Ù" du Loup, qui efioient tapi (fées ir très bien décorées, &" étant arriué à Saint-André, le Roy y entra par la porte Royale, ù' après qu'il eut prefté ferment entre les mains de l'Archevêque, on chanta le Te Deum, après lequel on recita vne oraijon. Ce fait, le Roy s'en eft allé fouper à l'archeueché ù" eftoit lors fix heures Ù" chacun s' eft retiré chez foi '. »

Toute cette description a été le spectacle de la rue. Une représentation plus intime et plus importante devait suivre la première. C'est le lit de justice tenu le 1 1 avril par le Roi dans la grande salle du Parlement. Là, devant sa mère, les princes et une joule de seigneurs, en présence des Présidents et des Conseillers en robes d'écarlate et en chaperons fourrés, entouré des membres de son Conseil privé et du grand Conseil, Charles IX prend la parole. MontaigJie,

I. Abbé Baurein. J'arut.-s Bordelaises, Bordeaux, 1876, II, 327 et suivantes.

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refoulé ainsi que ses collègues par la haute assistance admise à occuper les sièges de la Cour, est aux bancs des avocats.

Le Roi^ dit qu'ayant fait son entrée dans la ville, il a voulu venir voir sa Cour, pour connaître comment s'administre sa justice. Il déclare que dorénavant il exige d'être mieux obéi. Il défend qu'aucun de ses sujets prenne les armes sans son congé. Il entend aussi que ses édits soient mieux observés. Au surplus, il a donné charge au chancelier d'exprimer plus en détail sa volonté.

Pendant que le roi parle, tous les assistants sont debout et découverts. Quand il a fini cette courte allocution, le chancelier commence sa harangue par de rudes critiques du Parlement et de ses membres, rebelles au Roi, opposés à l'enregistremeîit des édits, en ajournant l'examen et différant même la rédaction et l'envoi des re?nontrances. Avec une hautaine ironie, il montre la vanité des juges qui se croient plus sages que le roi et les conseillers de la couronne, leurs violences à l'égard des riches héritières qu'ils ont dessein de se réserver en mariage. Plusieurs exigent de l'argent pour bailler audience. H n'y a pas un seigneur du ressort qui n'ait son chancelier en la Cour, et devant les puissants ou simplement les audacieux, les juges sont timides et craintifs. D'autres sont paresseux et ?ie servent pas, et néan?noins par

I. Voir pour plus de détails Grûn, Vie publique de Montaigne, p. iio, et Boscheron des Portes, Histoire du Parlement de Bordeaux, 1, 191.

la production de leur debentur, ils se font payer intégralement leurs g^iges. La conclusion de ce discours sévère fut que le roi avait donné au Parlement sa justice en garde et qu'il était tenu d'en user à la décharge de sa conscience.

Les remontrances publiques de l'Hospital furent suivies d'une mercuriale dans laquelle il acheva de donner libre cours à son juste mécontentement. Il avait réservé pour l'intimité cette partie de ses griefs. Us touchaient à des abus d'ordre trop privé. Entré, sans être attendu, dans la grand' chambre, il s'assit au banc des Présidents et parla de l'office du juge hors les sacs, c'est-à-dire à vue des pièces des procès. Il ajouta qu'il y avait des conseillers fiisajit de mauvaises spéculations dans leurs affaires, d'autres dissolus en leur vie, conversation et habillement. Les crimes sont, dit-il, poursuivis avec négligence. Les absences se multiplient sans congé. Enfin il y a des juges qui montrent grand'vileté de cœur en se rendant serviteurs et amis des hauts seigneurs du ressort et en sollicitant ou se récusant es affaires des dits seigneurs.

Quelque durs que fussent ces reproches, le Parlement, avec une soumission qui l'honorait, en consigna le texte sur ses registres et, par l'entremise de son premier président, il remercia le chancelier de ses critiques tendant toutes au service du roi et au bien de ses sujets.

Le roi, dressé de bonne heure à la fourberie par sa mère, rusait avec le parti protestant. Celui-ci dissimulait. C'était à qui tromperait l'autre. Sur les champs de bataille, toujours variables, la victoire ne donnait pas l'avantage. La

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défaite îi' apportait aucun terme a la lutte. Le Parlement de Guyenne ne pouvant s'appuyer sur un pouvoir central sans cesse contesté, se réservait, au plus grand détriment de la Justice.

Loyaliste comme le chancelier, Montaigne applaudissait aux remontrances de l'Hospital, bien qu'elles fussent une critique trop fondée de la compagnie dont il était membre. Il avait personnellement subi le mauvais vouloir du Parlement. Il devait plus tard souffrir encore de son impuissaîice. Toutes les difficultés ne venaient pas d'un seul côté. Il n'y avait d'autorité, parta?it de sécurité, nulle part. C'est cet état d'incertitude qui nous a valu ce passage caractéristique des Essais :

« iefchappe; mais il me defplaifl que ce foit plus par fortune, voire Ù" par jna prudence que par iujlice Ù" me defplaifl d'efîre hors la protection des Lois. Comme les chofes font, ie vis plus qu'à demy de la fiueur d'autruy qui efl vne rude obligation, le ne veux deuoir ma feureté ny a la bonté des grands ny a la facilité des mœurs miennes, le tiens qu'il fiut viure par droiSl Ù" par autorité, ?ion par recompenfe ny par grâce '. »

La plupart des biographes de Montaigîie estime?it qu'il commença la traduction de Raimond de Sebonde peu de temps avant la mort de son père. C'est prendre trop à la

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