NOTES
' Dans la rue des Trois-Maillels, sur la paroisse Saint-Merlin.
2 Marie -Jeanne -Louise -Françoise -Suzanne Marceau-Desgraviers, née à Chartres, le H juillet 1753 (Registres de la paroisse SaiiU'Satumin).
3 On m'en a montré une qu'il grava sur acier pour une société de danse établie à Chartres sous le titre de Chevaliers de l'Union, Cette médaille représente, d'un côté, une grenade d'artifice crevant par en bas , et à l'entour de laquelle on lit ces mots : Crépitât équités non territat ; sur le revers est écrit : Union, au milieu d'une couronne de chêne, attribut particulier des armoiries de la ville- La première légende faisait allusion à des démêlés que la société avait eus avec l'évêque Rosset de Fieury, qui s'était vainement efforcé de la dissoudre.
^ Malheureusement pour la ville de Chartres , ce plan ne fut pas terminé. On lit à ce sujet dans les registres des Délibérations du conseil général d'Eure-et-Loir:
• Séance du 15 octobre 1791. — M. le Maire a exposé
qu'en 1779 le sieur Sergent fils, dessinateur, ayant conçu le projet de graver le plan de la ville de Chartres , avec une vue de la même ville prise de l'entrée du cimetière Saint-Barlhélemy, il a demandé à la municipalité de le faire sous ses auspices; et, attendu que^sa fortune ne lui permettait pas de faire les avances des cuivres, burins et autres choses nécessaires à son entreprise, il a demandé que la municipalité voulût l'aider ; et que la municipalité , qui s'est toujours fait un devoir de protéger les arts, a promis 800 livres au sieur Sergent , qui , de son côté , s'est obligé de donner son ouvrage fini dans un délai qu'il a lui-même Tué. La munici-
palité a saccessifement avancé audit Sergent jusqaes à 6S0 livres « et cependant il a toujours remis la lîTraison de son plan , qui Q*esl point encore liyré.
> Sur quoi ayant délibéré , oui le proauneur-général de la commune , le conseil général arrête qu'il sera fait au âeur Sergent fils, dessinateur, à Paris , rue des Poitevins, n<> 16, une sommation de rapporter dans un délai , qui sera fixé par ladite sonmiatioD à huitaine , le plan et la vue de la ville de Chartres, tels qu'il les a oiïerts lui-même à la municipalité en 1779 , sinon et à Haute par lui de ce faire , arrête qu'il sera poursuivi , à fin de restitation de la somme de 650 livres (h^ registre . page 145). •
t Séance du 4 niivse an II (24 septembre 1793). — Le
citoyen Sergent demande et obtient la parole. 11 dit au conseil général qu'avec les ci-devant maire et échevins , il avait entrepris de faire le plan de la ville , enrichi de gravures représentant différents évcnemcnls tenant à l'histoire de cette commune ; que , pour indemnité des frais nécessaires à l'accomplissement de ce plan, il avait rerude la municipalité 800 livres, ce qui n'était qu'une indemnité, parce que, dans ce temps, il en avait fait un objet de spcculalion. Mais que, depuis les événements de la Révolution dans laquelle il avait pris une part active, il avait renoncé h celte entreprise , qu'il ne regardait plus comme un objet de spéculation pour lui , quoiqu'il y eût déjà dépensé plus de 1 ,500 livres ; que cependant cet ouvrage étant presque fini , son dessein est de l'achever , et d'en faire offrande à la commune , qui pourrait en tirer un parti avantageux dont le bénéfice tournerait au profil des pauvres ; qu'en conséquence , il va faire achever ses planches, et les faire parvenir , avec le plan , à la commune ; qu'il demande seulement qu'il lui soit envoyé le changement de noms des rues, afin de les faire réformer sur une moitié du plan où elles se trouvent gravées suivant leur ancienne dénomination, et de les faire graver sur l'autre moitié où elles ne se trouvent pas encore.
« Le conseil général, ouï son président, accepte l'offre du citoyen Sergent , lui vote des remercîments , et arrête que la nouvelle dénomination des rues lui sera envoyée (5^ registre , page 205)^ >
Sergent n'avait point fait une promesse qu'il ne voulût pas tenir ; mais, par suite de sa proscription en juin 1795 , il perdit tous ses cuivres , qui furent repoUs ou fondus , et l'on n'a conservé que des épreuves — très-rares — des planches qu'il avait déjà gravées.
^ Voici quelques lignes seulement que j'extrais de la première page de ce rapport :
• Nous allons » citoyens , nous occuper du sort des prisonniers^ en ne vous déguisant rien de ce que nous croirons juste et utile..... Ici, l'homme sensible doit arrêter ses regards et contempler avec un douloureux intérêt le tableau de Tespèce humaine dégradée , avilie; c'est au milieu des haillons les plus hideux, sous un teint livide et plombé , qu'il retrouve son semblable étendu sur une paille infecte, respirant l'air méphitique d'un étroit et obscur cachot. Là cependant repose, auprès de l'assassin, le père de famille infortuné qu'un soupçon , que la calomnie ou un concours malheureux de circonstances ont arraché à son épouse et à ses enfants. L'innocent languit à côté du coupable ; le même supplice
leur est destiné ! Nous vous répéterons ce que nous avons écrit
déjà au Département de 1791 : Une misérable économie, lorsqu'il s'agit de rendre ces séjours propres et salubres , est un crime de lèse-humanité ! L'homme renfermé dans une prison , jusqu'à ce qu'il soit condamné , est présumé innocent ; vous devez à lui , à sa famille, de ménager sa santé; vous devez le rendre vivant aux embrassements d'une épouse, d'un fils, ou, si vous l'avez laissé dépérir dans la retraite oii vous le teniez attaché à la loi , vous devenez homicides ! >
Il quitta Fadministration de la police malheureusement trop tôt pour pouvoir réaliser le plan de réforme qu'il méditait; cependant il le fit appliquer , en 1795 , dans la prison de sa ville natale.
^ C'est tout à fait gratuitement que le marquis de Ferrières a dit dans ses Mémoires: « Deux officiers municipaux. Boucher- René et Sergent , ordonnèrent d'un ton impérieux d'ouvrir les portes , disant que personne n'avait le droit de les fermer. • Les pièces de l'enquête donnent à cette assertion un démenti formel , du moins en ce qui concerne Sergent.
^ Un écrivain dont j'honore le caractère autant que j'admire son magnifique talent, M. de Lamartine, rapporte ainsi l'anecdote, dans ses Girondins : « Sergent, l'un des ofûciers municipaux qui accompagnaient Pétion , fut renversé par un garde national indigné et foulé aux pieds dans la cour même des Tuileries. > A cette exagération , sans doute involontaire , mais dont rien malheu-
reusemeot n'atténue le fâcbeui effet , j'opposerai ce passage du Moniteur : * Paris , H juin. — Le conseil du départemeni a pris un arrêté par lequel il charge le procureur-syndic de dénoncer au juge de paix de la section des Tuileries, un garde national qui a outragé hier , dans la cour des Tuileries, un officier municipal revêtu de son écharpe et dans Texocice de ses fonctions. La garde nationale en a fait sur-le-champ ses excuses à l'officier municipal, et lui a demandé de désigner le coupable, pour qu'il fût livré à la rigueur des lois. •
Après ce que j'ai déjà raconté des relations de Sergent afvee Robespierre , on comprendra dans quelle erreur est tombé le brillant historien de la Révolution , quand il a positivement affirmé que Sergent et Panis allèrent , quelque temps avant le 10 août , proposer aux chefs des Marseillais de déférer la dictature è Robespierre ! Que la démarche ait été faite par Panis , cela se peut ; mais avec le concours de Sergent, c'est impossible.
^ En artiste amoureux de la forme , Sergent avait adopté cette devise: — In inteUectu nihil , nisi priùs fuerit in sensu. — C'est la légende d'une très-curieuse estampe gravée par Ëmira, en l'an X, sur un dessin de son mari.
^ Sur la proposition de Sergent, le conseil municipal prit différentes mesures pleines de prévoyance et d'humanité, afin d'assurer la subsistance de cette masse énorme de volontaires dans le camp improvisé sous Soissons. Voir, pour les détails , le Moniteur du 2 août 1792.
