‹ Notice biographique et bibliographique sur Michel de MontaigneChapitre 88 sur 140 · NOTICE CXIII · texte numérisé non relu

NOTICE CXIII

Montaigne allait trouver a Bâle^ Frajiçois Hotman qui y professait depuis i j/S. Par dévouement pour M"'" de l'Hospital il avait consenti à devenir le précepteur des enfants du chancelier qui furent envoyés près de lui. D'autre part, il était chargé par Condé et Henri de Navarre, de plaider près de la diète de Nuremberg la cause des réformés français et de faire obstacle a l'eiivoi des troupes suisses réclamées par Henri II 1. A Venise, où Montaigne était pressé de se rendre, il se réjouissait de revoir Arnaud du Ferrier, l'ambassadeur de France. A Rome enfin l'objet de ses plus vives prédilections, il était attendu par Abein de La Rochepozay dont il pouvait se dire familièrement connu, et par Muret son ancien répétiteur de latin.

Des attractions d'un autre genre l'appelaient encore. Intime de Monluc, qui lui avait fait la confidence et exprimé le regret cuisant de ses duretés envers son fils Pierre, il lui avait entendu vanter la valeur de Strozzi = aux sièQ:es de Sienne et de Thionville. Il tenait de sa bouche tous

1. A Bâle, Montaigne retint à dîner, avec Hoimaii, le docteur Félix Plater, ancien élève de l'école de médecine de Montpellier, de 1552 à 1559. Les études de Plater en France sont décrites, ainsi que celles de son frère Thomas, dans un Manuscrit de la bibliothèque de l'Université bàloise, dont la traduction a été publiée en 1892, chez Coulet, à Montpellier.

2. Strozzi avait bien des titres à l'admiration de Montaigne. Il était brave et désintéressé. Au siège de Thionville, Monluc lui voulant rendre cinq cents écus prêtés après la capitulation de Sienne, il refusa et n'en fit que rire. 11 avait choisi, comme livre de chevet, les Commentaires de César. Il les traduisit en grec et les accompagna de commentaires latins. Il possédait une belle bibliothèque achetée

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