Françoise, 8. Louise
La date de 1647 donnée ici, d'après M. de la Tour, comme celle de la nomination de l'Abbé de Montigny à l’archidiaconé n’est peut-être pas exacte; car si on en croit la notice contenue dans la ‘“ France Æcclésiastique,” VEvèque d'Evreux serait mort en 1646. p)
Henri, Marie Boudon, naquit en 1624, à la Fère, et était par conséquent à peu. près du même âge que l'abbé de Montigny. Il se fit un nom par plusieurs ouvrages ds piété: sa vertu ne le démentit jamais et son panégyriste rapporte dans la vie publiée en 1754, 2 vol. in 12, bien des miracles qu’il aurait opérés. 11 mourut en 1702.
Lu
Jean de Bernières-Louvigny, né à Caën, en 1602, d'une famille ancienne, ‘contribua à l'établissement d'hôpitaux, de séminaires, de couvents, et à la fondation de l’église du Canada, Il a écrit plusieurs ouvrages de piété, et est mort subitement le 3 Mai, 1659. Le P, Charlevoix, dit en parlant de lui, ‘ qu'au # milieu de la corruption du siècle, il était parvenu à ce qu'il y avait de plus 4 sublime dans la vie mystique’ On peut dire que tous les soins qu’il se donna et les voyages qu’il fit avec Mad. de la Peltrie d’un lieu à l’autre pour préparer le départ des Ursulines destinées à la Nouvelle France, causèrent sa mort. Car, d'après Charlevoix, il fut malade à l'extrémité, même avant que la mère de l’Incarnation et Mad, de la Peltrie eussent quitté la France. On peut donc aflirmer qu'il fut victime de son zèle pour le bien des âmes. (Voir la Vie de Marie de l'Incarnation.)
Conformément aux pièces authentiques que nous publions dans le cours de # si &: 275 cette Vie, M. de la Tour avait affirmé dans ses Mémoires que la commission de / vicaire apostolique avait été sollicitée auprès du Pape par la Cour de France. M.
Faillon a nié ce fait dans son ‘“ Histoire de la Colonie Française en Canada,” et
41%..4-5. ila affirmé que Mgr. de Laval n’a pas porté le titre de Vicaire Apostolique. Or
7 À pour 8e convaincre que cet historien s’est complètement trompé, il suffit d’ou- AC vrir les records de l’époque, (auxquels M. Faillon a eu libre accès) et de lire les
s mandements de Mgr. de Laval, qui de 1659 à 1674 a toujours pris le titre de Vicaire Apostolique. Deplus dans la contestation que firent à sa juridiction les
Wuraure Rs Archevêques et les Parlements de Paris et de Rouen, on reprocha constamment er * au nouvel Evêque son titre de Vicaire Apostolique. Il ne peut y avoir de preuve PA 425% plus certaine de l'erreur dans laquelle est tombé M. Faillon.
Panni les noms des prêtres qui ont signé au bas de l'ordonnance de Mgr. de 1 Javal, ayant pour but de faire reconnaître sa juridiction, on ne trouve pas le nom de M. De Maizerets. Quelqu'un, s’en rapportant à la notice qui se lit dans l'Abrégé chronologique de M. Noiseux, (et d'après laquelle M. de Maizerets serait arrivé à Québec avec Mgr. de Laval à son premier voyage), a demandé pourquoi ce prêtre n'avait pas signé avec les autres. Comme cette question touche à la réputation d'un des ecclésiastiques les plus vénérables du Canada, il est important que le doute disparaisse. Or, après avoir examiné attentivemcat les Relations de 1759, le Journal des Jésuites, les mémoires de M. de la Tour, et les manuscrits de cette époque, on reste convaincu qua M. de Maizerets n'accompagna Mgr. de Laval de France en Canada qu’à son second voyage, c. à. d. en 1663. M. de la Tour dit positivement qu'en 1659, cet ecclésiastique n’était pas encore prêtre et qu'il ne passa dans sa Nouvelle France qu’à l’époque de l'établissement du Séminaire. Le mandement qui le constituait fut signé à Paris, le 26 Mars, 1663; M. de Maizerets qui devait en faire partie, vint avec l’Evêque et M. de Mésy. Pendant la traversée il fut réduit à l'extrémité: M. Paulmiers et le Père Rafeix étaient aussi à bord du même vaisseau qui partit au mois de Mai, Le Journal des il Jésuites mentionne l’arrivée au 2 Décembre.