^^ Les auteurs de VHistoire parletnentaire de la RévoluUo» disent qu'il fut jugé par le tribunal criminel, et qu'on le mit à mort le lendemain seulement (Tome XVII , page 409).
^^ Sergent oublie que l'abbé Sicard, qui se trouvait parmi eux, fut épargné, à la prière de rhorloger Monnot.
" Le comité de surveillance s'était plusieurs fois modifié, non-seulemeut dans son personnel, mais encore dans son organisation intérieure. Ainsi , lors de l'insurrection du 10 août , le nombre de ses administrateurs avait été, comme je l'ai dit, réduit à deux, puis le conseil général l'avait ultérieurement reporté
^ quatre , par l'adjonction de Jourdeuil et de Duplain : enfin , le i septembre » vu la crise des circonstances , un arrêté de la Commune ayant autorisé Panis à se choisir de nouveaux collègues , celui-ci fit entrer dans le copseil d'administration Dufifort, Lenfant, Cally , Deforgues, Guermeur (remplacé presque aussitôt par Leclè^re) et Marat, que le peuple avait, comme on sait, installé au comité de surveillance, quoiqu'il ne fît point partie des commissaires des sections.
*' Voir principalement la Biographie universdle des contemporains y de Rabbe , Boisjolin et Sainte-Preuve.
*^ « Mandat du 4 septembre signé N... , Je..., La..., commissaires de la Commune, visé M... , au profit de Gil... , Pet..., pour prix du temps qu'ils ont mis , lui et trois de ses camarades , à l'expédition des prêtres de Saint-Firmin , pendant deux jours, suivant la réquisition qui est faite auxdits commissaires par la
section des Sans-Culottes , qui les a mis en ouvrage. Ci 48
livres (Etat des sommes payées par le trésorier de la Commune). »
^^ 11 est remarquable que Marat , dont on connut la cynique franchise , tout en approuvant les massacres de septembre , ait constamment nié qu'ils eussent été l'œuvre de la Commune. On lit, par exemple , dans le Numéro xxii de son Journal de la République française : • Les événements désastreux des 2 et 3 septembre , que des perfides et des stipendiés attribuent à la municipalité , ont été uniquement provoqués par le déni de justice criminel qui a blanchi le conspirateur Montmorin ; par la protection qu'il annonçait ainsi à tous les autres conspirateurs ; par l'indignation du peuple , qui a craint de se voir esclave de tous les traîtres qui ont si longtemps causé ses désastres et ses malheurs ; etc. >
Pour prouver, au contraire , que les massacres étaient prémédités par la Commune, M. Thiers raconte que, le 1" septembre. , Mme Fausselandry s'obstinait à vouloir suivre dans sa captivité son oncle l'abbé de Rastignac, et que Sergent lui répondit : • Vous » faites une imprudence, les prisons ne sont pas sûres. » (Histoire de la Révolution, tome II, page 315.) Mais, en admettant que le )ropos «^it authentique, il s'expliquerait naturellement par le« onintîv,. -o r^"o"n f li lyaipQ ^u Hcu , 1** matin m^w»e. a.
Châfelet et à Bicétre , et il ne prouverait, de la part de Sergent, qu'une généreuse intention.
'* Je reproduis le texte de cette fameuse drculaire, que peu de personnes connaissent, quoiqu il en ait été souvent question.
< Un affreux complot tramé par la cour pour égorger tous les patriotes de l'empire français . complot dans lequel un grand nombre de membres de l'Assemblée nationale se trouvent compromis , ayant réduit , le 9 du mois dernier , la commune de Paris à la cruelle nécessité de se ressaisir de la puissance du peuple pour sauver la nation , elle n'a rien négligé pour bien mériter de la patrie : témoignage honorable que vient de lui donner l'Assemblée nationale elle-même. L'eût-on pensé ! Dès lors , de nouveaux complots non moins atroces se sont tramés dans le silence ; ils éclataient au moment même où l'Assemblée nationale , oubliant qu'elle venait de déclarer que la commune de Paris avait sauvé la pairie , s'empressait de la destituer pour prix de son brûlant civisme. A cette nouvelle , les clameurs publiques , élevées de toutes parts , ont fait sentir à l'Assemblée nationale la nécessité urgente de s'unir^au peuple, et |de rendre kla Conmiune, par le rapport du décret de destitution , les pouvoirs dont il l'avait investie. Flère de jouir de toute la plénitude de la confiance nationale , qu'elle s'efforcera toujours de mériter de plus en plus ; placée au foyer de toutes les conspirations , et déterminée à s'immoler pour le salut public , elle ne se glorifiera d'avoir rempli ses devoirs que lorsqu'elle aura obtenu votre approbation , objet de tous ses vœux , et dont elle ne sera certaine qu'après que tous les départements auront sanctionné ses mesures pour sauver la chose publique.
» Professant les principes de la plus parfaite égalité , n'ambitionnant d'autres privilèges que celui de se présenter la première à la brèche, elle s'empressera de se remettre au niveau de la commune la moins nombreuse de l'État, dès l'instant que la patrie n'aura plus rien à redouter des nuées de satellites féroces qui s'avancent contre la capitale. La commune de Paris se hâte d'informer ses frères de tous les départements qu'une partie des conspirateurs féroces détenus dans ses prisons a été mise à mort par le peuple : actes de justice qui lui ont paru indispensables pour retenir par la terreur les légions do traîtres cachés dans ses murs , au moment où il allait marcher à rcnnemi ; et sans doute
la nation entière , après la longue suite de trahisons qui l'ont conduite sur les bords de Vabtme, s'empressera d'adopter ce moyen si nécessaire de salut public, et tous les Français s'écrieront comme les Parisiens: < Nous marchons à l'ennemi;. mais
> nous ne laissons pas derrière nous ces brigands pour égorger
> nos enfants et nos femmes, i
• Frères et amis , nous nous attendons qu'une partie d'entre vous va voler à notre secours, et nous aider à repousser les légions innombrables des satellites des despotes conjurés à la perte des Français. Nous allons ensemble sauver la patrie , et nous vous devrons la gloire de l'avoir retirée de l'abîme.
> Les membres du comité de surveillance administrateurs du salut public et les administrateurs-adjoints réunis,
» Signé : P.-J. DuPLAiN, Panis, Sergent , Lenfant, Jourdeuil, Marat l'ami du peuple, Deforgues, Leclère, Duffort, Cally, constitués à la Commune et séant à la mairie. • Paris, le 3 septembre 1792. t
La plupart des historiens ont interpolé ou tronqué cette importante pièce politique. Dulaure et M. Thiers, qu'il faut ranger parmi les plus infidèles, omettent , je ne sais pourquoi , les signatures de Cally, Leclère et Deforgues.
**^ • Vergniaud: Elle est datée du 3 septembre (la circulaire), et c'est dans la nuit du 2 au 3 qu'un homme contre lequel je n'avais jamais proféré que des paroles d'estime , que Robespierre , dans celte nuit terrible , disait au peuple : qu'il exis* tait un grand complot qu'il dénonçait au peuple seul , parce que seul il pouvait le faire avorter
» Sergent : Cela est faux !
• Vergniaud : Comme je parle sans amertume, je me féliciterai d'une dénégation qui me prouvera que Robespierre aussi a pu Otre calomnié , etc. • (Moniteur du 27 septembre \ 792).
*** • Séance du conseil général du 6 septembre au soir.
• M. Bernard occupe le fauteuil.
> M. Sergent monte \ la tribune. 11 développe les moyens odioux que l'on emploie pour calomnier le peuple ; il dépeint sa boulé, sa générosité, sa justice, au milieu môme de ses plus terribles vengeances ; il se plaint de ce qu'on répand le bruit atroce d'un
projet de piUer les magasiiis et les gens nches; il s étend avec complaisance sur les preuTes que le peuple i données si souvent de soo respect pour les propriétés ; il arance ce principe si Trai et si fécond par ses heureuses conséquences en politique, que, pour rendre quelqu'un vertueux . il faut paraître croire à sa yertu.
