INTRODUCTION
En publiant cette courte notice biographique, nous déplorons bien vivement notre impuissance, à faire connaître davantage, les qualités et les vertus multiples de notre estimable et regretté prédécesseur, le Révérend Messire Isidore Grégoire- Deblois, que la mort enleva si soudainement à l'affection de ses paroissiens.
La vie édifiante de M. l'abbé Deblois, comme celle de tant d 'autres bons et saints
prêtres, a été peu remarquée des hommes icibas. V ange qui fut préposé à sa garde, au jour de son baptême, en a pourtant recueilli jusqu'aux moindres détails. Il les a gravés en lettres d'or dans le livre de vie, dans ce livre mystérieux dont la lecture nous est réservée pour le ciel.
Nous espérons cependant, que ces quelques notes, tout imparfaites et incomplètes qu'elles soient, serviront un quelque peu, à entretenir et à conserver dans la mémoire de tous ceux qui font connu et aimé, le souvenir d'une vie pleine de mérites et de bonnes œnvres.
Tous ses parents, tous ses anciens élèles et aussi tous ses braves paroissiens d'autrefois, liront avec bonheur ces quelques lignes consacrées à sa mémoire. Ayant été les heureux témoins de cette existence si humble et si méritoire, il leur sera facile- il nen faut pas douter - de suppléer par eux-mêmes, à l'insuffisance de ce modeste travail.
L'ABBE L GREGOIRE -DEBLOE
gainte-Marguerite de Dorchester, lieu de naissance d'Isidore.- -Son baptême.
Plusieurs de nos lecteurs connaissent la pittoresque et jolie paroisse de Sainte- Marguerite, sise dans les montagnes du comté de Dorchester. Son site est incomparable, puisqu'à plusieurs endroits, on peut facilement y voir à l'œil nu, les clochers de quatorze à quinze églises, la chute Montmorency, le vieux rocher de Québec et sa citadelle ; en un mot un des paysages les
plus charmants, se déroule aux regards éblouis du spectateur.
Les nombreuses familles qui sont venues s'établir dans cette paisible localité, conservent encore dans toute leur fraîcheur les belles traditions et la foi robuste de leurs ancêtres. Presque toutes aussi, vivent de la culture de la terre et dans cette aisance modeste, où la vie semble avoir plus de charme.
C'est dans une de ces bonnes familles canadiennes, établie à quelque dix arpents de l'église de ce riant village, que naquit le 21 Septembre, 1842, (1) Isidore Grégoire- Deblois. Son père, brave honnête cultivateur, s'appelait Basile Grégoire-Deblois et sa mère Césarie Marcoux.
Il fut baptisé le même jour, à Sainte- Marie, comté de Beauce, par le Révérend
(1) Voir appendice I Acte de Baptême de Isidore Grégoire Deblois.
Elzéar Alexandre Taschereau, qui venait, pour ainsi dire, de recevoir l'onction sacerdotale et qui, à cette époque, remplissait les fonctions de desservant dans cette paroisse (1).
Le Jeune abbé Taschereau, devenu plus tard,- archevêque de Québee (2) et cardinal de la sainte église romaine (3) aimait dans
(1) i( L'abbé E. A. Taschereau fut ordonné prêtre le " 10 Septembre, 1842.— Son premier baptême à Sainte-
" Marie, porte la date du 13 Septembre 1842.— M. " Isidore Grégoire-Deblois, baptisé le 21 Septembre " est le lOième baptême fait par M. Taschereau.— Le " nouvel ordonné semble avoir été seul pour desservir " la paroisse du 13 au 22 Septembre, 1842.— Tous les " actes, baptêmes et sépultures, sont signés par M. " Taschereau. Il n'est pas question de M. Derome, ■ alors curé de Sainte-Marie, et M. J. B. Pelletier, " alors vicaire, semble avoir pris une petite vacance, " car parti le 13 septembre, il parait de nouveau le " 4 octobre. — M. Derome signe un acte le 25 septera- " bre. "
Nous devons cette note à l'obligeance de M. J. E. Feuiltault, curé de Ste-Marie.
(2) Il fut élu archevêque de Québec, le 24 décembre, 1870 et sacré le 19 mars, 1871.
