NOTICE XCIII
Mais il n'y avait pas sur les murs de la pièce contigu'e à la librairie que des figures d'ornement, des épisodes historiques ou des scènes empruntées à la mythologie. Dominant le cadre des Amours de Mars et Vénus, une inscription latine forme elle-même un tableau. Elle complète et explique le but que Montaigne s'est proposé par un aménagement aussi somptueux.
En voici le texte qui précise le moment où l'auteur des Essais, s' affranchissant du joug des charges publiques, ne veut plus vivre que pour lui-même :
« An chr.. œt j8, pridie cal. mart. die suo natali, Mich. Montanus serjitii aulici et munerum publicorum jamdudum pertœsus, dum se integer, in doctarum virginum récessif sinus, ubi quietus et omnium securus... tillum id tandem superabit decursi multa jam plus parte spatii; si modo fata duint exigat istas sedes et dulces latebras, auitasq. libertati suœ, tranquillitatiq. et otio consecravit. »
nombre des visiteurs. Chaque dimanche, la tour de la librairie est ouverte aux curieux. Un extrait des Essais, du à une attention délicate, rappelle aux oublieux, enseigne nux ignorants ce que Montaigne a écrit de sa bibliothèque. Il y vient beaucoup d'Anglais. Pour eux l'auteur des £5^15 est l'arrière-petit-fils de compatriotes restés en Guyenne après la défaite de Talbot. Cette croyance a valu à Montaigne la première traduction de son livre par John Florio, London, 1603, et de nos jours même, la réimpression de cet ouvrage éditée avec un soin remarquable par M' A. R. ^Valler, London, Dent et C, 1897.
A signaler dans le même ordre d'idées une étude de M. E. Lowndes récemment publiée (Cambridge, university Press, 1898) et témoignant de sérieuses recherches.