> Se résumant . il couclut à ce que le conseil général arrête une adresse ou proclamation conçue de manière que le peuple sente ses Tertus et craigne de les ternir.
• M. Sergent est invité à rédiger lui-même cette adresse, eià en faire part sur-le-champ au conseil. t'Extrait des procès ^perbamx de la Commune». •
^"^ Sergent a raconté cette histoire en détail dans la Hetme rétrvftpective. (i« Série , tome IV, pages 357 et suiTantes.)
-** • Convention nationale. — Séanee du 9 notembre 1793.
» Sergent : Dans le discours que tous venez d'entendre, l'orateur, par un penchaot irrésistible pour tout homme sensible et tout ami de la liberté, a rendu un éclatant hommage au vertueux, au sublime , h l'immortel J.-J. Rousseau. Ce discours et cet hommage me rappellent que IWssemblée constituante , dans les jours où elle était digne encore de la confiance nationale , a dé~ crété qu'il serait élevé une statue à l'auteur d'Emile dans une de nos places publiques. Cette loi est restée sans exécution. Pourquoi? Parce qu'un roi fourbe a continuellement desservi la philosopliie; parce qu'ensuite un ministre jaloux, qui se faisait appeler vertueux , a craint que la gloire de Jean-Jacques ne portât le flambeau dans son hypocrisie ; c'est de Roland que je veux parler. Je demande que la statue de Rousseau soit enfin élevée dans une de nos [places (On applaudit). — Cette proposition est décrétée. {Moniteur du 8 novembre 1793). »
** • Convention nationale. — Séance du \Z avril 1793.
« — Sur la proposition de Sergent, qui annonce que des malveillants ont dégradé des chefs-d'œuvre de sculpture placés dans le jardin des Tuileries , il est décrété que ceux qui seront convaincus d'avoir mutilé, cassé les chefs-d'œuvre de sculpture dans qe jardin et autres lieux publics seront punis de deux années de détention. Le ministre de l'intérieur est chargé de faire faire, dans
le jardin des Tuileries, des patrouilles, le soir, pour la conservation de ces monuments (Moniteur du 16 avril 1793). »
Séance du A juillet.
» Sergent . au nom du comité d'instruction publique : Citoyens , vous avez rendu un décret qui condamne à deux années de fers ceux qui mutileraient les chefs-d'œuvre placés dans le Jardin-Na-. tional , ci-devant des Tuileries ; malgré ce décret , on y fait des dégradations tous les jours. Cela vient de ce que personne ne veille à la conservation de ces monuments , que nos descendants admireront comme nous admirons aujourd'hui les chefs-d'œuvre sortis des mains du peuple de Rome. Les soldats invalides avaient autrefois la garde du Jardin-National ; le comité vous propose de les rétablir dans ce poste. — Après une légère discussion, le projet présenté par Sergent est adopté (Moniteur du 6 juillet 1795). *
" Un an plus tard, dans la séance du 20 septembre 1795, Sergent exprimait la môme pensée, à propos d'une motion de Jean- Bon Saint-André touchant l'incorporation des grenadiers et des chasseurs de la garde nationale dans les compagnies non privilégiées, c Cette incorporation, disait-il, a été décrétée le 12 août dernier. Elle s'est exécutée dans Paris et dans la plus grande partie de la République. Il n'est donc pas nécessaire de rendre un décret nou-' veau. C'est en multipliant les lois sur le même objet qu'on les avilit. Il faut que les municipalités soient tenues, sous peine de destitution , de faire , sous quinze jours , exécuter la loi qui détruit les compagnies de grenadiers et de chasseurs. Ce décret comminatoire est le seul que vous ayez à porter en ce moment ( Moniteur du 22 septembre 1793). .
-» Moniteur du. 19 octobre 1792.
-^ Procès-verbaux des élections communales des 17 et 23 octobre.
Lors de la formation du ministère dit patriote , au mois de mars précédent , on avait offert à Sergent le portefeuille de l'intérieur ; mais , malgré l'importance que lui eût donnée cette position nouvelle , Sergent l'avait refusée , ne voulant , disait-il , remplir que des fonctions électives. ^,
^' On sait que la Convention , divisée sur la peine à infligei* h Louis, fut unanime pour le déclarer coupable.
** • Conitntion nationai^. — SêûHre th \0 fhrier \T9ô.
• Pânis : Je suffoque d'indignation ! Je ne conçois pas com* ment on s'acharne à nous demander des comptes; nous n'avons point de comptes à rendre; nous n'arons jamais eu un denier, un assignat en dépôt. Lors de la rérolution du 10, j'aperçus, paimi nous, beaucoup de gens inconnus; je demandai qu'on mît de l'ordre dans la gestion. Je suis sûr qu'on n'a rien dérobé, oa du moins très-peu de chose. Le trésorier était un homme d'une probité reconnue. On a dit qu'il y avait un manque de vingt miUe livres ; il est possible que , dans le tourbillon des événements , il se soit glissé un fripon sous le masque du patriotisme; mais on ne croira Jamais que mes collègues et moi, connus par trente ans de probité , nous ayons pris une montre , par exemple. Nous avons dit au trésorier : t Constatez, avec les commissaires des sections
* et ceux de la Commune, les effets qui manquent ; alors on agi-
> tera la question de la responsabilité , et l'on verra si nous , qui
* n'avons jamais rien eu en dépôt , nous devons payer le dé-
> ficit... >
« Lamarque : Il est aisé de voir que c'est bien moins Fint^t de la Commune , l'intérêt de la République , que celui des plus petites passions dont on vous a fait entendre la voix. H est temps, citoyens , de faire cesser ces misérables dénonciations avec lesquelles on corrompt, chaque jour, l'esprit public, et on fait croire dans les départements que nous sommes désunis... •
« f^RÉRON : Les membres du comité de surveillance ont conservé 800,000 livres qui n'étaient point consignées dans les procès-verbaux. Certainement, s'ils eussent été capables de détourner quelques objets, ce n'aurait pas été ceux dont il existe des procès-verbaux.
> L'assemblée passe à l'ordre du jour pur et simple {Moniteur du 8 février 1793). .
2' Révolutions de Paris, No CLXXVll.
*^ • Panis ne veut pas entendre parler de comptes. Son collègue a écrit , disait cauteleusement Prudhomrae ; mais il n'en reste pas moins entaché de la qualification de Sergent-Agate, que lui donnent quelques mauvais plaisants que nous sommes loin de croire et d'approuver (Révolutions de Paris, n° CLXXXIX.). »
29 Cette proposition fut décrétée en ces termes (séance du 24 avrU1795):
« Tous les objets d'art et de science, liàbleaux, statues, estampes, dessins, bronzes, vases, porcelaines, médailles, meubles précieux, ne pourront être vendus séparément dans les ventes particulières. Ils seront réunis pour former des ventes indiquées par affiches, avec distribution de catalogues ; et le directoire du département de Paris , ainsi que les directoires de district , nommeront , pour cet efTet, des artistes ou marchands qui font habituellement ces ventes. >
^ • La motion de Sergent est adoptée comme il suit : » Art. I. Il sera adjoint au comité huit membres qui seront chargés de recevoir avec lui les matières précieuses d'or et d'argent qui seront déposées dans le sein de la Convention, provenant des dépouilles de la superstition.
• II. Ces huit membres seront chargés, avec les commissaires inspecteurs, de remettre à la Monnaie ces objets, d'en dresser procès-verbal, d'assister à la vérification de leur poids, et d'en donner décharge aux députés des communes.
• III. La commission des monuments chargera trois de ses membres de se transporter soit au comité d'inspection , soit à la Monnaie, pour distraire les objets précieux d'art qui dépendront de ces matières déposées, et en dresser procès-verbal conjointement avec les commissaires d'inspection. •
Le môme membre fait rendre le décret suivant ;
• Art. I. Il sera créé une commission composée de douze membres. Le comité des finances nommera deux de ses membres; le comité de législation , deux ; le comité de sûreté générale , le comité d'inspection , deux ; les comités d'instruction et des monuments, chacun deux. Ces douze membres composeront ladite commission.