cienne,
la fon- ; et est 4 ‘qu'au 4 NOTICE BIOGRAPHIQUE e plus À donna 1 | SUR arer le Car, | '] + 4 U er FRANÇOIS DE LAVAL DE MONTMORENCY Incar- 4 “T1 falloit icy un homme de cette force.” (Lettres histor. de la Mère de V'Incarnation.) urs de ion de ce, M. 4 da,” et | CHAPITRE I.
ue, Or À d'ou- Raison de publier cette vie—Origine de Frs. de Laval—$Ses frères aînés—Nom de ire les Ë Laval—Sa tante Anne—Témoignage de Charlevoix—$Sa naissance—Il reçoit ire de 3 la tonsure—Ses condisciples—Il est fait chanoine d'Evreux—Il résigne son on les canonicat—$Ses frères paînés—Il renonce à ses titres de famille—Il commence nment. l'étude de la théologie—Il est fait prêtre—Archidiacre d'Evreux—il passe reuve 4 ans à l’hermitage de Caën—Ses visites d’archidiacre—Il règle deux 1 affaires importantes à Caën—Réforme d’une maison de Religieux—Le Père 1 Charles Lalemant Jésuite—Ilest proposé comme Evêèque—Il est préconisé— 3 Contestation par l’Archevêque de Rouen—Le Nonce à Paris chargé de le 4 consacrer—Cérémonie de la consécration—Instance et prière du Roi—Lettre gr. de 4 du Roi—Lettre de la Reine Anne d’Autriche—Deux arrêts de la Chambre e nom À des vacations—Préparatifs de départ—Mort de M. de Bernières-Louvigny— dans Arrivée de l'Evêque à Québec—Il est reçu par le gouverneur—Fièvres pesti- 1! 8 serait : lentielles ; dévouement de l’'Evêque—Son amour pour les sauvages—Il donne 1rquoi à un festin aux sauvages—Harangue d’un Huron— Harangue d’un Algonquin— le à la Les troupes demandent la bénédiction de l’Evêque—Il administre la confirmpor- mation à plus de 100 sauvages—Le Baptême solennel à un Huron—Sermon ations de l'Evêque—Eloge de l'Evèque par le Père Lalemant—Témoignage des iscrits relations des Jésuites—Confirmation à Gaspé—Mission du lac Supérieur— gr. de Chez les Jésuites—A l'Hopital—Chez les Ursulines—Dans une maison M. de | particulière, tre et , + : ‘ N Sémi- La réputation de sainteté qui s’est attachée à la personne et 1663 : à la mémoire de François de Laval fait désirer des détails complets Mésy. sur sa vie, les vertus qui l'ont ornée et la bienheureuse mort qui ai l’a couronnée, après un épiscopat de cinquante ans. 1 des
Son origine même faisait espérer de grandes choses du rejeton d’une des plus nobles ramilles de France,
Voici ce que l'on connait de son père :
Hugues de Laval, (fils puiné de Jean de Laval, Seigneur de Tartigny et de Claude de Prunelé) fut Seigneur de Montigny et de Montbaudry, Le 20 Avril 1629, il transigea avec son frère, Gabriel de Laval pour la succession de Charles de Laval, leur frère.
Sa mère, Michelle Péricard, était fille de Nicolas Péricard, Seigneur de St. Etienne et d'Anne de Chantelou: elle fut mariée le 1er Octobre 1617 et était tutrice de ses enfants le 27 Avril 1638, ce qui fait voir que son mari était mort à cette date, *
Les deux enfants aînés issus de ce mariage furent: 1, François de Laval, tué au combat de Fribourg ; 2. Gabriel de Laval, tué à la bataille de Nottinghen.
Le troisième, qui est le sujet de cette notice, se trouva le véritable héritier de ce beau nom et d’une grande fortune,
D'après M. de la Colombière, + il tenait aussi le nom de Laval d’une de 5es tantes, qui s'appelait Anne, fille unique de Guy, sixième de ce nom et épouse de Matthieu de Montmorency, l’un des cinq connétables de cette maison.f La branche des Montmorency-Laval commença dans le 13e siècle.
“ La Nouvelle France,” dit Charlevoix, || en parlant de sa promotion à l'épiscopat, ‘‘ avait enfin obtenu un Evèque. Le choix était tombé sur François de Laval, un des premiers, et par bien des raisons, dont la haute naissance était la moindre, le plus illustre membre du séminaire des missions etrangères.”