(3) Il fut créé cardinal le 7 juin, 1886.
l'occasion à rappeler, à M. Deblois, le jour de son baptême. " C'est moi qui vous ai baptisé, " — lui-disait-il, avec bonté. — " Dès " le jour de votre naissance, j'ai été votre " père spirituel et vous êtes devenu mon " fils suivant la grâce, puisque vous avez " été un des premiers enfants, sur le front " desquels je versai un jour l'eau régénéra- " trice qui nous fait chrétiens, disciples de u Jésus-Christ et membres de l'Eglise de " Dieu."
Ces paroles bienveillantes de l'Eminentissime Cardinal, faisaient beaucoup d'honneur à M. Deblois et lui causaient chaque fois une joie nouvelle.
Première Communion d'Isidore.— Son séjour au Collège de Ste-Marie de Beauce. — Sa vocation. — Frère Héraclien.—
Isidore était le neuvième enfant d'une nombreuse famille (1).
Dès son enfance, il montra ces qualités aimables de douceur, de franchise, de modestie, qui lui ont mérité à si juste titre l'estime de tout le monde.
Le vénérable prêtre (2) qui lui fit faire sa première communion, nous affirme, que le jeune Isidore apporta toutes les dispositions requises et la préparation nécessaire
(1) Voir Appendice II. Liste des frères et sœurs du Rév. M. I. G. Deblois.
(2) Révérend M. Etienne Halle, curé de Sainte- Marguerite de 1852 à 1893. — 41 ans curé. — Aujourd'hui retiré à PHôpital-Général de Québec.
à cette sainte action. "Il était facile", nous dit-il, "de le distinguer parmi ses " condisciples par son intelligence, sa sou- " mission, sa piété et son assiduité aux " catéchismes."
Après avoir fréquenté pendant quelque temps, l'école de son village natal, il entra au Collège des Frères des Ecoles Chrétiennes de Sainte-Marie de Beauce, où il sut se faire remarquer par une conduite plus régulière encore et par une application plus grande à ses études.
Là, en contact journalier avec ces excellents religieux, dont la piété et le dévouement n'ont d'égales que leur zèle et leur habileté pour instruire l'enfance et la jeunesse; le jeune Isidore doué d'un si bon naturel, n'eut aucune difficulté à correspondre à la voie de Dieu qui l'appelait à se consacrer à son service.
Ses maîtres qui avaient déjà remarqué
ses talents et sa bonne conduite, ne furent pas lents non plus à découvrir en lui des signes incontestables de vocation religieuse.
Aussi, avec quel bonheur, reçut-il un jour, de ses supérieurs bien aimés, la nouvelle de son admission dans leur congrégation.
" Dans le monde, on comprend peu " l'importance de la vocation ; on regarde " comme une chose indifférente de vivre " dans l'état auquel on est appelé de Dieu " ou dans celui qu'on choisit de son propre " mouvement : voilà pourquoi tant de gens " se conduisent mal et finissent par se " damner.
" Il est certain que de là dépend princi- " paiement notre salut. A la vocation " succède la justification, et la justification " est suivie de la glorification, c'est-à-dire, " de la vie éternelle. Qui rompt cet ordre, " cette chaîne du salut, ne se sauvera point. " Quelques efforts qu'il fasse, quelque
" moyen qu'il emploie, Saint Augustin lui " dira : Bene curris, sed extra viam : Vous " courez bien, mais hors de la bonne voie, " c'est-à-dire, hors du chemin où Dieu vous " invitait à marcher pour arriver au bon- " heur" (1).
Tout Jeune encore, M. Deblois avait compris que la grande et unique affaire qui doive préoccuper tout chrétien ici-bas, c'est de connaître les desseins de Dieu relativement à l'état qu'il doit embrasser, et d'obtenir la force de s'y conformer.
" Mais ", nous dit encore un pieux auteur : (2) " Sachons que Dieu n'appelle pas " toujours, tout de suite et tout d'un coup, " à l'état le plus parfait : les uns y sont ap- " pelés plus tôt, les autres plus tard ; il en " est qui y sont élevés par degrés, ou
(1) St-Alphonse de Liguori. Avis à la jeunesse chrétienne sur le choix d'un état et sur la vocation, p, 3.
(2) L. J. Dujardin, C. SS. R.