■ II. Cette commission est spécialement et uniquement chargée de proposer un projet de loi conservatoire, au moyen duquel les objets ofi^erts h la patrie, les matières d'or et d'argent et autres objets précieux dont la nation se trouve et se trouverait en possession, soient fidèlement recueillis ou vendus, ou convertis en monlaift, et que la responsabilité des agents employés h la manuten
' « Sergent reproduit son projet de décret sur le Muséum de la République. Ce projet est adopté en ces termes :
• Art. I. Le ministre de l'intérieur donnera des ordres pour que le Muséum de la République soit ouvert le 10 août prochain dans la galerie qui joint le Louvre au Palais-National.
• II. Il y fera transporter aussitôt, sous la surveillance des commissaires des monuments , les tableaux , statues , vases , meubles précieux , marbres , déposés dans les maisons des Petits-Augustins , dans les maisons ci-devant royales , et dans tous les autres monuments publics et dépôts, excepté ce que renferment actuellement le château de Versailles, les jardins et les deux Trianous, qui est conservé, par un décret spécial, dans ce département.
» III. Il y fera également transporter les peintures et statues , bustes antiques, etc., qui ^e trouveront dans toutes les maisons ci-devant royales , châteaux , jardins , parcs d'émigrés , et autres monuments nationaux.
» IV. Il sera mis à la disposition du ministre de l'intérieur, par la trésorerie nationale, provisoirement, une somme de cent mille hvres par an, pour faire acheter, dans les ventes particulières, les tableaux ou statues qu'il importera à la République de ne pas laisser passer dans les pays étrangers , et qui seront déposés au Musée sur la demande de la commission des monuments (Moniteur du 30 juillet 1793). .
^^ Il s'agissait de lettres de cachet dont cet ancien ministre de la guerre avait fait usage , notamment contre le sous-lieutenant Davoust, alors que ce moyen arbitraire d'incarcération venait d'être formellement aboli par un décret de l'Assemblée constituante.
33 « Le citoyen Sergent . député de la Convention et envoyé dans ce département pour y faire la recherche des monuments des sciences , lettres et arts , invité par le conseil aux honneurs de la séance, demande et obtient la parole.
» Il fait lecture d'une lettre du général Marceau , ne en cette commune , et ayant le commandement en chef des armées de l'Ouest et de Brest , qui donne des détails sur les succès qu'ont obtenus les armées qu'il commande à la fameuse journée du Mans, où les rebelles ont reçu un échec irréparable.
» Le conseil général , considérant que c'est a ce jeune repu-
blicain Marceau , né dans ses murs , commandant les armées de l'Ouest et de Brest , que le département d'Eure-et-Loir doit son salut ; que sa valeur et son courage n'ont pas peu contribué à préserver son territoire de l'invasion des brigands fanatisés , qui seraient venus piller les subsistances qu'il renferme et ravager ses campagnes ;
» Arrête unanimement que mention honorable du courage et du zèle du républicain Marceau sera faite en son procès-verbal ; qu'extrait lui en sera envoyé par le président du conseil, chargé de lui marquer la satisfaction que ressent le conseil général de voir l'un de ses concitoyens à la tête de deux armées, et qui s'y conduit avec autant de zèle que de patriotisme {Délibérations du conseil général d'Eure-et-Loir, 3® registre, page 199). »
"* Le rapport de Sergent mérite, à plusieurs titres, d'être recueilli pour l'histoire. Je le donne ici textuellement , sans même en retrancher les parties déclamatoires et exagérées , qui portent le cachet de l'époque. L'ardent montagnard s'était laissé gagner par l'effervescence antireligieuse qu'excitaient les haines politiques; il eut ce tort, et je ne veux point l'en absoudre; sa mort a prouvé , d'ailleurs, qu'il l'avait reconnu lui-même.
€ Conseil général d' Eurent-Loir. — Séance du â fiivôse an IL
» Le citoyen Sergent, député de la Convention, demande et obtient la parole. — Il fait à l'assemblée , sur la décoration du temple de la Raison, le rapport qui suit :
)> Citoyens ,
«Combien elle sera inléressanle dans vos annales, cetle époque où la raison, en parlant h toutes les âmes , remporta la victoire sur le fanatisme, et détruisit d'antiques et absurdes préjugés ! Glorilions-nous, vous de vos arrêtés , moi de ce rapport que vous m'avez ordonné de vous faire. Ils nous feront plus d'honneur dans la posr lérilé que les misérables et plates narrations de moines imbéciles, de fanatiques rédacteurs de parchemins. Ces prêtres ^ ignorants nu menteurs , ne nous avaient transmis que de ridicules rapsodies de miracles qui n'avaient été utiles qu'h eux ; et nous, nous donnems •» nr>s cufauts a admirer les progrès de la philosophie naturelK
nous commençons d'aujourd'hui h avoir une religion. Eh bien , , pour y attacher le peuple, établissons aussi son culte , mais tel qu'il lui convient... La simplicité, l'abandon, une aimable confusion, sont des caractères inûniment précieux, je l'avoue ; mais ils ne sont bons et propres qu'à une petite société composée d'hommes qui sortent, en quelque façon, des mains de la nature. L'offrande d'un gâteau de miel , d'une brebis blanche et parée de fleurs, d'une corbeille de fruits, sur un autel de gazon auprès duquel coulait un ruisseau , étaient des sacriûces infiniment intéressants dans renfonce de l'espèce humaine ; on y assistait avec un respect religieux. Aujourd'hui , ce speclacle ne dirait rien k nos sens. Nos âmes, accoutumées h, des cérémonies pompeuses , théâtrales , k des représentations ornées de tout ce que les beaux-arts réunis peuvent offrir de plus magnifique , ne sauraient être émues par ces scènes . pastorales qui flattaient tant nos premiers pères.
» En effet, citoyens , avez-vous entendu battre des mains , en signe d'allégresse, k la vue de ce spectacle vraiment patriarcal et politique que j'ai introduit dans la fêle du dernier décadi, et qui, k Paris, ne produisit pas non plus, k la fête de la Réunion, tout l'effet qu'on en devait attendre ?... Le spectacle de ces deux vieillards de l'un et l'autre sexe suivant une charrue conduite par l'aîné de leurs enfants , portant , avec les plus jeunes , de petites gerbes de blé et d'autres grains, a-t-il paru attirer et fixer tous les regards attendris?... Non. Je parie que la figure de la Liberté, précédée et suivie de canons , s'est fait bien autrement remarquer. Nous ne sommes plus assez près de la nature pour ne parler que son langage dans nos fêtes nationales. Empruntons quelque chose k la poésie. Je vous demanderai donc qu'après avoir deux fois consacré le principe de l'égalité par la confusion de tous les hommes , vous rétablissiez les marches pompeuses qui plaisent tant au peuple, qui y est habitué. Pour l'empêcher de regretter une chose, il faut a remplacer par une autre qui ne lui soit pas inférieure. Ce qui flatic les sens l'attache.
» Chaque décadi, vous irez de bonne heure au temple pour y célébrer le culte de la Raison et de la Liberté. Je voudrais que 1 on y marchât en pompe et avec dignilé ; que le peuple y conduisît ses magistrats, en les prenant dans le lieu de leurs séances; o»" ceux-ci y parussent avec le bonnet de la liberté et les rratrif..^
places réservées; car l'égalité n'est point détruite quand les fonctionnaires , réunis en corps , sont distingués des autres citoyens. Ils sont alors obligés eux-mêmes à garder une contenance qui donne le mouvement et l'exemple , parce qu'ils fixent les regards. Et puis il faut aussi que le peuple s'accoutume à voir avec une espèce de respect les magistrats qu'il a élus ; car c'est de ce sentiment qu'ils tirent la puissance dont ils ont besœn pour gouverner d'après et au nom des lois.
» Une autre vérité que la réflexion vous fera sentir , c'est qu'un magistrat infidèle ou injuste craint toujours la présence de ses concitoyens. Il se croit en sûreté dans son bureau, parce que, 'de là, il commande à tous par lajtyrannie qu'il exerce ; mais son ame est troublée , il sent le remords , il est convaincu de sa faiblesse , lorsqu'il se trouve au milieu de ses égaux. Pour donner un frein aux magistrats, obligeons-les de paraître souvent devant nous , et, pour cela, qu'ils figurent en corps dans nos fêtes publiques.
