Essais, III, p
exil NOTICE
De Soissons Montaigne revint à Beaumont-sur-Oise où il fut rejoint par le fils de M'"' d'Estissac qu'il avait charge de conduire a Ferrure et à Rome.
Ce jeune homme était porteur de lettres du roi et de sa mère pour le duc d'Esté. Le jrère et le beau-frère de Montaigne, de Mattecoulon et de Cazelis, et un gentilhomme lorrain, du Hautoy, de la maison du Châtelet, complétaient la caravane \
I. Charles d'Estissac, que le pape Grégoire XIII engagea à l'étude et à la vertu, devait mourir en un duel qui eut lieu dans la plaine de Vaugirard, le 8 mars 1586, entre le baron de Biron et le prince de Carency. Il neigeait. Le baron de Biron habitué à toutes sortes de rencontres mit, par d'habiles déplacements, le vent dans le visage de ses adversaires : Carency, La Bastie et d'Estissac qui furent tués tous trois.
M'"^ d'Estissac, à qui Montaigne a dédié le chapitre viii du livre 1 1 des Essais^ était Louise de la Béraudière, deuxième femme de Louis d'Estissac, gouverneur du pays d'Aulnis et de la Rochelle. Elle épousa en secondes noces, Robert de Combaut, premier maître d'hôtel du roi.
Louise de la Béraudière, dite la Belle Rouet, de la maison de Vivonne, était parente de Brantôme qui l'aima fort et mit sa passion en vers indiscrets. Elle devint ensuite la maîtresse d'Antoine de N.ivarre. Quand Robert de Combaut l'épousa (1580), ce fut sous promesse des revenus d'un évêché en Cornouaille. Pour épithalame, un poète moqueur écrivit ces vers :
« Pour épouser RoucI avoir un e'vèchè,
K'esl-ce pas à Combaut sacrilège pcclié
Do»l le peuple viurniure et l'Église soupire ?
Mais quand de Cornouaille on ouït dire ce nom.
Digne du mariage oti estime ce don.
Et au lieu d'en pleurer, chacun n'en fit que rire. »