‹ Notice biographique [microforme]Chapitre 4 sur 17 · PR NET LE · texte numérisé non relu

PR NET LE

Né à Saint-Thomas, le 15 juillet 1807, il fit ses études au collège de Saint-Hyacinthe, prit la soutane,et fut ordonné prêtre le 1er novembre 1829. Nommé vicaire à Saint-Roch de Québec, au départ de M. Alexis Maïlioux, en septembre 1833, il fut appelé à le remplacer à la tête de cette paroisse déjà très importante. Mais se trouvant un peu jeune, et se défiant de ses forces, 1l crut devoir faire de respectueuses représentations à son évêque, Mgr Signay. Malheureusement nous n’avons que la lettre de ce dernier, laquelle du reste est bien honorable pour celui à qui elle était adressée. La voici :

27 septembre 1833.

Monsieur,

Votre lettre d’hier ne me surprend pas ; c’est celle d’un bon ecclésiastique animé de l'esprit ac son état, qui redoute devant Dieu la responsabilité du devoir pastoral. Après les marques d'estime et de confiance que je vous ai données, je vous permets volontiers cette ouverture filiale de votre bon cœur.

Je ne blâme n1 vos répugnances ni vos représentations par rapport à la cure de Saint-Roch

de Québec, non. Je m’attends que le seul rap-

port sous lequel, en qualité de bon prêtre, vous

puissiez l’envisager, c’est celui du mérite que

. vous pouvez y acquérir, et des services que vous

pouvez rendre à la religion, selon vos forces et

les grâces dont le Seigneur vous préviendra, et

les bénédictions dont il couronnera vos œuvres.

En vous proposant donc la desserte de cette

cure, c’est comme un sacrifice que je présente à

| votre zèle et à votre cœur obligeant et docile,

désirant que vous l'acceptiez de vous-même,

: avant que Je vous le prescrive. Au reste, je ne

puis vous le déguiser : tout pesé devant Dieu,

je ne vois personne à qui, dans les circonstances

présentes, cette place puisse mieux convenir

qu'à vous. Je vous ai même exposé les motifs

de ce choix de préférence, je vous ai pareille-

ment fait sentir les dédommagerments sur les-

quels vous pouvez compter dans l’exercice du

ministère qui sera votre partage. Dieu pour-

voira au reste. Mettez tout au pied de la croix

de Jésus-Christ, et croyez-moi bien affeétueusement en son amour, votre etc.,

f Jos., Ev. de Québec.

NS à Après cela, il ne restait plus qu’à obéir et c’est ce que fit M. Têtu en devenant le curé de Saint-Roch de Québec. I1 remplit cette charge

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avec zèle et succès pendant six ans. Quatre vicaires étaient déjà à cette époque attachés au service de la cure et M. Têtu fut successivement aidé dans son laborieux ministère par les messieurs dont les noms suivent: Zéphyrin Lévêque, Ls-Antoine Proulx, Etienne Baillargeon, Charles Chiniquy, Louis Parent, Joseph d'Estimauville, Zéphyrin Charest, Siméon Belleau, Michel Forgues, Michel Racine, Henrv Harkin, J.-B.-A. Ferland, Thomas Roy et Zéphyrin Sirois.

L'un d’entre eux si tristement célèbre, Charles Chiniquy, fait ainsi le portrait de son curé dans son ouvrage Cinquante ans dans l'Eglise de Rome :

«Il avait très belle apparence : grand et bien proportionné, iront large, des yeux bleus, un nez remarquablement beau, lèvres roses. Il avait la peau très blanche, trop blanche même pour un homme; mais ses courts favoris...

corrigeaient ce qu’il pouvait y avoir de trop féminin dans sa physionomie et donnaient à

L'ABBÉ DAVID-HENRI TÉTU 37 toute sa personne un air viril et agréable à la fois.

«Il était le meilleur calligraphe que j'aie jamais connu et de beaucoup le plus habile patineur du pays. Nul ne pouvait surpasser l'agilité et la perfeétion avec lesquelles il avait coutume d'écrire son nom sur la glace avec ses patins.

«Telle était l’amabilité de son caractère, que pendant les quatre ans que j’eus le bonheur de travailler sous ses ordres dans cette paroisse, il ne m'artiva pas une seule fois de le trouver de mauvaise humeur. Et: quoique dans mes rapports journaliers avec lui, j’eusse quelquefois l’occasion de mettre involontairement sa patience à l’épreuve, je n’entendis jamais un mot discourtois sortir de sa bouche.»

Ce témoignage a d'autant plus de valeur que celui qui le donne n’a pas l’habitude d’exagérer les qualités des prêtres catholiques. Au reste, il a été corroboré par bien d’autres témoins qui ont eu le bonheur de vivre dans le presbytère

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