" qui y sont conduits par un détour plus ou " moins long ; quelquefois, lorsqu'on a bien " correspondu à une première vocation»
" Dieu en accorde une meilleure ". C'est bien ce qui arriva, comme nous allons le voir, au pieux jeune homme, qui fait l'objet de cette courte notice biographique.
Ce fut le 16 mai, 1857, que M. Deblois, dans toute la fleur de sa vie, eut le courage de faire son entrée au Noviciat des Frères des Ecoles Chrétiennes de Montréal.
Il avait à peine quinze ans.
En entrant dans l'admirable Institut des Frères, M. Deblois gardait caché au fond de son cœur, l'espoir de connaître un jour les sublimes consolations du sacerdoce.
"Je veux être prêtre", — avait-il avoué plus d'une fois à son vénérable curé — je veux m'instruire " .... "il faut que je m'instruise "
Se préparer à la prêtrise, par l'étude et
la pratique de la vertu, tel était donc le but que se proposait le pieux jeune homme en se faisant religieux.
Le 2 7 juin, 1857, Isidore endossait les saintes livrées du Seigneur et prenait le saint habit, sous le nom de " Frère Héraclien."
Après son temps de probation, il a été employé successivement, souvent comme directeur, dans les écoles des frères de Montréal ; d'Arichat, Nouvelle-Ecosse ; puisa l'Académie de l'Evêché, Montreéal ; à Longueil ; à l'Académie de Québec, d'où, après avoir laissé écouler ses vœux temporaires, il a quitté cette congrégation, le 26 mai, 1877, pour se livrer aux études préparatoires à la prêtrise.
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Monsieur Deblois quitte l'Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes. — Son séjour dans sa famille et à Champlain.
En quittant le froc d'humble frère des écoles chrétiennes, M. Deblois conserva toujours le goût de l'étude et de l'enseignement.
Son cœur, rempli de l'amour de Dieu, répétait encore comme il le faisait jadis avec les bons religieux qu'il venait de laisser, ces belles paroles de Notre Seigneur : " Laissez les enfants venir à moi et ne les empêchez point. (Luc XVIII, 16.)
Après avoir pris quelques jours de repos au sein de sa famille, il alla enseigner à Champlain. Il résida dans cette paroisse, depuis Septembre 1877, jusqu'aux vacances de 1878.
Pendant cette année de professorat, il étudia en même temps le latin chez M.
l'abbé E. Généreux, alors vicaire dans cette paroisse.
"Je voudrais devenir prêtre " disait-il " de sa voix pénétrante et d'un ton ferme " et doux ! " Mais je suis effrayé, quand je " songe à la sainteté éminente et à la scien- " ce profonde du ministre de Dieu.
" Le prêtre devrait tout savoir ! que de " choses nous ignorons ! que la science hu- " maine est vaste, et que son immensité " est petite devant la science de Dieu ! " Mais il faut toute cette science pour com- " prendre une partie du plan divin, del'œu- " vre divine, et ce nous est un devoir impé- " rieux que d"acquérir le plus de science " qu'il se peut, afin de l'employer à la glori- " fication du Maître, au bien des créatu-
res.
(1) Lettre de M. Deblois, 16 Mai, 1878.
En traçant ces lignes, M. Deblois montrait des signes incontestables de sa vocation au sacerdoce. En effet, les prêtres doivent être les docteurs qui enseignent la loi de Dieu aux peuples : Labia enim sacerdotis custodient scientiam> et legem requirent ex ore ejus. (Matt. 2. 7.)
Monsieur Deblois, professeur au Collège de Sainte^ Anne de la Pocatière.-^Son Manuer^dê^enue^des Livres . — Ecclésiastique. — Son ordination. —
Au mois de Septembre, 1878, M. Deblois entrait comme professeur laïque au Collège de Sainte Anne de la Pocatière. Il avait en même temps à étudier pour faire son cours classique.