9 À côté des magistrats , qui seront élevés sur des amphithéâtres dans les temples , donnons une place honorable ^ la vieillesse. A Rome, k Sparte , à Athènes , le sénat, les archontes, les édiles , présidaient aux jeux , aux fêtes , aux triomphes , et les vieillards y recevaient toujours des honneurs. Au bas de l'amphithéâtre où se placeraient les vieillards des deux sexes , seraient assis les enfants , que j'obligerais à se lever lorsque ces personnages respectables arriveraient. A Rome , quand les vieillards paraissaient dans les vastes amphithéâtres, tout le monde restait debout jusqu'à, ce qu'ils fussent assis. — Pourquoi les instituteurs n'ont-ils pas paru à la dernière cérémonie avec leurs élèves ?...
» De l'autre côté , un amphithéâtre servirait k placer les femmes enceintes et celles qui nourrissent leurs propres enfants. La mère qui porte dans son sein une intéressante créature qui sacrifiera tout, un jour, pour le bonheur de la République, est un être sacré pour la patrie. Honte et malheur k celui qui ne sait pas respecter celte bonne citoyenne ! Déjà nous avons vu , k Paris, cette moralité si bien établie, que , dans les distributions de pain, qui se font avec inquiétude et affluence k la porte des boulangers , on ne souffre point que les femmes enceintes prennent leurs places et leurs numéros. On les fait mettre à part, et le peuple leur distribue lui-même les premiers pains qui sont délivrés. Dans nos cérémo^ nies, nos spectacles, quand , au milieu de la foule , on aperçoit
uoe femme dans cet état , on s^empresse de s'écarter d'elle , de lui offrir un espace assez large, jusqu'à ce qu'elle soit à l'abri j et quiconque oserait s'y refuser serait maltraité et même arrêté !
V Au milieu de ces amphithéâtres s'élèvera une tribune a laquelle seront appelés tous les citoyens qui se sentiront la facilité de pouvoir dire des choses utiles pour l'instruction publique.
s Chaque renouvellement de saison pourrait être célébré par une fête dont tous les ornements seraient analogues. Par exemple, la fête de la moisson, pour l'été; de la vendange, pour l'automne; des fleurs, pour le printemps ; de l'amitié et de l'hospitalité, |)Our l'hiver. Ce sera le moyen d'attacher le peuple au nouveau culte que de lui rappeler par des images les époques où la nature éprouve d'heureuses métamorphoses. — Pour donner a ces fêtes un agrément, il faut que la musique en fasse le principal fonds ; mais que cette musique parle à l'ame , et dans le langage de la révolution , de la liberté ; que les morceaux respirent tantôt une ardeur guer- . rière , tantôt l'allégresse qu'inspire la liberté ; que les chants soient des hynmes patriotiques , des odes a Tégalilé , des plaintes sur la mort des grands hommes. Paris vous fournira de ces morceaux , qu'on y enfante tous les jours. Vous avez des musiciens qui étaient attachés au culte romain dans la cathédrale ; il y avait des fonds destinés à les payer; jusqu'à ce qu'une loi les supprime, ce qui , je crois, n'aura pas lieu , continuez les appointements , él que, tous les décadis, ils exécutent des motets civiques. Vous pourriez même — et ce serait encore les obliger à un travail inférieur à celui qu'ils avaient ci-devant — employer ces artistes k l'orchestre de votre théâtre; ce qui ne les empêcherait f>as d'exercer , s'ils le voulaient , un autre état ; et vous accoutumeriez le public à entendre de bonne musique , et.à en prendre le goût.
« Mais, comme les bonnes mœurs et la sévérité sont deux carao tères propres à des républicains , je vous engagerai à concourir à rétablissement des unes par l'autre , et à donner , de temps en temps , à vos fêtes publiques le ton qui pourra montrer la vertu dans tout son éclat et faire rougir Fhomme vicieux. — Pour cela, voici ce que je proposerais:
» L'inscription, à la mimicipalité, de tous les citoyens âgés de 00 ans et au-dessus ; l'impression et rafficlie fJc cette liste, pei lant vingt jours , aux por^sdu temple cl aulifs lieux pn^'ire ; -
haute ou par le scrutin fermé, dix de ces vieillards, qu'on appellerait le Conseil des Sages, et qui seraient choisis parmi les plus instruits et les plus prudents ; ce conseil aurait, à chaque fin de mois, une place distinguée dans le milieu du temple, sur un amphithéâtre, pour y prononcer des jugements en faveur de la vertu et contre le vice. Ce serait eux qui distribueraient les récompenses nationales : aux citoyens, une épée, un sabre , un fusil, toujours égal h tous les autres ; aux femmes , un ouvrage moral propre à développer leurs connaissances ; h quelques-unes, le baiser fraternel. Toutes les familles alors s'intéresseraient h. cette cérémonie et y assisteraient avec le calme et l'enthousiasme que leur en inspirerait le motif.
» Il serait pratiqué, dans l'un des endroits reculés du temple, une espèce de coffre ou tronc en marbre surmonté de la figure de la Vérité , dans lequel tous les citoyens déposeraient leurs dénonciations , leurs réclamations, soit contre les fonctionnaires publics, soit contre diff*érents citoyens. Ce dépôt serait fermé par trois clefs qu'alternativement auraient trois membres du Conseil des dix. — A la seconde décade, ils ouvriraient cette caisse redoutable et sacrée, enlèveraient les papiers qu'elle contiendrait, les examineraient , et, après s'être bien instruits , avec toute la prudence dont ils seraient capables, de la vérité des faits dénoncés , ils en feraient un rapport patriarcal, fraternel, sans passion et sans nommer personne. — Ainsi , si un citoyen non fonctionnaire public s'était rendu coupable de l'un de ces délits que la loi n'atteint pas , tels que l'immoralité, les mauvaises mœurs, le scandale public , l'ingratitude envers les parents directs, l'abandon envers les auteurs de ses jours , ou de ses propres enfants, tous ces délits qui ne sont punis que jpar l'opinion, le rapport qui en serait fait publiquement, et qui lui mériterait l'improbation du peuple , serait pour lui une punition suffisante.
» Mais, pour corriger les êtres faibles plutôt que méchants , pour les retirer du précipice en bons pères plutôt qu'en juges sévères, les membres du Conseil ne nommeraient pas les citoyens qui auraient mérité cette censure. Leurs noms seraient cachés avec soin , k moin.s que , censurés déjà quatre fois , ils ne s'exposassent k l'être une cinquième pour les mêmes délits, auquel cas leurs noms seraient insérés au rapport. — Etablissez ce tribunal, propre k ramener le règne de la vertu , des mœurs et de la liberté.
cl jamais il ne sera ébranlé dans vos murs. Que la un de chaque mois soit consacrée à récompenser la vertu dans quelque genre que ce soit. Développez, mettez à la distribution des récompenses de la pompe, et vous attirerez le peuple à cette fête. Que le premier décadi du mois suivant soit employé par la censure du tribunal, et la curiosité y amènera la foule. — Ce sont des idées générales que je soumets à vos lumières et à votre sagesse ; mais pressez ces établissements ; le peuple a besoin de fêtes pour remplacer son antique superstition.
» Idées sur le temple. — Je vous propose d'arrêter : \^ Qu'il ne sera détruit aucun des morceaux de sculpture qui ornent l'extérieur de ce temple , qu'il importe de conserver et la postérité. L'histoire et les arts le réclament ; 2° Qu'il sera fait défense à tous citoyens d'arracher ou de mutiler ces morceaux de sculpture ; et qu'à cet effet, vous ferez peindre sur de grandes tables, à l'extérieur des portes , le décret du 13 avril dernier qui condamne k deux années de fers ceux qui mutileront les statues et les monuments publics.