Il naquit dans le diocèse de Chartres (Département d'Eure et Loire) le 30 avril 1623. $ (Note A) Il fit ses études au Collége des Jésuites de Laflèche, et reçut la tonsure en 1631. Il eut pour condisciples et confrères dans la Congrégation, Mgr. Pallu, Evèque d'Héliopolis, avec lequel il entretint un commerce de lettres ; M. Chevreuil, vicaire apostolique à la Chine; M. Boudon, archidiacre d’'Evreux ; MM. De Meurs et Fermanès, deux des fondateurs du Séminaire des Missions Etrangères de Paris; M. Ango
* Histoire Généalogique—Père Anselme—tome 3. p.647, t Eloge funèbre de Mgr. de Laval.
t La maison de Montmorency porte à son écusson d’o: à la croix de gueules contournée de seize alerions d'azur.
|| Vie de la vénérable Mère de l'Incarnation.
$&La Tour: Mémoire sur la vie de M. de Laval Voir aussi sa bulle de vicaire apostolique: Catholicis et nobilibus parentibus in .Diæcesi Carnoten. ortum.
x de y et frère, frère.
aval ième cinq Laval
l'omo- < était n des lustre
are et re des 1 Convèque ttres ; archifonda- Augo
les con-
vicaire
des Maizerots : M, Gauthier, archi-diacre et Grand Vicaire à Di jon, (Note B). C’est sans doute sa piété qui lui avait mérité cette entrée précoce dans la cléricature ; car il faisait partie de la Congrégation des Ecoliers, que les Jésuites établissaient dans toutes leurs maisons.
Trois ans après seulement, son oncle François de Péricard, Evèque d'Evreux, lui donna un canonicat (Note C) dans sa cathédrale; il n'avait done que 12 ans, mais c'était plutôt une faveur qu'une charge sérieuse. Aussi, ses deux frères aînés étant morts sur le champ de bataille, sa famille songea à lui comme à celui qui devait soutenir son nom. $es qualités heureuses et l'impression favorable qu'il produisait sur ceux qui avaient occasion ‘le lui parler, avaient naturellement fait jeter les yeux sur le jeune chanoine comme destiné à maintenir la gloire militaire des Laval. Mais le jeune abbé de Montigny (c'était le nom qu'il avait pris) ne partageait pas ces idées mondaines, Comme il s'agissait de régler des affaires très-importantes, il ne heurta pas de front la proposition que lui fit l'Evèque d’Evreux d'abandonner son canonicat. On put croire un instant qu'il cédait, et cette disposition aurait été assez naturelle à l’âge si tendre où la fortune le surprenait. Mais il ne resta dans le monde que précisément le temps nécessaire au règlement des intérêts dans lesquels il n’était pas seul concerné,
Il avait deux autres frères, Jean Louis de Laval, Seigneur de Montigny et de Montbaudry, et Henri de Laval, religieux prieur de Ste.Croix-Leuffroy, et une sœur nommée Anne, qui fut supérieure des filles du St. Sacrement de Nantes et mourut en 1685. Ce fut Jean Louis qui devint l'héritier des titres par la renonciation que François en fit peu de temps après en sa faveur. (Note D).
Le jeune François se sentait hors de son élément dans le monde; et en’ayant brisé les liens, il commença à Paris l’étude de la théologie, à 19 ans. Il y employa près de six ans, et à 25 ans reçut la prêtrise avec la plus grande ferveur. M. de la Tour, qui rapporte: cette circonstance, devait être bien informé.* Il nous apprend aussi qu'avant même son ordination (en 1647) il avait éte nommé archi-diacre d'Evreux par son oncle; (Note E) mais ce ne fut pas pour longtemps, car au bout de cinq ans, il le résigna en faveur de M. de Boudon, qui avait été son précepteur et qui a illustré l'Eglise de France par sa piété. (Note F).
* Mémoires sur la vie de M, de Laval.
A peine était-il prêtre, que l'abbé de Montigny se rénnit à ses anciens confrères de Laflèche qui étaient à Caën, chez M. de Bernières, trésorier-royal de cette ville. (Note &). M. de la Colombièret qui avait bien connu M. de Laval, parlant de la maison de ce saint homme, l'appelle “le psradis terrestre de M. de Bernières.” C’est ainsi, dit-il, * que j'appelle et qu’on doit appeler ce fameux hermitage de Caën, où l’auteur séraphique du chrétien intérieur ? changeait en anges tous ceux qui avaient le bonheur d’être les compagnons de sa solitude et de ses exercices spirituels. Ce fut là que le fervent abbé puisa les eaux vives et abondantes de grâce dont cette région a été depuis heureusement arrosée. Dans ce céleste séjour, ses occupations ordinaires étaient la prière, la mortification, l’instruction des pauvres, les conférences ou lectures spirituelles; les récréations étaient de travailler à l'hôpital, d'y servir les pauvres, d'y faire leurs lits, de les assister dans leurs bosoins les plus rebutants, aider à panser leurs plaies.”