M. Deblois enseigna dans la classe d'affaires, de 1878 à 1893.
Ce fut pendant son séjour dans cette maison, qu'il publia un Manuel de Tenue des Livres. (1) Ce traité, qui est très bien
(1) A Theoretical and Practical System of Book- Keeping by Single and Double entry, with a short Compendium of Commercial Law and a Vocabulary of Mercantile Terms, by Rev. I. G. Deblois — Ste-Anne de la Pocatière— Printed by Firmin H. Proulx- 1887— 224 pages in-8.
fait, est encore en usage au Cours Commercial. Voici ce que nous lisons dans l'Annuaire du Collège de i888(1)au sujet de cet ouvrage :
" Nous devons signaler la publication
* d'un manuel de Tenue de livres fait par " M. l'abbé I. G. Deblois, professeur du •' Collège. L'ouvrage a pour titre : " A
* Theoretical and Practical system of Book- " Keeping ". Comme la plupart de nos " maisons de commerce préfèrent l'anglais " au français dans leurs transactions et que " les élèves de la quatrième classe à qui " l'ouvrage est spécialement destiné doi- '• vent toujours parler anglais, le manuel " est tout en anglais. Nous croyons " en donner une juste idée en citant " quelques lignes du True Witness " and Catholic Chronicle de Montréal, 26
(1) Annuaire du Collège de Sainte-Anne de la Pocatière, No. 1 — Année Académique 1887-88 — Imprimerie de Firmin H. Proulx.
" oct., 1887: — In this work we hâve a " much needed aid to mercantile éducation " in this province. It contains seven sets " fully illustrated, presenting a good course " of mercantile training, with numerous " exercises and usuful fcrms for practical use, " to which are added a short compendium " of commercial law in référence to contracts " and negotiable paper, and a vocabulary " of mercantile terms with their équivalents " in French. A peculiar feature of this 11 manual is the introduction of an elaborate " and complète séries for the use of farmers. " At the présent time there is probably no " classical work on book-keeping, at least " in this country, giving the studenta mode " of keeping thèse accounts in a satisfac- " tory manner. By perusal of the pages *' of that séries, the student will easily " undtrstand how ail kinds of accounts " relating to the farm can be kept and
M. Deblois, vicaire à St-Joseph de Lévis. — Curé de Cranbourne. — Ses qualités.— Son dévouement et sa charité. — Son intérêt au progrès de sa paroisse
En juin, 1893, M. Deblois quittait le Collège de Sainte-Anne de la Pocatière, pour le Vicariat de St -Joseph de Lévis, où il séjourna seulement quelques mois.
Cependant, le vénérable et digne pasteur, (1) qui depuis plus de trente ans occupe avec tant de distinction cette cure importante de la Pointe- Lévis, eut le temps d'apprécier les qualités de son estimable vicaire et de lui accorder sa pleine et entière confiance.
(1) Le Rév. M. E. S. Fafard est ci:ré de St-Joseph de Lévis depuis 1873. Il a célébré son jubilé sacerdotal en Septembre 1908. — II. Têtu— Livre d'or du Clergé Canadien. —
Le 24 Mars, 1894, Son Eminence le Cardinal Taschereau, confiait à M. Deblois» le soin de la cure et paroisse de St-Odilon de Cranbourne, dans le comté de Dorchester, poste qu'il a occupé avec beaucoup de zèle et de dévouement jusqu'à sa mort.
Sa vie était celle du curé modèle, de l'apôtre brûlant de l'amour de Dieu, du bon et saint prêtre.
Il n'avait qu'une ambition : remplir son devoir en travaillant de son mieux à la vigne du Seigneur, dans le champ que la divine Providence lui avait confié.
Les enfants de la paroisse surtout formaient la partie de prédilection de son troupeau. Aussi, avec quel soin et quelle assiduité, les réunis^ait-il aux jours désignés pour les catéchismes ! ceux qui ont eu l'avantage d'entendre ses pieuses et solides instructions, se souviennent encore, — il faut l'espérer — de ses sages conseils. Puissent-
ils ne les jamais oublier et les mettre toujours en pratique.
M. Deblois, sans être orateur, ne manquait pas cependant d'une certaine facilité d'expression, qui rendait souvent son discours intéressant. Il parlait également bien le français et l'anglais, de sorte qu'il pouvait donner, sans trop d'effort, pleine et entière satisfaction aux canadiens-français et aux autres fidèles de sa paroisse, parlant la langue anglaise.
Pendant les Quarante-Heures, il est d'usage, dans notre diocèse, parmi Messieurs les Curés, de s'entraider en allant chez les prêtres voisins pour entendre les confessions. Dans ces concours périodiques et laborieux, M. Deblois était toujours le premier rendu et le dernier à capituler. Les longues séances du confessional, toujours si fatigantes pour le prêtre fort et robuste, ne l'effrayait pas, malgré sa constitution faible et délicate*
Au contraire, cette œuvre de reconciliation des âmes avec le bon Dieu, toute pénible qu'elle puisse être, semblait lui rendre la vigueur et la force que la maladie lui enlevait peu à peu.