» II n'est pas moins important de ne pas détruire , autour du chœur, ces tableaux qui représentent l'histoire de Marie et de Jésus. Elevons-nous déjà k la hauteur où nos enfants seront placés. Voyons et montrons ces tableaux comme de vieilles fables qui serviront un jour à écrire l'histoire des religions , et aux artistes à suivre le développement de leur art. Il y a dans ces tableaux des morceaux qui offrent de grandes beautés, qui font honneur k nos anciens maîtres. — Combien je regrette d'avoir vu que déjà quelques-unes de ces figures ont été abattues et mutilées par un esprit de vertige de quelques citoyens qui ont pensé qu'en détruisant les préjugés , il fallait en détruire aussi les traces historiques ! Et où en serions-nous si les chrétiens eussent brisé toutes les statues et tous les bas-reliefs des païens!... Nous ne posséderions pas des antiques précieux qui nous attestent la sublimité du talent des artistes grecs. Détruisons les signes de la royauté ; mais laissons k la critique et k la philosophie un point d'appui dans les monuments. Ordonnons donc que ces morceaux de sculpture seront conservés. Tel est l'esprit de nos lois , et telles sont les intentions de la Convention nationale.
» On peut abattre, par exemple, ces misérables chap^*U;s '<» 'mp»»"*'»* !<• lour '*" r»ii|iil** yrrài'^**' ^«''«'s h" j'jj)*^** -■ -.
voyer , pour fabriquer des armes, h Paris ; elles serviront h repousser nos ennemis. Renversez les autels qui ornent ces chapelles ; qu'à leur place on mette deux ou trois tombes en marbre et vos anciens autels de cette forme , celui de la chapelle de Févêché , entre autres , qu'il faudra bien conserver , comme un ouvrage précieux ; faites-les surmonter d'urnes en bronze ou en plomb , sur le pied desquelles on lira : Aucp mânes des. défenseurs de la patrie.., morts le 10 août... morts sur les frontières^ etc.
w Les grands bas-reliefs en marbre blanc qui ont été depuis peu exécutés dans le chœur ne valent pas la peine d'être conservés et déparent le monument. Leur travail est d'un mauvais goût ^ en outre que les sujets n'ont rien d'intéressant ; car , si le mérite de l'exécution pouvait les sauver , je vous dirais : Quel que soit le trait historique de chacun d'eux , il faut le transmettre k la postérité. Mais , en les enlevant , vous en conserverez deux qui , reposés par derrièje , vous serviront h faire graver la sublime déclaration des Droits de l'homme , et sur une autre les époques célèbres de la Révolution: La Bastille conquise^ le ii juillet 1789. — La famille royale amenée à Pqris, le 6 octobre. — Trahison de Louis j fuite à Varennes, le 21 juin 1791. — Massacre des citoyens au Champ-de-Mars ou de la Fédération , le il juillet. — Renversement du trône , le 10 août 1792. — La République française une et indivisible, le 21 septembre. — Supplice du dernier tyran, le 21 janvier il93. — Conspiration contre l^ unité , vengée les 31 mai et ^ juin. Ces deux tables de marbre seraient placées dans le bas du temple , k côté des piliers où étaient autrefois les bénitiers , et mises k portée des citoyens pour qu'ils pussent les lire.
» Au milieu du temple , entre les deux bras de la croisée , on fera élever une tribune en pierre , d'une belle forme , pour les orateurs. On se servira , pour cela , des deux lourds massifs en pierre qui ferment l'entrée du chœur ( construction moderne). Les quatre figures qui y sont placées, avec de légers changements , deviendront des vertus républicaines. L'Humanité , que Tune d'elles représente , est déjà celle qui doit nous convenir ; cette Humanité , qui foule aux pieds une couronne , deviendra dans nos mains TEgalilé : nous lui donnerons un niveau. La Religion sera ornée d'une pique et d'un bonnet , et nous en ferons la Liberté , ou d'un miroir, et ce sera la Vérité. L'Espérance sera transformée, par
un nouveau trône , en la déesse du Commerce; — et voilà nos vertus. On montera à cette tribune par deux escaliers en pierre. Des deux côtés, contre les gros piliers, seront élevés les amphithéâtres pour les vieillards et les fenmies. Derrière , adossés aux deux autres piliers , seront placés, d'un côté les musiciens, de l'autre les autorités.
» Nous ouvrons le chœur ; il sera accessible comme la nef. Plus de grille ; elle ira aussi se transformer en fusils , en piques et en sabres ; et ses ferrures nous feront la monnaie qu'on doit appeler décimes.
9 Les bas-reliefs de marbre, et les stalles ôtées, nous percerons à jour, entre les piliers , en abattant ces petits massifs qui sont audessus des tableaux sculptés de l'histoire de Marie et de Jésus. Il n'y a rien de très précieux à conserver dans cette partie intérieure du chœur jusqu'au sanctuaire ( vieux style ); nous l'abandonnons donc au marteau. — Mais il faudra conserver le tour extérieur du sanctuaire avec beaucoup de soin , parce qu'il y a des choses étonnantes en sculpture , et d'un goût qui fait presque honte à notre siècle !
» Quant à la figure de l'Assomption (vieux style), il ùut appeler le sculpteur qui l'a formée , pour y faire les changements nécessaires , et n'en confier le soin ^ k son refus , qu'à un habile homme. Ce morceau doit être respecté par tous les honmies médiocres qui voudraient , disons mieux, qui oseraient y toucher. Songez qu'il appartient à la République , qu'elle a intérêt qu'il reste sans tache, et qu'un ignorant lui ôterait tout son prix !
> Voilk , citoyens, un aperçu des changements que vous pouvez faire à votre temple , qui seront peu coûteux, que vous pourrez faire promptement. Je les résume :
i° Détruire toutes les chapelles; 2'* envoyer les grilles à la fabrique d'armes ; 3*> ménager la sculpture tant intérieure qu'extérieure ; 4° abattre ce qui a été rapporté entre les piliers du chœur , depuis le bas jusqu'au sanctuaire, pour faire des ouvertures dans le genre des deux portes latérales ; t}° ne laisser que l'histoire de Marie et de Jésus autour du chœur, et la sculpture autour du sanctuaire ; 6<* laisser les deux autels en tombeau des deux côtés de 1^ croisée , et abattre les colonnes qui formaient des autels ; les remplacer , sur le mur tout nu, p^ «ne urne avec une inscrn»'»'^-
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une urne ; 8® enlever les bas-reliefs en raarbre blanc , qui sont mauvais ; 9° faire conslruire , avec les deux massifs du devanl du chœur , une tribune aux harangues k l'antique ; 10° faire placer dans le bas du temple deux taljles de marbre où seront gravés les Droits de l'homme , et les époques de la Révolution ; 11° faire placer au-dessus de ces amphithéâtres deux figures en albâtre que j'ai trouvées à Saint-Père; l'une représentera la Fécondité, et sera au-dessus de l'amphithéâtre des femmes ; l'autre, la Sagesse , et sera au-dessus de celui des vieillards ; 12° dans une* des chapelles , on placera un piédestal en marbre où sera posée la figure de la Vérité ; et ce sera dans ce piédestal que les citoyens déposeront les pièces qui serviront au tribunal des Sages. »
« Le Conseil général adopte unanimement le projet du citoyen Sergent, lui en témoigne sa reconnaissance par des applaudissements, en ordonne la mention honorable dans son procès-verbal, et arrête l'impression dudit rapport.
» Et, pour l'exécution dudit projet, arrête qu'il va être nommé une commission de quatre membres qui s'adjoindront les artistes qu'ils jugeront convenable.
» Le bureau propose et l'assemblée accepte pour commissaires les citoyens Périer , Malin, Sainsot et Chambrette. ( Délibérations du Conseil général d'Eure-et-Loir , 3® registre , pages 207 et suivantes. ) »
^' « Sur une nouvelle observation de Sergent, le conseil
général, considérant que, dans les fêtes qui ont lieu tous les décadis dans le temple de la Raison, l'orgue est l'instrument le plus propre k contribuer à l'éclat de la fête dans un édifice aussi vaste que le temple , arrête unanimement que l'orgue du temple sera conservé, et que les citoyens Prota et Martin, artistes en ce genre, seront invités à toucher de cet instrument tous les décadis [Délibérations du conseil général d'Eure-et-Loir, 3® reg. page 199). »
^« Moniteur du 5 germinal an III (25 mars 1795).