Ce fut de là sans doute qu’il se dirigea de temps en temps vers les paroisses qu’il devait visiter en sa qualité d'archidiacre pendant les quelques années qu’il en remplit les fonctions, ‘L'exactitude de ses visites, la ferveur avec laquelle il s'y comporta, la réforme et le bon ordre qn'il établit dans les paroisses, le soulagement des pauvres, son application à toute sorte de biens, dont aucune ne lui échappait, tout cela faisait bien voir qu'il n’y avait pas de service que l'Eglise ne dût attendre d’un si grand sujet. C'était le sentiment universel sur l'abbé Ge Montigny.”
Le jeune prêtre ne passa que quatre années à Caën, et cependant il fut chargé d’affaires très-importantes, La première fut la défense de l'hôpital que l’on voulait dépouiller sous prétexte de le rêgler. Usant de son influence à la cour, il découvrit l’intérèt sordide de la cabale, désabusa des princes qui avaient été trompés, dessilla les yeux aux magistrats et revint victorieux à l'hermitage. “ Après avoir, dit M. de la Colombière, percé et dissipé les ténèbres dont cette affaire avait été malicieusement enveloppée, il ramène le jour et le calme dans l'hôpital de Caën, et rend la vie aux membres afligés de Jésus-Christ et aux épouses Au Sauveur la liberté de les secourir.”
* Eloge funèbre de Messire de Laval.
+ Ouvrages de M, de Bernières—2 vol. in 12.
+ De la Colombière : Eloge funèbre de Messire de Laval,
à ses b Berbièret saint C’est hermichanompaque le cette séjour, , l'ines; les Luvres, s rebu-
DS vers endant ctitude me et
nt des > ne lui service > senti-
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fut la te de le P’intérèt rom pés, mitage.
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La seconde affaire fut la réforme d'une maison de religieux de la même ville, dont l'autorité ecclésiastique le chargea. Le dérèglement s’y était introduit, et d’une maison de trouble et de dissensions il en fit une de paix, de piété et d’édification. ‘“ Pour “ cet ouvrage, dit son panégyriste, il sera éternellement récom- ‘“ pensé dans le ciel, tandis que le saint fondateur de la maison “où il a établi la réforme aura des enfants qui lui ressemble- “ ront et qui auront une portion de son zèle.” Pour comprendre en effet l'importance du résultat obtenu, il faut considérer la difficulté de l’entreprise. Il n’y a que Dieu qui connaisse les troubles que causent ces sortes de travaux. Que d’habileté, que de prudence pour découvrir la véritable source du mal! que de force, que de courage pour y remédier! On craint, en voulant arrêter le désordre, de l’augmenter; on doute si le bien que l’on veut faire est aussi grand que le mal qui peut en résulter. Que de mesures, que de ménagements, que de circonspection pour naviguer parmi tant d’écueils sans échouer! *
Ce succès le fit connaître davantage à la cour et engagea le
ministre à utiliser ses talents.
… Les Directeurs de la Compagnie de lu Nouvelle France avaient demandé, en 1651, que le Père Charles Lalemant, Supérieur de la maison des Jésuites da Paris, fût choisi comme Evêque. Le conseil des choses ecclésiastiques établi par Sa Majesté très-chrétienne s’en occupa et désigna les Pères Lalemant, Ragueneau et Lejeune, afin que la compagnie choisit entre eux. Mais les Pères représentèrent que les constitutions de leur ordre s'opposent à ce qu'un sujet de la compagnie soit revêtu de dignités.
Le ministre alors, sur l'avis qu'il reçut d'eux et C’après le conseil de M. de Bernières, proposa l'abbé de Montigny. Mais les rapports entre la cour de France et le $S. Siége avaient dégénéré à cette époque en des difficultés. Louis XIV, tout en soutenant l'autorité du S. Siége en matières de foi, faisait valoir des prétentions qu'Alexandre VII ne pouvait admettre. Voici comment le monarque s’y prit en cette circonstance ; il ordonna à M. Gueffier, conseiller d'Etat résidant à Rome, d'employer tous ses soins pour obtenir du Pape un titre d'Evêque in partibus en faveur du sujet que lui nommeraient les PP, Jésuites,
Sur quoi l'Assistant de France nomma de nouveau M. de
* Eloge funèbre de Messire de Laval.