Aussi, il fallait l'entendre pendant les récréations, parlant avec cette verve et cette gaieté qui lui étaient particulières •' Comme on s'amusait bien en sa joyeuse compagnie !
Plein de compassion et de charité pour les pauvres malades et les infirmes, M. Deblois, aimait — dans l'occasion — à remplir auprès d'eux l'office de consolateur et de bon samaritain. Au milieu de la souffrance et de l'épreuve, l'homme des champs, se tourne tout naturellement du côté de celui qui peut le soulager. N'ayant pas toujours à sa portée le médecin pour lui donner à temps les secours de son art et le fruit de ses expériences ; il cherche ailleurs
un ami dévoué pour le remplacer. Il va droit à lui pour lui faire part de ses peines et en recevoir quelques consolations. Voilà pourquoi, au milieu de la détresse, on savait si bien trouver le chemin du presbytère du bon Père Deblois. On ne frappait jamais en vain à sa porte. Qu'il fît jour ou qu'il fît nuit, le même accueil bienveillant était accordé à celui qui se présentait.
Les Révérends Messieurs du Collège de Sainte- Anne, comptent M. Deblois parmi leurs bienfaiteurs et garderont longtemps le souvenir de ses vertus et de son dévouement à leur maison. (1) Les étudiants pauvres profiteront de sa charité (2).
M. Deblois est encore un des fondateurs de l'Orphelinat Agricole de Saint-Damien de Buckland, de cette institution admira-
(1) Lettre du Rév. M. Emile Dionne, préfet de, études, 14 Avril, 1904.
(2) Annuaire du Collège de Ste-Annedela Pocatière, No. 14 A. A. 1900-1901— Page 61— Mars 30.—
ble, de cette œuvre éminemment catholique et patriotique et qui est appelée à faire tant de bien dans notre pays.
M. Deblois appartenait en outre à plusieurs autres sociétés de charité et de bienfaisance. Sa chanté était inépuisable, surtout pour les pauvres de sa paroisse. Que de larmes il a séchées et que de souffrances il a soulagées pendant qu'il fut curé de Saint-Odilon de Cranbourne.
Sous son administration, la terre de la fabrique fut considérablement améliorée.
On le vit travailler lui-même avec ardeur, au milieu de ses paroissiens, au défrichement de cette terre qu'il transforma en champs cultivables.
Il s'intéressait au progrès de sa paroisse, aux découvertes nouvelles, aux terres encore incultes où bientôt allait germer la plante salutaire, aux déserts dont les échos devaient bientôt répéter la bonne nouvelle.
M. Deblois bâtit la chapelle de Saint-Benjamin. — Première messe. — Erection du chemin de la croix. — Bénédiction de cloche dans cette mission.— La mission de Saint-Benjamin confiée à M. le Curé de Saint-François de Beauce. — Premier curé.
M. Deblois a fait bâtir la chapelle de Saint Benjamin du Lac à Busqué, projetée par son prédécesseur, le Rév. M. Guy, aujourd'hui curé de Kamouraska.
Le 21 Mars, 1895, il avait l'insigne bonheur d'y dire la première messe qui se soit célébrée dans cette mission. Il y célébra de nouveau les 23 Avril et 14 Mai suivants.
Ce fut à la suite de cette dernière messe qu'il y érigea solennellement le premier chemin de la croix.
A dater de cette époque, le saint sacrifice y fut offert régulièrement tous les mois.
Le 12 Septembre, 1895, eut lieu auss1 dans cette mission, la bénédiction de la cloche de la chapelle. Il y eut à cette occasion grand concours de fidèles. Le Rév M. Z. Lambert, (1) curé de Saint- François de Beauce, présida cette solennité et le Rév. M. E. Laliberté, (2) curé de Sainte Marguerite, fit le sermon de circonstance.