•' Moniteur du 6 germinal. . . :
"^ il/o«f7t'wr du 2 germinal. ' . -.
les discu^ofls ^k 3a ^^ladam^ jwB i iii w r "-^^alUit: >^
Ton fait coatinK&!sB«^si; los ^iiniu^ -fKacsursas^ ^^^sse^
gence de notre |«ei. f sait ysiPsm^mL jât^w- -3tftm >!ima^f
décharge de§ ■««&»» ûdScâ^ï» ^wr p^îaiipws-iw» f-e^to»- j*w*
Citoyens, dîsm&^a» imuMiéii^ i>i«#-f li»^ ^Ême^f-
des opiniofts fK jsûlâ; i» jbbmsp^^ 1 Jwc hmmim^ :«(
nos discusktt^ ow*: »ftt i«i>siA«i «mv
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o Sergent ; ?Mif »: i«»»iuyiiiit trt*«^ #«M«nr >»«ir -s»n* -;>flH^ Féraud, font k>« ^m<^. tuan *>: t *ai -î*« #w^, î^»»r > ^^^^fi^^^^ talion natîofijik.4^ i*ic j*» î«s*^ y^n»' a^ A«v%r!> -> '.>^ ># assez pour ftetw?*. i*: tf^wp^A^: tf*^ p' '^i*^.\^ f^^^m^p^M^i.- ^^ bliqne Toof ikH* ut rtij^A^ snr <« '9»r<s*^ii*Kiï» inaê^^^t^rmi^^ -^ nous ont prrr*$4»: nusi*: ♦iiiU»^^ t^^w^j**^ -^^timun^ ^ -^^ a^» Assez \ottpemyi . *mw jï ^^rtînutw!^^ ^ *>5>«»e#*t x ^^^00^0^ ^t prodigué les r*«wrtrt>» fe ; >îrt/îîi#'5f#5> it '^-^i^i^^ ,J(^^^.^ > prairial an UI/. •
^* ConverUkm m ^ a^Mé t -^ |p9M^^ 4i# ^ y^^i^H
« Sur le rap(^^ >r >^1^^ fn, vî/n U^.*^^fr^^.^^y «m^t^,^^le décret smmA ^m /^«ff^v
« Art. L n 1»^ ^*^nr^ ^^n* î«yii«#> ^:«^ïi»^ ^ im^Aj^^ <^ ^♦'*%, National, aïKF^iai ^^^^tuîiMf^rti/trsi v 'i^^^^^^ ^ V ^^--^.mV;*-' >*. cune é<:hify^, *m *^4:«ii^ V tij#M^*>rî/<*^ -^ >'<r^i*'-*ji/>^ >«y *' «^ yens qui o<:^aij**5Wl <**; y^p^rA^. ^^»^u«#^<#^^> ••v»**»» ^^**** -> #-. évacuer dau* U <thj^^.
• 11. I>e« tjmi:^ € xuby*:f:'\iiA *f U^ \9hâf^^y ^^^, •v .*., . deranilé» qu'il 'y/m>*?txt ^ ^-^vi i^a/a*^^ *>f/^ v^ ^/y^*.-*.-, ^^ gnora les bâti m«fffU ju*i.t*/irt»v/ tjU j//^^ '>i ^/-^ '^*' o^^.-^r /> « y lransporU,'r Uwn ^i^iii»**7Mft^i/
• III. Q;UX qui <yjUl <.*;t jL«*v**2r (^H*. a****;#* " ^V/i»-
*- « Convention nationale. — Séance du i5 prairial.
■ Durând-Maillane : Le second député contre lequel il existe des pièces est Sergent.
> On lit la déclaration faite par un vétéran, de garde à la barre dans la journée du \^^ prairial, qui a vu que Sergent a applaudi aux menaces de la multitude qui occupait alors la salle de la Convention, et qu'il a dit : • Voilà le peuple que j'aime, on n'y voit pas > de muscadins ! •
• On lit ensuite la circulaire adressée par le comité de surveillance de la commune de Paris à toutes les municipalités, pour les inviter à se défaire de leurs prisonniers par les mêmes moyens qui ont été employés à l'égard de ceux de Paris, les 2 et 3 septembre. Cette circulaire est signée de Sergent.
■ On lit encore d'autres pièces qui constatent que Sergent, en sa qualité d'administrateur de la Commune, avait détourné une bague d'agate, plusieurs montres et d'autres effets précieux. Les mêmes pièces constatent, en outre, qu'il a renvoyé une partie de ces objets , en disant qu'il ne les avait gardés que dans le dessein de les acheter.
> La Convention décrète Sergent d'arrestation (Moniteur du 17 prairial). •
*5 Dans un livre consacré au panégyrique d'Émira, Sergent, plus
qu'octogénaire, écrivait d'une plume encore passionnée: • La
confiance intime qu'elle m'accorda , autant que la connaissance que j'eus de ses principes de sagesse, m'imposèrent la loi, que je n'enfreignis jamais, de ne pas l'exposer à rougir de notre liaison. On aura de la peine a me croire : à nos âges, une telle puissance sur soi-même 1 Ma constance qui lui survit, cet amour si religieux que je conserve pour sa mémoire, n'est-ce pas un gage suffisant pour des âmes honnêtes et sensibles? Je ne veux convaincre que celles-là; je ne parle pas d'c//e à d'autres. Il faut estimer les gens pour les entretenir du bonheur que procure la vertu (Fragment de mon album et nigrum, page 112/ »
** Ce procès donna lieu à une correspondance polémique fort vive entre Sergent et le député Guillard , l'un des héritiers opposants ; mais je crois devoir laisser les tristes preuves de ces dissenfiions de famille dans la Chronique d'Eure-et-Loir, oh elles sont
enfouies. Je dirai seulemettl ^'« c«tie ^ztâmL i^sçgc autre chose que se défendre.
^s Fragment de mon aBmm et uifntm , face US.
^» La lettre suifanle a été adressée par M. CacBU aa séâa^^lfsiir
du National :
» Monsieur,
ij Nous venons de eooduire an duoD^ de Kyi^ ua 4^ ô^nu*in acteurs du grand drame réroliiSîoBttcj*; : Xiofs^oi VMs^i^giAjMia^. Sergent est mort id aTaot^kr aa fio3r. rî^siix ô<: V^ tuft . ««ut maladie , sans infirmité m^me , vjr» k «^ |iVifit 0^ T«i^ ^ n'avait d'ailleurs courdé que ton «cpf . H ^ i * iajm jviijf jusqu'au bout de toute la {nVâtevr &t Hfu jsd^dÎKi^^:ai^ ^ >: >^ftfS^ les ressources d'une admirable m^rm^An. Z h^jnàA %^. i^-s^wt environ dix-sept ans, dans no élit r^tiést d*; IjoiUs^^^ut;»: »jiiJi«^ par des amis qu'attirait sa eomr^rtaV/s Êft^« i^jtâu^i^^ 43^^vu%^ et semée surtout de piquanU^ zw^AfA^^, ^ >it ôuit ^ ^«vnr ;ftô )4tf^ des heures bien xnXkxfâ&nAfA : e*îU4. j4nf *f«;!»ili»5U*>j»; J^^utum»^. vieillard. Son ancienne prr/IÎ!:$$i<>a 4^ çnr»*n» *n ^w^^/^ii»* leîîi*î»i« littéraires occupaient son t^^^ropf . 11 a ^/ssk^^. i^^ iojhû^A>^ w des notes sur sa vie, dépo«é§, |^ *x*h\ 'ik w^*^)f isftw f«*?t «4iii<f sûres , et qui en feront on usag/^; fjrtSfff%s^. % i^ ^ji^^tuuvut >l i(^ ^ commencé dernièrement ud^ U^flr* a H. <i*; l>ir:iguirS(kt ^An^r ^u>>^ ûer quelques passages de ïHuKt^/tr^ 4^a Cct'vM^^.