Laval. La Reine écrivit aussi à M. Guefñiier, ainsi que le Comte de Brienne, Ministre d'Etat, de faire toutes les instances possibles pour obtenir du Pape l'envoi de M. de Laval en Canada avec ce titre. Dans une audience qu'il reçut à la fin de décembre 1657, M. Guefñier s’acquitta de sa commission et pressa le Pape d’envoyer un Vicaire Apostolique.
M. de Laval fut préconisé au mois de Mai : il n'avait pas été présenté par le Roi. C’est ce qui explique ce passage de certaines lettres patentes données à cette époque : “Sa Sainteté, dit le Roi, nous ayant offert de nommer Vicaire Apostolique le Sieur de Laval de Montigny, pourvu de l’Evêché de Pétrée pour faire toutes les fonctions épiscopales dans l’étendu> de la Nouvelle France, nous l’avons accepté et ensuite les Bulles ont été expédiées.” (Note H).*
Mais à Rouen on prétendait que la Nouvelle France dépendait de cet Archevêché ; cependant on voyait par la Bulle du Pape qu’il n’en était rien. L'Historien de la Colonic "rançaise en Canada l'a senti, car il remarque que ‘“ la Bulle donnait À entendre que M. de Laval administrait comme Viciare apostolique un territoire réputé alors du diocèse de Rouen.” Puis il avoue plus loin que, ‘“ dès qu’on eût appris à Rome l'opposition faite par le Parle. ment de Rouen au titre de Vicaire Apostolique de la Nouvelle France, opposition fondée sur les prétentions de l’Archevêque de cette ville qui regardait le Canada comme étant de son diocèse, les Cardinaux de la Propagande furent fort étonnés de cette prétention.”
Leurs Eminences durent voir leur étonnement augmenter en lisant une Circulaire adressée par l'assemblée particulière des Evêques à Paris,f à tous les Evêques de France, pour leur recommander de ne pas consacrer Mgr. de Laval. Cette circonstance regrettable retarda en effet la consécration d’abord tixée au 4 octobre. Elle fut remise au 8 décembre pour qu'on püût prendre des instructions à Rome; et bientôt des lettres de la S. Congrégation chargèrent le nonce à Paris de consacrer lui-même le nouveau Vicaire Apostolique.
‘ On dut comprendre, dit M. Faillon, que sa nomination à ce
* Ces circonstances expliquent un passage d’une lettre de Ja Mère de l'Incarnation: ‘ Qu’on dise ce qu'on voudra, écrivait-elle, ce ne sont point les hommes qui l'ont choisi.”
+ 25 Septembre 1658.
+ Histoire de la Colonie Française en Canada.
Comte ossibles avec ce e 1657, Je d’en-
pas été de cer:
teté, dit le Sieur ur faire \ouvelle é expé-
pendait lu Pape Canada dre que n terrilus loin e Parleouvelle rêque de cèse, les ntion.” pnter en ère des leur recirconfixée au prendre S, Connême le
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’Incarnammes qui
titre était l’effet de la volonté expresse de Pape, lorsque l’on apprit que le Nonce Apostolique avait lui-même consacré le nouvel Evèque, et que si la Bulle ne donnait à M. de Laval que la qualité de Vicaire Apostolique, c'était que le Souverain Pontife le voulait ainsi.”
En effet la consécration eut lieu dans l'église de St. Germain des Prés par le Nonce, assisté d’Abelli, Evêque de Rodez et de Du Saussai, Evèque de Toul, le 8 décembre 1658. L'on répondait ainsi avec dignité à l’insolent arrêt du Parlement de Paris qui avait osé ‘ défendre à l'abbé de Montigny de s'ingérer dans les fonctions de Vicaire Apostolique en Canada.”
Non seulement le Pape le voulait, mais Sa Sainteté en était ainsi venue à catte décision à l'instance et à ia prèire du Roi. C'est ce que le Nonce de Paris mandait au Conseil du Roi, en demandant “ que l'arrêt du Parlement de Paris fût cassé, et qu'il obtint une déclaration du Roi lui-même, par laquelle ce Prince reconnût que la Bulle de l'Evêché de Pétrée, avec la clause le désignant comme Vicaire Apostolique, avait été accordée à son instance et à sa prière.”
