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tentations de découragement : il y aura des guerres, des luttes intestines, toutes les misères de cette vallée de larmes... Mais l'or s'éprouve et se purilie par le feu, et les pensées de Dieu qui permet ces épreuves, sont trop profondes pour être toujours comprises par l'intelligence humaine.
“ Un siècle après ton arrivée, il y aura une guerre terrible entre les deux plus grandes puissances du temps. Voisines sur ce continent nouveau comme sur l’ancien, elles y transporteront leurs querelles Européennes, et le Canada, après une résistance héroïque, passera sous la domination de l'Angleterre. Il y aura grande désolation dans toute la famille canadienne-française.
Pour tout cœur bien né, c'est une agonie que d’être séparé d'une mère chérie. Console-toi, pauvre famille orpheline, la Providence veille sur toi, et ce sera précisément cette douloureuse séparation qui fera ton salut et ton bonheur. La France sera bou- Jeversée de fond en comble, elle sera comme une ville bâtie sur un volcan toujours prêt à l’anéantir. Pendant ce temps, la famille
canadienne aura sans doute ses jours d'’épreuves et de luttes, mais à la tempête succèdera le calme, elle grandira avec une rapidité étonnants ; elle envahira pacifiquement ses immenses forêts, puis se répandra peu à peu d’un océan à l’autre, et jusque dans une grande république voisine ; et tout cela, parce que, sous l'égide de la puissante Angieterre,.elle jouira de toute la liberté religieuse eb politique qu'il est possible de désirer. Elle vivra en profonde paix avec les autres familles de diverses origines et de aifférentes croyances, et participera aux avantages que l'union et la concorde produisent infailliblement, Ce sea Juste le moment que l'habile Pontife
qui gouverne l'Église, choisira, pour lui
donner une marque solennelle de son affection, et acquitter une dette de reconnaissance pour les courageux défenseurs que cette nation Iui aura envoyés dans les jours de péril.
“En ce temps-là, l'Empire Britannique, sur lequel le soleil re se couchera point, sera gouverné par une Souveraine dont les vertus feront l'admiration et l'édification
Le OS. de
de ses innombrables sujets, en même temps que sa justice et sa bonté la leur rendront chère comme une mère à ses enfants.
“Que Dien la conserve longtemps à leur affection !
“A peine saint Jean-Baptiste, le plus canadien des canadiens, avait-il prononcé ces paroles de loyauté vraiment canadiennes, qu'un coup de canon annonce l'entrée au port. Mar de Laval se réveille tout consolé et émerveillé de cette vision, et se prépare à prendre possession de cette terre qui est devenue sa patrie.
J'ai fini mon histoire.
“ À vous de la juger.
‘“ À moi de vous remercier de la bienveillance avec laquelle vous l'avez écoutée......”
Les fêtes étaient à peine terminées à Québec, qu'elles se continuaient à Montréal, puis à Ottawa, où le cardinal se rendit pour remettre le Pallium aux seioneurs Fabre et Duhamel, dont les sièges venaient d'être érigés en archevêchés. Ces magnifiques
’ - ’1/ Le x cérémonies ont été les premiers actes solen-
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nels de Son Éminencc, qui reçut dans les deux villes les témoignages les plus éclatants du respect et de la vénération du clergé et du peuple.
Il ne restait plus au cardinal Taschereau qu'à recevoir le dernier insigne du cardinalat. Il partit pour Rome, le 26 Janvier 1887, et, le 17 mars suivant, Sa Sainteté Léon XIII Jui remit le chapeau, et lui assigna pour titulaire l’église de Notre-Dame de la Victoire. Son Éminence en prit possession deux jours après, etse hâta de revenir dans sa ville épiscopale. Ce voyage à Rome était le troisième que le cardinal eût fait depuis sa consécration.