(1) Au moment de livrer ces notes à notre impri meur, nous lisons avec plaisir dans le Soleil, 27 Avril 1904 ; " M. L. Z. Lambert, curé de St. François de
* Beauce, a subi, mardi matin, à l'Université Laval , " un examen de licence en Droit canonique " avec " grande distinction ". Tel qu'il a été organisé derniè- 11 rement, l'examen de licence exige que le candidat se « prépare sur cinquante thèses tirées du droit ecclé-
* siastique; l'examen comporte une épreuve écrite, " puis une épreuve orale devant quatre professeurs de " la faculté de théologie.
" Nous offrons nos félicitations au nouveau licencié " qui, au milieu des occupations multiples du minis- " tère paroissiale, trouve le moyen de se préparer à un " examen universitaire ".
Actuellement, M. Lambert dirige une paroisse qui
M. Deblois, paya cette cloche $80.00 et les recettes de la bénédiction lui rapportèrent la jolie somme de $276.00.
Après la cérémonie, on prit joyeusement le diner sous les grands arbres de la forêt à deux arpents de la chapelle.
En Octobre, 1896, M. Deblois (1) sentant ses forces l'abandonner, demanda à être déchargé de la mission de Saint-Benjamin. C'est alors, que Monseigneur l'Archevêque de Québec la confia à la sollicitude de M. le curé de Saint- François de Beauce.
Maintenant, les paroissiens de Saint- Benjamin ont le bonheur d'avoir au milieu d'eux, un prêtre résidant, dans la personne
compte, 5000 âmes. Il a fondé un couvent et un collège ainsi qu'un hôpital. — Note de l'auteur.
(2) M. Laliberté est aujourd'hui, Asst. Chapelain des Sœurs de la charité de Québec.
(1) Lettre de M. Deblois à M. G. Guy, curé de Ste. Louise, 12 Avril, 1897.
du Révérend M. J. Eleusipe Rochette, (1) qui, depuis plusieurs années déjà, se dévoue corps et âme au bien spirituel et temporel de ses ouailles.
Avec des ressources bien limitées, M.
Rochette a trouvé cependant le moyen de se construire un magnifique presbytère, de bâtir une bonne grange, de faire défricher un terrain assez spacieux, d'ouvrir des routes nouvelles et de travailler à l'établissement et au bon fonctionnement d'une fromagerie.
Espérons que dans un avenir prochain, une belle et grande église remplacera la chapelle actuelle, déjà trop petite, pour contenir la foule des fidèles qui augmente peu à peu.
(1) M. Rochette est né à Saint-Augustin, comté de Portneuf, le 1 Août, 1871 ; a été ordonné le 1 Août, 1897, et est curé de Saint-Benjamin depuis le 25 Août,
Economie de M. Deblois — Parachèvement de l'Eglise de Saint-Odilon de Cranbourne.
Par son économie extraordinaire, M.
Deblois amortit suffisamment la dette laissée par son prédécesseur, pour permettre à la fabrique de parachever l'intérieur de l'église de Saint-Odilon.
A part des cierges, du vin de messe et des hosties qu'il fallait bien se procurer de temps en temps ; rien n'a été acheté pour le culte.
La statue de Saint-Antoine de Padoue cependant fut acquise de son temps, avec l'argent collecté par Madame Alphonse Lessard, qui, avait fait vœu à ce grand saint de lui ériger une statue dans l'église, en reconnaissance d'une faveur obtenue.
Son rêve était de faire parachever l'intérieur de l'église (i).
Aussi que sa joie fut grande, lorsque dans l'automne de 1900, après avoir rempli toutes les formalités légales, il vit enfin arriver un bon jour dans sa paroisse, l'entrepreneur J. H. Morin (2) et ses ouvriers pour commencer les travaux désirés depuis
si longtemps.
Ses paroissiens et ses amis se rappellent
encore l'enthousiasme avec lequel il se plaisait à proclamer les beautés futures de sa chère église de Cranbourne !
(1) Approuvons la détermination des paroissiens de faire une répartition légale pour éteindre la dette qui reste encore â payer sur la construction de l'extérieur de leur église, et permettons volontiers de faire parachever l'intérieur de cette église à même les revenus de la Fabrique.
Recommandons de voir un peu à l'avance à l'acquisition d'un terrain convenable pour un cimetière.
Fait en cours de visite pastorale, le 25 de Juin, 1900 L. N. Arch. de Québec.
(2) Le marché passé entre Hubert Morin de Trois- Pistoles et la Fabrique de St Odilon fut signé le 22 Novembre, 1900.