Le Roi ne fit pas difficulté de rendre témoignage à la vérité: dans ses lettres patentes du 27 mars 1659 il s'exprima ainsi: ‘Sa Sainteté ayan< jugé que les choses nécessaires à cet établissement d'un siége épiscopal ne se trouvaient pas encore en ce pays et qu'il y avait danger que la dignité épiscopale n'étant pas honorée avec le respect qui lui est dû, l'Eglise n’en reçût quelque désavantage, nous avons fait instance pour qu'il plût à Sa Sainteté de donner ordre aux nécessités de cette église naissante par les voies qu'elle jugerait les meilleures. Sur quoi nous ayant offert de nommer Vicaire Apostolique le Sieur de Laval de Montigny pourvu de l’Evêché de Pétrée pour faire toutes les fonctions épiscopales dans l'étendue de la Nouvelle France, nous l'avons accepté et ensuite les Bulles lui ont été expédiées.”
Evidemment le Roi tâchait de faire oublier par ses bons procédés les empiétemens intolérables, dans lesquels cependant il n'avait pas été mêlé et dont la tendance directe était de mettre obstacle au libre exercice de la jurisdiction pontificale. Cest ainsi qu'il écrivit, le 14 mai 1659, à M. D'Argenson, nommé gouverneur de la Nouvelle France : ‘ Je vous ai ci-devant écrit pour vous ordonner d'appuyer le Sieur Evêque de Pétrée en sa fonction Epis- <opale selon les pouvoirs qu'il en a obtenus de Notre Saint Père le
Pape, lequel, à ma prière, l'a ordonné Evêque, afin que sans aucune opposition il en pût faire les fonctions en l’étendue de la Nouvelle France. Présentement je vous écris non-seulement pour vous recommander de nouveau la personne du dit Sieur Evêque, mais pour vous dire que si les Vicaires du Sieur Archevêque de Rouen voulaient s'ingérer de faire aucune fonction de jurisdiction, vous ayez à les en empêcher et à leur dire que, quelques lettres que j'aie accordées au dit Sieur Archevêque, mon intention n’est point que lui ni eux de son autorité s’en prévalent jusqu’à ce que par celle de l'église il ait été déclaré si le dit Sieur Archevèque est en droit de prétendre que la Nouvelle France soit de son diocèse, car, ontre qu'on ne convient pas que ç’ait été sous son autorité ou celle do ses prédécesseurs que la religion a été portée en ces pays de pardelà, quand on demeurerait d'accord que cela lui eût acquis le droit, Notre Saint Père le Pape n’en est pas persuadé ; et ce serait un scandale si dans une église naissante la jurisdiction de celui que Dieu a établi chef de l’universelle venait à être contestée. Je sais bien qu’on y veut engager mon autorité, et sous le prétexte de la maintenir, on essaie de donner atteinte à celle du Pape; mais je ferai ce que je dois, en maintenant la mienne, sans toutefois blesser l’autre. Ce que vous aurez à faire se réduit à maintenir le dit Sieur Evêque en la pleine fonction de sa charge, soit qu’on le considère honoré du caractère épiscopal, soit du Vicariat Apostolique, dont j'ai recherché Sa Sainteté. Mais je désire que vous ménagiez en sorte les choses, que les Vicaires du ait Sieur Archevèque aient sujet de se louer de votre conduite, Celle-ci n'étant à autre fin, je prie Dieu au’il vous ait, Monsieur d’Argenson, en sa sainte garde. Ecrit à Paris le XIIIe jour de Mai 1659.
(Signé) Louis
et plus bas DE LoMENIE.”
| Cette lettre est vraiment admirable par sa fermeté et en mème
temps par sa dignité et son esprit de conciliation. La reine Anne
d'Autriche prenait aussi intérêt à tout ce qui concernait la reli-
gion; ce qui l'avait engagé à écrire au Gouverneur absolument
dans le même sens,
Mais le nouvel Evêque devait subir un nouvel assaut avant de
À quitter la France. Ne se contentant pas d'un arrêt ridicule par à
à 1 lequel, dès le 3 octobre, elle “ défendait à l'abbé de Montigny de 1 s'ingéer dans les fonctions de Vicaire Apostolique en Canada,” la
Chambre des vacations rendit, après la consécration du nouvel
1cune avelle vous , mais Rouen vous e j'aie at que lle de roit de outre lle do e parquis le » serait lui que Je sais e de la nais je blesser r le dit le conolique, énagiez e aient e fin, je garde.