‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 5 sur 140 · XVI NOTICE · texte numérisé non relu

XVI NOTICE

me future ù' foulager le premier : ceux-cy ne în entretenaient d'autre langue que Latine. Qitant au refle de fa maifon, c'ejîoit vne règle inuiolable que ny luy mefme, ny ma merc, ny valet, ny chambrière, ne parlaient en ma compagnie, qu'autant de mots de latin que chacun auoit appris pour iargonner auec moy.

« l'auois plus de fix ans, auant que i'entendiffe non plus de François ou de Perigordin, que d'Arabefque : Ù" fans art, fans Hure, fans fouet ù" fans larmes, i'auois appris du Latin, tout aujjî pur que mon maijlre d'efcole le fçauoit.

ce Et Nicolas Grouchi, Guillaume Guerente, George Euchanan, Marc Antoine Muret , mes précepteurs domestiques, m'ont dit forment, que i'auois ce langage en mon enfance, fi preft Ù" fi à main, quils craignaient à m'accofier'.

c< Le premier goufl que i'euz aux Hures, il me vint du plaifir des fables d'Ouide. Car enuiron l'aage de 7. ou S. aîis, ie me defrobois de tout autre plaifir, pour les lire : d'autant que cette langue eftoit la mienne maternelle ; ù' que c'efioit le plus difé Hure, que ie cogneujje, Ù' le plus accommodé à la foiblejfe de mon aage, à caufe de la matière. Car des Lancelots du Lac, des A ma dis, des Huons de Bordeaux, Ù'

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