» Sergent est mort i^'^v^irjk <f <oti^ «fc^.<iW *f, f m f*^n^^ i|w se sont manifestés à «#^ Uib^^ilU^; tm t xi^^xjv&tsf^ i*% i^vt^m^^^ uns de ses amis , j'ai pri* U ;^f '>?^ y,nff xix PU^^m^ «iv Mm V. la France , un adî^i pzirvA^^.,
» Notre pays doit oo^ ^Mr:o^^. f'^AsWf^vtMiiuv^ i«w ^#smm-** courageux qui lui ont frayé 1^ fhéf$um K^. > :Âtv*t*.^ . M^vw 4«v*»^ tifs h n'en laisser partir afM7jn wfiw ^aa v^»*?v;^ ^ >îit, > y* »îu^;«>/»i motif qui me détemiiae â vo«jt é^f,y*. ^a^ 'k4^\^, P, *n *^. in ^^m»*/' pourtant : c'est la craint/; qiH; 1^ 4^;w^*;^ ^,ji^^t,<vta m^^ia,^ du vieux républicain ni; soMmt ytk&t^té^^^ tf^t^ i*^ %vm0^ r'/^^ «•ences.
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m'ont envoyé plusieurs fois leurs agents, et, ajoutait-il, ils m'ont toujours fait l'honneur de m'envoyer des gens d'esprit ; on me rappelle qu'à mon âge il est prudent de se préparer à la mort; on m'insinue que si elle venait à me surprendre , la réalisation de mon vœu le plus cher, celui d'aller rejoindre ici-bas ma pauvre femme, comme j'espère bien la rejoindre Ih-haut, pourrait éprouver des difficultés. J'ai toujours répondu que je me mettrais en règle avec le clergé , et que je ne lui laisserais pas un prétexte pour me refuser cette dernière satisfaction; mais au fond ils voudraient de moi autre chose qu'ils n'obtiendront pas; ils voudraient un désaveu de ma conduite révolutionnaire. Ils m'ont fait des ouvertures indirectes et ne seraient pas difficiles sur la forme, pourvu qu'il leur fût permis de dire : Le vieux Sergent a abjuré ses erreurs. Le vieux Sergent fait la sourde oreille, parce qu'il ne croit pas avoir été dans l'erreur ; parce que, bien loin de se repentir de sa vie révolutionnaire, il la regarde comme son plus beau titre de gloire.
» Les derniers actes de Sergent n'ont donné aucun démenti à ses paroles. Le curé de sa paroisse s'est d'ailleurs montré plein de convenance et de fermeté; il a, dit-on , éloigné du lit du moribond des officieux qui voulaient l'assiéger de nouvelles obsessions ; on assure môme qu'à certaines observations d'un personnage important il a répondu : a Je souhaite qu'à l'heure suprême votre conscience soit aussi bien préparée que celle de M. Sergent à paraître devant Dieu. »
» Sergent repose donc à côté de sa digne compagne, sœur aînée de Marceau , et qui avait servi de mère au brillant général républicain. Le souvenir que lui conservait son mari était un véritable culte , qui se traduisait sous des formes touchantes pour les âmes capables de le comprendre, puériles peut-être pour les autres. C'est en son honneur qu'il avait pris le double nom de Sergent-Marceau. 11 a légué à la ville de Chartres, sa patrie comme celle du général , le sabre de Marceau et son écharpe teinte du sang d'Altenkirchen.
M La conversation que j'ai rapportée tout à l'heure peint l'homme entier, imperturbable dans sa conscience politique, comme presque tous ses compagnons de révolution. Compris dans un décret consulaire qui bannissait de France cent républicains, sous prétexte de complicité morale avec les auteurs de la machine infernale,
Sergent avait volontairement perpétué son eiil ; il a araji profil»: ni des amnisties ni des changements de goorenieiiieiils po«r rerw sa patrie , devenue successivement empire et roonardai^.
» Sergent-Marceau a pris sa paît de toaves les gloires H àk toutes les responsabilités révolutionnaires. L» seuls titref qu il revendique dans son épitaphe, composée par lui-m^e. sont ceux-ci : Membre de la Convention naiumàU , fttn dei crést^emn dm Musée de France et des bureauz de bienfaÎMnee de Paris.
» Votre tout dévoué, h. carîwt, député. ^
^"^ Il n'y a point là de métaphore : le corps de Hareean fat réellement brûlé , lorsqu'on le transféra de la redoute de Petenberg dans le monument de forme pyramidale qui sobuste encore près de Coblentz.
** Au moment où s'achève l'impression de celte notice, j'apprends que la ville de Chartres doit hériter seulement du sabre de Marceau. J'étais autorisé à croire que le manuscrit dont j'ai parlé serait joint à ce legs , par le passage suivant d'une lettre que Sergent m'écrivait de Nice , en date du 2 octobre 1845 : « .... Je vous offre id le seul autographe que je possède de notre héros, hors un commencement de mémoires que je laisserai , comme je foi promis , après m/ji,
à la municipalité de Chartres » Ces mémoires sont intitulés
Extrait de mon journal.
Sans doute l'honorable légataire de Sergent, M. AgaUiophile Berchette, ignore quelles étaient les intentions de son père adoptif. Je publie cette note dans l'espoir de les porter à sa connaissance, et de mettre la ville de Chartres en possession d'un écrit émané d'un de ses plus illustres enfants.
^' Voici la tiste des ouvrages laissés par Sergent , ou , du moins , de ceux qui sont venus à ma connaissance .-
Christ en croix ; La Vierge et la Trinité; sujets gravés, pour le missel de Chartres, en collaboration avec Biosse, — Vues de la cathédrale de Chartres, 4 planches, pour le bréviaire du (ïunyltm imprimé in-S" et in-12 en 1783. — Vue de l'abside de ié/jU"^ Saint-Andri^ 'f^ '^Aa»*'-* // ^f' ' >; ^^"^ ^ima vïWa gcjjbnf, fr "'**"'
y.mmofff* niebrea et sujets meinoralties de l'histoire de France. Paris , 1T87-IT81), ia-folio, 25 planches coloriées (Emira ea a gravé quoIqucs-uDes sur les dessins de Sergent). — Tableaux des révo- Int wHi de Paris depuis 1789, avec un précis historique imprimé par les enfants aveugles. (J'ai trouvé ^ de ces estampes ; j'ignore s'il on a paru davantage.) — Portrait en pied du général Marceau gravure en couleur. — Portrait du même , en noir. — Ses Funérailles, gravure à laqua -tinta. — Tableau de l'Univers et dei Connaissances humaines, gravures coloriées; in-S» oblong; Milan it^Oi. (Quelques livraisons seulement ont paru.) — Costumi d^ fHtpoli antichi e moderni ; Brescia e Milano ; in-4o (Je 300 pages orné de 23 planches. — Notices historiques sur le général Marceau, Milan, 1820; in-S*» et in-12, contenant 7 gravures. — Iconologie de Pistrucci» traduction française ; Milan, 1821. — Monwnents du musée Chiaramonti, par Ph. Aur. Visconti, traduction ; Milan , 1822.
— Portrait d' Emira , en buste , gravure coloriée. — Détails historiques sur les diamants de la couronne volés et retrouvés en il 92 (Itevue rétrospective, l^e série, tome IV.) — Relation de la jouméi du il jmilet 1791. (Ibid. tome V.) — Projets républicains de quelques émigrés français. (Ibid. 2« série , tome l^*^.) — Relation des événetuents duiO août\19i et des 20 et 21 juin précédents. (Ibid. tome III.
— Notice sur le général Marceau. (Ibid. tome IV.) Emira et Marceau <'/i/ff«/ , tableau à la gouache. — Fragment de mon album et nigrum, Brignolles, 1837; in-8o, avec portrait, fac-similé et sujets lithographies. — Lettre à M. Didron , secrétaire du comité des arts ei monuments, brochure in-12 de 16 pages; Chartres, 1839. — Le bonne petite fille et le ramoneur , histoire véritable , brochure in-8< de 16 pages, traduite du journal itaUen — Letture di Famiglia- Chartres, 18^. (Le sujet de cette histoire est une aventure de la jeunesse d'Ëmira. )
M"** Sergent , outre ses ouvrage de gravures, a laissé 6 volumeî in-8<*, intitulés : Glanures dans le champ de la vérité. Ce sont des extraits commentés des livres de science et de philosophie qu'elle avait lus.